Dernièrement j’ai lu avec étonnement un rapport du ministère de l’éducation qui annonçait qu’une part importante de la population lycéenne était atteinte de maladie mentale. Ceci allait de la schizophrénie aux névroses en passant par la si fameuse et ridicule hyper-activité et les troubles de l’alimentation, etc. Bref tout dans le même panier. Je ne me souviens plus du pourcentage de gens atteint mais cela devait être près de 20% que les spécialistes conseillaient de suivre psychiatriquement dès le plus jeune âge. Cela me rappelle le rapport de Julien Dray sur la détection des comportements à risque dès la primaire (si ce n’est la maternelle).
Je vomis de lire tout cela, de l’autorité arbitraire et violente, destructrice des adultes. S’ils savaient que le mal-être des enfants provient si souvent de cette autorité apodictique. Je me demande pourquoi les adultes oblitèrent leur enfance, la mémoire de ce monde si fragile par rapport à la toute puissance du monde des adultes.C’est qu’ils doivent avoir peur de ce monde qu’ils espèrent perdu. J’ai le sentiment que nous entrons, à nouveau, dans une période normative, réactionnaire avec d’un côté les gens normaux, de l’autre les anormaux qu’il faudrait traiter, soigner. Une simple réaction à la fin des années 60, où il s’agissait de trouver des voies de singularisation non de normalisation sociale. Les 80% restant qui sont-ils? Des individus sans émotion, des enfants qui ne sont pas troublés par le monde, pas révoltés par les adultes? Voyons ils se cachent, taisent leur émotion comme les adultes l’oublieront après.Les adultes parviennent même à inculquer leur souffrance aux enfants. Il serait nécessaire de ne plus caractériser un individu par un seul critère: l’âge qui fait parler d’enfant et d’adulte, le sexe qui fait parler d’homme et de femme.
