A relire certains articles de la presse artistique, on s’aperçoit que l’un des arguments principaux de la contemporainéité est le contact entre la production artistique et un en-dehors. Tout se passe comme si l’art de notre époque avait brutalement découvert le monde: médias, pouvoirs, anonymes, etc. Or on se demande à quelle époque ce ne fut pas le cas. A quelle époque époque l’art fut une chose en soi (même chez Hegel l’art est un instrument du dehors, la Raison), refermée sur elle-même, un domaine protégé de l’impureté du monde. Il serait malaisé d’en trouver quelques exemples, et il faut donc en retour reconstruire cet argument de notre temps. La croyance en cette nouveauté du dehors est finalement le symptôme d’une difficulté à penser l’esthétique, non comme tel, car l’esthétique n’a jamais été une chose en soi et pour soi, mais d’en penser la singularité reliée à d’autres singularités. Se concentrer alors sur le dehors (les médias, les pouvoirs, les anonymes, etc.) c’est décliner une nouveauté qui n’en est pas une pour masquer son incapacité à penser la relation entre l’art et ce dehors, c’est prendre le dehors comme quelque chose en soi, qui a une valeur comme telle. Ce qui revient en d’autres termes, comme toujours avec la conjuration, à répéter ce qu’on croit dénoncer.
05 mar
By Grégory. Posted 5 mars 2005 at 11:57 . Filed under Esthétique. Permalink. Subscribe to this post’s comments.
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