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	<title>Commentaires sur : Inapparents</title>
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	<description>Notes et fragments</description>
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		<title>Par : Grégory</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/21-inapparents/comment-page-1/#comment-1018</link>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Sep 2006 10:22:23 +0000</pubDate>
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		<description>Merci de toutes ces remarques Vincent. Chaque point mériterait des développements.

Concernant le reste, j&#039;aimerais problématiser cette question de façon simple. Le reste est l&#039;écart entre ce qui est inscrit sur un support matéreil de mémoire, c&#039;est-à-dire un disque dur avec 900 000 données ainsi qu&#039;un ensemble de traitements et de fonctions, et la durée que peut consacrer un internaute à un tel dispositif et qui conditionne ce qu&#039;il peut percevoir.

Mon intérêt pour produire des dispositifs online vastes est sans doute lié à ce simple désir de proposer des fictions qu&#039;on ne peut jamais entièrement voir. Ceci est d&#039;autant plus vrai pour sur-terre ou le motif même de la fiction est incertain, on ne propose pas même une histoire, pas même une multiplicité d&#039;histoires mais des fragments, des restes de fictions. C&#039;est bien sûr une expérience frustrante pour l&#039;internaute, la frustration de ne pouvoir percevoir la grande synthèse promisse habituellement par la fiction.

Ensuite, la question de la nouveauté technologique est difficile. J&#039;aurais tendance à être d&#039;accord avec toi sur l&#039;absence de nouveauté. Il y a quelques changements bien sûr, mais tout se passe comme si (et le comme si est important parcequ&#039;il indique notre position face à ce qui arrive) les technologies numériques radicalisaient un certain nombre de questions déjà existantes.

 ll est fort difficile de ne pas relier le concept de fiction variable numérique aux tentatives narratives du XXème siècle de James Joyce à Raymond Roussel en passant par Guyotat et tant d&#039;autres. Les technologies en ce sens ne sont pas nouvelles, sans doute mettent-elles en jeu différemment le déjà-là. L&#039;indétermination de l&#039;existence, parce qu&#039;elle nous est de quelque manière donnée, nous en héritons et de cet héritage il faut faire la reprise, c&#039;est-à-dire une répétition qui produit une appropriation. C&#039;est dire là que cette indécision a été une question reprise au XXème siècle par le cinéma  (mais pas seulement) et que ce dernier nous soignait (ce pharmakon étant peut être une illusion, peu importe) en proposant une condensation et une synthèse de nos vies (tout est si simple et si compréhensible dans un film, comme dans une pièce de théâtre). Il se pourrait bien que le numérique ait la capacité de ne pas réduire et synthétiser nos existences, mais d&#039;en intensifier la multitude (voir par exemple les blogs, ces machines existentielles). Comment faire d&#039;une multitude irréductible une fiction? C&#039;est à cette question que tente de répondre sur-terre, aussi frustrante et perturbante que soit la réponse.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Merci de toutes ces remarques Vincent. Chaque point mériterait des développements.</p>
<p>Concernant le reste, j&#8217;aimerais problématiser cette question de façon simple. Le reste est l&#8217;écart entre ce qui est inscrit sur un support matéreil de mémoire, c&#8217;est-à-dire un disque dur avec 900 000 données ainsi qu&#8217;un ensemble de traitements et de fonctions, et la durée que peut consacrer un internaute à un tel dispositif et qui conditionne ce qu&#8217;il peut percevoir.</p>
<p>Mon intérêt pour produire des dispositifs online vastes est sans doute lié à ce simple désir de proposer des fictions qu&#8217;on ne peut jamais entièrement voir. Ceci est d&#8217;autant plus vrai pour sur-terre ou le motif même de la fiction est incertain, on ne propose pas même une histoire, pas même une multiplicité d&#8217;histoires mais des fragments, des restes de fictions. C&#8217;est bien sûr une expérience frustrante pour l&#8217;internaute, la frustration de ne pouvoir percevoir la grande synthèse promisse habituellement par la fiction.</p>
<p>Ensuite, la question de la nouveauté technologique est difficile. J&#8217;aurais tendance à être d&#8217;accord avec toi sur l&#8217;absence de nouveauté. Il y a quelques changements bien sûr, mais tout se passe comme si (et le comme si est important parcequ&#8217;il indique notre position face à ce qui arrive) les technologies numériques radicalisaient un certain nombre de questions déjà existantes.</p>
<p> ll est fort difficile de ne pas relier le concept de fiction variable numérique aux tentatives narratives du XXème siècle de James Joyce à Raymond Roussel en passant par Guyotat et tant d&#8217;autres. Les technologies en ce sens ne sont pas nouvelles, sans doute mettent-elles en jeu différemment le déjà-là. L&#8217;indétermination de l&#8217;existence, parce qu&#8217;elle nous est de quelque manière donnée, nous en héritons et de cet héritage il faut faire la reprise, c&#8217;est-à-dire une répétition qui produit une appropriation. C&#8217;est dire là que cette indécision a été une question reprise au XXème siècle par le cinéma  (mais pas seulement) et que ce dernier nous soignait (ce pharmakon étant peut être une illusion, peu importe) en proposant une condensation et une synthèse de nos vies (tout est si simple et si compréhensible dans un film, comme dans une pièce de théâtre). Il se pourrait bien que le numérique ait la capacité de ne pas réduire et synthétiser nos existences, mais d&#8217;en intensifier la multitude (voir par exemple les blogs, ces machines existentielles). Comment faire d&#8217;une multitude irréductible une fiction? C&#8217;est à cette question que tente de répondre sur-terre, aussi frustrante et perturbante que soit la réponse.</p>
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		<title>Par : Vincent</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/21-inapparents/comment-page-1/#comment-987</link>
		<dc:creator>Vincent</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Sep 2006 13:32:56 +0000</pubDate>
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		<description>J&#039;ai le sentiment pour ma part que ce projet vient contredire ou du moins déranger les conditions de possibilités de la phénoménalité Kantienne (Quantité, Qualité, Relation, Modalité) ou Husserlienne (disparition ou arrêt de toute visée intentionnelle). Au demeurant, cela suppose que le regardable (irregardable puisque toujours dérobé et hémorragique,…) ici se trouve en ce sens au delà du phénomène. On constate un jeu sur la problématique spatiale et bien entendu  temporelle (certain dirait en l&#039;occurrence ici &quot;Diachronie&quot; contre la &quot;synchronie&quot;).

