15 jan

L’angoisse

Si la technique est traditionnellement ce qui permet d’échapper à l’angoisse en produisant une agitation (un mouvement) qui fait obstacle à cet autre mouvement qu’est l’angoisse, un changement important voit aujourd’hui le jour. La technique devient un élément d’angoisse, non pas au sens d’une crainte face au devenir monstrueux de la technique (industrielle), à son devenir inhumain, mais l’angoisse au sens d’une activité quotidienne qui nous fait inspirer et expirer dans une palpitation de vie et de mort.

A mesure que nous analysons la phénoménologie technologique, c’est-à-dire son mode de présence habituelle (non pas ses promesses idéologiques), nous nous apercevons que tout fonctionnement peut être suspendu en un arrêt, un incident dirons-nous. Et que cet arrêt n’est pas même une fin car il peut devenir à son tour fonctionnement. Les technologies, au sens de l’angoisse, ont une certaine gravité, une pesanteur qui nous excède. L’ordinateur n’est pas, en ce sens, une puissance d’agir, c’est un supplément qui ajoute et invente des activités.

Comprendre comment la mutabilité technologique peut aujourd’hui redoubler la mutabilité de l’être humain, c’est s’interroger sur la définition et les bornes précises de ce redoublement. Car à vrai dire il ne s’agit pas de la même mutabilité dans les deux cas, dans le premier cas elle est liée à une perfomation techno-scientifique, dans le second cas à une performation réflexive. Cette différence de mutabilité même pourrait possibiliser le redoublement et faire que nous apercevons le changement technologique comme un écho étrange, troublant de notre changement. On comprend ainsi que la question de l’angoisse technologique est profondément liée à celle de la représentation non pas comme mimesis et miroir mais comme supplément.

Add Comment

Your email is never published nor shared. Required fields are marked *

*
*