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	<title>Gregory Chatonsky &#187; Narratologie</title>
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	<description>Notes et fragments</description>
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		<title>Simulation: entre synthèse et fragmentation</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Jun 2009 18:42:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[fragmentation]]></category>
		<category><![CDATA[persona]]></category>
		<category><![CDATA[personnage]]></category>
		<category><![CDATA[simulation]]></category>
		<category><![CDATA[synthèse]]></category>

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		<description><![CDATA[ ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Considérant la question de la simulation, il y a deux approches distinctes: la synthèse et la fragmentation.</p>
<p>Cette dernière, comme c&#8217;est le cas pour les TTS, est fondée sur une décomposition en éléments discrets de phénomènes continus afin d&#8217;en permettre la combinatoire. La fragmentation suppose une décontextualisation puis une recontextualisation, son objectif est de rompre le continuum pour produire une nouvelle continuité. La difficulté de la fragmentation est d&#8217;opter pour une bonne décomposition qui offre le maximum de possibilités avenirs. Or toute décomposition est un choix, il n&#8217;y a pas naturellement des éléments au départ discrets qui s&#8217;agencent de façon continue mais des continuums dans lesquels on perce des fragments. La limite de la fragmentation réside en trois points: la quantité (on ne peut pas décomposer à l&#8217;infini), la double indexation (index de départ traduit en un index d&#8217;arrivée) et la continuité (comment produire un effet de continuité par exemple entre des fragments visuels).</p>
<p><em>Portrait numéro 1</em> de Luc Courchesne est un exemple de personnage fragmenté.</p>
<p>La synthèse quant à elle est basée sur une modélisation, une compréhension mathématique d&#8217;un phénomène. Elle ne part pour ainsi dire de rien, si ce n&#8217;est du calcul. Si elle peut être continue parce qu&#8217;elle a lieu dans le maintenant du calcul (et on pourrait s&#8217;interroger par rapport à la continuité qui n&#8217;a lieu qu&#8217;au présent si elle est procédurale, ce qui n&#8217;est pas par exemple le cas du cinéma), sa difficultée est le réalisme, la ressemblance par rapport à son référent alors même, paradoxalement, que la synthèse s&#8217;écarte de son référent du fait même du coup de force mathématique qui est une abstraction, c&#8217;est-à-dire une mise à distance. Le réalisme de la synthèse est pour ainsi dire toujours décevant non par quelques limites techniques mais du fait de son mouvement de départ.</p>
<p><em>L&#8217;Autre</em> (1992) de catherine Ikam est un exemple de personnage synthétique.</p>
<p>L&#8217;interactivité est le plus souvent fondée sur une fragmentation réalisée grâce à des capteurs qui est ensuite synthétisée informatiquement.</p>
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		<title>Sous la maison</title>
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		<pubDate>Mon, 11 May 2009 11:35:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>
		<category><![CDATA[avenir]]></category>
		<category><![CDATA[mémoire]]></category>

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		<description><![CDATA[ ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/11-sous-la-maison/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<p>Je descends un petit escalier pour atteindre le sous-sol.Les marches sont en faux marbre et sur les murs un papier peint atténu la lumière du jour. Il y a là l&#8217;ancienne chambre de la soeur restée intacte. Elle vient un week-end sur trois. Elle dit bonjour. Elle voit ses amis, dit très peu de choses et continue sa vie. Sur la gauche, un petit réduit dans lequel la mère range des ustensiles et des produits nettoyants. Sur la droite, une porte souvent entreouverte donnant sur une pièce plus grande que la précédente. On entre. On y jette un regard. L&#8217;espace est plongé la plupart du temps dans une luminosité grise provenant de petites fenêtres occultées. L&#8217;atmosphère est humide et sent le renfermé. Sans doute, la poussière s&#8217;est-elle accumulée lorsque ce lieu fut inhabité ces cinq dernières années. Il y a un poster représentant Manhattan la nuit, une table en faux bois, un énorme fauteuil vert pomme et un lit. Les objets semblent avoir été entreprosés là plutôt que disposés pour aménager une chambre.</p>
<p>Le corps semble inerte. Une légère respiration pourtant s&#8217;élève du ventre. Le soulevement est lourd, irrégulier, comme s&#8217;il venait d&#8217;un autre lieu, d&#8217;un autre corps. Les yeux sont ouverts, humides. C&#8217;est une enfant a la peau blanche, lisse, ces yeux ont été creusé par ces derniers mois. Elle est épuisée. Des rides minuscules apparaissent. Elle ne bouge pas, mais elle ne se repose pas non plus, elle est immobilisée plutôt qu&#8217;immobile. On ne sait pas ce qu&#8217;elle pense. On ne veut pas l&#8217;imaginer. On la voit simplement ici pour la dernière fois, seule et malheureuse, arrachée à un espace qui n&#8217;était pas le sien et ramenée à cet espace familial qu&#8217;elle avait quitté voici plusieurs années. Elle ne veut plus de sa vie.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Bootleg ou la sélection de la rencontre</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Feb 2009 12:52:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>

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		<description><![CDATA[ ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ma boîte Gmail est inondée depuis quelques jours de messages provenant de Facebook.</p>
<blockquote><p>THE GAME<br />
A quoi ressemblerait votre pochette d&#8217;album si vous étiez dans un groupe? Suivez les instructions ci dessous&#8230;<br />
Voici les règles:<br />
1 &#8211; Va sur Wikipedia. Tape “random”<br />
ou clique sur <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Special">http://en.wikipedia.org/wiki/Special</a>:Random<br />
Le premier article qui sort est le nom de ton groupe.<br />
2 &#8211; Va sur la page des citations et tape &laquo;&nbsp;random quotations&nbsp;&raquo;<br />
ou clique sur <a href="http://www.quotationspage.com/random.php3">http://www.quotationspage.com/random.php3</a><br />
Les derniers mots de la dernière citation de la page sont le titre de votre premier album.<br />
3 &#8211; Va sur Flickr et clique sur“explore the last seven days”<br />
ou clique sur <a href="http://www.flickr.com/explore/interesting/7days">http://www.flickr.com/explore/interesting/7days</a><br />
La 3e image, quelle qu&#8217;elle soit, sera la pochette de ton album.<br />
4 &#8211; Utilise Photoshop, Paint ou autre pour associer ces 3 éléments.<br />
5 &#8211; Poste le tout sur Facebook (dans un album intitulé &laquo;&nbsp;Cover Game&nbsp;&raquo;) avec cette règle du jeu dans la description de l&#8217;image ou dans un commentaire, et Taggue les amis que souhaites voir participer à ce jeu.</p></blockquote>
<p><a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2009/02/n683224274_1351602_9280.jpg" rel="lightbox[2848]"><img class="alignnone size-medium wp-image-2849" title="n683224274_1351602_9280" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2009/02/n683224274_1351602_9280-298x300.jpg" alt="" width="298" height="300" /><br />
</a></p>
<p>Le succès de ce jeu est lié aux résultats souvent cohérents et amusants qui sont produits. Or, on remarque le recours à l&#8217;aléatoire qui semble contradictoire avec une telle cohérence. On tire dans un Internet comme dans un grand chapeau des fragments pour constituer un certain genre littéraire et visuel: la pochette de disque, un genre abscont. Ce n&#8217;est pas du cadavre exquis ou du dadaïsme, ce n&#8217;est pas du collage, c&#8217;est bien autre chose. C&#8217;est la jonction entre l&#8217;aléatoire et le style, mais un aléatoire qui n&#8217;est pas un automatisme. Il consiste dans le fait de suspendre un fragment du flux. Il ne s&#8217;oppose pas vraiment à l&#8217;intentionnalité, puisqu&#8217;il répond à un programme et à des règles précises, un peu à la manière du poème de Graham.</p>
<div id="attachment_2850" class="wp-caption alignnone" style="width: 179px"><a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2009/02/picture-8.png" rel="lightbox[2848]"><img class="size-medium wp-image-2850" title="»Poem«, march 1966 by Dan Graham. " src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2009/02/picture-8-169x300.png" alt="»Poem«, march 1966 by Dan Graham. " width="169" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">»Poem«, march 1966 by Dan Graham. </p></div>
