Dans le cadre de son action de recherche et création, le CiTu (Création Interactive Transdisciplinaire Universitaire) organise un premier événement. La création rejoint la recherche sur le terrain du traitement de l’information. Les pratiques artistiques les plus récentes intègrent de plus en plus de moments de capture de mouvement, de sons, d’images, de lumière, de température, de pression, etc., captures qui une fois interprétées produisent à leur tour de nouvelles informations proposées à l’appréciation du public. Si la « digestion » de l’information est commune à l’ensemble des organismes vivant, celle pratiquée par l’artiste, dans ce qui la distingue ou la rapproche de celle du scientifique, devient un enjeu majeur de la création contemporaine. Cette intervention du CiTu se positionne singulièrement au carrefour de la recherche, de la création et de la monstration.
L’action s’articule en trois temps :
1 – formation : un atelier d’une semaine qui permettra aux intervenants de découvrir l’ensemble des modalités de capture et de traitement des données provenant de sources de différente nature (mise à niveau logiciels Max/MSP, etc.).
2 – production : Les participants seront invités à concevoir et réaliser un projet s’intégrant au dispositif d’exposition composé de n box identiques. La réalisation, conçue en amont et développée dans le cadre du workshop, sera finalisée dans la période intermédiaire entre le workshop et l’exposition.
3 – diffusion : Le dispositif de monstration constitue la contrainte et le thème de l’exposition. Dans chaque box, une cloison porte une prise IN et celle d’en face une prise OUT.
Chaque projet part donc (de manière non exclusive) d’un signal qui provient du projet précédent et fournit un signal pour le box suivant. Entre les deux, l’auteur est libre de faire appel à toute forme de traitement, transmission, analyse, visualisation, interprétation de l’information. Le dispositif de monstration fonctionne donc comme un accélérateur de particules, accélérateur de création. Le projet, résolument transdisciplinaire, pourra explorer l’ensemble des champs allant de la musique au spectacle vivant en passant, notamment par la vidéo, le réseau, ou les biotechnologies.
Conférence:
1.De l’alchimie en art:
du popart au netart
Dialectique dans l’histoire de l’art entre forme active et forme réactive (Nietzsche, Bataille), entre forme partant de rien et forme partant d’un contexte donné, entre l’original et la copie. L’alchimie comme une disproportion entre l’entrée et la sortie, comme anomalie de la causalité. L’art classique est une herméneutique permanente: comment à partir de codes stricts produire de la singularité? Une forme étant donnée, que puis-je en faire? L’art comme pratique s’inscrivant dans des codes et des règles. L’introduction des médias dans ls oeuvres. Comment faire sans cet imaginaire? La perte de l’image artistique comme image première. Le popart: répéter la répétition. Dans les arts plastiques ce n’est pas une traduction mais une transformation des objets (Arman) par montage dialectique (Duchamp Joconde), multiplication ou amplification. Les objets sont encore là: métamorphose. Avec l’ordinateur qui est une machine langagière c’est une traduction, l’information originaire peut disparaîre, sa relation syntagme/paradigme peut être bouleversée. Qu’est-ce que cela devient à l’époque de la multiplication des flux, à l’époque d’internet? Faire référence au salon des arts incohérents: l’extériorité de l’art vient de gens extérieurs à l’art.
