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	<title>Commentaires sur : Contre l&#8217;immersion</title>
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	<description>Notes et fragments</description>
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		<title>Par : Plum</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/26-contre-limmersion/comment-page-1/#comment-140621</link>
		<dc:creator>Plum</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Feb 2008 05:08:50 +0000</pubDate>
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		<description>Faut-il être dogmatique à ce sujet ? Je me vois mal préférer ma platine dvd et ma toute petite télé à une bonne séance de cinéma dans-le-noir-et-avec-un-son-qui-imite-le-vrai. Le problème de nombreuses oeuvres &quot;immersives&quot; est moins dans le manque de distance que dans le kitsch visuel ou la vacuité du propos... Depuis toujours, des artistes ont tenté d&#039;épater le public, de faire illusion, de fasciner, d&#039;hypnotiser, de désorienter. C&#039;est un courant de l&#039;art. La 3D interactive (notamment le jeu vidéo) a apporté de nouveaux outils à ceux que ce registre intéresse.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Faut-il être dogmatique à ce sujet ? Je me vois mal préférer ma platine dvd et ma toute petite télé à une bonne séance de cinéma dans-le-noir-et-avec-un-son-qui-imite-le-vrai. Le problème de nombreuses oeuvres &laquo;&nbsp;immersives&nbsp;&raquo; est moins dans le manque de distance que dans le kitsch visuel ou la vacuité du propos&#8230; Depuis toujours, des artistes ont tenté d&#8217;épater le public, de faire illusion, de fasciner, d&#8217;hypnotiser, de désorienter. C&#8217;est un courant de l&#8217;art. La 3D interactive (notamment le jeu vidéo) a apporté de nouveaux outils à ceux que ce registre intéresse.</p>
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		<title>Par : Grégory</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/26-contre-limmersion/comment-page-1/#comment-140487</link>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Feb 2008 22:57:39 +0000</pubDate>
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		<description>&lt;p&gt;Heureux de ton message, de ta réplique car l&#039;idée était jetée de façon polémique sans doute. Ce que je conteste ce n&#039;est pas tant les technologies de RV, ce sont les concepts esthétiques et philosophiques utilisés pour les décrire. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de personnes, dont tu n&#039;es pas car tu as un point de vue critique sur ces questions dont nous avons déjà discuté, utilisent le concept d&#039;immersion comme un impératif catégorique. Il faudrait faire imnmersif! L&#039;immersion signifie plonger entièrement un corps dans un élément liquide. Si nous traduisons dans le langage esthétique, s&#039;immerger dans l&#039;image signifie plonger le spectateur dans celle-ci en totalité, faire en sorte qu&#039;il oublie les limites de l&#039;image, le contexte, le dehors, etc. Si l&#039;immersion n&#039;est pas  complète, on pourrait alors parler de flottement (concept que d&#039;ailleurs je préfère car moins absolu). Il y a une certaine dialectique, certes à nuancer de zones grises et de dégradés, entre l&#039;injonction d&#039;une immersion spectaculaire, qui rapproche les arts numériques toujours un peu plus de l&#039;animation urbaine ou d&#039;un certain spectacle vivant, et des formes de création plus discrètes, infra-mince, moins bruyantes, plus distancées. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#039;avoue que ma préférence va vers la seconde approche, nuancée bien sûr par l&#039;usage des technologies spectaculaires mais retournées contre elles, pour amener du silence, du blanc, du peu ou du pas visible. Il y a bien des oeuvres, que tu connais comme moi, qui font surenchère de bruits, d&#039;images, qui te prennent littéralement à la gorge, qui veulent toujours plus gros et plus fort. Il y a cette tendance dans les technologies d&#039;une volonté de puissance, d&#039;un désir de contrôle et de pouvoir par rapport à laquelle je suis mal à l&#039;aise tant esthétiquement que politiquement. Il y a aussi une autre tendance, plus fragile, qui laisse à chacun l&#039;écart pour percevoir, le manque et le trouble,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette méfiance que j&#039;ai face à l&#039;immersion (quand elle devient un impératif), et non face aux technologies immersives, est déjà ancienne, parce que ce concept ne correspond pas à l&#039;expérience esthétique que j&#039;ai. Elle me semble souvent, pas toujours, fondée sur le désir d&#039;une perception fusionnelle, retour à un Grand Un perdu, comme si avec l&#039;immersion on réalisait enfin l&#039;art, on dépassait ses limites, son semblant, et qu&#039;en même temps on revenait au réel, ce concept vide. