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	<title>Commentaires sur : Déconstruire le Web 2.0</title>
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	<description>Notes et fragments</description>
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		<title>Par : Grégory</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/17-deconstruire-le-web-20/comment-page-1/#comment-246</link>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jun 2006 13:54:16 +0000</pubDate>
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		<description>La question esthétique posée par le Web 2.0 concerne, comme souvent, l&#039;instrumentalité, cette question simple qui détermine de part en part notre relation à la technique depuis Aristote.

Certains artistes utilisent de façon instrumentale le Web 2.0 pour diffuser leurs informations et restent ainsi dans le registre défini de façon explicite ou implicite par les initiateurs de ce conglomérat de technologies. Restant dans ce registre, ils subissent les conséquences d&#039;un langage qu&#039;ils n&#039;ont pas eux mêmes définis. Ils n&#039;en héritent même pas, l&#039;héritage supposant une quelconque transformation, une quelconque écoute quant à l&#039;obligation d&#039;hériter.

D&#039;autres détournent ces technologies (les APIs ouvertes sont très riches en potentiel) pour produire des travaux, c&#039;est-à-dire des usages, que les concepteurs technologiques n&#039;avaient pas prévus. Le fait que ceux-ci fournissent des APIs est justement l&#039;ouverture à cet inanticipable. Certaines APIs d&#039;ailleurs permettent plus la destructuration de leur instrumentalité originelle que d&#039;autres. Ainsi Flickr est très simple à utiliser, YouTube plus limité.

Quoiqu&#039;il en soit, l&#039;usage du Web 2.0 dans son instrumentalité prédéfinie est neutre politiquement, non pas au sens où il n&#039;aurait aucune signification politique, mais que l&#039;artiste venant après ne ferait que réitérer un message déjà défini socialement. Il n&#039;y aurait donc pas là une activité politique qui suppose l&#039;émergence d&#039;une individuation nouvelle. Répéter un mot d&#039;ordre est bien politique, mais ne fait pas de la personne qui répète un acteur politique. C&#039;est d&#039;ailleurs pour cette raison qu&#039;il est fort amusant de voir certains artistes s&#039;émouvoir avec force humanisme devant l&#039;usage d&#039;une technologie quand cet usage répète ce qui est déjà défini par les ingénieurs et les entreprises.

Ainsi les travaux qui consistent simplement à visualiser des données comme &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://artport.whitney.org/commissions/thedumpster/dumpster.shtml&quot;&gt;The Dumpster&lt;/a&gt; de Golan Levin, mais on pourrait aisément trouver d&#039;autres exemples, répètent un mot d&#039;ordre. Quand cetteextraction va avec une individuation, c&#039;est-à-dire un changement de contexte sémantique comme dans le cas de &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.turbulence.org/Works/apartment/&quot;&gt;The Apartment&lt;/a&gt; où des images du réseau sont mappées sur des formes architecturales, alors une nouvelle individuation a lieu, un monstre produit d&#039;une hybridation. Remarquons d&#039;ailleurs à propos de The Dumpster que l&#039;interface est quasi-identique à d&#039;autres travaux de Golan Levin.

