07 nov 2007

La loi des séries

Je suis chaque jour un peu plus fasciné par les séries dans Youtube, DailyMotion ou Google video. Fasciné par le mode de fonctionnement de ces images qui se ressemblent, où les personnes s’inspirent les unes des autres en suivant une chorégraphie proche, en faisant quelque chose de particulier.

Il y a là quelque chose de radicalement différent de la logique des mass medias, comme une relation inversée à ce concept si vide : le public. Il y a également une loi des séries qui veut que la répétition soit un principe de différenciation et non d’identité. Faire série, problématique classique en art visuel, n’est plus affaire de choix d’une personne déterminée, l’artiste car les séries sont déjà là, sous nos yeux, à disposition.

Cela me fait penser à ce beau passage dans “Cosmos” de Witold Gombrowicz où un personnage dans sa chambre d’hotel suit du regard des fêlures sur les murs et y voit des signes, des répétitions, des occurences, un événement.

Les séries sont là, plus encore elles se présentent à nous car nous savons bien, et c’est là toute l’intensité de ces images, que ce sont ces gens qui les ont mis en ligne. Nous savons que ces images ont été faites pour le réseau, elles ne préexistent pas à l’intention de mise à disposition sur Internet. Elles sont Internet quant à leur origine puisqu’elles s’inspirent d’images trouvées sur le réseau, et quant à leur fin puisqu’elles retournent sur le réseau et constituent une forme de réponse à l’image dont on s’est inspiré. Il s’agit donc là d’un mode de perception qui agit, qui produit, reproduit, différencie des images.

Il y a sans aucun doute là un nouveau contexte qui dépasse la logique industrielle du pop art. Faire série n’est plus fondé sur l’intention de l’artiste, faire série est déjà là.

One Comment

  1. 1 8 novembre 2007 at 12:25
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    C’est juste une convergence qui est dévoilée par ces outils, les social software. Ces outils montrent des pondérations, et c’est bien normal, ceci est “la culture” : ce chaos se structure de lui-même parce que ces individus vivent en 2007 dans un monde donné où la vie est massivement inventée par quelques médias, notamment le cinéma, la télévision et la musique. Après, on voit juste cette organisation se faire d’elle-même, et c’est aussi fascinant qu’inquiétant, car tout cela s’assemble automatiquement. Cela me fait penser à cette animation qui a trainé sur le web récemment : “the machine is using us”. Nous devenons à notre insu, les instruments de l’écriture de toutes les interactions (ici multi-médiatiques) du monde. Ce qui se passera à la fin de tout cela : l’extinction, comme la fin de 2001 l’odyssée de l’espace, comme la fin de cette nouvelle : “les milles milliards de nom de Dieu” de Arthur C. Clarke.

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