J&#039;ai toutefois une interrogation concernant le reste dont tu parles: &quot;Il y a donc du reste&quot;. Or de quel &quot;reste&quot; s&#039;agit-il ? Est-ce lui qui maintenant l&#039;ensemble et &quot;fait venir&quot; la phénoménalité ?  Est-ce l&#039;ego qui récupérant les données &quot;synchronise&quot; et &quot;phénoménalise&quot; ? Y a t-il une portée ici éthique à de telles suggestions à partir de ce dispositif puisque ce dernier nous arrache à l&#039;être (nous entendons ici l&#039;être à la façon de Blanchot ou d&#039;autres mais non de Heidegger) et nous confronte à l&#039;altérité absolue par l&#039;absence de &quot;sursomption&quot; possible ?

Bref, à quelle réflexion nous engage une telle expérience et qu&#039;est ce qui la rend possible ? Je ne suis pas certain que l&#039;usage des technologies produise un rapport nouveau et autre à l&#039;Autre. Il me semble plutôt renouvelé un déjà là. De même je ne suis pas certain que l&#039;extériorité dont tu parles ici soit une extériorité car la relation ici sort de toute relation et donc de tout extérieur évacuant toute idée de rapport,… Enfin, &quot;l&#039;indécision de l&#039;exitsance&quot; (le &quot;a&quot; est volontaire) est toujours un déjà &quot;là&quot; me semble t-il dont rien se saurait porter consolation.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;ai le sentiment pour ma part que ce projet vient contredire ou du moins déranger les conditions de possibilités de la phénoménalité Kantienne (Quantité, Qualité, Relation, Modalité) ou Husserlienne (disparition ou arrêt de toute visée intentionnelle). Au demeurant, cela suppose que le regardable (irregardable puisque toujours dérobé et hémorragique,…) ici se trouve en ce sens au delà du phénomène. On constate un jeu sur la problématique spatiale et bien entendu  temporelle (certain dirait en l&#8217;occurrence ici &laquo;&nbsp;Diachronie&nbsp;&raquo; contre la &laquo;&nbsp;synchronie&nbsp;&raquo;).</p>
<p>J&#8217;ai toutefois une interrogation concernant le reste dont tu parles: &laquo;&nbsp;Il y a donc du reste&nbsp;&raquo;. Or de quel &laquo;&nbsp;reste&nbsp;&raquo; s&#8217;agit-il ? Est-ce lui qui maintenant l&#8217;ensemble et &laquo;&nbsp;fait venir&nbsp;&raquo; la phénoménalité ?  Est-ce l&#8217;ego qui récupérant les données &laquo;&nbsp;synchronise&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;phénoménalise&nbsp;&raquo; ? Y a t-il une portée ici éthique à de telles suggestions à partir de ce dispositif puisque ce dernier nous arrache à l&#8217;être (nous entendons ici l&#8217;être à la façon de Blanchot ou d&#8217;autres mais non de Heidegger) et nous confronte à l&#8217;altérité absolue par l&#8217;absence de &laquo;&nbsp;sursomption&nbsp;&raquo; possible ?</p>
<p>Bref, à quelle réflexion nous engage une telle expérience et qu&#8217;est ce qui la rend possible ? Je ne suis pas certain que l&#8217;usage des technologies produise un rapport nouveau et autre à l&#8217;Autre. Il me semble plutôt renouvelé un déjà là. De même je ne suis pas certain que l&#8217;extériorité dont tu parles ici soit une extériorité car la relation ici sort de toute relation et donc de tout extérieur évacuant toute idée de rapport,… Enfin, &laquo;&nbsp;l&#8217;indécision de l&#8217;exitsance&nbsp;&raquo; (le &laquo;&nbsp;a&nbsp;&raquo; est volontaire) est toujours un déjà &laquo;&nbsp;là&nbsp;&raquo; me semble t-il dont rien se saurait porter consolation.</p>
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