Si la destruction phénoménologique consiste à s’appuyer sur un phénomène courant, brouillé par divers aspects d’une doxa préexistante et prédominante telles que des opinions, des théories, des doctrines et des idéologies, pour accéder par destruction privative et négation positive, à l’essence de ce même phénomène en déployant une position scientifique du problème. Si cette destruction doit passer des catégories aux existentiaux, c’est-à-dire de la question « qu’est-ce que…? » à la question « qui? » en tant qu’elle s’adresse à un être humain. On peut alors s’interroger sur la possibilité d’une destruction phénoménologique des technologies et de son résultat théorique.
Que les technologies soient hantées par un sens commun, l’utilitarisme par exemple, la maximisation énergétique, l’absolu d’une mémoire sans défaut, nous pouvons le remarquer quotidiennement. Que cette doxa vienne voiler la réalité existentiale de notre relation quotidienne aux technologies, c’est ce que nous pouvons apercevoir en re-ssentant le décalage entre l’idéologie de cette doxa, perceptible dans les discours et les publicités, et les phénomènes technologiques auxquels nous nous confrontons, par exemple lorsqu’un texte (« celui-ci »), au moment de son écriture, se perd dans un bogue informatique et que nous sommes conduits à la double impossibilité de la répétition et de la novation.
La destruction phénoménologique devrait être à même de révéler ce qui se trame derrière la doxa, ce dont la doxa témoigne négativement, de sorte qu’on ne rejetterait aucunement le sens commun en prétextant un arrière-monde valorisé, on l’utiliserait bien contraire. Le bruit du « On » est quelque chose de précieux, la télévision en ce sens ne devrait pas être moralement critiquée mais finement analysée comme des signes privatifs de ce qui nous (« être-ensemble ») arrive. Cette destruction serait à même de ramener les technologies à leur essence propre structurant notre relation au monde et aurait sans doute comme résultat de donner une image surprenante de ces objets qui nous entourent.
