11 mar 2001

Copyleft et naïveté politique

Antoine écrit : Le copyleft permet la création collective d’objets numériques qui peuvent être librement copiés, donnés et modifiés. En quoi la création des logiciels libres peut-être un modèle pour l’art contemporain? Aujourd’hui, nous devons surtout nous protéger des marchands extrémistes, nos prédateurs contemporains. Le simple droit d’auteur est impuissant à cela. Le copyleft, c’est la liberté contre le libéralisme. L’économie propre à l’art est une économie du don, du partage et de la valeur ajoutée à ce qui n’a pas de prix. Sans le savoir, de nombreuses pratiques artistiques participent à cet esprit de “copyleft”. C’est un autre droit d’auteur aussi important que celui qui est censé nous protéger, nous et nos oeuvres. All right! La Copyleft Attitude c’est une autre économie pour l’art. C’est l’attention portée au travail de l’art sans être troublé par la pression de l’économie dominante, celle du marketing et de la finance (un autre art sans doute…)” Il y aurait beaucoup à dire sur l’approche politique et économique de ce modèle. Elle retrouve (comme c’est le cas d’un point de vue esthétique) des oppositions: nous les pauvres artistes! eux les méchants prédateurs qui veulent nous dévorer! Un peu naïf (voir Armand qui vend et achète de l’art africain, c’est un modèle d’extériorité). Pouvons-nous revenir aux positions gauchistes dénonçant un capital localisé ou devons-nous voir en quoi le capital est partout? Le copyleft est-il une manière d’exprimer la part maudite de l’oeuvre, le don, le partage? Est-il possible de légiférer sur cette part maudite, c’est-à-dire d’en faire un système comme le fait le copyleft? Remarquez que le don et le partage c’est merveilleux quand les oeuvres sont à la hauteur et je le répète les oeuvres pour l’instant appartenant au copyleft sont esthétiquement très faibles. Je trouve tout de même que le discours politique sous-jacent (liberté contre libéralisme) est un peu faible, manque de cruauté, d’ambiguïté. C’est un peu les gentils contre les méchants avec la certitude que nous sommes les gentils… Ce n’est peut-être pas le cas. Chercher d’autres modèles politiques, du côté de “Spectres de Marx” et surtout d’ “Economie Libinale” de J.F. Lyotard par exemple.

Your email is never published nor shared. Required fields are marked *

*
*