
À propos de la relation entre écritrure manuscrite et numérique, un projet réalisé cette année dans le cadre de mon cours en maîtrise par Olivia Boudreau.
Le dispositif est une documentation d’une future performance consistant à tenir pendant la durée d’une exposition, chaque jour et chaque heure, à un endroit donné nommé galerie. Ce mode paradoxal de documentation réconcilie la tradition conceptuelle (l’inscription d’un programme à venir comme dans Card File par exemple) et la tradition de la performance (la documentation d’un événement passé comme dans le travail de Gina Pane).
Une partie de ce dispositif de documentation anticipée consiste en la justaxposition de deux modes de lecture et d’écriture. D’une part un écran sur lequel défile des phrases décrivant minute après minute la performance dans sa régularité, d’autre part des feuilles manuscrites reprenant ce même texte. Il y a là quelque chose du contrat (cf Derrida sur le juridique) et de l’éthos.

Cette juxtaposition croise deux modes d’écriture et deux modes de lecture. Une écriture sans râture, semblant identique à elle-même et qui défile sans que nous fassions rien sur un écran. Une écriture qui se déprime, qui au cours des pages change de forme, s’écarte et se disjoint d’elle-même graphiquement parlant. En lisant ces 80 feuilles on voit l’écriture évoluer, on voit la forme évoluer d’elle-même et cette évolution nous fait signe de la temporalité non seulement de l’écriture manuelle mais aussi du temps auquel se réfère cette écriture, c’est-à-dire la future performance qui joue justement sur cette répétition déprimée du corps. La lecture se fait ici activement, elle suppose de se saisir d’une feuille, de la manipuler puis de passer à une suivante si on le souhaite.
La dépression de la forme fait partie de la forme (cf Georges Bataille) parce que celle-ci n’existe jamais indépendamment d’un devenir, c’est-à-dire d’un processus de production qui engage aussi un processus de perception. On peut nommer « art » une forme qui par transduction passe de la production à la perception, l’individuation de la première servant à l’indivuduation de la seconde. Ce n’est pas dire là qu’on perçoit le processus de production (l’art comme autoprésentation de ses procédures, Bourdieu-Haacke) mais plutôt que production et perception sont dans un jeu à deux, se hantent l’un l’autre. Le fait de penser la forme dans sa relation à une matière donnée comme quelque chose de produit et de fixe (conséquence de l’hylémorphisme) est l’illusion d’un mouvement qui s’arrête. La transformation de la forme est inhérente à la forme d’une manière analogue au fait que l’incident est inhérent aux technologies.
À la suite des trois expositions des maitrises au Cdex sur les thèmes du lieu, du corps et des signes. Une table ronde.
Distinguer la réception du travail artistique et le discours sur celui-ci en les plaçant en deux temps différents. Permettre un rapport aux travaux plus personnel, moins teinté du discours de l’étudiant et des échanges du groupe. Reproduire des conditions de réception plus adapté à la réalité du milieu de l’art. Donner un recul nécessaire entre la réception et le discours, qui, nous l’espérons, enrichira les échanges et les commentaires sur le travail des étudiants.
LE LIEU (10-12h)
Pivot entre voir et être, l’espace des relations impossibles, le lieu se déploie à l’infini avant d’être nommé. Chaque habitant de chaque lieu adopte la position qui lui échoit. Organisées, désorganisées, ces zones indiscernables se peuplent de corps. Passants, personnages, oiseaux, jumeaux, souvenirs sont les infiltrés. Ils occupent la scène et essaiment entre quatre murs, prisonniers de leurs récits.
Le lieu se définit par ses frontières. Parois, souvenirs, espaces de transition, rencontres inespérées sont les limites des lieux. Vrais ou fictifs, les décors sont-ils habitables ? Ici, l’imaginaire, le souvenir, le corps infiltrent son lieu et suintent des murs. L’espace entre les deux vient nommer son site.
Le lieu est le théâtre de fictions et de fuites. S’y mêlent des paysages furtifs, des corps indéfinis, des absences bruyantes. S’y perdent les souvenirs, les rencontres inassouvies, les passants. Point de rencontre, de confrontation, l’oeuvre est insertion dans l’espace, l’espace est la rencontre des limites.
Bellissent Sophie
Désoeuvrement 2, son vidéo

