
Je suis toujours à travailler sur le projet avec Jean Paul Civeyrac nommé Interstices.
Je revois les images, peu importe que je les apprécie ou pas. J’essaye simplement de les mettre à distance, de déjouer la projection cinématographique puisque le support n’est pas le même, et que ces images, plutôt démontées que remontées, soient un souvenir du cinéma, comme si tout cela, les histoires du cinématographe étaient terminées depuis des siècles.
Anticiper, dans la défaillance inévitable de l’anticipation, ce que sera le cinéma, le théâtre, la guerre, d’autres choses encore pour les peuples à venirs. Et s’adresser à nos contemporains comme s’ils étaient déjà morts, comme si nous étions déjà morts.
Oublier.
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Il est difficile et sans doute absurde de vouloir définir l’expérience esthétique pour tenter d’en délimiter le contexte. Toutefois se suffire d’un simple refus de définition, le mot « art » devenant un mot vide pouvant accepter toutes expériences, n’est pas satisfaisant car du fait de sa surdétermination historique, en particulier romantique, ce mot garde un sens [...]
Tentons un instant de redonner à la salle de cinéma son étrangeté inactuelle.
Imaginons un peu avant son apparition ou un peu après sa disparition. Regardons la de l’extérieur. Tâche difficile comme si nous étions toujours à l’intérieur, comme si elle était impossible de la penser extérieure à nous, comme si elle avait été à l’origine [...]