
Le matin, la même tonalité affective. Selon sa proximité qui est toujours, à ce moment là, une distance de quelques millimètres. Non pas les souvenirs. Non pas la remémoration, effort de la visée vers le passé. Mais simplement, elles. Celles que j’ai croisé. Quelque chose est en reste, irrésolu. Les histoires se sont accumulées. La fin d’une histoire n’est pas le début d’une autre et pourtant ça s’arrête, ça rompt. C’est rompu. Le matin, la même tonalité affective. Une galerie de portraits, de peaux, de saveurs. Quelques images d’été. Elles. Chacune d’entre elles. Elles ne se confondent pas. Elles ont gardés leurs noms. Cette expérience. Celle que nous n’avons pas partagé même si nous l’avons connu ensemble.
Elles ne sont pas à leurs places. Elles restent avec moi. Ce ne sont pas elles, puisqu’elles continuent à vivre leurs vies dont je n’ai aucune connaissance véritable. Ce ne sont pas des souvenirs du passé, mais la distance des peaux. Une tendresse sans crainte pour ce qui est parti, raison de ce qui est resté, sans objet. Le matin, la même tonalité affective. Ce sont des présences, des spectres. Chacune d’entre elles. Des traits physiques que je suis le seul à connaître, même elles n’en ont aucune idée. La jointure de leurs mains, le dos, les épaules, peau sur la clavicule, caresse. Pas leurs corps, pas mon corps, caresse. Ni l’un, ni l’autre, ni distance, ni proximité. Effleurement. Et la respiration.
La journée commence ainsi.
