Paradoxe environnementaliste

janvier 19th, 2007 § 0

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Michel de Broin, Keep on Smoking, 2006

On ne saurait mettre en cause au premier abord le bien fondé du protocole de Kyoto fixant des réductions de Co2. Toutefois un autre fondement est en jeu dans ce protocole et dans les recherches scientifiques afférentes, ce fondement est celui de la quantification et de la monétarisation de la pollution. L’idée est simple: jusqu’à présent les êtres humains n’ont pas compatibilisés les effets pollueurs de leurs activités. Il s’agit par Kyoto de quantifier et de faire payer ces effets. Ceux-ci sont liés à l’utilisation des ressources naturelles. Nous retrouvons là dans une forme étendue le conflit entre la terre et le monde proposé par Heidegger.

Cette quantification n’est en rien neutre. Elle suppose que tout est quantifiable, fut-ce l’utlisation de la terre qui est considéré comme un stock limité. Cette reconnaissance de la limitation des ressources pourrait sembler au premier abord juste, elle peut être aussi entendue comme l’extension de la quantification et de l’Araisonnement. Devient calculable l’ensemble des étants considérés comme un stock disponible et transformable en énergie (c’est l’époque industriel), mais devient également calculable la relation même de l’être humain à ces étants, relation entendue comme pollution. Il y a là une radicalisation subtile et problématique de la relation entre la terre et le monde.

Derrière l’apparente évidence des réductions du Co2 se cache la continuation du projet industriel: considérer la terre comme un monde constitué d’éléments transformables en énergie calculable et capitalisable.

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