Cette séparation entre le fond et la forme que nous trouvions dans certaines technologies du Web 2.0 est le symptôme le plus visible du mot d&#039;ordre. Quand la navigation est  inséparable des données alors une narration émerge, comme c&#039;est le cas dans &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.iath.virginia.edu/wax/&quot;&gt;Wax&lt;/a&gt; de David Blair qui reste au fil des années le paradigme pour l&#039;esthétique numérique. Mais il est vrai que de telles stratégies esthétiques de navigation et de narration sont forts éloignées des enjeux économiques dont l&#039;actualité nous assomme. Non par une résistance à je ne sais quel système et au nom de je ne sais quel humanisme mais structurellement parce que Wax, par exemple, ne cesse de s&#039;individuer et est inabsorbable par les systèmes dominants. Lorsque de surcroît la narration parle de ces dominations (du complexe militaro-industrielle dans le cas de l&#039;oeuvre de David Blair) sans les dénoncer mais en les emmenant là où elles ne sauraient aller d&#039;elles-mêmes, dans l&#039;individuation d&#039;un imaginaire, alors quelque chose de rare et de précieux (nous) arrive.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>La question esthétique posée par le Web 2.0 concerne, comme souvent, l&#8217;instrumentalité, cette question simple qui détermine de part en part notre relation à la technique depuis Aristote.</p>
<p>Certains artistes utilisent de façon instrumentale le Web 2.0 pour diffuser leurs informations et restent ainsi dans le registre défini de façon explicite ou implicite par les initiateurs de ce conglomérat de technologies. Restant dans ce registre, ils subissent les conséquences d&#8217;un langage qu&#8217;ils n&#8217;ont pas eux mêmes définis. Ils n&#8217;en héritent même pas, l&#8217;héritage supposant une quelconque transformation, une quelconque écoute quant à l&#8217;obligation d&#8217;hériter.</p>
<p>D&#8217;autres détournent ces technologies (les APIs ouvertes sont très riches en potentiel) pour produire des travaux, c&#8217;est-à-dire des usages, que les concepteurs technologiques n&#8217;avaient pas prévus. Le fait que ceux-ci fournissent des APIs est justement l&#8217;ouverture à cet inanticipable. Certaines APIs d&#8217;ailleurs permettent plus la destructuration de leur instrumentalité originelle que d&#8217;autres. Ainsi Flickr est très simple à utiliser, YouTube plus limité.</p>
<p>Quoiqu&#8217;il en soit, l&#8217;usage du Web 2.0 dans son instrumentalité prédéfinie est neutre politiquement, non pas au sens où il n&#8217;aurait aucune signification politique, mais que l&#8217;artiste venant après ne ferait que réitérer un message déjà défini socialement. Il n&#8217;y aurait donc pas là une activité politique qui suppose l&#8217;émergence d&#8217;une individuation nouvelle. Répéter un mot d&#8217;ordre est bien politique, mais ne fait pas de la personne qui répète un acteur politique. C&#8217;est d&#8217;ailleurs pour cette raison qu&#8217;il est fort amusant de voir certains artistes s&#8217;émouvoir avec force humanisme devant l&#8217;usage d&#8217;une technologie quand cet usage répète ce qui est déjà défini par les ingénieurs et les entreprises.</p>
<p>Ainsi les travaux qui consistent simplement à visualiser des données comme <a target="_blank" href="http://artport.whitney.org/commissions/thedumpster/dumpster.shtml">The Dumpster</a> de Golan Levin, mais on pourrait aisément trouver d&#8217;autres exemples, répètent un mot d&#8217;ordre. Quand cetteextraction va avec une individuation, c&#8217;est-à-dire un changement de contexte sémantique comme dans le cas de <a target="_blank" href="http://www.turbulence.org/Works/apartment/">The Apartment</a> où des images du réseau sont mappées sur des formes architecturales, alors une nouvelle individuation a lieu, un monstre produit d&#8217;une hybridation. Remarquons d&#8217;ailleurs à propos de The Dumpster que l&#8217;interface est quasi-identique à d&#8217;autres travaux de Golan Levin.</p>
<p>Cette séparation entre le fond et la forme que nous trouvions dans certaines technologies du Web 2.0 est le symptôme le plus visible du mot d&#8217;ordre. Quand la navigation est  inséparable des données alors une narration émerge, comme c&#8217;est le cas dans <a target="_blank" href="http://www.iath.virginia.edu/wax/">Wax</a> de David Blair qui reste au fil des années le paradigme pour l&#8217;esthétique numérique. Mais il est vrai que de telles stratégies esthétiques de navigation et de narration sont forts éloignées des enjeux économiques dont l&#8217;actualité nous assomme. Non par une résistance à je ne sais quel système et au nom de je ne sais quel humanisme mais structurellement parce que Wax, par exemple, ne cesse de s&#8217;individuer et est inabsorbable par les systèmes dominants. Lorsque de surcroît la narration parle de ces dominations (du complexe militaro-industrielle dans le cas de l&#8217;oeuvre de David Blair) sans les dénoncer mais en les emmenant là où elles ne sauraient aller d&#8217;elles-mêmes, dans l&#8217;individuation d&#8217;un imaginaire, alors quelque chose de rare et de précieux (nous) arrive.</p>
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