2.La cryptographie ou l’impossible ressemblance
Importance de la cryptographie (codage) et de la cryptanalyse (décodage) La cryptographie par substitution monoalphabétique Le codage par substitution mono-alphabétique (on dit aussi les alphabets désordonnés) est le plus simple à imaginer. Dans le message clair (que nous convenons toujours écrit en majuscule), on remplace chaque lettre par une lettre différente. Le chiffre de César, fondé sur un simple décalage de lettres. Le chiffre AtBash. Il consiste simplement à écrire l’alphabet en sens contraire Possibilité de se mettre sur un mot quelconque qui constitue le début del’alphabet. Faiblesse: Nous avons vu que pour la cryptographie par substitution mono-alphabétique, il y a a priori 26! clés possibles, ce qui en soi est déjà un chiffre énorme. En fait, ce nombre de clés est illusoire, car la cryptographie par substitution possède une grosse faiblesse structurelle : dans les langues, toutes les lettres n’ont pas la même fréquence d’apparition. Dans un texte français, il y a presque toujours beaucoup plus de E que de W. Or, le E est toujours remplacé par la même lettre et le W aussi. Donc, si dans votre texte, la lettre qui apparait le plus fréquemment est un L, il y a de fortes chances que ce soit un E. En revanche, si il n’y a presque pas de D, on peut se dire que c’est probablement un W, ou un K, un X,etc… La cryptographie par substitution polyalphabétique Même si l’on connaissait depuis fort longtemps les faiblesses de la cryptographie par substitution, il n’y eut pas entre César et le XVI è s. de véritable nouveau procédé cryptographique, à la fois sûr (pour les moyens de l’époque) et facile à utiliser! Blaise de Vigenère, né en 1523, fut l’initiateur d’une nouvelle façon de chiffrer les messages qui domina 3 siècles durant. Vigenère était quelqu’un de très hétéroclite, tantôt alchimiste, écrivain, historien, il était aussi diplomate au service des ducs de Nevers et des rois de France. C’est en 1586 qu’il publie son Traité des chiffres ou Secrètes manières d’écrire, qui explique son nouveau chiffre (le texte intégral est disponible sur le site de la Bibliothèque Nationale de France). L’idée de Vigenère est d’utiliser un chiffre de César, mais où le décalage utilisé change de lettres en lettres. Pour cela, on utilise une table composée de 26 alphabets, écrits dans l’ordre, mais décalés de ligne en ligne d’un caractère. On écrit encore en haut un alphabet complet, pour la clé, et à gauche, verticalement, un dernier alphabet, pour le texte à coder Pour coder un message, on choisit une clé qui sera un mot de longueur arbitraire. On écrit ensuite cette clé sous le message à coder, en la répétant aussi souvent que nécessaire pour que sous chaque lettre du message à coder, on trouve une lettre de la clé. Pour coder, on regarde dans le tableau l’intersection de la ligne de la lettre à coder avec la colonne de la lettre de la clé. On veut coder le texte « CRYPTOGRAPHIE DE VIGENERE » avec la clé « MATHWEB ». On commence par écrire la clef sous le texte à coder : C R Y P T O G R A P H I E D E V I G E N E R E M A T H W E B M A T H W E B M A T H W E B M A ex: http://www.bibmath.net/crypto/poly/vigaction.php3 Pour coder la lettre C, la clé est donnée par la lettre M. On regarde dans le tableau l’intersection de la ligne donnée par le C, et de la colonne donnée par le M. On trouve O. Puis on continue. On trouve : ORRWPSHDAIOEI EQ VBNARFDE. Cet algorithme de cryptographie comporte beaucoup de points forts. Il est très facile d’utilisation, et le décryptage est tout aussi facile si on connait la clé. Il suffit, sur la colonne de la lettre de la clé, de rechercher la lettre du message codé. A l’extrémité gauche de la ligne, on trouve la lettre du texte clair. Vous pouvez vous entrainer avec le message codé TYQFLJ, qu’on a codé avec la clé EKETHR. En outre, l’exemple précédent fait bien apparaitre la grande caractéristique du code de Vigenère : la lettre E a été codée en I, en A, en Q, et en E. Impossible par une analyse statistique simple de retrouver où sont les E. Dernière chose, on peut produire une infinité de clés, il est très facile de convenir avec quelqu’un d’une clé donnée. Faiblesse: Supposons par exemple que nous ayons le message codé : CS AZZMEQM, CO XRWF, CS DZRM GFMJECV. X’IMOQJ JC LB NLFMK CC LBM WCCZBM KFIMSZJSZ CS URQIUOU. CS ZLPIE ECZ RMWWTV, SB KCCJ QMJ FCSOVJ GCI ZI ICCKS, MK QMLL YL’CV ECCJ OKTFWTVM