Nous étions rue Louise Weiss. Elle a crié. Elle a été jalouse d’une amie, non à cause de quelques ambiguïtés que j’aurais eu à son égard mais simplement de cette amitié que j’avais avec elle. Elle voudrait être tout pour moi, une amante, une amie, la seule. Elle est désespérée que je ne puisse lui offrir ce qu’elle demande sans comprendre que ce qu’elle me demande la prive de son objet. Elle pense que l’amour est exclusif. Je pense tout le contraire, l’amour est quelque chose d’impersonnel et d’inclusif. Il concerne la peau, rien que la peau, la nôtre, celle des autres.
Elle est dans une logique de la possession. Et moi de la dispersion. Ce qui me touche c’est l’anonyme en nous. Son anonymat la terrorise littéralement. Je ne suis pas parti. J’aurais dû. Aura-t-elle l’intelligence du corps d’entendre ce qu’elle est ou deviendra-t-elle avec le temps une de ces personnes négociants avec tout et surtout avec elles-mêmes, se trouvant des raisons, des justifications pour tout, pour n’importe quels soubresauts, pour n’importe quelles nervosités, se justifiera-t-elle de ce qui est sans justification ou fera-t-elle quelque chose de cela?