
« C’est en voyage, en déplacement, en route, en partance, que je suis le plus heureux, mais je suis le plus malheureux des arrivants. »
(Thomas Bernhardt, Le Neveu de Wittgenstein)
Trois personnages, une gare, train, le long des rails.
Les fragments d’une histoire dont l’internaute pourra retrouver les traces.
Les décors sont là mais les personnages sont partis.
L’histoire a eu lieu et elle continue.
Il reste des voix, des photos déchirées et dehors, loin dans le ville, le flux du réseau.
Dans la gare, près un banc, des gens attendent, certains semblent être là depuis des heures, une immobilité suspendue. Le son des trains et des murmures mêlés se diffusent le long des artères métalliques,. Elle doit avoir 20 ans. Elle regarde fixement depuis déjà quelque temps le panneau des départs, elle cherche un train, vérifie les quais, parfois elle jette un regard aux gens qui passent puis relève les yeux vers le panneau. On entend les voix de tous les voyageurs, un brouhaha, sa voix se détache progressivement. Elle veut prendre un train afin de retrouver son père. Elle n’a pas d’argent. Elle écoute tous ceux qui l’entoure.
À la fenêtre d’un immeuble, un homme. On ne connaît pas sa nationalité, on l’imagine réfugié d’un pays du maghreb. Sur la table de sa chambre, une machine à écrire. Il tente d’écrire à une femme qu’il a visiblement aimé, difficulté quand tout est terminé. À qui s’adresser ? On ne comprend pas très bien s’il y a eu mensonge, non-dit, bref l’objet de la rupture. L’homme lui-même semble chercher la raison. Et puis on comprend qu’il écrit une histoire, une histoire d’amour qu’il continuerait sans elle. La folie de l’amour sans l’autre puisque lui n’a rien décidé, il décide de continuer, malgré tout. Son seul repos c’est la fenêtre et le bruit des trains invisibles. Ils parlent de l’exil, d’une guerre et d’une paix et d’une voix qu’on lui a volée.
Son père est mort, l’enterrement vient d’avoir lieu. Maintenant elle est dans ce train et elle a décidé sans prévenir, sans rien lui dire, de le retrouver, cet homme. Une relation épisodique, parfois ils se voient, la question de vivre ensemble ne s’est pas posée, depuis déjà plusieurs mois. Comme si personne ne pensait même à briser le silence. D’ailleurs, ils ne vivent pas au même endroit. Cette mort comme un moyen de passer une étape sans y penser, sans y prendre garde, voir ce que cela donnera, un peu par curiosité, un peu par désir. Elle a 40 ans, un visage un peu marqué. Elle ne sait pas ce qu’elle peut attendre de cet homme qui ne l’attend pas. Elle regarde son reflet dans le paysage qui défile.

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Bonjour,
Je cherche desespérement des histoires de gares et je viens enfin de trouver ce que je cherche. Merci !
Les gares m’émeuvent, me font vibrer. J’aimerais entendre, lire les histoires de toutes ces âmes mouvantes… Continuez à écrire !
Pourriez-vous me recommander d’autres lecture de gare?
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Bonjour,
Je cherche desespérement des histoires de gares et je viens enfin de trouver ce que je cherche. Merci !
Les gares m’émeuvent, me font vibrer. J’aimerais entendre, lire les histoires de toutes ces âmes mouvantes… Continuez à écrire !
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