<p>Notre époque révèle de manière de plus en plus frappante que le récit ou le style est fonction d&#8217;un aléatoire réglé. Serait-ce une réponse à la complexification? Au sentiment que chaque jour se déverse sur nos consciences une quantité tels de médias que nous ne saurions les absorber? N&#8217;avons-nous pas ainsi un certain plaisir, par la rencontre entre le hasard et le programme (c&#8217;est-à-dire finalement le jeu), à produire des résultats signifiants? La signification non comme produit de l&#8217;intentionnalité du sujet mais comme rencontre contextuelle? La communication comme interférence? Ne faudrait-il pas y voir quelque chose de proche du concept de fiction sans narration? Le flux, dans son chaos même, dans sa multiplicité, n&#8217;est-il pas en train de devenir notre bassin culturel modifiant jusqu&#8217;à notre schématisme même?</p>
<p><a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2009/02/n549423448_1426693_8153.jpg" rel="lightbox[2848]"><img class="alignnone size-medium wp-image-2852" title="n549423448_1426693_8153" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2009/02/n549423448_1426693_8153-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a> <a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2009/02/n541024798_1294503_2283.jpg" rel="lightbox[2848]"><img class="alignnone size-medium wp-image-2853" title="n541024798_1294503_2283" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2009/02/n541024798_1294503_2283-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a> <a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2009/02/n541024798_1294504_2973.jpg" rel="lightbox[2848]"><img class="alignnone size-medium wp-image-2855" title="n541024798_1294504_2973" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2009/02/n541024798_1294504_2973-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /> </a><a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2009/02/n646597149_2181063_26211.jpg" rel="lightbox[2848]"><img class="alignnone size-medium wp-image-2859" title="n646597149_2181063_26211" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2009/02/n646597149_2181063_26211-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a></p>
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		<title>Le nom des personnes</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/28-le-nom-des-personnes/</link>
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		<pubDate>Sun, 28 Sep 2008 15:22:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>
		<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[langage]]></category>

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		<description><![CDATA[ ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ils avaient disparu avec leurs noms. Chaque fois qu&#8217;ils avaient été prononcé, il ne restait plus que leurs noms. Le corps, la présence, les gestes, toutes ces choses qui font un être humain avec son tissu de singularités, avaient disparus. Il suffisait de prononcer un nom pour que son porteur devienne invisible. Il s&#8217;était longtemps demandé les raisons de cet effacement et avait échafaudé des théories plus ou moins complexes sur la relation entre le mot et son référent. Il s&#8217;était demandé pendant de longs moments, quel avait été le premier et qui déclenchait l&#8217;autre. Il s&#8217;était aussi dit que pour prononcer cette différence entre les deux, il utilisait des mots et qu&#8217;il s&#8217;enfermait ainsi d&#8217;avance dans ce problème irrésolu. Il avait essayé une autre méthode et encore une autre. Moins il y avait de corps dans la rue, plus les noms étaient audibles. On ne savait même plus qui les prononçait, c&#8217;était comme des voix sans support qui affleuraient dans les allées urbaines. La ville était désertée. Les rues n&#8217;étaient plus de passage, la maigre vie qui continuait, se cachait dans les immeubles détruits, dans les sous-sols, dans les trous. Il y avait les prénoms bien sûr, mais aussi simplement les désignations relationnelles, comme par exemple: père, mère, fils, fille, mari, femme, ami, amie, amant, amante, amour, amour. En les prononçant, ils disparaissaient aussi, effaçant dans le langage ce qui pourtant lui avait résisté.</p>
<p>Souffrait-il de cette situation? Son insensibilité ne lui permettait pas de trancher la question. Il restait impartial et il savait simplement qu&#8217;il suffisait à une chose d&#8217;être prononcée, pour ne plus être. Peut-être restait-elle dans le monde, cette chose nommée, mais en tout cas elle devenait inaccessible, constituant sans doute au fil des années, des résidus formant à force d&#8217;entassement des plaques géologiques. Il s&#8217;interrogeait: vais-je disparaître aux yeux des autres et continuer à être conscient de ma présence, ou simplement vais-je être absorbé par le mot et ne plus être, ni pour les autres, ni pour moi? Pour l&#8217;instant, il était, en tout cas il aimait à penser que ce qu&#8217;il percevait du monde était encore la garantie de son existence partagée entre lui-même et ces gens connus et inconnus qu&#8217;il croisait. Personne n&#8217;avait-il donc prononcé son nom? Personne ne pensait-il à lui? Il restait présent parce qu&#8217;il était absent du langage.</p>
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		<title>Flux et quantité</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/20-flux-et-quantite/</link>
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		<pubDate>Sun, 20 Apr 2008 13:47:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>
		<category><![CDATA[Quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[arborescence]]></category>
		<category><![CDATA[collectionneur]]></category>
		<category><![CDATA[exposition]]></category>
		<category><![CDATA[flux]]></category>
		<category><![CDATA[identité]]></category>
		<category><![CDATA[Image]]></category>
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		<category><![CDATA[variable]]></category>

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			<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis des années.</p>
<p>Il y avait le désir d&#8217;accumuler des médias en très <strong>grand nombre</strong> et de former des arborescences si <strong>vastes </strong>qu&#8217;il était impossible pour quiconque d&#8217;en faire le tour. De faire varier l&#8217;agencement de ces médias selon un <strong>aléatoire contrôlé </strong>afin que leur structure soit <strong>imprévisible</strong>. Imaginer une fiction dépourvue de narration, c&#8217;est-à-dire la doter d&#8217;une structure qui déborde la maîtrise de la structure. Paradoxe de la programmation logique qui produit des effets illogiques. Était-ce le désir d&#8217;une oeuvre illimitée et totale? Pourquoi cette pulsion à produire une quantité si grande qu&#8217;elle devenait inabordable?</p>
<p>Cette logique de l&#8217;excès labyrinthique a vu sa &laquo;&nbsp;fin&nbsp;&raquo; avec Sur Terre qui fut en un certain sens, un échec. Trop grand, trop ambitieux, trop de médias (plus d&#8217;un million), techniquement l&#8217;édifice s&#8217;écroulait à chaque pas et il aurait été difficile de le savoir avant d&#8217;avoir essayé. Il a fallu explorer cet échec pour comprendre ses raisons et en tirer le meilleur profit.</p>
<p>La question n&#8217;était pas celle de la quantité mais du <strong>flux</strong>. L&#8217;esprit de notre temps nous submerge d&#8217;informations. Chacun est débordé par ce flux. Dans le domaine artistique on peut fort bien continuer à produire des images comme si de rien n&#8217;était, mais la vacuité est proche. Produire une image n&#8217;est-ce pas en ajouter une à un stock déjà trop grand (voici pour la question de la quantité des médias)? Ne faut-il pas entendre le pop art comme une stratégie pour transformer la fonction de l&#8217;art comme consistant à faire circuler (autrement) des images déjà existantes?</p>
<p>Plonger dans le flux sans pour autant y participer en ajoutant encore des images inconsistantes à d&#8217;autres images inconsistantes. Essayer plutôt d&#8217;en enlever ou de changer de structure pour produire des images non pas quantitativement mais qualitativement illimitées: mettre<strong> le spectateur devant une image qu&#8217;il ne pourra jamais voir en totalité</strong>, faire en sorte que la perception soit consciente de cet écart entre ce qu&#8217;il y a à percevoir et ce qui sera effectivement perçu, rejouer donc la discrétion et la continuité des percepts dans la structure même des images, dans leurs structures.</p>
