a créature hybride (six jambes, deux seins bleus et sept antennes) qui présente la 21e édition d’Art- Rock, festival briochin ébouriffant, est signée Geneviève Gauckler, génie du graphisme numérique, qui tient expo pendant les trois jours de la manifestation.
Normal, puisque les organisateurs se piquent depuis «longtemps déjà», dit Jean-Michel Boinet, son directeur, d’ouvrir la programmation au multimédia. Enième festival à agrémenter son plateau musical alléchant (Keziah Jones, Bashung, Franz Ferdinand, An Pierlé, Liars…) de création numérique, Art-Rock échappe au soupçon de récup’, ses échappées scéniques vers la danse, le hip-hop ou le théâtre de rue (Royal de Luxe) l’ayant depuis longtemps catalogué côté défricheurs.
Cette année, la part du multimédia n’est plus aux marges, avec le retour de Klaus Obermaier et Chris Haring (invités en 2002), avec Vivisector, où la vidéo s’incruste sur le corps des danseurs. La culture digitale est célébrée on et offline, avec un concours de Net-art où le public choisira entre quatre «valeurs sûres» (la philo illustrée de Chatonsky, la poésie visuelle de Birgé et Clauss, le drôle d’hôpital d’Hartus et le webdesign virtuose de Overage4design) et des installations interactives qui jouent avec l’imaginaire (le défilé d’ombres des spectateurs de Scott Nibbe, les vagues au ralenti de Thierry Kuntzel…).
(Annick Rivoire)