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu&#039;il en soit cette tension ne structure pas seulement les arts numériques mais également l&#039;art contemporain, entre ceux voulant que l&#039;art soit (de) la vie, soit réel (performance, land art, esthétique relationnelle dans une certaine mesure), et les autres désirant redoubler le semblant du simulacre, prendre ses distances, laisser cette place vide (art conceptuel, minimalisme dans une certaine mesure).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait parler de Jeffrey Shaw qui est selon moi un artiste important non parce qu&#039;il propose de l&#039;immersion mais des limites, une sensation qui se disjoint d&#039;elle-même: celles du Veau d&#039;Or, celles de ses plates-formes hydrauliques demésurées par rapport à la taille de l&#039;écran, celles d&#039;Eve minuscule image perdue dans une structure gonfable trop grande, celles de Place - a user&#039;s manual ou on passe de panorama en panorama dans un jeu d&#039;emboitements qui n&#039;est pas sans rappeler celui de notre perception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À nuancer bien sûr... ;-)&lt;/p&gt;
</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Heureux de ton message, de ta réplique car l&#8217;idée était jetée de façon polémique sans doute. Ce que je conteste ce n&#8217;est pas tant les technologies de RV, ce sont les concepts esthétiques et philosophiques utilisés pour les décrire. </p>
<p>Beaucoup de personnes, dont tu n&#8217;es pas car tu as un point de vue critique sur ces questions dont nous avons déjà discuté, utilisent le concept d&#8217;immersion comme un impératif catégorique. Il faudrait faire imnmersif! L&#8217;immersion signifie plonger entièrement un corps dans un élément liquide. Si nous traduisons dans le langage esthétique, s&#8217;immerger dans l&#8217;image signifie plonger le spectateur dans celle-ci en totalité, faire en sorte qu&#8217;il oublie les limites de l&#8217;image, le contexte, le dehors, etc. Si l&#8217;immersion n&#8217;est pas  complète, on pourrait alors parler de flottement (concept que d&#8217;ailleurs je préfère car moins absolu). Il y a une certaine dialectique, certes à nuancer de zones grises et de dégradés, entre l&#8217;injonction d&#8217;une immersion spectaculaire, qui rapproche les arts numériques toujours un peu plus de l&#8217;animation urbaine ou d&#8217;un certain spectacle vivant, et des formes de création plus discrètes, infra-mince, moins bruyantes, plus distancées. </p>
<p>J&#8217;avoue que ma préférence va vers la seconde approche, nuancée bien sûr par l&#8217;usage des technologies spectaculaires mais retournées contre elles, pour amener du silence, du blanc, du peu ou du pas visible. Il y a bien des oeuvres, que tu connais comme moi, qui font surenchère de bruits, d&#8217;images, qui te prennent littéralement à la gorge, qui veulent toujours plus gros et plus fort. Il y a cette tendance dans les technologies d&#8217;une volonté de puissance, d&#8217;un désir de contrôle et de pouvoir par rapport à laquelle je suis mal à l&#8217;aise tant esthétiquement que politiquement. Il y a aussi une autre tendance, plus fragile, qui laisse à chacun l&#8217;écart pour percevoir, le manque et le trouble,</p>
<p>Cette méfiance que j&#8217;ai face à l&#8217;immersion (quand elle devient un impératif), et non face aux technologies immersives, est déjà ancienne, parce que ce concept ne correspond pas à l&#8217;expérience esthétique que j&#8217;ai. Elle me semble souvent, pas toujours, fondée sur le désir d&#8217;une perception fusionnelle, retour à un Grand Un perdu, comme si avec l&#8217;immersion on réalisait enfin l&#8217;art, on dépassait ses limites, son semblant, et qu&#8217;en même temps on revenait au réel, ce concept vide. </p>