<p>C&#8217;est l&#8217;objet de la série <em>Hisland </em>qui progresse de jour en jour. Sa forme mute et évolue vers un point ou les images ne seront plus fixées à l&#8217;avance mais adviendront. Il ne s&#8217;agira pas d&#8217;une esthétique générative lowtech (ces images 1000 fois vues avec des primitives, des vecteurs, des pixels s&#8217;agitant en tous sens) mais d&#8217;entrer dans un monde. Courir le risque d&#8217;une imagination qui n&#8217;est plus structurée par une fin, par une résolution, rester au sein même des tensions qui individuent les images, qui les font advenir. Nous n&#8217;avons jamais été aussi proche d&#8217;une persistance de la genèse.</p>
<p>Sans doute cette question de la temporalité du flux n&#8217;est-elle pas sans rapport avec ce qui distingue une <strong>exposition public</strong> d&#8217;une <strong>collection privée</strong>. Dans le premier cas, on ne fait que passer et l&#8217;oeuvre est évaluée selon ce temps fixé par le passage. Il faut qu&#8217;en quelques minutes, si ce n&#8217;est parfois quelques secondes, elle soit capable de nous affecter. L&#8217;esthétique doit nous saisir dans un temps bref, la simplicité est de mise le plus souvent car nous n&#8217;avons pas le temps de nous attarder, il y a tant d&#8217;autres oeuvres à voir.</p>
<p>La perception change radicalement quand il s&#8217;agit d&#8217;une monstration dans un lieu privé, dans un appartement par exemple dans lequel la relation de l&#8217;oeuvre à celui qui voit est quotidienne. Cette saisie rapide de l&#8217;oeuvre peut alors <strong>s&#8217;épuiser </strong>car le collectionneur, à la différence du visiteur, voit et revoit jour après jour la même oeuvre. Elle peut le lasser d&#8217;un effet trop facile. Bien sûr il y a des travaux qui ne s&#8217;épuisent pas et dont la richesse plastique, le travail de tensions n&#8217;est jamais résolu par la perception. Mais le plus souvent, l&#8217;oeil appauvrit au fil du temps l&#8217;image qui vu la première fois dans l&#8217;étonnement sera progressivement reconnue dans la répétition de la présence. Comment une oeuvre habite-t-elle la perception dans un lieu domicilaire? Est-il possible qu&#8217;elle la hante comme un hôte étranger, toujours présent mais qui n&#8217;est jamais à sa place?</p>
<p>C&#8217;est sans doute là que l&#8217;esthétique du flux est nouvelle. Le changement n&#8217;est plus seulement dans la perception qui vient renouveller son travail d&#8217;interprétation (voir et revoir comme si c&#8217;était la première fois), il est aussi à présent dans la matière même de l&#8217;oeuvre, dans ce que nous voyons, c&#8217;est-à-dire dans le référent, un changement. L&#8217;oeuvre, tout en gardant un fil conducteur, peut évoluer au cours du temps, changer de formes. Ce changement n&#8217;est pas du tout au rien, mais plutôt une <strong>variation </strong>selon un <strong>modèle </strong>implicite. Cette variation définit <strong>un spectre de possibilités</strong>, minima et maxima dans lequel beaucoup d&#8217;agencements sont possibles.</p>
<p>Il ne s&#8217;agit alors pas de succomber à l&#8217;utopie qui serait celle de l&#8217;oeuvre-devenir, comme si avec un peu de programmation on pouvait faire une oeuvre vivante évoluant de formes totalement, radicalement. C&#8217;est beaucoup moins ambitieux que cela, plus infime, mais sans doute finalement plus intense: <strong>la variation est une différence dans la répétition</strong>, car ces travaux sont répétitifs, si on y voit pas toujours la même chose, c&#8217;est la même atmosphère qui y règne, le même flux. La place de la variation est infra-mince, elle est la trace que laisse la répétition sur elle-même, comme si une différence pouvait s&#8217;effectuer dans l&#8217;identité, c&#8217;est-à-dire dans le <strong>modèle</strong>. Car il faut bien comprendre que tous ces travaux programmés le sont sur un modèle mais non pas en un sens platonicien (le modèle comme garantie ultime de l&#8217;identité de soi à soi). Tout se passe ici comme si le modèle informatique mettait en doute le principe d&#8217;identité parce qu&#8217;il est à la source d&#8217;une variation, c&#8217;est-à-dire d&#8217;une différenciation qui permettant un changement d&#8217;intensité ouvre donc la perception à elle-même.</p>
<p>Que signifie alors voir et revoir jour après jour non pas un tableau à l&#8217;interprétation infinie, non pas un film au flux machinique avec son début et sa fin, mais un ensemble de <strong>médias variants</strong>? Quelle impression cela laisse-t-il sur le corps?</p>
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		<title>Existences variables</title>
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		<pubDate>Sun, 24 Feb 2008 23:02:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Toujours ce même sentiment en finissant (peut-être) dans quelques jours le projet World State: la capacité informatique a produire de la variation (lecture non-linéaire) et &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2008/02/world-state4-custom.jpg" /></p>
<p>Toujours ce même sentiment en finissant (peut-être) dans quelques jours le projet <a href="http://incident.net/users/gregory/chatonsky/works/worldstate/">World State</a>: la capacité informatique a produire de la variation (lecture non-linéaire) et de la variabilité (transduction et génération) induit une &laquo;&nbsp;nouvelle&nbsp;&raquo; forme de fiction.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Nouvelle&nbsp;&raquo; car si le désir de la variation n&#8217;est pas nouveau, et il serait en ce sens absurde de caricaturer les fictions passées comme simplement linéaires, sa formation l&#8217;est. Avec le numérique, la variation n&#8217;est plus simplement l&#8217;écart esthétique entre l&#8217;intention d&#8217;un auteur et la visée d&#8217;un lecteur. Elle n&#8217;est plus seulement fonction d&#8217;une lacune, d&#8217;un manque, d&#8217;une divergence du temps, qu&#8217;on l&#8217;appelle au cinéma montage ou ellipse dans le roman. Elle a, cette variation, effectivement lieu dans le support même d&#8217;inscription informatique, dans sa genèse et de ce fait elle emporte tout sur son passage, elle se répand de proche en proche sur tous les composants. La visée du lecteur pourra diverger à son tour, faire diversion de cette bifurcation au coeur même des processeurs.</p>
<p>Toujours ce sentiment vif: cette forme de fiction variable, sans narration, c&#8217;est-à-dire sans le méta-discours du narrateur, n&#8217;est pas simplement une capacité technologique. Ce n&#8217;est pas parce que les ordinateurs permettent une telle modalité que nous nous y engageons. C&#8217;est bien plus parce que cette possibilité technologique répond en quelque sorte à nos existences. Cette sensation que quelque chose ne sera jamais résolu, une tension que rien ne viendra régler. Pas de narrateur, c&#8217;est peut-être cette vieille question posée par Lyotard et d&#8217;autres, de la fin des grands récits, car que supposaient ceux-ci si ce n&#8217;est toujours un narrateur, une voix qui parle à la place d&#8217;autres voix, qui prend la parole, qui interrompt le silence, fut-il idiot.</p>
<p>Une fiction sans narration donne-t-elle encore le sentiment d&#8217;un récit, d&#8217;une histoire dans laquelle on se plonge, dont on s&#8217;extirpe pour y revenir, encore et encore, dans un flux et un reflux qui est celui de l&#8217;esthétique, prise sur le vif d&#8217;une sensation qui nous échappe et qui dans cet échappement même devient perceptible? Et les personnages, ancienne catharsis, écart de l&#8217;identité assurée d&#8217;elle qui nous fait devenir autre, sensation pour ceux qui sentent, qui font semblants? Que deviendra encore plus généralement ce partage du sensible qui se fondait sur un accord implicite de celui qui prend et de celui qui donne? Ce contrat de la fiction tiendra-t-il encore un peu? Et pourquoi devrait-il persister? Pourquoi y tenons-nous encore? Ne pourrions-nous pas simplement l&#8217;abandonner sans nostalgie pour ouvrir un ailleurs dont nous ne pouvons anticiper que quelques signaux, les tentatives que nous sommes plusieurs à inscrire depuis quelques années?</p>
<p>Je pense souvent à la dette que j&#8217;ai par rapport à <a href="http://www.iath.virginia.edu/wax" target="_blank">Waxweb </a>de David Blair.</p>
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		<title>Variabilité des images</title>
