06 fév 2000

Ascenseur

J’étais dans l’ascenseur avec un seul désir: qu’elle ne soit pas là. J’ai eu un peu honte de cette pensée qui s’imposait à moi. Rentrer chez soi et ne pas vouloir que sa compagne soit là, car je savais que si elle était là il y aurait de sa part des reproches, des jalousies par rapport aux autres, par rapport à moi. La moindre bonne nouvelle que je lui annonçais c’était pour elle quelque chose dont je la privais.

On ne peut pas se battre contre la jalousie, c’est quelque chose qui dépasse (parce que ça structure pour une part) les relations humaines. AVec elle on n’est toujours excentré, mis sur la touche, comme si cette affaire ne nous concernait plus. C’est abstrait et c’est peut être pour cette raison qu’elle ne nous affecte pas vraiment, malgré les cris, les larmes, les tensions.

J’étais énervé de tant de gâchis. Je me demandais si elle pouvait ainsi longtemps être à la source de son propre malheur. Combien de temps encore elle tiendrait dans son marasme. Je me disais aussi qu’il suffisait de si peu pour que sa dépression, cette haine plaintive de soi, se tourne en joie, il y a tant pour être joyeux pourtant entre nous.

J’étais dans l’ascenseur et j’avais la certitude de vouloir revenir chez moi en retrouvant un appartement vide.

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