<p>Quoiqu&#8217;il en soit cette tension ne structure pas seulement les arts numériques mais également l&#8217;art contemporain, entre ceux voulant que l&#8217;art soit (de) la vie, soit réel (performance, land art, esthétique relationnelle dans une certaine mesure), et les autres désirant redoubler le semblant du simulacre, prendre ses distances, laisser cette place vide (art conceptuel, minimalisme dans une certaine mesure).</p>
<p>On pourrait parler de Jeffrey Shaw qui est selon moi un artiste important non parce qu&#8217;il propose de l&#8217;immersion mais des limites, une sensation qui se disjoint d&#8217;elle-même: celles du Veau d&#8217;Or, celles de ses plates-formes hydrauliques demésurées par rapport à la taille de l&#8217;écran, celles d&#8217;Eve minuscule image perdue dans une structure gonfable trop grande, celles de Place &#8211; a user&#8217;s manual ou on passe de panorama en panorama dans un jeu d&#8217;emboitements qui n&#8217;est pas sans rappeler celui de notre perception.</p>
<p>À nuancer bien sûr&#8230; ;-)</p>
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		<title>Par : Maurice Benayoun</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/26-contre-limmersion/comment-page-1/#comment-140470</link>
		<dc:creator>Maurice Benayoun</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Feb 2008 22:14:37 +0000</pubDate>
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		<description>Gregory

Je suis un peu surpris que tu te lances dans ce pseudo pamphlet avec la fougue et le verbe qui te caractérisent. Cependant il ne suffit pas de lever le drapeau pour que la révolte, ou ce qui prend ses traits, soit légitime. On peut tout dire en art et en esthétique, facilement exposer les valeurs, les vraies, portées par la salle obscure : les conditions d’observation qui permettent ce qu’en d’autres temps, lectures brechtiennes tardives obligent, on aurait appelé distanciation, que la fenêtre bourgeoise qui nous maintient à l’écart dans l’univers protégé de nos habitus nous dévoile de façon parfois perverse (voyeurisme) et souvent complaisante (je suis étranger à ce monde qui est hors de ma sphère de ma responsabilité, mais j’en témoigne, pour peu que l’on m’en somme ou je me tairai pour toujours, promis) ce que l&#039;on ne peut prendre qu&#039;avec des pincettes.  
Ce dualisme me semble étroit car il occulte un élément fondamental : la question de la situation dans laquelle certaines formes immersives nous plongent, confrontant l’expérience symbolique à notre expérience du monde réel, non pour en multiplier les affects, en troubler les percepts par surenchère d’effets, mais en réifier les concepts. Si certains plasticiens, non étrangers à l’image en mouvement, se sont intéressés à la réalité virtuelle et considèrent encore qu’elle porte à l’extrême un potentiel catalytique non négligeable et certainement non innocent, c’est que le message a glissé du discours au parcours, de l’énoncé à l’acté, de l’excipience à l’expérience. Si la rhétorique de la situation symbolique est d’un autre ordre que la rhétorique de l’image elle n’en est pas moins pensée, pensable et pensante. Confondre l’immersion symbolique et le recouvrement spectaculaire tel que l’illustre de façon caricaturale et naïve les concentrations urbaines qui font surenchère d’injonctions consuméristes c’est un peu court, pas naïf car je sais que tu peux penser la chose au-delà des réticences institutionnelles qui trahissent une naïveté congénitale que seules les générations parviendrons à traiter à l’usure, mais je ne m’en inquiète que plus profondément. Quelle cause sert ce retour nostalgique vers une modalité spectaculaire dont on apprécie la valeur historique, l’ancrage dans le XXème siècle comme dans celui qui l’a précédé ?  