
Cette nuit, M. a appelé au secours dans un souffle. Elle dormait et ce murmure semblait avoir de la peine a être même prononcé, sa fragilité signalait son urgence du fond du présent. Je l’ai prise dans mes bras, la rassurant comme je pouvais.
Aurais-je entendu son appel si je n’avais été moi-même éveillé par un mauvais cauchemar quelques minutes auparavant? Combien de ses appels nocturnes n’ai-je pu accueillir parce que je dormais tranquillement? Combien de fois l’ai-je ainsi laissé seule? Et faut-il donc soi-même être hanté une nuit pour entendre la terreur de l’autre?
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LA RUE,
dérives urbaines et privatisation de l’espace public
La semaine dernière nous avons abordés la question de la maison qui est apparue comme une structure fissurée par l’étrangeté. Le dehors y est toujours, d’une manière ou d’une autre, présent. De façon symétrique la rue, qu’il est difficile de définir tant elle mêle des surfaces et des [...]
J’avais proposé il y a quelques années une analyse serrée de la réalité virtuelle dans son articulation entre un discours idéologique, un conglomérat de technologies et une affectivité. Cette articulation que j’avais nommé l’enthousiasme conjuratoire en me réappropriant un concept élaboré par Jacques Derrida m’avait semblé un peu disparaître avec l’avénement d’Internet et avec la [...]