JIZ CO XFWBIWVV, IV ACCI CC C’OCKFM, JINWWB U’OBKSVUFM et que, par une méthode ou une autre, on ait trouvé que la longueur de la clé est 3. Alors, la 1ère lettre, la 4ème, la 7ème, etc… ont toutes été codées par le même procédé, un décalage de César. On sépare le texte codé en 3 parties : la première comporte les lettres 1,4,7,… la seconde les lettres 2,5,8,… la troisième les lettres 3,6,9,…. CZECRCZ… SZQOWSR… AMMXFDM… Pour chaque ligne, il suffit de faire une analyse statistique (lettres les plus fréquentes, etc…) d’autant plus facile qu’il s’agit d’un simple décalage de César. On trouve par exemple que pour la première ligne on a décalé avec la lettre R, pour la seconde avec O, pour la troisième avec I. Le texte clair est : LE SILENCE, LA PAIX, LE VIDE PRESQUE. J’AVAIS VU UN FURET OU UNE FOUINE TRAVERSER LE MACADAM. LE RUBAN QUI DEFILE, ET TOUS CES RUBANS SUR LA ROUTE, ET CEUX QU’ON NOUS ACCROCHE SUR LA POITRINE, UN JOUR OU L’AUTRE, SUFFIT D’ATTENDRE. Enigma Jusqu’au début du XXè siècle, la cryptographie a gardé une importance mineure, et les méthodes utilisées sont bien souvent rudimentaires. Avec la Première Guerre mondiale a lieu une révolution technologique. Les communications entre l’état-major et les troupes se fait désormais essentiellement par radio, et sont donc facilement interceptables par l’ennemi. Il faut impérativement les chiffrer! Pour la première fois, la cryptographie aura une importance sur le conflit. La Seconde Guerre mondiale est elle aussi le théâtre d’une révolution technologique : celle-ci concerne cette fois les méthodes cryptographiques elle-même. Pour la première fois, les armées disposent de moyens mécaniques qui permettent de concevoir des systèmes cryptographiques autrement plus compliqués que ceux que l’on pratique « à la main ». Mais les analyses vont aussi s’automatiser, jusqu’à la naissance du premier ordinateur… Le principe de fonctionnement de l’Enigma est à la fois simple et astucieux. A chaque fois que l’on presse une lettre, un circuit électrique est fermé, et s’éclaire une ampoule qui correspond à la lettre codée. En même temps, un ou plusieurs des rotors mobiles tourne, changeant la substitution qui sera opérée à la prochaine touche pressée. De plus, le chiffrage est réversible : si en tapant A vous codez D, si vous aviez tapé D, vous auriez codé A. Ainsi, si le commandement allemand et le sous-marin ont le même réglage de départ, il suffit à l’opérateur du sous-marin de taper directement le message codé pour obtenir le message clair. http://www.bibmath.net/crypto/debvingt/enigmasimul.php3 Bletchley Park Les Anglais ont compris assez tard l’intérêt de la machine Enigma. En 1939, le service du chiffre décide de s’éloigner de Londres, et des futurs bombardements, pour s’installer, en toute discrétion, au manoir de Bletchley Park, dans la paisible campagne à 60km au nord-ouest de Londres. Devant l’urgence de la situation, les meilleurs mathématiciens, linguistes, et même joueurs d’échecs sont appelés à Bletchley Park, où plusieurs milliers de personnes se cotoieront. Parmi eux, Alan Türing, un logicien et mathématicien, qui, quelques années plus tôt, a conçu une machine universelle qui formalise la notion d’algorithme et est le précurseur des ordinateurs modernes. Il conçoit les Bombes, des machines programmables qui permettent après une vingtaine d’heures de calcul, de décrypter les messages allemands. Le progès est considérable. Du premier au second semestre 1941, le tonnage coulé chute de moitié (de 2,9 millions de tonnes à 1,4 millions). En février 1942, une nouvelle version de la machine Enigma est mise en service, provoquant un nouveau trou noir dans le décryptage des messages. Grâce à des documents récupérés sur un sous-marin allemand, et à l’aide technique des Etats-Unis, Bletchley Park retrouve mi 1943, toujours sous l’impulsion de Türing, la faculté de décrypter les messages allemands. En 1944, le premier ordinateur de l’histoire, le Colossus, leur garantira une puissance de calcul suffisante jusqu’à la fin de la guerre : la bataille de l’Atlantique est gagnée! Faiblesse: Une des failles de la machine Enigma est que jamais la lettre A ne sera codée par un A. Cela élimine un certain nombre de cas à inspecter. Une des autres faiblesse dépend plutôt du protocole utilisé par les allemands : certains opérateurs (par exemple, ceux qui informaient de la météo) prenaient peu de précautions et commençaient toujours