Mémoire de DEA, Sorbonne, sous la direction d’Anne-Marie Duguet.
La question de l’accident, de la panne, de l’incident, du bug prend une place de plus en plus importante dans nos sociétés informatisées. Selon toute évidence, la panne nous apparaît comme l’ennemi de la technique, comme quelque chose qui la dérange, lui est extérieure et qu’il faut donc éliminer pour qu’elle puisse être enfin pleinement opérationnelle. Or plus il y a de technologies et plus il y a de pannes. La panne est un moment de suspension, une mise à blanc. De nombreuses oeuvres technologiques « »utilisent »" la panne et la détourne de tout raisonnement instrumental. La panne apparaît alors comme un événement qui permet de lier l’art à la technique. La panne est ce qui se dérobe à nous dans la technique, elle est « »out of order »" et nous signale une finitude au sein des technologies qui obstrue le réseau des renvois instrumentaux pour laisser apparaître l’objet technique dans son isolement.
