09 déc
By Grégory. Posted 9 décembre 2006 at 9:12 . Filed under Technologies. Permalink. Subscribe to this post’s comments.
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Conférence donnée au NT2 : Nouvelles textualités, nouvelles technologies, Département d’études littéraires, UQAM
Le numérique peut-il être le support d’une imagination?
Cette question qui semble au premier abord naïve questionne en fait la faculté de produire des images sur un support. Imagination et tabula. Imagination non comme image mais comme individuation des images. Mais est-ce une faculté? [...]
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Des hibous à midi, des oiseaux de nuit le jour, des choses, des objets, des images hors contexte mais qui pourtant sont là. Des feuillets, des cartes postales, des timbres, des graffitis, des photographies oubliées, des photogrammes volés au flot continu et insensé de la télévision (ce que je nomme le syndrome de Duchamp : [...]


4 Comments
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quelle marque !!! à mes élèves je leur expliquais qu’avec la wii, nous passions à une nouvelle dimension d’immersion et de pré-formatage des gestes pratiques (déjà initié avec les télé-guns et autres prothèses calquées sur les instruments existants). Mais ce qui est remarquable ici, c’est que ce n’est plus seulement la prothèse qui apparaît (puisqu’elle n’existe que symboliser dans une interface sans rapport analogique avec l’original) mais c’est le mouvement, le maniement. geste de combat d’épée sur Zelda, smash en tennis, coup de poing (donc geste sans relation avec une prothèse technique instrumentale (et non pas intentionnelle) pour son efficacité réelle)… La wii ouvre l’ère de l’immersion (mais elle existait déjà) gestuelle et comportementale, inscrivant des réflexes. Sur le site wiihaveproblem.com (je ne suis plus certain de la terminaison) nous pouvons voir une femme se battant dans sa cuisine, allant jusqu’à l’épuisement physique, prise de frénésie non pas seulement émotionnelle, mais corporelle.
Bon, tout cela en passant.
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Enfin des marques!!!
Si la mobilisation du corps était à l’oeuvre depuis longtemps, la Wii est la « preuve » à grande échelle sociale que les discours sur l’immatérialité du numérique sont absurdes. Il y a du corps, du geste (cf Vilèm Flusser), de la peau. Cette mobilisation est lointaine, l’une de ses sources révélées par le très important travail de J.Crary (Techiques of the observer) est la physiologie du XIXème qui rend techniquement possible un corps s(t)imulé.
C’est un symptôme, il y en a, il y en aura d’autres.
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Très bonne référence oui Flusser. dans les Gestes, Louis Bec écrit ceci dans sa post-face pour définir les post-gestes: « Le geste d’interconnecter du vivant à des dispositifs interactifs a entraîné le corps à devenir l’une des composantes de la machine » Et plus loin « Il réunit ce qui fonde certains mode d’expression à partir des supports comportementaux biologiques, des aspects proprioceptifs et multisensoriels du vivant et de leur traitement en temps réel. Ces pratiques artistiques expérimentales se sont décloisonnées grâce aux relations entretenues avec les sciences du vivant, les sciences cognitives, les sciences de la communication et les technosciences »
Louis Bec montre, et ceci à partir de l’art (je pense pour ma part à des expériences telles paingame ou bien mush) comment l’inter-connection à la technologie en art implique non pas seulemennt une réflexion seulemennt sur la gestualité, mais sur l’ensemble des conditions de la gestulaité (neuro-science, physiologie, transmission par les technosciences des informations, etc…), au sens où ce n’est pas seulement la duplication analogique qui est intéressante (par exemple la captation d’un mouvement d’acteur et sa recomposition modélisée sur un avatar à partr de capteurs) mais bien la genèse des mouvements (par exemmple le caractère psychologique)
L’émotion est au coeur de la wii, les élements déterminant la possibilité de lamarque, à même la peau, dans l’organisme, ne viennent pas de la gestulaité, mais de la manière d’inter-connecter le système affectif et l’intentionnalité ludique à la mise en mouvement nécessaire d’une corporéité qui va être immergée sans qu’elle s’en rende compte dans une dimension de vécu de sens déréalisant son contexte immédiat à partir de la recomposition médiate d’un contexte qui n’a de sens qu’au niveau de la représentation émotionnelle qui décloisonne l’écran et l’amène à nécessiter le corps, ou bien inversement qui amène le corps à être propulser au plus près de l’écran.
bon, là je me réveille, c’est peut-être pas très clair…. je bois un café, et réfléchis à tout cela.
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Effectivement, si je comprend bien, si je traduis et si je détourne donc, il y a la question de l’intentionnalité. Si ce qui est visé c’est bel et bien l’écran et que celui-ci est toujours un peu narcissique (j’ai un avatar), la genèse même du geste est transformée en profondeur, son individuation même, quand le geste se déroule sur lui-même, commence tout juste à se déployer. Tu sais cette étrange amorce.
Ce n’est pas seulement avec les interfaces Wii que c’est en jeu, c’est avec une souris. Je bouge ma main pour bouger une représentation sur un écran (le curseur) que je suis du regard: quel est alors la visée de mon regard? Il est mobilisé par la main, par ce feedback narcissique et mimétique. Et nous savons que la représentation n’est pas simplement répétée, elle diffère.
Sans doute, je me répète, les conditions techniques de cette invention du corps se trouvent au XIXème qui est aussi l’époque de l’invention des réseaux (électrique, train, etc.) cf Discourse Networks, 1800/1900 de Friedrich A. Kittler.