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		<pubDate>Sat, 08 Dec 2007 22:48:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Il faut savoir entendre la conséquente différence entre l&#8217;enregistrement d&#8217;une image en vue d&#8217;une mono-bande ou d&#8217;une installation et l&#8217;enregistrement d&#8217;une image en vue d&#8217;une &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il faut savoir entendre la conséquente différence entre l&#8217;enregistrement d&#8217;une image en vue d&#8217;une mono-bande ou d&#8217;une installation et l&#8217;enregistrement d&#8217;une image en vue d&#8217;une variation. Nous écartons le cas d&#8217;une image purement numérique, une image de synthèse par exemple, qui serait reliée à une variable quelconque, car alors il ne s&#8217;agit que d&#8217;une traduction entre cette variable et une image, cette traduction produit une visualisation, c&#8217;est-à-dire une différence entre la source de l&#8217;image et l&#8217;image elle-même: le mouvement de la main produit une rotation sur l&#8217;axe des Z du panier de pommes.</p>
<p>Si nous portons notre regard sur les images analogiques reliées à des variables, c&#8217;est parce qu&#8217;il nous semble qu&#8217;il y a là un changement en profondeur de la notion même de tournage. On sait combien notre époque a fétichisé jusqu&#8217;à l&#8217;extrême l&#8217;idéal du tournage comme travail interdisciplinaire menant avec des aspects souvent ridicules les artistes contemporains à réaliser des films en 35mm médiocres: travelling longs et histoires décalées. Ce n&#8217;est pas un hasard si l&#8217;imaginaire artistique s&#8217;est tourné vers la notion même de production à une époque ou les images industrielles ont envahies l&#8217;imaginaire populaire.</p>
<p>Tourner en vue d&#8217;images linéaires, défilant les unes après les autres induit une certaine organisation du travail: il y a un script, l&#8217;équipe est coordonnée, elle sait ce qu&#8217;il y a à faire, le réalisateur a une idée de ce qu&#8217;il raconte. Il y a donc une anticipation et une convergence, pour ainsi dire une ressemblance, entre ce moment de la production et la finalité même des images. Nous nous limitons là consciemment à ne décrire les images que dans leur matérialité, la structure narrative elle-même pouvant aller en tout sens, flashback, prétérition, ellipse, ces figures ne changent en rien l&#8217;enregistrement linéaire sur un support matériel des images (il serait absurde alors d&#8217;appliquer le concept de variabilité à des choses aussi différentes que le support et la narration, ce serait là simplement une confusion entre deux genres ontologiques différents).</p>
<p>Représentons nous maintenant un autre imaginaire de la production, celui de la variable. Que signifierait enregistrer des images analogiques, acteurs et décors, dialogues et monologues, en vue de les faire varier selon un tempo inanticipable? On a déjà une première réponse dans la technique de la <em>motion capture</em> qui loin de n&#8217;être qu&#8217;un truc technique est un changement radical dans les techniques mêmes de l&#8217;enregistrement. Avec la motion capture il s&#8217;agit de numériser le mouvement des corps (jusqu&#8217;à l&#8217;expression les plus subtiles des visages) afin de décomposer le geste même et d&#8217;ouvrir la possibilité d&#8217;une recomposition du geste. On produit ainsi des unités gestuelles pouvant être à l&#8217;origine d&#8217;une véritable grammaire des corps. Rien n&#8217;empêche alors de scinder l&#8217;orgine du geste qui est toujours un corps de son incarnation (le corps en tant qu&#8217;il se répète dans la conscience de celui qui l&#8217;observe), bref de donner un geste à un autre corps. Ceci bien sûr vient troubler de manière profonde ce que l&#8217;incarnation des corps enregistrés signifient d&#8217;un point de vue esthétique.</p>
<p>Au-delà de la motion capture, il y a également des <a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/12-montage-et-tournage-dans-la-capture/">prises de vue qui sont variables</a>. Elles sont une saisie d&#8217;un modèle, c&#8217;est-à-dire d&#8217;un ensemble de variables qu&#8217;il sera ensuite possible, pendant la durée de la postproduction, de modifier. Il deviendra donc possible de tourner puis au &laquo;&nbsp;montage&nbsp;&raquo; de faire un mouvement de travelling, c&#8217;est-à-dire de faire la &laquo;&nbsp;msie en scène&nbsp;&raquo; dans ce second temps. Que deviendra alors le tournage? Que filmer si tout est possible ensuite?</p>
<p>Mais il faut aller plus loin et penser aux images elles-mêmes, non plus seulement aux techniques utilisées. Il faut plonger le regard dans la manière de cadrer les corps, de faire jouer les gestes et les mots, de montrer les détails et les paysages, la manière de se rapprocher, dans le cadre d&#8217;images qui seront fragmentées, classifiées, agencées selon une variable déterminée. Raconte-t-on encore quelque chose? Quel est donc l&#8217;object de cette fiction variable?</p>
<p><a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/05-nt2-conference/">Comme nous l&#8217;avons déjà dit ailleurs,</a> il n&#8217;y a aucune raison de sauvegarder dans ce cadre le concept de narration qui suppose toujours un narrateur, c&#8217;est-à-dire un métadiscours qui rapporte un propos, qui joue le rôle d&#8217;intermédiaire. On peut par contre garder avec profit le concept de fiction en tant qu&#8217;il est la construction de faits imaginaires qui viennent se frotter, d&#8217;une manière à chaque fois particulière, à la structure des faits telle que nous la vivons quotidiennement.</p>
<p>Ces images variables doivent être scénarisées, cette scénarisation est une fragmentation. Il s&#8217;agit de classer ces fragments pour les relier à des événements variables. Mais il y a un fort risque que cette mise en relation relève de la métaphore: le personnage fait telle ou telle action pour représenter telle ou telle variable. Cette pédagogie de l&#8217;image numérique nous semble quelque peu <a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/19-flux-entre-fiction-et-narration/">naïve et explicite</a>. Il faut plutôt concevoir cette représentation comme une traduction qui va introduire un surplus ou une défiscience sémantique, ce que nous nommes la <a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/31-linformation-comme-trouble-du-prive-et-du-public/">tra(ns)duction</a>: quelque chose fait défaut ou est en trop. Il y a un certain décalage entre les causes et les effets. Le personnage pourra agir de telle ou telle façon. Il pourra avoir sa logique propre selon les actions qui précèdent ou le moment de la journée. Il pourra exprimer d&#8217;une façon ou d&#8217;une autre des variables données. Mais il ne sera pas une représentation, un symbole d&#8217;une valeur langagière, la variable. C&#8217;est dans cette tra(ns)duction que la fiction pourra toucher non pas la visualisation d&#8217;une variable, mais la variabilité esthétique elle-même.</p>
<p>C&#8217;est tout l&#8217;objet de <a href="http://incident.net/users/gregory/chatonsky/works/worldstate/">World state</a> que je tourne de lundi à jeudi, car le contenu même de cette fiction porte sur cette esthétique démesurée, sur une empathie globale dont le coeur est anonyme et insensible.</p>
<p>Le destin des images n&#8217;avait-il pas été jusqu&#8217;à présent de fixer sur un support stable des sensations fugitives? Et même si l&#8217;on savait bien que cette inscription pouvait se perdre, être dégradée, être modifiée, on espérait plus ou moins secrétement la conserver intacte. On construisait des musées, ces lieux pour que le temps s&#8217;arrête, que les objets restent en l&#8217;état. On parlait de l&#8217;éternité visionnaire de l&#8217;artiste porteur d&#8217;une civilisation par lequel se condenserait la vie de secrète de chaque anonyme. Si ce destin les images n&#8217;est plus ni matériellement ni idéologiquement une certaine de stabilité à conserver, à léguer de génération en génération, l&#8217;emphase artistique n&#8217;est-elle pas alors devenue définitivement ridicule?</p>
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		<title>Dislocation</title>
