On a trop vite fait de penser nos sociétés hyper-industrialisées comme exclusivement visuelles. Avec Internet le texte domine l’image. En effet pour exister physiquement sur un support numérique, chaque image porte un titre qui est le critère de sa classification. Les moteurs de recherche, qui sont le moyen d’accès aux données numériques, sont essentiellement textuels. Et lorsqu’on cherche une image c’est encore par son titre qu’on y parvient.
Cette domination interroge la relation complexe et historiquement stratifiée entre ces deux régimes de pensée. Il y a toujours eu un entrelac, ou si vous voulez un problème, une question, un no man’s land entre l’alpha-numérique et l’iconographique.
Comment utiliser cette domination contre elle-même? Est-il possible de proposer une narration dans l’entre-deux du texte et de l’image? Peut-on repenser selon de nouvelles modalités les rapports entre l’image et le texte?
A l’image du texte est un générateur qui produit indéfiniment une fiction textuelle en s’inspirant librement de l’écriture d’Alain Robbe-Grillet, « inventeur » du nouveau roman. Certains mots de cette fiction sont envoyés à un moteur de recherche qui va permettre d’afficher des images. Celles-ci sont-elle la traduction exacte des mots? Existe-t-il un passage narratif entre le texte généré et ces images qui proviennent du flux cybernétique? Quelle histoire est racontée par cette traduction automatique et anormale?
LE GÉNÉRATEUR : ALAIN ROBBE-GRILLET
LE NARRATEUR: GOOGLE.COM
LES PERSONNAGES ET LES ÉVÉNEMENTS: LE FLUX