Flaman Teva
Twinnings, dispositif

Nerbonne Suzanne
Transiter, dispositif spatial

Raymond Danielle
Furtifs, projection vidéo

Sirois Dominique
Inva-sillon,installation sonore

Sottolichio Rafael
Intérieur No5, huile et acrylique sur bois

LE CORPS (13-15h)
Le corps, le corps atrophié, la peau, entre le corps et le vêtement, enfiler une peau, le corps, le corps du modèle, greffé, représenté dans un univers merveilleux, le corps, être devant la caméra, le corps de l’autre, l’attitude du corps soumis à son regard, le corps, contraint à des procédures, placé dans un système, l’image du corps, sa variabilité, le corps, l’énergie de sa souffrance dans le temps, dans le mouvement, et leurs intervalles comme état à part entière, le corps, mutation du corps de chair ou le mouvement se fixe, le laissant flottant.
Ici, le corps est à distance de son identité, il est une forme, une matière, une image, un concept, un état, une sensation.
Boudreau Olivia
Salle C/procédure préparatoire, cahier, bois et animation variable

Fabre Grégory
Corolle, installation matériaux mixtes

Fournier Andréanne
Sans titre, son et animation

Houde Marie-Andrée
En joue, installation vidéo


Moisan Sylvie
Transition charnelle, photographie numérique

Pichette Katherine
Sans titre, photographie numérique

LES SIGNES (15-17h)
X attend. X contemple. X est interpellé. X jouit. X se perd. X est gêné. X est confus. X absorbe. X opère. X nettoie. X se retient. X se fond. X s’installe. X occupe. X revient. X parcourt. X ne comprend pas. X formule. X accumule. X se fait une idée. X calcule. X squatte. X s’arrête. X sort. X transforme. X vérifie. X s’impatiente. X ri. X inverse. X recule. X avance. X frustre. X juge. X n’aime pas. X répond. X fait du bruit. X compose.
X endure. X s’épuise. X machine. X balance. X relance. X éclate. X connecte. X hésite. X codifie. X brouille. X déplace. X trouve. X coule. X forme. X interagit. X aime. X échange. X brille. X lubrifie. X réinvente. X parle. X se vide.
Bouchard Jérôme
Projet No1:Affaires bananes Projet No2:J’ai présenté une esquisse en appuyant sur la flèche du haut:sac en plastique Projet No3:Numérisation d’une peau photographie animation variable impression numérique

Cuillerier Martin
Une mécanique organique acrylique sur toile

Martin Franco Helena
…But I am what I am that’s something you can’t never be, installation vidéo

Moreau Aude
Occuper le temps d’attente, phase préparatoire 1

SavardVéronique
Spaces between, acrylique sur toile

Formation des binômes pour l’entretien (merci de m’indiquer ici ceux qui sont déjà formés).
Discussion sur vos projets.
9h30/12h
LE CORPS
Moisan, Sylvie
Houde, Marie-Andrée
Fournier, Andréanne
Fabre, Gregory Alexandre
Boudreau, Olivia
14h/17h
LE LIEU
Sirois, Dominique
Téva
Sottolichio, Rafael
Raymond, Danielle
Nerbonne, Suzanne
LES SIGNES
Savard, Véronique
Moreau, Aude
Martin, Helena
Cuillerier, Martin
Bouchard, Jérôme
rendez-vous individuels:
En JR-315
Grégory Alexandre Fabre14h
Danielle Raymond 14h30
Andrée Anne Fournier 15h
Sylvie Moisan 15h30
Teva Flaman 16h
Katheryne Pichette 16h30
Rafael Sottolichio 17h
Sophie Bellisent 17h30 (malade, reporté)
Possibilités de retard en fin de journée
11 janvier
Présentation du plan de cours et du calendrier des visites d’atelier. Formation de 2 groupes pour visites d’atelier de groupe. A chaque visite les intentions de travail sont présentées avec documents ou esquisses à l’appui.
18 janvier
Visites d’atelier groupe 1
Véronique Savard
Marie-André Houde
Jérôme Bouchard
Aude Moreau
Véronique Savard
Helena Martin
Martin Cuillerier
Dominique Sirois
25 janvier
Visites d’atelier groupe 2
Sophie Bellisent
Danielle Raymond
Andrée Anne Fournier
Sylvie Moisan
Teva Flaman
Suzanne Nerbonne
Katheryne Pichette
Rafael Sottolichio
Grégory Alexandre Fabre
Entretien I
1 février
Visites d’atelier groupe 1
8 février
Visites d’atelier groupe 2
15 février
Réunion générale pour déterminer les décisions pour la diffusion en général et la présentation au CDEx ainsi que le calendrier des visites suivantes en compagnie des médiateurs.
22 février
Visites d’atelier
1 mars
Semaine de relance
8 mars
Visites d’atelier
Texte I
Entretien II
15 mars
Visites d’atelier
22 mars
Visites d’atelier
29 mars
Visites d’atelier
5 avril
Réunion pour la préparation de l’exposition au CDEX et des textes et des modalités de médiation
12 avril
Présentation au CDEX
19 avril
Présentation au CDEX
Texte II
Entretien III