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		<pubDate>Tue, 20 Nov 2007 19:07:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L&#8217;attente d&#8217;un temps de guerre. À nouveau les cris. Les meurtres et l&#8217;agonie. C&#8217;était déjà présent, derrière chaque porte, chaque regard. Toutes les lâchetés  étaient &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;attente d&#8217;un temps de guerre. À nouveau les cris. Les meurtres et l&#8217;agonie. C&#8217;était déjà présent, derrière chaque porte, chaque regard. Toutes les lâchetés  étaient un risque de mort, mais ça se taisait, ça restait calme dans l&#8217;attente de ce temps. Chaque fois ça recommençait, la paix puis la guerre, la guerre puis la paix, chacun s&#8217;oubliant dans l&#8217;autre, chacun restant dans cette anamnèse. Ils faisaient donc semblant dans la plus parfaite innocence et ce qui ne prêtait pas à conséquence en temps de paix se transformerait encore une fois en: cris, sang, marches forcées dans la rue, armes en tout sens, enfants déchiquetés, ordre et agonie d&#8217;une société. Il savait que cela reviendrait, que c&#8217;était déjà là, ici ou là, ailleurs. C&#8217;était la périphérie.</p>
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		<title>Retour de l&#8217;espace</title>
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		<pubDate>Tue, 25 Sep 2007 22:09:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies]]></category>

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		<description><![CDATA[Le siècle dernier avait développé des espaces neutres. Ils étaient industriels, culturels ou économiques. La salle de cinéma en constitue sans doute l&#8217;apogée, mais les &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/10/med_05_invisibleshape.jpg" height="247" width="460" /></p>
<p>Le siècle dernier avait développé des espaces neutres. Ils étaient industriels, culturels ou économiques. La salle de cinéma en constitue sans doute l&#8217;apogée, mais les exemples de cette neutralisation de l&#8217;espace par l&#8217;invention d&#8217;espaces artificiels sont nombreux: usine, galerie, musée, isoloire, émancipation politique. L&#8217;utopie a été cet artifice. La neutralisation de l&#8217;espace a été un phénomène massif mais il n&#8217;a pas exclue des mouvements de territorialisation. Plus encore, l&#8217;utopie a été activement complice du désir de retour à des espaces préexistants comme ce fut le cas dans les différents systèmes totalitaires. Comment comprendre sinon l&#8217;obsession de Lénine et Hitler pour le cinéma? Ne voyaient-ils pas dans la salle, l&#8217;espace même de leur politique?</p>
<p>Actuellement, on peut observer un retour de l&#8217;espace. En effet, il ne s&#8217;agit plus de le neutraliser en l&#8217;inventant mais de cartographier des espaces déjà existants, comme avec Facebook. Plus encore, la technique ne doit plus se comprendre comme une puissance d&#8217;arrachement aux espaces, par la puissance industrielle, politique ou de la culture, mais comme la capacité à s&#8217;infiltrer dans l&#8217;espace quotidien par le biais de technologies portables. Nous revenons donc à l&#8217;espace. Nous ne l&#8217;avions jamais quitté bien sûr, mais il fait retour. GPS, Google maps, portabilité, etc.</p>
<p>Si le XXe siècle avait inventé un récit typiquement temporel, le cinéma, notre siècle est en train d&#8217;inventer de nouvelles formes de fiction qui sont spatiales. L&#8217;espace non comme une représentation mais comme ce qui a lieu. On ne s&#8217;identifie plus à des existences (les personnages), on s&#8217;approche de lieux connus ou inconnus.  On passe donc de la narration qui est dépendante d&#8217;une progression temporelle (celle-ci n&#8217;étant pas obligatoirement chronologique) à une fiction sans narration.</p>
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		<title>Aux impassibles</title>
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		<pubDate>Sun, 16 Sep 2007 18:04:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Narratologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Les personnages de Michael Mann sont inattentifs.La narration se déroule et ils regardent ailleurs, égarés dans leurs pensées, dans le vide de leurs visions. Leurs &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les personnages de Michael Mann sont inattentifs.La narration se déroule et ils regardent ailleurs, égarés dans leurs pensées, dans le vide de leurs visions. Leurs regards ne les concernent plus.</p>
<p><img src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2007/09/18656536_w434_h_q80.jpg" alt="18656536_w434_h_q80.jpg" /></p>
<p>La caméra se laisse aller à un paysage flottant. Nous ne savons pas ce qu&#8217;il y a à voir, comme dans le très beau <em>Miami Vice</em> (2006). Nous ne savons pas si même il y a à voir quelque chose, habitués que nous sommes à la condensation des actions cinématographique. Les personnages sont perdus dans cette incertitude et l&#8217;histoire se passe à côté. Ils peuvent bien sûr agir mais leur implication n&#8217;est plus celle d&#8217;une identification. Tout est à distance. Ils ne sont plus les actes qu&#8217;ils font parce qu&#8217;ils peuvent regarder ailleurs, sans rien chercher dans ce regard. Et nous n&#8217;étions pas habitués à cette indécision parce que les industries culturelles s&#8217;étaient construites avec une répartition très nette entre l&#8217;attention et l&#8217;inattention (cf <em>Le cirque </em>de Seurat).</p>
<p>Ces regards perdus doivent être mis en relation avec cette faculté de montrer des espaces urbains en creux comme dans <em>Collateral</em> (2004). Les parkings en haut des immeubles, Los Angeles strié par ses no man&#8217;s land et ses routes. Ce sont des lieux inattentifs. Ils sont vides, inhabités comme ces regards qui séparent les personnages de ce qu&#8217;ils sont en train de vivre. Ce que peut encore nous apprendre le cinéma c&#8217;est peut être cette impassibilité, cette insensibilité-là.</p>
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		<title>Implosion</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Jul 2007 11:26:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Il était simplement triste de l&#8217;avoir perdu et de ne pas avoir pu mener leur amour jusqu&#8217;à son terme. En murmurant seul cette idée il &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2007/07/mont2.jpg" alt="mont2.jpg" /></p>
<p>Il était simplement triste de l&#8217;avoir perdu et de ne pas avoir pu mener leur amour jusqu&#8217;à son terme. En murmurant seul cette idée il la savait absurde car qu&#8217;est-ce que cela aurait pu bien signifier que le terme de l&#8217;amour? Il reconnaissait la mélancolie de cette phrase et de son désir: aller jusqu&#8217;au bout d&#8217;une histoire. Étrangement toute conclusion à l&#8217;amour en suspendait la fin. C&#8217;était donc impossible, quelque soit la configuration adoptée.</p>
<p>Depuis des années un sentiment d&#8217;inachèvement le hantait. Une autre femme lui avait volé cet amour sans peut-être même savoir ce qu&#8217;elle avait fait, sans reconnaître son influence qu&#8217;elle avait secrètement désirée. Cette autre femme il l&#8217;avait aimé, mais d&#8217;un amour qui avait été simplement l&#8217;attente d&#8217;un autre amour, à défaut de, et une fois qu&#8217;il avait été quitté il avait été soulagé que la jalousie, la névrose, le narcissisme, le manque de confiance en soi mis en scène par soi, s&#8217;en aille avec elle. Il s&#8217;était réfugié auprès d&#8217;une autre femme, amie de la première, en y cherchant sans doute la proximité d&#8217;une amitié et d&#8217;une complicité.</p>
<p>Il y eu l&#8217;éclat de la reconnaissance et puis la surprise des corps. Peau rencontrée comme jamais. Paroles échangées. Souffrance d&#8217;enfance véritable. Soutenir l&#8217;autre qui vous porte. Marcher de ce déséquilibre à deux, de cette respiration. Chaque jour quelque chose se passait avec elle. Il savait que c&#8217;était elle. Il l&#8217;avait reconnu. Il se disait: nous nous sommes croisés lorsque nous étions enfants dans la rue, nos regards se sont échangés, nous nous sommes déjà reconnus il y a des années. Il essayait de se souvenir de ce moment qui n&#8217;avait sans doute jamais existé. Mais il trouvait que cet événement imaginaire était l&#8217;hypothèse la plus proche d&#8217;une réalité qui lui échappait.</p>
<p>Il n&#8217;avait pu mener leur amour jusqu&#8217;à son terme. Il savait cette pensée absurde car qu&#8217;est-ce que cela aurait pu bien signifier que le terme de l&#8217;amour? Il y a eu plusieurs autres histoires avec elle. Des abandons et des retrouvailles. À chaque fois il pensait à son corps, pas comme un objet, pas comme une persone, pas comme un secret, mais comme un devenir. Il sentait encore ses mouvements, le corps et le mouvement, les deux, inséparables. Et le mouvement tout le temps. Et le corps. Il entendait son souffle, alterné. Et ses cris. Son regard perdu dans le sien. La bouche entreouverte où l&#8217;air s&#8217;engouffre. Les jambes qui se referment.</p>
