13 nov

L’image peut-elle tuer ? (Marie José Mondzain)

La double interprétation de la dernière Cène produit, en tant que rituel d’incorporation, du corps instutionnel, alors que, en tant que mémorial d’incarnation, l’image distribue des substituts symboliques en écart infranchissable de l’invisible. Le pain et le vin ne ressemblent en rien à la divinité. La parole est performative, c’est elle qui instaure un double régime pour la communauté, celui de l’iconicité d’une absence et celui de la communion dans la présence. Dans le cas iconique, la personne du fils s’incarne dans l’image indépendemment de sa substance, donc de sa personne réelle. Son corps a été sacrifié pour inaugurer le règne de l’image immortelle. La personne dans ce cas ne peut être l’objet d’une personnification, mais le sujet d’une incarnation qui se fonde sur le sacrifice du corps, sur sa disparition. Inversement, la situation du corps dans l’eucharistie permet à l’incorporation institutionnelle de revendiquer la personnification du Christ dans le corps de l’église. L’eucharistie impose au sujet une identification qui le coupe de toute altérité et engloutit dans la substance d’un corps imaginaire dont il est à la fois tout et partie. C’est là la base de tout traitements de l’image sur un mode fusionnel. Dans le cas de l’icône, les espèces matérielles de sa manifestation ne sont pas promises à la transsubstantiation mais à la transfiguration du regard. Dans la cas de la communion, le visible produit un contrat d’appartenance qui génère de l’inclusion et de l’exlusion. Peut-on produire de la communauté sans fusionner ? Vivre en commun n’est pas vivre comme un.
p.35-36

Cependant [les productions artisiques] peuvent aussi bien être proposées à la consommation passive dans les lieux cultuels et culturels où la consommation de leurs cadavres embaumés les voue à la gloutonnerie collective. Les images comme toutes les oeuvres peuvent être violentées, privées de leur force. Toutes les forces institutionnelles de l’académisme auront tué plus d’un chef-d’oeuvre. Beaucoup de libertés sont massacrées dans les rendez-vous manqués de la scolarité avec les plus grands objets. Ainsi en va-t-il des images. Ne pas savoir initier un regard à sa propre passion de voir, ne pas pouvoir construire une culture du regard, voilà où commence la vraie violence à l’égard de ceux qu’on livre désarmés à la voracité des visibilités. Il revient donc à ceux qui font des images de construire la place de celui qui voit et à ceux qui font voir les images des premiers de connaître les voix de cette construction. L’image exige une gestion nouvelle et singulière de la parole entre ceux qui croisent leurs regards dans le partage des images… La propagande et la publicité qui s’offrent à la consommation sans écart sont des machines à produire de la violence même lorsqu’elles vendent du bonheur ou de la vertu. La violence du visible n’a d’autre fondement que l’abolition intentionnelle ou non de la pensée et du jugement. Voilà pourquoi, face à l’émotion provoquée par les images, c’est-à-dire face au mouvement qu’elles provoquent, il est impératif d’analyser le régime passionnel qu’elles instaurent et la place qu’elles font à ceux à qui elles s’adressent. La critique de l’image est fondée sur une gestion politique des passions par la communauté. Elle ne devrait jamais être un tribunal d’épuration morale des contenus, qui mettrait fin à tout exercice de la liberté du regard.
p.45-48

5 Comments

  1. 1
    Gauthier Marie
    6 mars 2007 at 7:12
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    Je n’ai rien compri a ce livre et je dois faire une fiche de lecture dessus!!! aidez moi

  2. 2 12 septembre 2007 at 8:10
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    toi t a prepart nan??

  3. 3
    Roxane
    14 septembre 2007 at 10:29
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    Lol!!! Moi non plus j’ai rien compris et je suis à prèp’art!!!

  4. 4
    laurène
    15 septembre 2007 at 9:29
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    idem alalaa prép’art

  5. 5
    Aude
    17 septembre 2007 at 6:20
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    lol…!! on est tous sur internet pour avoir les mm renseignements et pour la mm école. ms personne d’autre n’a a lire se livre ke nous!!!!!!!

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