Je ne m’adresserais donc plus à toi (mais que sont donc alors ces mots?). Je me suis trompé depuis des années.En toute logique je devrais à présent me taire, éviter toute destination, fut-elle négative, la dénégation serait encore une manière de négocier avec toi. Mais ce silence lui aussi te serait sans doute destiné car il faudrait retenir ce désir de parole antérieur à toute relation. Il faudrait tenir, avec le langage, sans le langage. Je ne veux plus taire même si je sais que je me suis trompé de personne. C’était pourtant bien toi, mais pas toi tel que je le pensais (remarque je dis encore “toi”), il y avait sans doute de la projection: croyant en ta fragilité (parfois insupportable) comme en ton courage (jamais je ne t’avais aperçu dans une crise où l’autre prime sur soi, absolument). Comment cesser une relation entre deux êtres? Suffit-il de se dire “au revoir”, “adieu”, “à bientôt”? Suffit-il de se murer et de murer l’autre dans le silence? Ce silence qui est le sien, le mien comme le tien? Mais le silence maintient quelque chose qui lui est extérieur, une possibilité. Et comment le silence continue-t-il à parcourir notre relation? Il ne peut y avoir aucune négation d’une relation, ni adieu, ni départ, ni séparation, rien de tout cela n’affectera finalement la possibilité même de la relation, du rapport fut-il infime, silencieux. C’est à cet endroit précis, exactement là, dans la justice de cet écart que nous nous sommes rencontrés et que nous nous sommes perdus.
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A la suite de ce texte, j’ai reçu trois messages de femmes qui croyaient qu’elles en étaient les destinatrices. A cet instant, je me suis dit que les dernières années avaient été particulières…