leurs messages par les mêmes mots (typiquement « Mon général… »). Les anglais connaissaient ainsi pour une partie du message à la fois le texte clair et le texte codé, ce qui aide à retrouver la clé. Et comme c’est la même clé qui sert pour toutes les machines Enigma de l’armée allemande pour un jour donné, une erreur de protocole dans un message peut compromettre la sécurité de tous les autres! RSA Le problème essentiel est alors la distribution des clés, ce secret que l’envoyeur et le destinataire doivent partager pour pouvoir respectivement chiffrer et déchiffrer. Les armées et les états ont recours aux valises diplomatiques pour ces échanges, mais ceci n’est pas accessible aux civils. Un ami doit vous faire parvenir un message très important par la poste, mais vous n’avez pas confiance en votre facteur que vous soupçonnez d’ouvrir vos lettres. Comment être sûr de recevoir ce message sans qu’il soit lu? Vous commencez par envoyer à votre ami un cadenas sans sa clé, mais en position ouverte. Celui-ci glisse alors le message dans une boite qu’il ferme à l’aide du cadenas, puis il vous envoie cette boite. Le facteur ne peut pas ouvrir cette boite, puisque vous qui possédez la clé pouvez le faire. La cryptographie à clé publique repose exactement sur ce principe. On dispose d’une fonction P sur les entiers, qui possède un inverse S. On suppose qu’on peut fabriquer un tel couple (P,S), mais que connaissant uniquement P, il est impossible (ou au moins très difficile) de retrouver S. * P est la clé publique, que vous pouvez révéler à quiconque. Si Louis veut vous envoyer un message, il vous transmet P(message). * S est la clé secrète, elle reste en votre seul possession. Vous décodez le message en calculant S(P(message))=message. * La connaissance de P par un tiers ne compormet pas la sécurité de l’envoi des messages codés, puisqu’elle ne permet pas de retrouver S. Il est possible de donner librement P, qui mérite bien son nom de clé publique. Bien sûr, il reste une difficulté : comment trouver de telles fonctions P et S. Diffie et Hellman n’ont pas eux-même proposé de fonctions satisfaisantes, mais dès 1977, D.Rivest, A.Shamir et L.Adleman trouvent une solution possible, la meilleure et la plus utilisée à ce jour, la cryptographie RSA. Le RSA repose sur la dichotomie suivante : * il est facile de fabriquer de grands nombres premiers p et q (pour fixer les idées, 100 chiffres). * étant donné un nombre entier n=pq produit de 2 grands nombres premiers, il est très difficile de retrouver les facteurs p et q. La donnée de n est la clé publique : elle suffit pour chiffrer. Pour décrypter, il faut connaitre p et q, qui constituent la clé privée. Les algorithmes à clé publique (on parle aussi de chiffrement asymétrique) ont pourtant un grave défaut : ils sont lents, beaucoup plus lents que leurs homologues symétriques. Pour des applications où il faut échanger de nombreuses données, ils sont inutilisables en pratique. On a alors recours à des cryptosystèmes hybrides. On échange des clés pour un chiffrement symétrique grâce à la cryptographie à clé publique, ce qui permet de sécuriser la communication de la clé. On utilise ensuite un algorithme de chiffrement symétrique. Le célèbre PGP, notamment utilisé pour chiffrer le courrier électronique, fonctionne sur ce principe. La signature électronique La cryptographie à clé publique permet de s’affranchir du problème de l’échange de la clé, facilitant le travail de l’expéditeur. Mais comment s’assurer de l’authenticité de l’envoi? Comment être sûr que personne n’usurpe l’identité d’Alice pour vous envoyer un message? Comment être sûr qu’Alice ne va pas nier vous avoir envoyé ce message? Là encore, la cryptographie à clé publique peut résoudre ce problème. Alice veut donc envoyer un message crypté à Bob, mais Bob veut s’assurer que ce message provient bien d’Alice. Ils se sont mis d’accord sur un système de cryptographie à clé publique commun, Alice possédant le couple clé publique/clé privée (PA,SA), et Bob le couple (PB,SB). Alice veut envoyer M. * Phase d’envoi : Alice calcule SA(M), à l’aide de sa clé secrète, puis PB(SA(M)), à l’aide de la clé publique de Bob. * Phase de réception : A l’aide de sa clé privée, Bob calcule SB(PB(SA(M)))=SA(M). Seul lui peut effectuer ce calcul (=sécurité de l’envoi). Puis il calcule PA(SA(M))=M. Il est alors sûr que c’est Alice qui lui a envoyé ce message, car elle-seule a pu calculer SA(M).
