02 juil

Une image n’est pas un écran

Il faut thématiser et développer la non-identité entre image et écran: plusieurs images dans un écran ou une image qui laisse du noir dans l’écran.

Quelques exemples: Hulk, l’Affaire Thomas C., Time Code, le système Macintosh, les avant-gardes russes, la publicité dans l’espace urbain, etc.

Cela fait longtemps que je tourne autour de cette question, depuis mes premières video-art. La nature de l’image change radicalement quand elle n’est pas l’écran, quand on voit ses bords, ses limites, ses contours. Elle perd le charme de la représentation et gagne le charme de la réflexivité qui se présente à elle-même. Cette réflexivité esthétique ne signifie pas la prise totale de la perception sur elle-même, mais un processus de différenciation toujours différé. Un peu comme avec la marche où chaque pas (chaque perception de perception) est un déséquilibre repris par le pas suivant (une autre perception de perceptions au pluriel cette fois-ci, puisqu’elle inclut les réfléxivités précédentes).

Ce non-conformité de l’image à l’écran ne répond-t-il pas à la non-conformité de la conscience?

One Trackback

  1. [...] Il y a un certain charme à mettre à distance l’image, à la dédoubler, à la redoubler ou à faire en sorte qu’elle se différencie de l’écran en n’en prenant pas toute la surface. L’image devient alors un artifice qui se signale comme tel et la jouissance est de fonctionnement non de représentation. Elle nous regarde au double sens d’une image qui nous fixe et qui nous concerne. Elle nous concerne au sens où par elle nous saisissons réflexivement notre fonctionnement esthétique. Quand la perception fait retour sur elle-même, elle peut alors (se) jouer et mettre en place une différence infi(r)me. [...]

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