Finalement ce qu’on tente de partager avec les étudiants c’est un non-savoir, une ignorance. On aura beau retracer des histoires de l’art et des oeuvres, des concepts et des percepts, tout ceci ne fera que cacher un effet d’autorité du discours en train de (se) tenir, une manière de croire qu’on sait à quoi on a affaire avec ceci, l’art. Mais si les étudiants comme les professeurs sont là, réunis autour de ce mot, c’est dans le secret de sa signification. Autant de définitions, autant de désirs que d’individus. Rien n’y fera, ni les histoires, ni les anecdotes, ni les artistes, ces noms, tous ces noms auxquels nous tenons pour y croire encore. Et pourtant nous sommes là, dans cette salle, réunis autour de ce concept vide de partage. Il ne reste plus à partager que ce vide, que cette ignorance à laquelle nous sommes tenus non comme à quelconque secret, autre effet de maîtrise et d’autorité, celui qui transforme le secret en ineffable, en secret de quelque chose d’inatteignable, mais tenu simplement par cette ignorance, tenu à distance, en respect? Peut-être oui ce respect de ce que nous ne savons pas. Et ce que nous ne savons pas c’est justement l’objet de ce partage. Nous partageons avant même de savoir quoi, puisque nous sommes là, réunis. Voilà peut-être pourquoi il est si stupide d’opposer la production artistique à la production, professorale, je vous l’accorde, de cette ignorance.
03 mar
By Grégory. Posted 3 mars 2007 at 4:05 . Filed under Enseignement. Permalink. Subscribe to this post’s comments.
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192 heures par an à cligner des yeux, 8 jours par an.
Cligner des yeux: voir sans voir ou ne pas voir en voyant, palpitation et intermittence du regard.
Cligner des yeux parce qu’il y a trop de lumière ou parce qu’il y en a pas assez.
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MONUMENT – 7
AVM 580
INTRODUCTION
Étymologie
Provenç. monumen, monimen ; cat. monument ; esp. et ital. monumento ; du lat. monumentum ou monimentum, de monere, avertir : ce qui avertit, indique.
1° Construction faite pour transmettre à la postérité la mémoire de quelque personnage illustre, ou de quelque événement considérable.
2° En général, édifices imposants par leur grandeur, leur beauté, [...]

3 Comments
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Ton texte fait penser au livre de Jacques Rancière « Le maître ignorant » publié en 87 qui raconte l’histoire de Joseph Jacotot.
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C’était une petite réponse, à distance dans le temps, à un de tes posts sur l’enseignement.
Je ne connaissais pas ce texte de Rancière que je lis maintenant rarement (quelques doutes sur sa réflexion esthétique parfois).
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Je ne connais pas bien l’oeuvre de Rancière. Je n’ai lu que « Le partage du sensible » et je n’y ai pas été très sensible non plus… Mais « le maitre ignorant » me semble un peu différent puisqu’il s’agit d’une biographie qui sert d’appui à une réflexion philosophique sur l’enseignement. Je ne l’ai pas encore fini.