25 avr

De l’usage de la Shoah en art

Tom Sachs créé en 1998 un « Prada Death Camp » exposé au musée juif de New York. Polémique attendue et vaine. Quelques années plus tard, il expose à la fondation Prada. Sans être littéral, on peut se demander ce qui se serait passé s’il avait fait un « IBM Death Camp ». Si on pense que le « système » récupère tout, il y a certaines manières de s’exposer à cette récupération sans prendre aucun risque. Le référent n’était pas « Death Camp » mais « Prada ».

On peut se demander si la « récupération » de l’art contemporain est le fait d’une faculté plus grande des systèmes dominants à intégrer les critiques ou à un désir croissant de certains artistes à ménager des possibilités de récupération. Ces dernières pourraient être bien moins intéressantes que les descendants du pop art n’en ont parfois le sentiment. Il y a une manière de résister mécaniquement et non pas idéologiquement et dialectiquement. Résister comme une résistance électrique, rien de plus.

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