Programmation plutôt qu’interactivité, car cette dernière est devenue un véritable lieu commun de notre temps, surdéterminé, évanescent, idéologique, etc. Chacun projette en l’interactivité ce qu’il désire et aucune définition n’est valable, ni celle purement technique (interaction comme mode de dialogue homme-machine qui présuppose une transparence de la communication, autre mythe de notre époque) ou celle essentialiste (l’interactivité comme libre-arbitre ce qui ne signifie absolument rien). Le concept d’interactivité a cela de gênant qu’il ne constitue pas une base théorique et pratique valable, seulement un fourre-tout confus. C’est pourquoi je préfère le concept de programmation qui lui se réfère à un phénomène précis et localisé et qui, dans le même temps, permet des développements conceptuels cohérents. La programmation est un phénomène technologique, elle ne relève pas du champ de l’effet (qu’on provoque chez l’utilisateur) mais du champ de la cause (comment créer quelque chose). Elle définie des langages programmatiques et constitue donc un élément majeur du médium informatique. En préferant la programmation à l’interactivité on évitera peut-être les confusions théoriques sur les notions absurdes de liberté de l’utilisateur qui est surdéterminé par la conception épochale de l’art (tout le monde est artiste et le mot artiste se réfère à une appropriation identifiante de l’individu et de l’oeuvre). En ce sens la programmation est un point de départ, pas une finalité. Les itérations programmatiques sont différentielles, pas répétitives, si toutefois on entend par programmation la faculté de revenir et de questionner l’élaboration même des règles et si on introduit des équations de type chaotique avec une réflexion sur les attracteurs de celles-ci (qui permettent de définir un champ de possibilités aléatoires). De la même façon les contraintes technologiques ne sont pas des limites, au sens courant du terme, mais des frontières en déplacement qui constituent des plans de fuite. On arrive toujours à un endroit imprévu. La programmation comme absurdité existentielle qui permet l’élaboration du (de, des) sens.
22 fév
By Grégory. Posted 22 février 2001 at 9:08 . Filed under Esthétique, Travaux. Permalink. Subscribe to this post’s comments.
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