
Gary Hill, Tall Ships (1996)Lors de la précédente séance nous avons vu le fonctionnement des variables en utilisant des fonctions aléatoires ainsi que les raisons historiques de ces formes issues de la cryptologie. Les variables peuvent être définies comme le langage sous-jacent du numérique, mais ce langage s’exprime sous plusieurs formes. La multiplicité de ces formes, difficiles à cerner au premier regard, peut être analysée et catégorisée du point de vue des relations causales. Quelles sont les relations de cause à effet qui donnent une forme sensible aux variables? Qui produit quoi?
La variable peut s’exprimer sous différentes formes dont nous analyserons les relations de cause à effet.
- Interaction
- Interactivité
- Génération
Le système causal peut être ouvert ou fermé, cad être en relation interne ou en relation externe, suspendre ou continuer la relation. Le dispositif est métastable (il se modifie au cours du temps) et en état d’auto-corrélation ou d’extra-corrélation (sa mesure provient d’une variable interne ou externe). Cette approche doit être liée à la pensée de Gilbert Simondon.
Les variables numériques (n, le chiffre quelconque) prennent la forme de variations esthétiques et sensibles par des traductions en entrée (une souris par exemple) et en sortie (l’écran). L’entrée (input) et la sortie (output) se complètent de façon continue car la traduction se fait dans un double sens, de l’analogique au numérique et réciproquement. Cela ne va pas seulement vers l’être humain mais aussi vers la machine. Imaginez un livre sans langue originale, qui s’écrirait en deux langues, une langue avançant quand l’autre s’écrirait, celle-ci avançant quand “sa” traduction s’écrirait, chacun inversant ses rôles ou plus exactement encore une dynamique de traduction mettant en cause la notion même de texte original et de texte traduit. Ou est donc la langue? N’est-elle pas alors dans cette traduction performative? C’est pourquoi à partir de l’anticipation du calcul, les variables et les variations peuvent produire du nouveau au sens d’un événement esthétique, d’une occurence. Le feedback est cette boucle continue qui ne peut être fondée sur une traduction sémiotique et ou mimétique mais formelle, axiomatique et mathématique. Comment ces traductions bifaces peuvent-elles donner lieu à de la représentation?
Le langage programmatique n’est pas le choix d’une causalité plutôt qu’une autre, mais le passage de l’une à l’autre, passage que nous nommerons tempo. Les images numériques sont des images-relations, et le tempo est la possibilité même des relations, cad que le tempo est la relation entre les images-relations. Le tempo comme ordre non anticipé, comme ouverture de lacunes et donc possibilités d’interprétation sémiotique pour l’utilisateur.
Lecture détaillée du texte de Jean Louis Boissier que nous allons suivre pas à pas.
A lire:
Jean Louis Boissier, L’image relation in La relation comme forme, Mamco, 2004, pp. 273-306
A voir:
www.incident.net/medias/swf/avm3301-10-12.swf
(les documents vidéos sont intégrés au-dessus à l’article du blog)
Jim Campbell, Memory/Recollection (1990)
Gary Hill, Tall Ships (1992)
David Rokeby, N-CHA(n)T (2001)
etc.
13 octobre
Revoir Dreamweaver MX (fonctions avancées en javascript).
1.Introduction aux logiciels orientés objets: max msp, isadora, eyeweb. Les objets sont en fait des variables et les liens sont des relations de causalité entre les variables. Afin de s’adapter le plus vite possible aux nouveaux outils, il importe d’en comprendre la logique programmatique et ne pas s’attacher à leurs formes (fétichisme des défenseurs de tel outil versus un autre outil).
2.Révision des fonctions aléatoires dans flash.
3.Introduction aux conditions (if else, etc) dans flash appliquées à une variabilité quelconque.
4.Introduction aux fonctions de découpage des données alphanumériques (split) et de concétation dans flash.
5. Création d’un premier générateur de textes, plus exactement de titres d’oeuvres contemporaines par association entre deu listes. Une liste de verbe à l’infinitif et une liste de prénom. Cette association n’est pas sémiotique dans l’intentionnalité de l’artiste, mais du fait de l’attente sémiotique ouverte par l’usage même du texte (dont on attend le sens), le lecteur produit du sens à partir de la polarité entre les deux listes.
Version alpha du projet I: médias et manière de les ranger.
Rendez-vous individuel afin de définir le rendu artistique pour le 2 novembre.

2 Comments
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“Le sujet interpassif” de Slavoj Zizek. D’après ma collègue, prof de philo à Toulouse, le concept d’interpassivité est emprunté par Zizek à Robert Faller qui enseigne à Linz (Autriche) en réaction à “Ars electronica”.
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Je ne connaissais pas cet emprunt que je vais regarder de plus près, surtout si c’est en réaction à la machine technologique d’Ars et à l’idéologie du tout interactif.
Je préfère le concept d’interpassibilité développé en 1996 dans le cadre d’un mémoire avec Anne-marie Duguet, interpassibilité au sens de deux “systèmes” passibles l’un à l’autre. Les concepts de passivité ou d’activité ont ceci de gênant qui s’excluent l’un l’autre, or une grande partie des dispositifs numériques articulent ces deux régimes selon un certan tempo, des moments d’attente, de suspends, de mise en boucle, etc dont parle d’ailleurs très bien Jean-Louis Boissier.
La passibilité, que je reprend à Jean François Lyotard dans l’Inhumain, c’est être passible de et passible à, c’est la question du pathos au sens étymologique qui est tantôt activité, tantôt passivité, parce que la perception se joue dans cet écart. L’interpassibilité serait donc (en dehors d’une compréhension anthropomorphique de la machine) la capacité de deux dispositifs quelconques à s’ouvrir à.
En ce sens ce concept devrait êtrre relié à la conception de Simondon quand aux machines ouvertes et non-limitées à leur automaticité.