02 fév

Le silence des mémoires (à propos du procès Barbie)

Publié dans Le Messager journal de l’Union Libérale Israélite de France

SILENCE DES MÉMOIRES

Après la diffusion de La Marche du siècle du jeudi 8 septembre 1993, « Justice, histoire, mémoire », nous nous devons d’apprécier que des témoignages de déportés aient pu trouver un large public à une heure de grande écoute, permettant peut-être ainsi un premier degré de prise de conscience; mais nous devons aussi nous interroger sur la manière dont s’est déroulé, par la suite, le débat. En effet, on pose une alternative biaisée si l’on insiste seulement sur le fait que « c’était mieux que rien », car à l’heure où les témoins directs du génocide disparaissent, notre responsabilité est de réfléchir. Oui, chacun de nous ressentait que quelque chose manquait, que certaines idées essentielles n’avaient pas trouvé leur juste place en une petite heure de dialogue. Chacun de nous savait qu’après l’émission, il fallait continuer, ne surtout pas s’arrêter ni chercher à se rassurer, mais amener à la clarté ce qui n’avait été jusqu’alors que confusément pressenti.

Après l’expérience directe, l’interminable mémoire.

Nous nous trouvons en effet à une époque charnière, la plus importante de toutes. Lors de l’émission, cette charnière était représentée par un face-à-face, par un côte à côte: une génération et puis l’autre. Mémoire. Peut-être étions-nous tous là parce que nous nous interrogions, avec crainte, pour savoir ce qu’il adviendrait lorsque, inéluctablement, les témoins directs du génocide disparaîtront. Peut-être craignions-nous, nous jeune génération, que l’intérêt que nous portions à cet événement ne soit pas à la mesure du défi lancé par la mémoire que nous devions à tout prix assumer et perpétuer. Pourquoi? Nous étions là pour lutter contre l’oubli. Oubli par l’ignorance de celui qui ne veut savoir - en ce sens là, la diffusion d’une partie des témoignages du procès fut positive -, mais aussi oubli par une certaine forme de mémoire qui fut à l’oeuvre durant La marche du siècle. En ne disant que, « ou c’est la mémoire ou c’est l’oubli », en traçant un alternative aussi univoque, on risque d’entendre dire et on entend déjà dire: « on en a assez parlé, maintenant c’est terminé parce que mémorisé. On sait, on a été informé. Arrêtez de rabâcher. Parlez-en à d’autres, à ceux qui ne savent pas encore. Moi j’ai tiré la morale de l’histoire », c’est encore une bonne façon de se rassurer. On oublie lorsqu’on tient pour acquis, acquis de celui qui détourne le regard, acquis de celui qui fixe les yeux en croyant savoir. C’est de cette dernière attitude dont j’aimerais parler, car si il faut effectivement s’attaquer en premier lieu à l’ignorance, un autre danger nous guette, danger qui ne revêt plus le masque de l’insouciance, mais de la mémoire. Cette mémoire a un objectif: savoir et maîtriser pour ne plus avoir à y penser. Laisser derrière soi l’histoire, c’est là un risque insidieux. Or nous pressentons bien que la mémoire du génocide, n’est pas celle de l’enfant qui apprend une langue étrangère en accumulant un vocabulaire pour enfin devenir bilingue. Cette mémoire très spécifique dont nous tentons de parler ne s’arrêtera jamais, non par quelques défauts de mémorisation, mais parce que fondamentalement elle ne saura jamais. Cette mémoire ne règle rien, elle approfondit l’angoisse qui nous saisit face à l’extermination. Elle est et sera interminable.