Si je réagis ainsi ce n’est pas pour défendre la réalité virtuelle que je propose de dépasser pour l’avoir pratiquée par lé fusion critique, mais c’est notre capacité à s’ouvrir à d’autre logiques symbolique qui ne sont pas moins fortes, pas moins justes, pas moins pertinente parce qu’elles parlent à l’esprit sans oublier qu’il a un corps. Souvent les propositions son muettes et le corps en mouvement agité de soubresauts compulsifs peut fournir l’image d’un pantin animé aux mains d’un marionnettiste parkinsonien, mais c’est là la dérive cinématographique du sujet, l’observateur juge et partie, qui tranche l’ignorance chatouillant notre paranoïa là où elle perd ses repères fragiles. Bref on débloque. Le cerveau immergé dans la représentation n’a rien de moins que celui qui est immergé dans le monde physique. Il conserve sa faculté de penser et d’agir. Mais, conscient que l’expérience qu’il vit est intentionnelle, il demande par l’être et le geste à l’auteur de s’expliquer. Ce n’est que justice, sans être une image, et rarement juste.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Gregory</p>
<p>Je suis un peu surpris que tu te lances dans ce pseudo pamphlet avec la fougue et le verbe qui te caractérisent. Cependant il ne suffit pas de lever le drapeau pour que la révolte, ou ce qui prend ses traits, soit légitime. On peut tout dire en art et en esthétique, facilement exposer les valeurs, les vraies, portées par la salle obscure : les conditions d’observation qui permettent ce qu’en d’autres temps, lectures brechtiennes tardives obligent, on aurait appelé distanciation, que la fenêtre bourgeoise qui nous maintient à l’écart dans l’univers protégé de nos habitus nous dévoile de façon parfois perverse (voyeurisme) et souvent complaisante (je suis étranger à ce monde qui est hors de ma sphère de ma responsabilité, mais j’en témoigne, pour peu que l’on m’en somme ou je me tairai pour toujours, promis) ce que l&#8217;on ne peut prendre qu&#8217;avec des pincettes.<br />
Ce dualisme me semble étroit car il occulte un élément fondamental : la question de la situation dans laquelle certaines formes immersives nous plongent, confrontant l’expérience symbolique à notre expérience du monde réel, non pour en multiplier les affects, en troubler les percepts par surenchère d’effets, mais en réifier les concepts. Si certains plasticiens, non étrangers à l’image en mouvement, se sont intéressés à la réalité virtuelle et considèrent encore qu’elle porte à l’extrême un potentiel catalytique non négligeable et certainement non innocent, c’est que le message a glissé du discours au parcours, de l’énoncé à l’acté, de l’excipience à l’expérience. Si la rhétorique de la situation symbolique est d’un autre ordre que la rhétorique de l’image elle n’en est pas moins pensée, pensable et pensante. Confondre l’immersion symbolique et le recouvrement spectaculaire tel que l’illustre de façon caricaturale et naïve les concentrations urbaines qui font surenchère d’injonctions consuméristes c’est un peu court, pas naïf car je sais que tu peux penser la chose au-delà des réticences institutionnelles qui trahissent une naïveté congénitale que seules les générations parviendrons à traiter à l’usure, mais je ne m’en inquiète que plus profondément. Quelle cause sert ce retour nostalgique vers une modalité spectaculaire dont on apprécie la valeur historique, l’ancrage dans le XXème siècle comme dans celui qui l’a précédé ?  Si je réagis ainsi ce n’est pas pour défendre la réalité virtuelle que je propose de dépasser pour l’avoir pratiquée par lé fusion critique, mais c’est notre capacité à s’ouvrir à d’autre logiques symbolique qui ne sont pas moins fortes, pas moins justes, pas moins pertinente parce qu’elles parlent à l’esprit sans oublier qu’il a un corps. Souvent les propositions son muettes et le corps en mouvement agité de soubresauts compulsifs peut fournir l’image d’un pantin animé aux mains d’un marionnettiste parkinsonien, mais c’est là la dérive cinématographique du sujet, l’observateur juge et partie, qui tranche l’ignorance chatouillant notre paranoïa là où elle perd ses repères fragiles. Bref on débloque. Le cerveau immergé dans la représentation n’a rien de moins que celui qui est immergé dans le monde physique. Il conserve sa faculté de penser et d’agir. Mais, conscient que l’expérience qu’il vit est intentionnelle, il demande par l’être et le geste à l’auteur de s’expliquer. Ce n’est que justice, sans être une image, et rarement juste.</p>
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