a philosophie a commencé par l’écriture. La philosophie d’ailleurs ce n’est que l’écriture. Socrate n’était pas philosophe, où il était si philosophe qu’il n’était plus Platon par contre l’était et c’est lui qui a commencé à écrire, non plus à dire mais écrire. Qu’aurait donc penser Platon qui il avait connu les logiciels de reconnaissance vocale. Cette capacité incroyable de transcrire, de traduire automatiquement la voix en texte même avec quelques erreurs. Nietzsche parlait d’un rêve : une machine à transcrire les pensées. Non pas la machine à écrire, mais une machine qui permettrait d’inscrire l’intimité de la voix intérieure. Incroyable démesure de ses logiciels qui nous permettent par le soliloque d’écrire, de traduire. Traditionnellement la voix et l’écriture s’opposent, le temps de la voix c’est le temps du sens commun, le temps de l’écriture c’est le temps de la différence, de ce qui est différé, d’un temps qu’il ne s’appartient pas. Cette nouvelle situation, est très étrange par rapport à la tradition, étonnante, elle pourrait sembler s’y opposer. Mais finalement dans sa contradiction même elle rejoue sur une autre scène, celle des logiciels, le destin de cette tradition. Voilà, je me retrouve devant l’ordinateur, devant mon écran, l’obscurité commençait agrandir autour de moi, la nuit arrive progressivement. Je suis donc devant ces pixels, et je vois ma voix s’y inscrire, je vois des mots qui un en un avance sur la page blanche des logiciels. Est-ce encore ma voix ? Est-ce bien elle ? Et quel est le statut de cette écriture ? S’agit-il écriture ? D’une voix ? Et c’était le cas alors il faudrait dire que ni cette écriture ni cette voix n’est à moi. C’est une écriture et, ou une voix n’est pas moi, pas même à toi lecteur. Plus de différence entre nous, plus cette différence qui nous liait, toi lecteur, moi écrivain, ou beau parleur, dans cette écoute, dans cette lecture qui était aussi une écriture, et mon écriture qui était aussi une lecture, je me relisais, et me relisant je me disais que c’était peut-être un lecture à toi peut-être. Maintenant que nous sommes doublement différents. Qu’est-ce que tu lis quand tu lis ce texte ? Est-ce encore un texte ? Et s’il y avait autre chose, non pas une voix, non pas le logiciel qui ne permet de dicter ce texte, mais encore autre chose, la différence, une différence qu’il appartient ni à toi, ni à moi. La question n’est pas de savoir ce qu’aurait pensé Platon de tout cela, mais plutôt comment Socrate aurait utilisé ce qui est de logiciels.
26 mar
By Grégory. Posted 26 mars 2003 at 4:19 . Filed under Philosophie, Travaux. Permalink. Subscribe to this post’s comments.
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Donc ce logiciel sans aucun doute apprendra ma voix, au départ sera hésitant, j’essaie de suivre son rythme, d’adapter ma voix à son rythme, à sa voix muette. Il s’agira d’un certain rythme, d’une lenteur ou d’une vitesse, de quelque chose qui sera entre toi et moi, entre moi humain et toi machine. Je suis [...]
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Je pensais que ce logiciel allait me permettre d’inscrire ma voix, de mémoriser ce soliloque que j’entretiens parfois avec moi-même, et dans ce moi-même il y a quelques présupposés. Il y a le présupposé lorsqu’on parle seul on ne s’adresse pas véritablement. On connaît la méfiance de Husserl pour la voix intime. Il ne s’agirait [...]
