© 2003 Grégory

My last tape

L’informatique est fondée sur un principe d’équivalence généralisée. En effet le monde pour être considéré informatiquement doit être réduit à des données calculables et simulables codées numériquement. Du fait de cette réduction axiomatique à un language commun, toutes les données peuvent être traduite en n’importe quelle autre. Cette traductabilité sans borne réitère les fantasmes occidentaux d’une mathesis universalis dans un univers, celui de l’ordinateur, qui n’a pas besoin de se confronter à un monde, à une extériorité puisque tout se produit sur un écran.

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MA DERNIÈRE BANDE propose de façon ironique d’étendre jusqu’à l’absurde le domaine de cette traduction. Je numérise un texte, La dernière bande de Samuel Beckett. Je change l’extension .TXT du fichier pour l’extension .PRG, utilisé pour les fichiers sous COMMODORE 64. Puis grâce à un programme de conversion, je traduis une nouvelle fois ce fichier en un fichier sonore que je reproduis sur une bande magétique que je fais lire à un vieil ordinateur COMMODORE 64. Entre le choix du texte, aussi arbitraire que la mathesis universalis informatique, et le produit final, une bande, une double boucle est réalisée. Qu’est-ce que la traduction et la relation entre l’analogique et le numérique? Krapp, dans La dernière bande, estime que la terre pourrait être inhabitée. Cette possibilité, aussi hypothétique soit-elle, envisage aussi bien le passé (ce qui a été) que le futur (ce qui adviendra, l’explosion impensée du soleil dont parlait Jean-François Lyotard dans L’Inhumain). Elle est une réponse éco-logique à l’égo-logie anthropomorphique de l’informatique.

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