3.Traduction et transduction
La traduction comme phénomène général du numérique. Fantasme d’une mathesis universalis généralisée à partir d’une structure binaire. Retour à un déterminisme classique quand celui-ci s’écroule au dehors (quantique): l’ordinateur comme machine in/out, comme monade-monde. Comment passer de la traduction (langagière) à la transduction (structurale)? Des éléments pris séparément (avec le sentiment d’une traduction neutre entre) aux relations? La transduction, définition: Nous entendons par transduction une opération, physique, biologique, mentale, sociale, par laquelle une activité se propage de proche en proche à l’intérieur d’un domaine, en fondant cette propagation sur une structuration du domaine opérée de place en place: chaque région de structure constituée sert à la région suivante de principe de constitution, si bien qu’une modification s’étend ainsi progressivement en même temps que cette opération structurante(…) Il y a transduction lorsqu’il y a une activité partant d’un centre de l’être, structural et fonctionnel, et s’étendant en diverses directions à partir de ce centre, comme si de multiples dimensions de l’être apparaissaient autour de ce centre; la transduction est apparition corrélative de dimensions et de structures dans un être en état de tension préindividuelle, c’est-à-dire un être qui est plus qu’unité et plus qu’identité, et qui ne s’est pas encore déphasé par rapport à lui-même en dimensions multiples. Relation entre la transduction et Internet. La traduction comme idéal langagier d’un méta-langage indépendant des langues. Vs La transduction comme phénomène performatif et transformateur. Plusieurs méthodes: Ajouter de l’information. En soustraire. Délai (Bergson): Dan Graham. Indiscernabilité entre ce qui est traduit automatiquement et ce qui est choisi (trouble de la finalité). 1.Le flux de la conscience et flux cybernétique Le flux du réseau n’est pas identique aux médias passés car synchronisation des temps et des espaces hétérogènes: tout se passe en même temps et à la même échelle. Absence de mesure et de hiérarchisation, de structure. Le flux semble évoluer indépendamment de nous. Il n’est pas une projection de notre imaginaire, nous tentons de le suivre. Comment s’insérer dans ce flux? Comment y loger, y trouver sa place? Question du détournement, du contournement? Le flux est-il un nouvel imaginaire? Produit-il de nouvelles images (DesFrags)? Le détournement du flux est une question politique et sociale (Echelon, Histoire des codes, pp.369-371). Flux, Influx, Reflux, Afflux Bergson > le cerveau non comme machine de représentation mais machine d’actions utiles pour le corps, délai entre action et réaction= marge de possibles. Le temps réel technologique est une illusion au même titre que l’immédiateté intuitive ou la représentation métaphysique. Les oeuvres interactives ne modélisent pas seulement l’action possible, mais plus encore l’intervalle qui permet d’intervenir sur le paradoxe du sens intime énoncé par Deleuze où ce « je sens » et perçu comme exercé sur soi non par soi. « Nous disions que le corps, interposé entre les objets qui agissent sur lui et ceux qu’il influence, n’est qu’un conducteur, chargé de recueillir les mouvements et de les transmettre, quand il ne les arrête pas, à certains mécanismes moteurs, déterminés si l’action est réflexe, choisi si l’action est volontaire. » « Son plan d’immanence avec des images variables qui agissent et réagissent sur toutes leurs faces et dans toutes leurs parties, et puis certaines images privilégiées qui se définissent uniquement par intervalle entre l’action subie et l’action exécutée. Cet intervalle, cet écart, c’est l’équivalent des petits lacs de non-être. À la lettre c’est du rien. Il se trouve que ce rien, il va faire quelque chose. » Le cerveau c’est uniquement un intervalle entre l’action subie et la réaction exécutée. Ce n’est pas difficile. C’est de la matière le cerveau, c’est de la matière-intervalle (…) Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que quand on a un cerveau, au lieu de recevoir une excitation qui va s’enchaîner avec la réaction, il y a un intervalle, il y a une coupure. Cette coupure comment elle se fait ? Parce que le cerveau comme matière, comme matière extrêmement complexe, va assurer une espèce de dispersion de l’excitation reçue, le cerveau va être un analyseur. Il va, avec une excitation, il va la traduire en micro-excitation et dès lors j’ai le temps. Je gagne du temps. Donc ça peut se justifier matériellement, mais vous en avez assez dit quand vous dites que le cerveau c’est un intervalle. Le cerveau c’est rien d’autre que l’intervalle entre les actions que vous subissez et les réactions que vous allez exécuter. En d’autres termes, cet intervalle, et l’immobilisation des parties réceptives vous permet quoi ? Gagner du temps. Mais pourquoi faire ?