Car à qui s’adressait cette émission? Non à tous les français, mais à ceux qui, d’une certaine manière, savaient déjà. Les autres regardaient Sacrée soirée. A force de dénoncer exclusivement l’oubli, on risquait de former un cercle vicieux et de dire ce qui de toute façon était attendu. Ultime conciliation de la question et des réponses. Or ne faudrait-il pas séparer deux types de mémoire et d’oubli? D’une part le mémorisable qu’il est possible de se représenter (les faits), d’autre part la Mémoire comme tâche infini. L’oubli comme ignorance - fermer les yeux - qu’il faut combattre, l’Oublié comme ce qui n’est pas représentable et qu’il faut absolument assumer jusqu’au bout. Cette chose irreprésentable, les témoins nous en font part, au-delà des larmes et des souffrances, il y a un silence essentiel qu’il ne s’agirait pas de considérer comme un manque à combler. C’est le silence de Shoah, c’est un silence accouché par des paroles et des souvenirs. Que se passait-il devant la vidéo du procès? Il y avait bien sûr l’ignominie, la terreur, l’horrible; mais aussi une émotion aux confins des témoignages, quelque chose d’incompréhensible, qu’il ne faut donc pas oublier. Cette émotion n’est ni facile ni rassurante, elle est immémoriale, on ne sait qu’en faire, on ne peut la laisser de côté. Oui, il fallait lutter contre l’oubli de l’ignorance, énoncer l’horreur des faits, et faire que cela ne se reproduise jamais en étant toujours vigilant. Mais ne fallait-il pas ensuite mettre à jour ce deuxième niveau, sans lequel la pédagogie des faits ne saurait être que l’ultime dissimulation?

Le crime contre l’humanité, singularité et exemplarité.

On pourrait alors s’interroger sur les raisons concrètes de la spécificité de cet inimaginable. Mais à cette fin, il faudrait arriver à une nouvelle intelligence historique, à un nouveau type d’appréhension des faits du passé. Passé qui ne passe pas, qui n’en finit jamais. Anamnèse interminable. Qu’est-ce donc que cela? Il s’agirait de ne plus uniquement dénoncer la barbarie (eux/nous), mais d’analyser les conditions de la logique d’oubli que sous-tendait la solution finale (solution parce que finale, solution parce que mettant un terme à l’interminable). Voilà qui suffirait peut-être à expliquer l’importance que nous accordons au génocide et à sa nécessaire mémoire. En effet quelle en était la caractéristique? Était-ce uniquement la cruauté d’hommes qui en tuaient d’autres, n’y avait-il pas aussi les techniques employées? Lors du procès, un témoin disait: « C’était l’usine », et par là il nous délivre l’objectif de l’entreprise nazie. Celle-ci n’a pas exclusivement touché des individus blessés dans leur chair, mais ce qu’il y avait d’humain en eux, cette chose qui n’appartenant à aucun en particulier nous implique tous dans une égale mesure. De sorte que la barbarie - guerrière par exemple - en niant l’être humain, le suppose encore; mais le fonctionnaire qui accélère la productivité de l’extermination avec des méthodes industrielles, ne suppose même plus l’être humain. Le tuer n’est donc que faire passer un chiffre (tatoué) d’une colonne - celle des vivants - à une autres - celle des morts -. L’inhumanité de ce passage, c’est celle décrite par Elie Wiesel dans La Nuit lorsqu’il parlait des incessantes sélections, entre ceux qui restaient et ceux qui partaient au crématoire. De la même façon, aux questions du procureur général, Pierre Truche, Barbie répondait: « Je n’ai rien à dire ». Cette dénégation ne serait-elle qu’une mauvaise défense, la lâcheté d’un vieil homme fatigué? Peut-être, mais il y a aussi dans ce mutisme la continuation du projet nazi de mettre un terme à l’interminable. Comme lors du génocide où le tortionnaire dit à une mère: « Voilà ce que tu as fait de ta fille! » - tu l’as fait naître, le reste n’est qu’une conséquence inévitable -, Barbie perpétue la logique de déresponsabilisation, alors que le procès tentait de reconstruire cette responsabilité en plaçant le bourreau dans l’enchaînement des faits, jusqu’à la solution finale. Lorsqu’un témoin s’exclame qu’il a exactement le même air que 40 ans plus tôt, il faut le prendre au sérieux. Exterminer n’a été qu’oublier l’humain, cette chose pourtant inoubliable. Voilà pourquoi oublier aujourd’hui serait un second meurtre. On comprend mieux dès lors qu’il faut à tout prix se sauvegarder d’une banalisation du génocide, et refuser de dire que, par exemple, l’actuelle épuration ethnique en ex-Yougoslavie est semblable. Ne pas accepter cette nivellation ce n’est en rien se dégager des responsabilités présentes, bien au contraire. C’est justement par la singularité irréductible de l’extermination que son exemplarité est possible. Cette singularité fait histoire et permet ainsi la mémoire, elle n’est pas seulement le summum de l’horreur, elle est qualitativement différente et s’extirpe ainsi de la banalité de l’écoulement historique. C’est un événement hors pair. C’est parce que nous comprenons celui-ci que l’épuration ethnique devient à son tour insupportable: relevant de la même logique, elle n’est pas un recommencement de l’histoire, mais un oubli historique, oubli que le passé ne passe pas, oubli que le passé est toujours à assumer. On pourrait croire que tout ceci est bien trop théorique pour avoir des implications concrètes, mais à moins de s’engager dans cette voie de réflexion, on risque fort d’oublier en faisant rentrer dans la banalité historique le génocide des tziganes et des juifs, en en faisant un événement parmi tant d’autres. Le rôle des historiens ne consiste plus seulement à faire la comptabilité des sinistres faits, mais aussi à décomposer les mécanismes qui ont rendu possible un système qui ne supposait même plus l’être humain: un système de l’impensable.

