07 juin

Implosion

La guerre n’avait pas commencé. Elle n’en portait que le nom. Il y avait parfois des explosions mais sans conséquence. Un épais nuage de fumée, une détonation sourde mais pas d’éclat, pas d’objet brisé, rien qui puisse présager d’une destruction. Après l’explosion rien de connu ne manquait, tout était comme avant, la rue était intacte. Les dimensions des explosions variaient. Elles prenaient parfois la largeur d’une rue, parfois elles étaient presque invisibles à l’oeil nu, sur le coin d’un trottoir ou sur le pan d’un mur, elles devenaient alors un nuage de poussière. Cette poussière qui s’infiltrait partout et qui faisait disparaître les objets les uns après les autres. Elles avaient lieu selon un cycle que personne ne comprenait. Ils avaient peurs.

One Comment

  1. 1 10 juin 2006 at 1:48
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    Il marchait dans les parkings extérieurs, ces espaces vides entre les immeubles. Un gardien libanais dans sa cabane semblait vivre là. Il était attiré par ces lieux et chaque fois qu’il les traversait sa mémoire s’effaçait. Il gardait le sentiment confus d’une continuité, il y avait un avant et un après, mais les détails s’estompaient comme s’ils étaient encore là mais qu’il ne pouvait plus les formuler, les penser, les manier. Il s’était révolté au début et avait fouillé sa mémoire sans résultat. A présent il laissait faire. Il savait que ce qu’il avait vécu restait là, peut être inacessible, mais en réserve.

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