<p>Une terrasse sur le boulevard du Montparnasse. On y vendait des hot-dogs. Il faisait encore un peu froid. Quel mois? Peut-être mars. Elle se blotissait dans son manteau et tenait en tremblant une cigarette consumée à moitié dont la cendre pourtant restait entière. Ils ont échangés très peu de paroles, aucune je crois, mais ils ont souris se sachant proche. Ce n&#8217;était pas parce qu&#8217;ils pensaient ou ressentaient la même chose. Comment savoir une telle chose de quelqu&#8217;un? Mais c&#8217;était simplement qu&#8217;ils se sentaient l&#8217;un l&#8217;autre dans le froid et la clarté. Ils savaient ce moment unique. Chaque moment était unique, tout comme eux partageaient ce moment sans avoir aucune idée de ce qu&#8217;était l&#8217;autre (tout autant moi qu&#8217;elle), de ce qu&#8217;il pensait (elle comme moi), de ce qu&#8217;il sentait. Et les passants défilaient dans la rue. Certains avaient sans doute cette proximité anonyme: être le plus proche de ce qui est lointain, un lointain dont on ne peut, dont on ne veut se rapprocher. À ce moment là il savait qui elle était.</p>
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		<title>Implosion</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Jun 2007 09:39:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Il ne sait pas s&#8217;il fait jour ou s&#8217;il fait nuit. La lumière est jaune et instable. Il y a un grésillement infime. Il se &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il ne sait pas s&#8217;il fait jour ou s&#8217;il fait nuit. La lumière est jaune et instable. Il y a un grésillement infime. Il se réveille dans un étouffement. Son thorax se soulève. Il essaye de respirer. La chambre lui est inconnue. Les objets qui la jonchent sont en équilibre instable. Un vieux papier journal se déplace au sol dans une traînée de saleté tandis qu&#8217;une flaque d&#8217;un liquide noir se répand dans les fissures. Il a du mal à respirer, ses narines, sa bouche sont comme réduites. Il regarde ses mains. Il y a une fine pellicule de poussière dure, comme un gravier finement moulu. Ça remonte sur ses bras. Il passe ses doigts sur son torse, ça continue, sur son cou et son visage, dans ses cheveux. Il jette un regard vers la fenêtre que quelqu&#8217;un (lui?) a laissé ouverte. Il voudrait se relever pour réparer cette erreur idiote. Il ne le peut pas. Il reste immobile. Il ne pense pas à des faits particuliers de son passé, il n&#8217;a aucun souvenir précis. Il ressent cependant une certaine apreté dans l&#8217;air comme si en l&#8217;absence de contenu il ne restait plus qu&#8217;une forme. Une nostalgie vide, sans mémoire, une odeur. Il n&#8217;a rien perdu. Peut-être cette photographie. Peut-être cette femme sur la photographie. Il n&#8217;est pas allongé, son dos est accôté sur le mur, ses fesses sur les coussins, il y a un drap par terre qui est sans usage, le matelas est à même le sol. Il n&#8217;a pas dû dormir, simplement fermer les yeux. Et toute cette poussière qui s&#8217;est accumulée sur son corps, sur ses vêtements, qui s&#8217;est insinuée partout, dans chaque replis, dans chaque espacement entre le tissu et la peau, dans les muqueuses et au fond de sa gorge.</p>
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		<title>Flux, entre fiction et narration</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Jan 2007 13:00:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Narratologie]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>

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		<description><![CDATA[Il faut distinguer ce qui relève de la visualisation du flux (http://infosthetics.com) des fictions du flux (http://mouchette.org).
Les premières malgré leurs habilités visuelles (http://packetgarden.com) jouent sur &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img id="image1377" alt="viz_pg_pre5-10.jpg" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2007/01/viz_pg_pre5-10.jpg" /></p>
<p>Il faut distinguer ce qui relève de la visualisation du flux (<a href="http://infosthetics.com">http://infosthetics.com</a>) des fictions du flux (<a href="http://mouchette.org">http://mouchette.org</a>).</p>
<p>Les premières malgré leurs habilités visuelles (<a href="http://packetgarden.com">http://packetgarden.com</a>) jouent sur la scène de la représentation et de la traduction des données (visualiser quelquechose, des chiffres, sous une autre forme, des images par exemple). Et en ce sens, elles rentrent dans la tradition de la citation et de l&#8217;auto-référentialité (car ce flux traduit reste du flux). Ainsi Mathieu Laurette et sa répétition médiatique. Ainsi tous les projets permettant de voir le flux internet en extirpant des informations esthétiquement &laquo;&nbsp;utiles&nbsp;&raquo;.</p>
<p>C&#8217;est la fameuse notion de Zeitgeist dont l&#8217;usage s&#8217;est aujourd&#8217;hui étrangement généralisé sur Internet pour désigner l&#8217;esprit du temps, la quantification et la visualisation à un moment donné de certaines données interprétables. Le Zeigeist c&#8217;est une coupe temporaire dans le flux, un décodage si vous préférez, qui dit ce qu&#8217;est le flux à un moment donné, donc ce que sont les esprits. On peut ainsi obtenir un effet impressionnant de masse, avoir le sentiment de sentir ce Zeitgeist, cette communauté silencieuse du réseau, comme si nous entendions les murmures intérieurs des habitants d&#8217;une ville (Les ailes du désir).</p>
<p>Les secondes formes proviennent d&#8217;une autre tradition, celle qui relie et disjoint l&#8217;art et la vie: invention de sa vie, d&#8217;autres vies, d&#8217;autres flux. Ce sont les travaux qui proposent des identités &laquo;&nbsp;factices&nbsp;&raquo;, de &laquo;&nbsp;fausses&nbsp;&raquo; informations, qui ne font pas une extraction dans le flux, mais qui ajoutent du flux au flux, encore et encore. Et en ce sens là elles ne racontent pas, comme dans le cas de la visualisation du flux, elles le fictionnalisent. Cette différence est fondamentale car dans le premier cas il s&#8217;agit bien de narration au sens où entre le flux et nous il y a un intermédiaire qui nous raconte, c&#8217;est le narrateur. Celui-ci a l&#8217;autorité pour raconter, cette autorité lui accorde le droit de traduire les données du flux en autre chose, c&#8217;est-à-dire de les visualiser, de les rendre sensible, perceptible d&#8217;une façon ou d&#8217;une autre selon une décision arbitraire. Bref de prendre la matière (les données) et de lui donner une autre forme. Dans le cas de la fictionnalisation du flux, cette autorité fait défaut, elle déjoue ses effets d&#8217;avance parce qu&#8217;elle ne repose pas sur un discours de vérité et de Zeigeist: regardez donc l&#8217;esprit du temps! Ce qu&#8217;est le flux du réseau, là, maintenant! Elle dit d&#8217;avance sa fiction comme fiction.</p>
<p>L&#8217;objectif de la visualisation du flux est la complétude, celui de la fictionnalisation l&#8217;incomplétude. En effet, dans la visualisation l&#8217;idée est de donner à voir ce qu&#8217;on ne voit habituellement que partiellement (sortir de l&#8217;objet partiel donc, voici le rêve de cette catégorie), donner à voir une totalité, celle-ci fut-elle fuyante. Lorsqu&#8217;on navigue sur Internet on ne croit voir qu&#8217;une parcelle infime du réseau, parcelle qui s&#8217;identifie à notre déplacement. Sur Internet on reproduit le partage de l&#8217;espace et du lieu produit du déplacement. En navigeant on présuppose un ensemble plus grand: il y a là de l&#8217;absolu. Et ce n&#8217;est donc pas le fait du hasard si la notion philosophique de Zeitgeist dans sa <a target="_blank" href="http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_English_words_of_German_origin">germanité</a> même a su infiltrer le discours d&#8217;entreprises comme Flickr, Yahoo ou encore Google (<a href="http://www.google.com/press/zeitgeist.html">http://www.google.com/press/zeitgeist.html</a>). Il faut entendre dans le Zeitgeist une notion miroir du Volkgeist. Le Zeitgeist est l&#8217;historicité en tant que celle-ci est une matière qui influe sur la signification (Karl Löwith) comme lorsqu&#8217;on dit que quelque chose est dans l&#8217;air, dans l&#8217;air du temps. Cet air est le Zeit qui relie les esprits. Cet air est devenu un réseau faisant circuler du flux. Voltaire et Herder s&#8217;interrogent pour savoir &laquo;&nbsp;Quel est l&#8217;esprit du temps?&nbsp;&raquo;, c&#8217;est-à-dire de leur temps, et il faut savoir entendre dans cette question posée à l&#8217;esprit ou aux esprits quelque chose qui relève de la hantise (Jacques Derrida). L&#8217;esprit du temps revient-il ou est-il une nouveauté inanticipable et monstrueuse? Le Zeitgeist détermine donc un certain discours sur la manière dont on conçoit le temps comme futur calculable ou comme à venir incalculable, improgrammable. Il faudrait faire une analyse serrée du Zeitgeist courant de Kant à Hegel, de Johann Gottfried Herder à Schiller, de Marx à Heidegger, à Sartre également dans la &laquo;&nbsp;Critique de la raison dialectique&nbsp;&raquo;, pour comprendre comment cette notion a un tel succès aujourd&#8217;hui.</p>
