Le train et l’invention du cinéma

avril 28th, 2006 § 5

Il y a des affects techniques, le transport ferroviaire est l’un d’entre eux. L’invention du réseau ferroviaire a provoqué autant qu’il a été provoqué par un certain affect. En dérangant la relation entre l’espace et le temps, le train (et toute l’infrastructure qui va avec, lire à ce propos « Les concepts fondamentaux de la métaphysique » d’Heidegger et la thématisation du temps qui s’étire dans la gare) nous a transformé radicalement.

Il s’articule depuis longtemps au spectacle de la projection cinématographique. Regardez ces images, la légende veut que les spectateurs soient sortis en courant de la salle prenant peur que le train ne les écrasent. La terreur est le récit de cette mythologie, pas le référent lui-même.

A la fin de sa vie, Abel Gance était dans une chaise roulante. Il voulait être poussé pour se sentir comme une caméra sur un travelling.

La première scène du Mépris (1963) est ce regard de la caméra sur des rails qui se retourne sur nous pour nous enfoncer dans le noir (des affects). L’objectif « fait le noir » pour paraphraser le titre d’un livre d’Alain Fleischer.

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