16 fév

Sous mon bureau

Il y a une multiplicité de fils, toujours trop longs ou trop courts, jamais ajustés. La poussière s’y accumule. C’est à peine si j’ose glisser sous mon établi les pieds de peur de modifier le fragile équilibre de ce cablage et de voir une étincelle de lumière tout enflammer.

Tandis que le discours high-tech ne cesse de prétendre à l’advenue généralisée du sans-fil, auquel nombre d’artistes associent leur fantasme, notre expérience es celle du cablage. Et en ce sens le travail de Michel de Broin « Stick to resist » me semble bien plus pertinent que celui simplement mimétique de Manetas, parce qu’il propose un mode de fonctionnement, aussi absurde soit-il, qui révèle cette présence des cables, cette encablure généralisée. Comme si tous ces fils étaient la résistance même de la tekhné à laquelle jour après jour nous sommes confrontés. Un étrange retour de la phusis au sein même de ce qui originairement s’y oppose. Penser les technologies sans les soumettre à une idéologie de contrôle instrumental reste une tâche avenir.

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