<p>Ce qui nous importe ici est de comprendre que la fictionnalisation du flux peut se jouer selon deux plans: introduire dans le flux existant des informations inexistantes (fictionnelles) ou prendre du flux et lui faire dire ce qu&#8217;il ne dit pas, donc le traduire mais en faisant en sorte que la traduction ne soit pas considérée comme un reflet d&#8217;un sens originel mais comme la production de nouvelles possibilités de sens. Par cette transformation on défait l&#8217;autorité du narrateur qui ne vient pas rapporter des faits mais les transformer radicalement. C&#8217;est ce que nous avons tenté de faire depuis &laquo;&nbsp;<a target="_blank" href="http://incident.net/works/revolution_new_york/">La révolution a eu lieu à New York</a>&nbsp;&raquo; (2002) jusqu&#8217;au prochain travail réalisé avec Jean-Pierre Balpe &laquo;&nbsp;Le peuple manque&nbsp;&raquo; (2007). Or ces démarches ne sont pas dans une logique de l&#8217;absolu (élimination de l&#8217;objet partiel et présupposition d&#8217;une totalité spatiale), elles produisent de l&#8217;incomplétude, quelque chose manque, un reste. Le Zeitgeist sur Internet nous tend un miroir: voyez l&#8217;esprit de notre temps. La fiction n&#8217;offre qu&#8217;un fragment, que des fragments intotalisables. &laquo;&nbsp;Le peuple manque&nbsp;&raquo; joue précisément sur cette finitude des dispositifs esthétiques contemporains. Il s&#8217;agit de constituer des vies fictives, produites par un générateur de textes à chaque visite (le miroir: une visite = une nouvelle vie, mais qui n&#8217;est pas la mienne) ensuite traduites visuellement par des photos, des vidéos, des sons glânés sur le réseau. La création de souvenirs fictifs à partir de documents effectivement trouvés sur le réseau. On ne verra jamais tout le peuple, il manque donc, on ne pourra consulter que quelques vies, rien de plus. On ne pourra donc pas comprendre toutes les relations entre ces vies fictives (et des relations il y en a). Bref, il manquera toujours une principe cartographique totalisant la pluralité des expériences, le transcendantal fait donc défaut. Dans &laquo;&nbsp;<a target="_blank" href="http://www.arte.tv/sur-terre/">Sur terre</a>&nbsp;&raquo; (2006) c&#8217;était exactement la même question: construire une fiction, dont la narration (c&#8217;est-à-dire l&#8217;autorité) fait défaut, où il est impossible de faire le tour de ce qui est racontable, notre vie n&#8217;y suffira pas. Mettre donc l&#8217;internaute devant une certaine frustration de ne pas comprendre tout, de ne pas pouvoir totaliser. Dans notre existence, nous ne totalisons pas, nous ne pouvons pas totaliser, le fragmentaire règne. Et peut-être était-ce le rôle de l&#8217;oeuvre d&#8217;art de donner à expérimenter une cohérence qui fait quotidiennement défaut comme l&#8217;expliquait si justement Bergson à propos du théâtre. Pourrait-on concevoir une fiction qui ne soit pas dans ce désir absolu de totalité, qui soit incomplète, fragmentaire, proche, tout proche de nos existences, ces flux?</p>
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		<title>Exodes</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Nov 2006 23:24:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>

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			<content:encoded><![CDATA[<p><img alt="mb2001_01b.jpg" id="image1291" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/11/mb2001_01b.jpg" /></p>
<p>Les uns après les autres nous partions, nous disparaissions. On se retrouvait ailleurs, on se rapprochait. Les villes de l&#8217;intérieur devenaient désertes. Il y avait encore les immeubles, éventrés, il y avait la voirie, le ramassage des poubelles, les chiens errants, les embuscades mais plus personne à embusquer, plus rien à ramasser, plus rien à loger. Il n&#8217;y avait plus qu&#8217;un espace vide et des restes de fonction. Nous partions je pense parce qu&#8217;on ne tenait plus, on avait essayé mille choses pour se convaincre de rester, ça pouvait être la famille, les études, le travail, l&#8217;organisation, des femmes, un lit, la nourriture, l&#8217;espoir. Mais chacun avait fini par abandonner sans même se laisser le sentiment d&#8217;un échec. Les possibilités étaient simplement inexistantes. On ne croyait pas à un ailleurs. On ne partait ni pour quitter quelque chose, il aurait fallu un quelque chose, ni pour gagner autre chose, on se retrouvait simplement déplacé, et le voyage n&#8217;avait pas de fin. On savait que c&#8217;était ce mal qu&#8217;on portait. On en avait fait le deuil adolescent déjà, contre l&#8217;avis des parents, de l&#8217;école et de la rue. Depuis ça ne cessait de se répéter, ce désir et cette barrière. Aucun mur sur lequel s&#8217;appuyer pour simplement se reposer un instant. Il fallait continuer à marcher. Le corps dévoré de l&#8217;enfant enfouissait mes nuits.</p>
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		<title>Implosion</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Oct 2006 12:09:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Mes paroles avaient une gravité à l&#8217;extérieur. Je les avais prononcé en y croyant avec une naïveté qui me semblait obscène maintenant. Je caressais sa &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mes paroles avaient une gravité à l&#8217;extérieur. Je les avais prononcé en y croyant avec une naïveté qui me semblait obscène maintenant. Je caressais sa chevelure détrempée, elle respirait avec peine, sa poitrine se soulevait puis retombait au ralenti. Une large blessure mettait à découvert l&#8217;intérieur de son ventre. Elle m&#8217;a demandé si je lui pardonnais. Elle se souvenait de l&#8217;extérieur, en posant cette question elle maintenait le contact avec un temps passé ou nous vivions chacun, individuellement, comme des personnes. La question n&#8217;avait plus de sens dans le &laquo;&nbsp;centre de regroupement&nbsp;&raquo;, elle perdait de sa gravité sans notre liberté. Le langage perdait son illusion. Je n&#8217;ai pas cherché de moyens pour la soigner, je n&#8217;ai pas appelé à l&#8217;aide. Il n&#8217;y avait rien à faire. Les corps s&#8217;entassaient déjà, surtout les enfants. Je regardais donc cette femme, que j&#8217;avais sans doute aimée il y a des années, mourir. Son front était mouillé. Elle toussa, d&#8217;abord doucement en se retenant, puis une seconde fois d&#8217;un coup sec. Ses intestins se détachèrent du reste du corps et roulèrent à terre, pendant sur les côtes. Elle était encore vivante à ce moment là.</p>
<p>Je n&#8217;avais jamais douté que la guerre s&#8217;abatterait sur nous. Dans les jeux d&#8217;enfant, j&#8217;avais vu que la paix était le rêve de la guerre qui souterrainement continuait. Je ne savais pas que ce serait de cetet façon là. Je ne doutais pas que je deviendrais si rapidement leur ennemi.</p>
<p>Qu&#8217;avait-elle voulu se faire pardonner? De m&#8217;avoir quitté après deux années de vie commune? D&#8217;avoir été jalouse après cette séparation? D&#8217;avoir voulu la mort de celle qui est venue après elle? De m&#8217;avoir dit que je réalisais à présent sans elle tout ce qu&#8217;elle avait souhaité que je réalise? De me priver de son corps pendant sept mois? De rire nerveusement à la moindre caresse? De parler de ses lambeaux des heures durant? De me laisser écouter tous ses lambeaux? D&#8217;avoir été aidé par moi et que cette aide ait été un échec? De ne pas aimer qu&#8217;on cuisse les pâtes avec de l&#8217;eau chaude du robinet? De ne pas aimer manger ou si peu? De s&#8217;évanouir en marchant? De disparaître de nombreuses fois? De mentir sur les médicaments qu&#8217;elle prenait? De n&#8217;avoir pas empêché que mon écoute attentive se transforme en crime?</p>
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		<title>Implosion</title>
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		<pubDate>Mon, 21 Aug 2006 11:57:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Frémissements de la ville, sursaut des fenêtres éclairées puis éteintes. Ces anonymes se tenant les uns à côté des autres et essayant de s&#8217;oublier. S&#8217;oubliant. &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img alt="genua_6.jpg" id="image1165" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/08/genua_6.jpg" /></p>
