Il est très important que le curateur écoute. Il ne doit pas encombrer, de même que tous les discours s’y rapportant non plus. Mes expositions ne fonctionnent pas comme l’illustration d’un concept, où les artistes viennent confirmer ce qui est pensé par moi. Je ne crois pas du tout en cela. Je pars du principe qu’on ne peut pas comprendre les forces effectives dans l’art si on ne comprend pas ce qui se passe dans les autres domaines. Lorsque j’ai commencé à travailler à la fin des années 80, il y avait un manque. Ernst Bloch dans sa définition de l’utopie dit: “something is missing”. La nécessité vient très souvent du sentiment de ce que “quelque chose manque”. C’est pour cette raison que mon projet principal, à part les interviews, concerne les projets non réalisés. Je demande toujours aux artistes quels sont leurs projets non réalisés qui leur tiennent à coeur et qui, dans les paramètres existants, n’ont pu voir le jour.
Hans Ulrich Obrist