« Pour organiser une réaction qui, par nature, sera imprévisible. Vous avez gagné du temps, vous pouvez dès lors réagir d’une manière qu’on appellera intelligente, mais c’est pas ça qui compte. Qu’est-ce que c’est une réaction intelligente ? Une réaction intelligente c’est une réaction qui a pris le temps, où vous n’étiez pas forcé d’enchaîner la réaction à l’action subie. (…) ce n’est plus un je fais, ou plutôt x, centre d’indétermination, ce n’est plus un x fait, c’est » je sens », x sent. Il sent quoi ? Il sent quelque chose en lui. Il se saisit du dedans. Qu’est-ce qu’il se saisit du dedans ? Il se saisit du dedans comme pénétré par telle excitation qui dès lors, lorsqu’elle a pénétré dans le centre d’indétermination, dans l’image privilégiée, s’appellera une affection (…) Centre d’indétermination, je peux dire : je perçois le monde, je peux dire : j’agis sur le monde, je peux dire : j’éprouve et je sens. Image-perception, image-action et image- affection. »
« Image pour image, nous aimerions mieux comparer le travail élémentaire de l’attention à celui du télégraphiste qui, en recevant une dépêche importante, la réexpédie mot pour mot au lieu d’origine pour en contrôler l’exactitude (…) Mais toute perception attentive suppose véritablement, au sens étymologique du mot, une réflexion, c’est-à-dire une projection extérieure d’une image activement créée, identique ou semblable à l’objet, et qui vient se mouler sur ses contours (…) Ainsi, nous créons et reconstruisons sans cesse. » La question du corps, du centre d’indétermination, dans les dispositifs interactifs. Le corps comme passerelle entre un in et un out. D’où l’importance croissante du corps dans les dispositifs interactifs alors que ce sont des machines langagières. Ordinateur/Conscience/ Traduction: communiquer est indissociable de l’attente car la machine de diffusion est aussi une rétention (Lev Manovich).
4.Le détournement du flux est-il pérenne?
Une question technique simple: L’inscription sur le réseau est temporaire car le support d’inscription est réinscriptible et il appartient toujours à son propriétaire d’origine, il n’est pas donné au lecteur. Cette logique de l’accès (Rifkin) entraîne une instabilité des sources: si elles changent alors toute ma machine de traduction s’effondre. Caractère temporaire du détournement du flux (cf Rhizome de Drouhin). Nécessité de le documenter à la manière du LandArt ou de la performance (logiciel Captivate par exemple). Ce sont des passages plus que des stases. Questionnement sur le statut de ces travaux n’existant plus que dans le récit qu’on en fait (// récit platonicien analysé par Loraux, la transmission et la traduction comme façon de préserver l’idéalité du message…. beurk)
5.Exemples de détournements, plagiats, sniffing, collage
http://www.potatoland.org/shredder/ http://www.key-words.info/ http://www.theyrule.net/ http://www.turbulence.org/Works/nums/index.html http://www.radio-astronomy.net/index.htm http://this.is/pallit/ http://runme.org/ http://art.gen.nz/index.php?page=gs http://www.motorhueso.net/newsfeed/ http://aug.ment.org/datadada/download.php http://douweosinga.com/projects/googlehacks http://www.blip.alturl.com/googlepoweredgogglebox.html http://runme.org/project/+RTCAG/ http://desfrags.cicv.fr http://www.incident.net/works/betagirl/ http://www.iterature.com/adwords/index_fr.html http://www.incident.net/works/revolution_new_york/ http://www.incident.net/works/googlehouse/ http://www.simpletext.info/ http://kloud.org http://www.georgelegrady.com/
6.Les standards de flux
Il n’y a pas de standards sur Internet malgré les recommandations du W3C (critique de l’idéalisme du W3C qui ne permet aucunement de résister politiquement malgré les apparences). La facilité du transport d’informations fait que les entreprises, les institutions, les individus, les pouvoirs peuvent présenter de nouveaux standards. Question de la norme et du standard à l’époque post-industrielle: la norme comme condition de singularisation et non de normalisation. Instabilité structurelle des standards technologiques. Toutefois les données alphanumériques sont les plus simples à traiter dans la mesure où de toute façon il faudra en passer par de telles données pour passer d’un média à un autre. Une traduction suppose un élément commun, et en informatique il est alpha-numérique cad langage. Pose la question de la place véritable de l’image.
