Il est étonnant de voir combien l’envoi d’emails peut susciter des incompréhensions et une certaine agressivité. Sans doute le manque du corps, des gestes, des attitudes, l’absence d’une certaine retenue dans la visée entre le destinataire et le destinateur y sont pour quelque chose. Mais avec ces éléments on aurait pas encore compris pourquoi une telle violence peut être suscitée par un email qui dans un autre contexte (oral, épistolaire) passerait inaperçu.
C’est sans doute qu’appartenant au flux informationnel, l’email a quelque chose de l’orientation et de la vitesse de ce flux. Le ton d’un email a donc quelque chose d’a priori offensif et d’agressif. L’email nous arrive comme le flux, s’écoulant, nous soumettant parfois, sans arrêt et de façon massive. De sorte que les messages introduits dans le flux gardent des traçes du support (mais c’est là un mauvais terme) qui les transportent. C’est pourquoi il n’y a pas d’en dehors des médias et du flux: la contamination, qu’on peut aussi nommer transduction, affecte l’information.

3 Comments
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pas sur que le flux soit responsable de tout cela, de cette « violence ».
Mais une chose est sûre : il emporte le message envoyé distraitement d’un clic sur l’icone, et ce clic est trop rapide. Par contre, il est vrai que le mail contient la vitesse du flux. Le mail est non pas communiation mais il est simplement DATA. Et les DATAS se doivent d’être traités vite dans le flux. On les traite mécaniquement et sans parfois suffisamment de « retenue ». Pas moyen de tourner 7 fois la souris sur son tapis avant d’activer le bouton.
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Il y a peut être une violence du clic, de cette façon de désigner pour déclencher, pour envoyer. La difficulté est que l’écriture qui est un temps différé (écrire et lire sont deux moments différents même s’ils sont entrelacés) se trouve a présent dans le flux, à portée de clic. Aucune nostalgie, simplement une réaction à quelques échanges d’emails sur des lises à propos du conflit au Liban.
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Bien sûr, j’identifie la liste et le propos possibles/ impossibles… Il y a plus simplement des sujets qui draînent passionnellement les affects culturels structurants singuliers ou communautaires, qu’habituellement on tait entre convives, sauf entre convives consensuels. Peut-être faut-il voir le subconscient freudien s’opérer en langage intégré révélé par le flux ?