Sur terre, projet multi-supports, existe sous forme de performance. Sa configuration est variable et consiste habituellement en trois ordinateurs reliés entre eux. Deux gèrent l’image, offline et online, l’autre le son. Un switch permet de passer d’une image à une autre et le son est généré en temps réel. Cette performance se présente comme une projection vidéographique classique, toutefois sa variablité devient sensible suivant la durée de l’exercice. De surcroît si le public suit plusieurs performances d’affilées, certaines différences apparaissent. Ces différences ne sont pas des chemins multiples à la manière du « livre dont vous êtes le héros », mais plutôt d’infimes variations qui signalent que la fiction se construit autour d’un stock disponible d’images, de sons et de textes et que son montage n’est pas prédéfini mais suit le cours d’une improvisation structurée. De la sorte un thème émerge progressivement: l’histoire n’est pas racontée, au sens où elle n’a pas un lieu d’énonciation localisé, mais elle se laisse imaginer par le public, de performance en performance, car un thème, comme on parle de thème musical, apparaît de façon progressive dans les interstices des représentations. Ainsi « Sur terre demo » n’est pas à proprement parler une fiction, au sens d’un récit, mais la bande annonce à chaque fois renouvellé d’un récit possible qui n’aura pas de lieu d’inscription défini une bonne fois pour toute.
13 fév
By Grégory. Posted 13 février 2005 at 4:28 . Filed under Performance, Sur terre. Permalink. Subscribe to this post’s comments.
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