La question posée par la bande annonce est beaucoup moins anecdotique qu’il ne pourrait sembler au premier abord. En effet, c’est d’une part la question de la représentation qui es posée, la bande annonce représentant en un sens bien particulier le film, et c’est d’autre part la différenciation entre différents médiums (la télévision par exemple, ou encore Internet, et la salle de cinéma) qui est problématisée. La bande annonce ne s’annonce que dans le passage d’un médium à un autre médium, d’un moment à un autre moment. La bande annonce est en ce sens un enchaînement esthétique. C’est peut être pour ces raisons que les bandes annonces ont depuis longtemps représentées un enjeu majeur sur Internet qui regorge de sites en diffusant. Les différents mediaplayers réalisant leurs luttes sur la diffusion exclusive de trailers.
Je ne sais si une étude académique poussée a déjà été réalisée sur la question de la bande annonce, étude qui analyserait sa relation au film qui partant du modèle dominant de la condensation (d’où le rythme de plus en plus rapides des bandes annonces américaines où tout est dit: transparence de la communication qui prime sur la surprise esthétique) pourrait faire émerger d’autres modèles: par exemple une bande annonce avec des images qui n’existent que dans la bande annonce (on pense au film de Lars von Trier Dogville où les acteurs passaient devant un vidéomaton). Comment penser la bande annonce dans sa singularité? Qu’est-ce qu’une annonce? Qu’est-ce qui s’anticipe ainsi? Quelle est la prévision qui est en jeu? Et l’imprévisible? Quelle appareillage esthétique met en place la bande annonce? La logique n’en est-elle pas plus surprenante? Ne faudra-t-il pas en reconstituer un jour l’histoire et la typologie? Forment-elles un genre? S’y regroupent-elles selon la nécessité de tel prédicat commun ou bien son-elles autrement et en elles-mêmes partagées?
La bande annonce classique en croyant laisser intact le film, réalise en fait une partition entre la copie et l’original. Le film a pour essence de pouvoir et de devoir se passer d’une bande annonce. Mais aucune bande annonce ne laisse intact un film car étant la première perçue, étant l’élément qui enchaîne vers une autre perception, elle détermine le film de part en part (dans la déception comme dans la satisfaction). Un réalisateur a-t-il déjà pensé ce contact entre ce qui annonce et ce qui s’annonce, par exemple en plaçant un fragment de narration spécifique dans la bande annonce (puisqu’il sait qu’une grande part du public a déjà vu la bande annonce avant d’aller voir le film)?
La bande annonce est un lieu où se condense une grande part des questionnements contemporains sur l’anticipation des médias, anticipation au sens de la commercialisation, de la causalité, mais aussi de l’esthétique.
One Comment
Je trouve ce film bien meme si (j’ imagine) que je n’ai vu qu’ une parti avec ma classe
je vai partir en flandre au domaine de dolly.
voila
(ne faites pas atention aux fautes d’hortographe)