05 avr 2007

Tristesse de la vérité

Sans doute ceux qui font de l’ignorance une épistémologie, fixant les bornes de la connaissance à notre limite même, s’énervant dès qu’une question posée enchaîne une proposition de réponse, fut-elle temporaire et ludique, y voyant une prétention à dire le vrai, sans doute ceux là sont les plus croyants en une transcendance de la vérité, d’une adéquation entre le monde hors de notre tête et le monde dans notre tête.
Cette croyance est une épistémologie certes négative, mais cette négativité permet justement de laisser intacte l’espérance d’une vérité. Inatteignable elle l’est parce qu’elle est, toujours supposée, jamais énoncée. Ils ne remettent pas en cause le principe même de cette adéquation. En valorisant l’ignorance, ils font de la vérité un idéal hors de notre portée, hors de notre caverne.

Il y a bien sûr la croyance naïve en une adéquation de la vérité. Laissons-la de côté, même si cette croyance reste la plus répandue.

Il y a à les “Rudiments païens” proposé par Jean-François Lyotard, il y a le perspectivisme nietzschéen, il y a la physique quantique, il y a le jeu répété, depuis Héraclite, depuis si longtemps, de l’enfant qui construit et qui détruit dans un éclat de rire. Il y a donc le refus de cette consistance de la vérité. Le refus de cette mélancolie. Il ne reste plus dès qu’à phraser, enchaîner les régimes de phrases. Il reste encore à faire des images. À peupler notre perception.

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