29 avr

De l’influence du postmodernisme sur la campagne présidentielle

« Nous conjurerons le pire en remettant de la morale dans la politique, a affirmé Nicolas Sarkozy. Le mot morale ne me fait pas peur. La morale, après 1968, on ne pouvait plus en parler. Pour la première fois depuis des décennies, elle a été au coeur d’un campagne ». Une façon de lancer la charge contre « les héritiers de 1968″, accusés de « relativisme intellectuel et moral ». « il n’y avait plus aucune différence entre bien et le mal, le beau et le laid, le vrai et le faux, l’élève valait le maître« , a-t-il ironisé.

(Discours de Nicolas Sarkosky 29/04/2007)

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-903432@51-823374,0.html

« Le moment est venu d’interrompre la terreur théorique. C’est une très grosse affaire que nous allons avoir sur les bras pour un long moment. Le désir du vrai, qui alimente chez tous le terrorisme, est inscrit dans notre usage le plus incontrôlé du langage, au point que tout discours paraît déployer naturellement sa prétention à dire le vrai, par une sorte de vulgarité irrémédiable. »

(Jean-François Lyotard, Rudiments païens, p. 9, 1977)

One Comment

  1. 1 29 avril 2007 at 8:21
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    Ce qui est surtout amusant quand tu considères ce que dit Sarkozy, c’est qu’elle est très proche de la charge socratique [République, livre VIII] contre la démocratie, à laquelle est reprochée de ne plus permettre les valeurs du fait que l’on ait perdu le critère du jugement.
    Sarkozy, ainsi, rejoint l’illusion du politique [illusion transcendantale il me semble, au sens où tout énoncé se constitue en enveloppant la possibilité d'un sujet objectif de l'énonciation, concordant aux critères véhiculés par l'énoncé prononcé] de la vérité morale [donc issue de la raison, car il dénie toute morale situationnelle par exemple au sens de ce qu'a élaboré pour une part des penseurs du XXème siècle cf. Caillois et ses critiques des clercs liés à sa critique de Benda] au sens où il refuse la multiplicité, ou plutôt il ne pense la multiplicité que comme dérivant loin de la vérité que lui porterait. En ce sens l’illusion politique implique une forme d’illusion messianique, ce que l’on voit parfaitement dans ses gesticulatons oratoires.
    Elel est là il me semble la plus grande vulgarité dans la parole, quand celle-ci prétendant à devenir messianique, ne repose que sur uen faible culture, des partages manichéens dans le complexe du réel.
    Il serait peut être bon de lire du Sublime en politique de Marc Richir, qui analysant la révolution française montre parfaitement ces mécanismes phénoménologiquement.

    as tu reçu mon mail avec textes et images ?

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