Des images silencieuses.

A ce titre, nous apercevons qu’il ne suffit pas seulement de parler à tort et à travers du génocide, mais qu’il s’agit d’inventer une nouvelle pédagogie permettant d’une part une première prise de conscience, choc de l’imagination, d’autre part une réflexion et une intériorisation qui ne soit pas nivellation. Cette pédagogie historique est donc bi-dimensionnelle, si l’un des deux niveaux de mémoires manque, alors l’édifice entier s’effondre. Lorsque nous voyons dans Nuit et Brouillard, d’Alain Resnais, des corps balayés dans une fosse commune par un bulldozer, nous ne voyons d’abord que des images, archives d’une époque passée, puis brusquement nous apercevons des corps, des corps d’êtres humains, nous les voyons par notre propre corps, l’humanité nous traverse. Cheveux, lunettes, chaussures d’enfants entassés pour être réutilisés, rien n’est perdu. Un sentiment intolérable nous saisit, ce sentiment c’est celui qui fait passer l’histoire à un niveau concret. Nous comprenons que cela existait, que des êtres ont été ignoblement tués. Mais cette compréhension n’est pas suffisante, car dans notre vie quotidienne, cette émotion s’évanouie, jusqu’à ce qu’un nouveau document percutant soit diffusé. La mémoire du « voilà comment cela fut » ne peut être que ponctuelle et irresponsable, sauf si une deuxième mémoire vient la relayer. Cette mémoire c’est celle de Shoah, œuvre essentielle de Claude Lanzmann qui ne veut plus choquer les imaginations mais qui désire faire mémoire. Au fil des témoignages, il y a très peu d’images des camps et de l’horreur, seulement les paroles des survivants, les longs travellings en train ou en voiture, du temps et du silence s’installent. Il était temps de produire une telle œuvre avant que les témoins et leurs silences ne disparaissent. Il était temps pour nous de comprendre que si nous devons mémoriser les faits, il nous faut aussi ne pas oublier ce silence. Silence de l’impensable, silence qui doit, d’une certaine manière, devenir aussi le nôtre. Silence de celui qui témoigne d’une expérience inhumaine et dont il ne peut parler qu’avec des silences entourés de paroles. Silence d’une langue impossible. Silence de mille mots dont Elie Wiesel ne connaît pas le premier. Silence bien différent de celui de l’ignorance.

