Des personnages vivent en commun des expériences sans se connaître. Il y a des liens entre eux, des liens qui ne sont pas logiques simplement des rapports, des sauts parfois brutaux, parfois plus lents. Ils sont seuls. Ils sont ensembles. Pas sur le même plan. Ces individus vivent en commun quelque chose, ce quelque chose est le récit sans narrateur de Sur Terre.
On peut partager un mot-clé sans avoir rien d’autre en partage.
2 Comments
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Mais il faut voir aussi que c’est parce que nous n’en sommes qu’aux balbutiements de ce “partage”, de cet échange, et du coup ce qui est partagé est encore très rudimentaire. Ces balbutiements préfigurent tout de même quelque chose de plus important, et ce mot clé, c’est déjà beaucoup, un micro-noeud d’échange, de “rencontre” sur la définition d’une ressource qui fait sens pour deux individus et qui organise la forme de partage entre ces deux individus. D’un point de vue opératif, les effets d’un tel micro-partage sont déjà palpables dans ce que ça peut ouvrir comme échange entre ces deux individus. Le Livre continue donc de s’écrire, et le temps de la fin du récit, et de la fermeture de tout cela dans un enroulement définitif des pages de ce Livre n’est pas encore là : il faut juste encore attendre de dénouer les fils du récit, d’éclaircir les relations entre les protagonistes, de nommer toutes les étoiles, etc… Il faut encore finir de se re-souvenir.
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Ce partage est en effet plus riche que son caractère rudimentaire le laisserait croire. Un simple mot-clé et c’est déjà toute une intentionnalité et tout un univers de référence qui se met en place. Car à côté d’un mot-clé, il y en a d’autres et encore d’autres. Le livre n’est pas lisible en sa totalité et dans les quelques mots que nous apercevons il y en a d’autres dont nous supposons l’existence et qui constitue l’arrière plan de notre lecture.