7.Quelques exemples de flux
Les sources > Les traducteurs > Les afficheurs Les sources: RSS (http://fr.wikipedia.org/wiki/Really_simple_syndication) (http://www.everyfeed.com/) (http://www.yourfeeds.com/) (http://www.liberation.fr/rss.php) Un flux RSS ou fil RSS (« RSS Feed » en anglais), sigle de Really Simple Syndication (syndication vraiment simple), ou de Rich Site Summary (résumé complet d’un site) est un format de syndication de contenu Web.C’est un fichier XML dynamique dont votre lecteur RSS (ex: Mozilla Firefox, Mozilla Thunderbird) affiche le contenu qui est mis à jour en permanence. Ce système est très utilisé pour diffuser les nouvelles des sites d’information (actualité, sciences, informatique, etc.) ou des blogs, ce qui permet de consulter ces dernières sans visiter le site, ou bien de les formater à sa guise, etc. Il existe sept formats différents de RSS, ce qui rend indispensable l’établissement d’une norme. Il est à noter que Syndicate, en anglais, est en rapport avec le journalisme et la vente d’un article à plusieurs journaux. Mais en fait le standard permet de diffuser toutes sortes d’information, d’alertes, de mise à jour de listes ou d’événements. Really Simple Syndication se rapproche donc d’une diffusion journalistique simplifiée. SOAP (http://www.xmethods.net/) SOAP est un protocole de transmission de messages. Il définit un ensemble de règles pour structurer des messages qui peuvent être utilisés dans de simples transmissions unidirectionnelles, mais il est particulièrement utile pour exécuter des dialogues requête-réponse RPC (Remote Procedure Call). Il n’est pas lié à un protocole particulier mais HTTP est populaire. Il n’est pas non plus lié à un système d’exploitation ni à un langage de programmation, donc, théoriquement, les clients et serveurs de ces dialogues peuvent tourner sur n’importe quelle plate-forme et être écrits dans n’importe quel langage du moment qu’ils puissent formuler et comprendre des messages SOAP. En tant que tel, il s’agit d’un important composant de base pour développer des applications distribuées qui exploitent des fonctionnalités publiées comme services par des intranets ou internet. Médias (http://freesound.iua.upf.edu/) (Google) (http://www.metacrawler.com/info.metac/searchspy/warning.htm) Amazon (http://developpeur.journaldunet.com/tutoriel/php/021128php_amazonapi1a.shtml) YahooMaps (http://ws1.inf.scd.yahoo.com/maps/flash/) Flickr (http://www.flickrbits.com/bits/) (http://www.flickr.com/services/api/) Carnivore (http://www.rhizome.org/carnivore/) 0/1 Les traducteurs: PHP AMFPHP (http://www.amfphp.org/) NUSOAP (http://sourceforge.net/projects/nusoap/) Processing Java Les afficheurs: Flash Processing Pure Data 1.Syntagmes et paradigme de la traduction: l’accent, un fantôme Quelle relation entre la source et ce qui est affiché? Du sens peut-il émerger d’une traduction? Quelles stratégies pour rendre sensible et consistant le processus de transformation, la relation entre syntagme et paradigme? La violence du code, l’irruption: Jodi La progression: rendre sensible le message de départ, la traduction et le message d’arrivée La narration: redoubler la traduction dans ce qui est raconté L’accent fantômatique: une image qui garde un accent de texte, un texte qui garde un accent de musique, etc. L’accent comme exemple de transduction: une oeuvre qui se déplace de pays en pays en prenant l’accent du pays à chaque fois de façon additionnelle. Les moyens technologiques sont là (peut-être trop nombreux): quel récit pour cette traduction cybernétique? En quoi est-elle parallèle au devenir existentiel?