Durant la dernière diffusion télévisée de Holocauste, ce film fut coupé par une publicité lorsque l’émotion narrative était à sa pointe, lorsque les déportés étaient gazés. Faire du génocide une narration hollywoodienne qui choque les imaginations c’est encore risquer d’oublier, c’est se permettre de représenter ce qui pourtant ne peut l’être entièrement. C’est mettre des images et des paroles partout, comme effrayées par la béance humaine. Et lorsque Georges Fillioud, directeur de l’INA, explique que l’histoire aujourd’hui « ne peut plus s’écrire sans l’image et le son. L’image filmée a une valeur probatoire (…) Dans la transmission de la pensée, de l’histoire, des idées, des œuvres, la valeur de l’image, la valeur émotive de l’image est quelque chose qui imprègne la conscience collective », il nous faut ajouter que l’image n’est pas suffisante, car si celle-ci peut effectivement en se montrant, exhiber des faits, elle peut aussi, sans réflexion, rester une image. La télévision nous apprend qu’à notre époque tout devient visible, qu’il n’y a plus de différence entre l’oeil et ce qui est vu. Ainsi, plus on est informé sur l’ex-Yougoslavie, plus on a d’images, plus c’est abstrait et plus l’attentisme grandit. Par contre, lors de la guerre d’Espagne, il n’avait pas été nécessaire que la télévision existe pour que des brigades internationales se forment. On ne saurait comprendre l’histoire et la mémoire sans penser que rien ne saurait remplacer la réflexion de l’individu. Les images n’ont pas de valeur en elles-mêmes, elles n’ont de signification que réfléchies, dédoublées. A l’heure de la “vérité??? des images électroniques des tirs “chirurgicaux??? de la guerre du Golfe, l’image en montrant peut dissimuler. Comme peut-être, on dissimule, lorsqu’au Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon, on pénètre dans un train de déportation, pour se rendre compte comment c’était, pour s’imaginer, « comme si vous y étiez ». Mais nous ne pourrons jamais nous imaginer un tel trajet, et c’est aussi cela qu’il ne faut pas oublier. Réfléchir sur la transmission audio-visuelle du génocide, c’est devoir se dérober à toute mise en scène, à toute scénographie. Ob-scène de l’inhumain.

Partage: le mémorisable et l’irreprésentable.

Si la Mémoire exige bien autre chose qu’une accumulation de faits, c’est qu’elle ne saurait exister sans un partage. Comme l’avait remarqué Marcel Stourdze, ce partage ne consiste pas, pour notre génération, à croire que nous pourrons nous imaginer ce que les déportés ont vécus. Il y a une irréductibilité incontestable de leur expérience. Toutefois, on ne peut en poser le primat, car sinon lorsque les témoins directs disparaîtrons, alors la Mémoire s’évanouira. Pour que cela ne soit pas le cas il nous faut un partage. Partage impaire où l’on ne partage pas la même chose, nous jeune génération, eux génération de déportés. Sans le partage inégal de cette émotion(s), c’est à dire d’un certain souci humain, il me semble que le négationnisme continuera à creuser son terrier dans la conscience collective. Le négationnisme est une affaire plus complexe qu’on ne le pense. Ils exigent comme preuve “objective??? de l’existence des chambres à gaz, le témoignage d’un déporté qui a été dans l’une d’elles et qui a vu, de ses yeux, le zyklon B sortir. On pourrait encore une fois n’y voir qu’un ultime cynisme, quelque chose d’incroyable et de monstrueux: demander une preuve qui infirme ce dont elle est la preuve. Peut-être, mais n’y a-t-il pas aussi ici une indication: la preuve “objective??? fait ici nécessairement défaut, nous ne l’aurons jamais sous la main, nous devons nous méfier nous-mêmes de ce que nous prenions pour l’objectivité des faits et du « voilà comment cela fut ».

