© 2005 Grégory

La suspension du regard

Par exemple, le métro. Espace commun mais pas de temps commun. Les gens sont là, attendent, le regard vide ou plutôt suspendu, il suffirait d’un bruit fort, d’un bruit quelconque, d’une adresse aussi infime soit-elle pour qu’ils relèvent la tête et fassent signe d’interrogation. Filmer ces gens avec une caméra discrète, un complice fait un bruit, filmer ce regard d’étonnement, moment singulier. Et puis passer les choses au ralenti, ralenti d’un temps infime, claquez des mains, répétez cette adresse, la tête se relève, le regard interroge, l’interrogation de rien, d’un être ensemble perdu.

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