© 2006 Grégory

Ceux qui nous regardent

On sait combien le théâtre est hanté par sa fin et ne cesse de raconter sa clôture depuis la tragédie grecque. La déconstruction de la frontalité scénique, de l’adresse langagière, de la narration elle-même n’aura été que le récit de cette u-topie se remémorant des temps anciens où le peuple se représentait dans l’écart entre la scène et le public.

Mais voilà, il reste des lieux, nommés théâtres, trace d’une fonction devenue impossible: le peuple manque. Ces lieux ont été désertés, il ne reste ni public, ni acteur, ni récit. Il ne reste plus que le dispositif, un décor vidé: les chaises face à une scène, les coulisses, loges où on se préparait, une entrée et une sortie.

Le théâtre aura donc été la matrice de la représentation en Occident, et ceci depuis Aristote. Fin du théâtre et fin de la représentation? Que faire de ces lieux qui restent, les théâtres par exemple mais on pourrait aussi citer les salles de cinéma, quand leurs fonctions perdent de leur efficacité? Faire le récit de la fin est une autre représentation, elle répète elle aussi ce qui a eu lieu et fait de la fin une seconde fois.

Ceux qui nous regardent, est une mise en scène de la représentation théâtrale et fait émerger des personnages hors de toute narration laissant simplement le public face à une présence. Ce sont des personnages sans texte, tandis que Lecture est un texte sans personnage.

Une coproduction: Incident & La Chapelle
Remerciements: Aurélie Bruhl, Georges Didi-Huberman, Jérémie Niel, Aaron Pollard d’Oboro, Richard Simas.

One Trackback

  1. By Devant la recrudescence at Claude Le Berre on 3 novembre 2006 at 11:12

    [...] ceux qui nous regardent [...]

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