Le partage de l’irreprésentable, c’est celui de la limite de l’exprimable: « Untermensch » (sous-hommes), se faire de la place dans le train lorsque les cadavres s’entassent dans un coin, se débarrasser du fardeau de son père (Wiesel), ne plus avoir de regard ni de visage, ce n’était plus le monde des humains (Geneviève Anthonioz de Gaulle), on ne nous croira pas, je suis là pour témoigner, il a été conditionné à ne pas être né (Frossard). N’est-ce pas par cette intrusion de l’inhumanité en nous que la transmission vivante peut s’effectuer?

On comprendra aisément que l’objectif est en premier lieu de combattre l’ignorance. Ce combat doit s’effectuer durant la scolarité, où non seulement le professeur d’histoire doit faire sentir à ses élèves l’horreur concrète du génocide - et à cette fin il faut réglementer les dérapages de trop nombreux manuels scolaires -, mais aussi ouvrir une réflexion véritable, car la mémoire des faits ne saurait rien être sans un engagement personnel, sans une intrusion d’elle en nous. En second lieu, et seulement après le premier, il faut éviter que cet événement ne devienne un moment représentable de l’histoire (refuser le « comme si vous y étiez »). Faire sortir le génocide des gonds de l’histoire, afin de le faire pénétrer plus encore dans l’histoire humaine, et pouvoir y trouver les ressources d’une vigilance de chaque instant.

Parfois, l’étrange impression que rien n’a changé, toujours la même majorité silencieuse: pendant l’année 1992-93, des membres de l’Action Française et d’autres groupuscules d’extrême-droite sont venus à la Sorbonne chaque jeudi à une heure précise. A plusieurs reprises ces individus ont agressé physiquement des étudiants récalcitrants. On peut être choqué du manque de réaction de la police (ils les laissaient partir malgré les bras tendus et les croix gammées), ainsi que de l’insouciance de la majorité des élèves qui regardaient ces événements comme si il s’agissait d’un programme télévisé. Lorsque les déportés arrivaient dans les camps, ils demandaient « Pourquoi? » « Qu’est-ce qu’on a fait? », « De quoi nous accuse-t-on? », coups de fouet et de bâton. Pas de réponse. Pas d’enchaînement à la question. C’est dans la faculté que nous avons d’accueillir en nous et de l’autre questions et silences dans la parole que l’humanité nous traverse, et c’est peut-être ce qu’ aujourd’hui nous devons continuer à faire puisque cela justement était nié par le nazisme. Comme l’a remarqué Elie Wiesel, jamais nous ne pourrons savoir ce qu’était une nuit passée dans un camp. Mais parce que nous ne pouvons savoir, nous saurons, autrement qu’eux, mais nous saurons, nous saurons que le devoir de mémoire est interminable. Si malgré ses nombreux défauts le débat qui a suivi la diffusion d’une partie du procès Barbie, peut rendre possible une réflexion plus approfondie, alors peut-être pourront nous entendre.

« Jamais je n’oublierai cette nuit, la première nuit de camp qui a fait de ma vie une nuit longue et sept fois verrouillée. Jamais je n’oublierai cette fumée. Jamais je n’oublierai les petits visages des enfants dont j’avais vu les corps se transformer en volutes sous un azur muet. Jamais je n’oublierai ces flammes qui consumèrent pour toujours ma Foi. Jamais je n’oublierai ce silence nocturne qui m’a privé pour l’éternité du désir de vivre. Jamais je n’oublierai ces instants qui assassinèrent mon Dieu et mon âme, et mes rêves qui prirent le visage du désert. Jamais je n’oublierais cela, même si j’étais condamné à vivre aussi longtemps que Dieu lui-même. Jamais. » (Elie Wiesel, La Nuit)

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