Cette nuit, M. a appelé au secours dans un souffle. Elle dormait et ce murmure semblait avoir de la peine a être même prononcé, sa fragilité signalait son urgence du fond du présent. Je l’ai prise dans mes bras, la rassurant comme je pouvais.
Aurais-je entendu son appel si je n’avais été moi-même éveillé par un mauvais cauchemar quelques minutes auparavant? Combien de ses appels nocturnes n’ai-je pu accueillir parce que je dormais tranquillement? Combien de fois l’ai-je ainsi laissé seule? Et faut-il donc soi-même être hanté une nuit pour entendre la terreur de l’autre?