10 déc 2006

The Hollow Men

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Des hibous à midi, des oiseaux de nuit le jour, des choses, des objets, des images hors contexte mais qui pourtant sont là. Des feuillets, des cartes postales, des timbres, des graffitis, des photographies oubliées, des photogrammes volés au flot continu et insensé de la télévision (ce que je nomme le syndrome de Duchamp : ce 1/50 de seconde qui a échappé à tous, même à l’auteur, ce 1/50 de seconde devient mien). C’est de cette matière première, la petite caisse de l’histoire, que je tente d’extraire un parcours subjectif du 20e siècle. Tous s’entendent à l’effet que la Première guerre mondiale serait le moment fondateur, le point d’ancrage, de cette ère et que c’est sur cette toile de fond que T.S. Eliot a écrit le très beau et désespéré poème The Hollow Men. Le ‘’Prélude’’ à mon voyage sera donc une réflexion sur ce poème, mêlée à des images amassées dans les limbes de ma mémoire.

Exposition de Chris Marker à Daizbao (Montréal) et lecture simultanée du livre envoyé par Claude Le Berre: “Du monde et du mouvement des images” de Jean-Louis Schefer.

L’image est la disparition, le retrait de la figure humaine.
Le cinéma est une matière de poussière et les pixels ne sont pas loin de cette matière. Il y a le texte, fond noir, typographie blanche un peu floutée (je vois donc aussi cela). La discrétion et la continuité aussi entre ces 8 écrans qui se répétent 2 à 2, comme si chacun était le manquant de l’autre. Il y a bien sûr le silence de la mémoire, images d’archives tirées dont ne sait où (on sait simplement qu’elles sont avant nous), des images inscrites sur les murs, oubliées dans l’espace public, ces images de personne.
J’écoute les échos.

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