Revenances présenté à l’école des Beaux-Arts de Pau avec un triple dispositif, un appartement si l’on veut : d’une part l’installation interactive proprement dite, d’autre part une salle réservée au mode d’emploi suivant une ligne accrochée au mur et enfin une salle avec des tirages numériques grand format des vidéos infra-rouge du projet.
Le monde industrialisé, aujourd’hui plus que jamais poussé à s’interroger sur les fondements même de son rapport à la technique, livre une situation artistique des plus contrastées. L’innovation technologique, en tant qu’arme et symbole de domination, est aussi perçue comme générateur de possibles scientifiques et d’imaginaires sociaux. Elle ne cesse de susciter réactions, révoltes, mais aussi expérimentations, croyances, utopies. C’est ce grand écart qu’il est nécessaire d’interroger. A « l’âge de l’accès « , où l’expérience se voit remplacée par l’information, où notre rapport à l’autre se voit modifié par les « progrès » des systèmes de communication, force est de constater un engouement massif et certain pour l’écologie, et un retour aux valeurs » vraies » de la nature et du corps » bio « . Alors que le mode de fonctionnement social, de circulation et d’échange en réseau se fait de plus en plus rapide, souterrain, à l’heure où l’on tend d’un côté vers une uniformisation certaine (de l’outil au mode de fonctionnement, de pensée), jamais les distinctions (voire les disparités) sociales, les revendications identitaires n’ont semblé si fortes. On commence à prendre conscience de la difficulté de définir toute pratique artistique, et dans le champ des « cultures électroniques », on ne cesse d’utiliser les termes, de » musique techno « , » d’art technologique « , » d’hybridation « … qui, omniprésents, deviennent une grille de lecture de moins en moins satisfaisante. Il n’est plus l’heure d’adopter une posture méfiante, voire défiante vis à vis de l’accélération des progrès, ni de tomber dans la célébration béate des possibles utopies offertes par la technique. Il s’agit de proposer une lecture plus précise d’une situation plus complexe qu’on ne veut le croire. La notion d’accès apparaît comme le socle d’une réflexion sur la situation artistique actuelle. Le réseau, dans un processus d’extension, de déplacement et de transformation continu, est le cadre mouvant dans lequel s’inscrit ce projet. Accès(s) tente de proposer une lisibilité à des pratiques qui paraissent, dans leur diversité, refléter au mieux la situation actuelle, et dont il paraît difficile de proposer une lecture globalisante. Comment proposer une vision plus juste qu’au travers de l’exposition de la multitude de postures, de techniques, de stratégies ? Comment offrir des pistes plus ouvertes qu’en mettant l’accent sur les différences, les individualités, les contradictions ? La pluridisciplinarité, le décloisonnement, l’éclectisme et la multiplication des » supports de présentation » sont parmi les options choisies. Pourtant, en aucune manière, il ne paraît justifiable de tendre à dire qu’il n’existe que des particularités. Des modules de réflexion et de présentation sont construits sur des questionnements, et délimités par de grandes catégories, nommées pour aider le public à s’orienter (corps, images, installations, network, paroles, sons). Au sein de chaque module, s’étendant rapidement à l’ensemble de la programmation sous tous ses aspects disciplinaires, sont édifiées des mises en regard, des confrontations, des rapprochements, un dialogue. Accès(s) un projet né à Pau en 2000. Collectif de programmation, accès(s) s’intéresse aux rapports qu’entretiennent la création, la société, et ses évolutions technologiques. Sous la forme d’événements, de publications, de workshops, Accès(s) propose une programmation au sein de laquelle plusieurs entrées, plusieurs pistes, en somme plusieurs accès(s) sont offerts.
