
Dans certains dessins, il y a une abstraction organique, un devenir diaphane de l’épiderme qui laisse dévoiler ses os et ses organes. Ceux-ci deviennent des formes enchassées, transformées, reliées. Poils et muqueuses. Il y a aussi cette étrange frontière entre l’organique et le minéral qui passe par les vêtements transformés en lignes fuyantes, cristaux et pierres.

D’autres images encore, certaines intuitions, qui représentent des réseaux ni machinique, ni minéral, ni organique. Ou encore la concentration sur la rotule qui fait articulation et qui, dans un jeu de miroir, redouble les membres. Une image des réseaux et des flux actuels (la circulation continue de nos existences sur des lignes de fuite). Et le geste même de la main dessinant qui est ce flux.
Il faudra comprendre un jour comment le corps humain a été transformé au XXème siècle par l’instrumentalisation totalitaire et urbaine (pour) préparer le terrain à une modification plus radicale de sa transmission génétique même. Comment les sciences sont-elles passées du statut d’observateur d’un prétendu réel à la modification de la posssibilité même de celui-ci (puisqu’en modifiant l’être humain on modifie les conditions même de ce qui vise le prétendu réel).