La variabilité me semble être un concept plus efficace que celui d’interactivité, car ce dernier contient des présupposés dont il est difficile de se séparer si ce n’est à développer une longue argumentation. Certains mots à force d’être répétés deviennent indissociables d’une doxa et semblent perdre leur force d’irritation et de déconstruction qu’ils avaient au début. S’il y a dix ans la notion d’interactivité permettait de faire trembler les définitions communes de l’art, aujourd’hui elle est devenue un lieu commun sur l’art. Les mots n’ont pas une valeur en eux ou dans leurs relations aux phénomènes, mais dans un contexte socio-culturel où certains mots sont révolutionnaires et d’autres réactionnairs (pour être très dialectique). Il faut intégrer à cela un devenir puisque la première catégorie peut se transformer en la seconde au cours du temps. Avec l’interactivité tout un régime de la participation et de la liberté intervient, avec les problématiques classiques du libre-arbitre et du déterminisme. Bref l’arrière-plan idéologique de l’interactivité rend complexe son usage. La variabilité quant à elle peut être reliée à tout un arrière-plan culturel et historique tel que la déconstruction du récit, l’absence de causalité dans nos existences, la complexification, etc. Bref la variabilité permet d’entrelacer une composante existentielle et facticielle de la possibilité (nos vies étant de moins en moins soumisses à un ordre supérieur et supra-sensible) et une composante technologique, la programmabilité permettant de produire de l’imprévisible et de la complexité.
09 nov
By Grégory. Posted 9 novembre 2004 at 2:58 . Filed under Sur terre, Théorie. Permalink. Subscribe to this post’s comments.
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