<p>Frémissements de la ville, sursaut des fenêtres éclairées puis éteintes. Ces anonymes se tenant les uns à côté des autres et essayant de s&#8217;oublier. S&#8217;oubliant. Un parking. Il se dit que c&#8217;est trop tôt pour oublier. Il continue donc son enquête. La photographie d&#8217;une femme, toujours dans sa poche. Les appartements dans lesquels il rentre, les salles de bain avec les carreaux blancs, les baignoires anciennes remplies d&#8217;un sang rendu presque transparent par la dilution de l&#8217;eau, et l&#8217;absence des corps. Aucun trace des membres trainés hors des bains.</p>
<p>Ses vêtements sont trop grands ou trop courts. Il ne sait pas s&#8217;il en a changé. Il les sent, il sent le frottement du tissu sur sa peau quand il marche, alors il continue à marcher. Il perçoit ses jambes, le frottement de ses jambes et les pieds dans les chaussures, le contact lointain de l&#8217;asphalt, l&#8217;atmosphère aussi, la proximité des voitures, des fumées et des usines. Il sait que tout cela est proche. Il y a un lieu, puis un autre, chacun se fond dans l&#8217;autre parce qu&#8217;ils n&#8217;ont jamais été différent c&#8217;est l&#8217;intelligence qui divise en lieux, pas l&#8217;espace, simplement le temps à parcourir l&#8217;espace qui sépare.</p>
<p>Il s&#8217;assoit sur un banc et sort la photographie. L&#8217;intérieur est anodin, les murs verts foncés, le bord d&#8217;un lit sur lequel elle repose, on voit un peu sa jambe, ses poignets, son visage. Regarde-t-elle l&#8217;objectif? On ne sait pas au juste où va son regard. Et qui la photographie? Incertitude de la destination de son regard? Le connaît-elle? L&#8217;a-t-il oublié? L&#8217;oublie-t-elle? Qui lui a donné cette image?</p>
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		<title>Les fictions du flux</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Aug 2006 14:22:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Utiliser les flux pour construire des histoires, moins en enregistrant sur sa mémoire locale des médias qu&#8217;en captant des flux, des relations et des orientations. &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Utiliser les flux pour construire des histoires, moins en enregistrant sur sa mémoire locale des médias qu&#8217;en captant des flux, des relations et des orientations. Cette captation suppose de mettre en place un autre flux dont le premier acte est d&#8217;extraire puis de traduire et ensuite de retranscrire selon une matrice déterminée. C&#8217;est dans cette retranscription, qui ne respecte par l&#8217;original, que la co-écriture avec l&#8217;internaute s&#8217;effectue (Umberto Eco).<br />
Ainsi le projet avec Jean Pierre Balpe. Quelques difficultés techniques à résoudre.</p>
<p>Tout se passe comme si le <a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/11-parallelisme/">parallélisme</a> entre la défaillance ou l&#8217;ouverture technologiques et l&#8217;indétermination humaine dont nous avons parlé <a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/03-le-centre-dinterdetermination-une-esthetique-de-linteractivite/">ailleurs</a> s&#8217;articulait dans certaines images. Celles-ci ne répondent pas à l&#8217;hylémorphisme matière-forme, elles sont non seulement prises sur le réseau mais la genèse même de leur transmission est sensible, on sait qu&#8217;elles viennent de tel endroit, selon tels mots-clés ou telles autres informations. En ce sens ces images nous arrivent, elles nous parviennent parce que les modalités de leur extraction sans être explicites sont sensibles. Le temps d&#8217;attente et de chargement est aussi une variable sur laquelle on peut jouer positivement comme advenue de l&#8217;image. Ainsi l&#8217;indétermination humaine est affectée (mais de quelle façon? Par quel médiateur?) par la défaillance en tant qu&#8217;elle est en réseau selon le mode de la <a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/28-transduction-et-flux-du-reseau/">transduction</a> touchant de proche en proche.</p>
<p>C&#8217;est en ce sens que nous proposons le concept de tra(ns)duction comme alliant la traduction et la transduction. Cette dernière est la dynamique du réseau, la première la structure qui la permet puisqu&#8217;un ordinateur est une machine à traduire (en produisant par cette traduction quelque chose d&#8217;autre).</p>
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		<title>Implosion</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Aug 2006 14:29:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Il ne désirait aucune guérison.
Il n&#8217;avait aucun moyen pour jeter un regard sur son existence passée et se raconter une petite histoire rassurante, cette odeur, &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img id="image1064" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/08/implosionBath.jpg" /></p>
<p>Il ne désirait aucune guérison.</p>
<p>Il n&#8217;avait aucun moyen pour jeter un regard sur son existence passée et se raconter une petite histoire rassurante, cette odeur, l&#8217;histoire d&#8217;un parcours avec ses anecdotes et péripéties, avec ses arrêts et ses recommencements, avec ses répétitions et ses raisons. Il ne voulait plus de bonne conscience, plus de mélancolie non plus. Seulement être jeté dans la rue au milieu des hommes et marcher.</p>
<p>Chaque fois qu&#8217;il traversait un parking, il savait qu&#8217;il allait oublier toutes ces raisons qu&#8217;on se donne habituellement pour survivre et se tenir avec soi. Parfois il avait envie de se joeur ce tour là, parfois pas. Il savait qu&#8217;il ne lui resterait plus qu&#8217;une image, cette photographie que quelqu&#8217;un, peut-être lui, lui avait laissé dans la poche. Jamais il ne la perdrait. Cette photographie au réveil de sa mémoire lui dirait quelque chose, un air de famille, mais elle ne lui servirait pas de justification pour marcher.</p>
<p>Il voyait une lumière dans un appartement. Il ne se souviendra pas de cette lumière. Il entrait dans l&#8217;immeuble. Il ne se souviendra pas l&#8217;immeuble. Un long corridor avec une moquette à l&#8217;odeur de chat. Il ne se souviendra ni du corridor ni de cette odeur. Une porte entreouverte pousée du bout des doigts. Il ne se souviendra pas de la porte. Un salon avec la télévision, le sofa, une petite table. Il ne se souviendra pas du salon et des meubles. La chambre et juste au fond la salle de bain. Il ne se souviendra pas de la chambre. Il verra la salle de bain, sans s&#8217;en souvenir il sera attirée par elle. Et puis.</p>
<p>Toujours: l&#8217;absence du corps, le sang dans le bain dilué à de l&#8217;eau, rempli à ras bord, quelques gouttes sombres collées au mur de faience. Toujours le blanc et le silence à ce moment précis. Toujours cette photographie touchée du bout des doigts. Toujours: partir avant que quelqu&#8217;un ne le découvre.</p>
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		<title>Implosion</title>
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		<pubDate>Fri, 28 Jul 2006 13:46:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Chaque chose est à sa place.
Son souvenir.
Commme un fond sans image, simplement les odeurs, des traces.
Les reflets. La fumée. L&#8217;irisé.
Soleil, lune, étoiles, bougie et feu &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img id="image1035" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/07/implosion2.jpg" /></p>
<p>Chaque chose est à sa place.<br />
Son souvenir.<br />
Commme un fond sans image, simplement les odeurs, des traces.<br />
Les reflets. La fumée. L&#8217;irisé.<br />
Soleil, lune, étoiles, bougie et feu qui portent nos ombres.<br />
Chaque brin d&#8217;herbe est différent.</p>
<p>Il continue de marcher.<br />
Toujours sa photo dans la poche. Un polaroïd de l&#8217;ancien temps, quand les images existaient encore. Un char passe, on ne voit personne, comme s&#8217;il était fantôme, simplement la machine roulante. Il s&#8217;écarte un peu, mais ses épaules sont lourdes, son déplacement lent, simplement un pas de côté. Il n&#8217;a plus la force.<br />
Il voit un parking, deux voitures brûlées. Il ne le traversera pas, pas cette fois-ci. Il veut encore une journée de plus pour sa mémoire, pour la nourrir un peu, même si elle sera à nouveau perdue, même s&#8217;il se fera encore ce mauvais tour. Il gardera peut être une odeur imprécise, la silhouette de ce char, le moment juste avant l&#8217;oubli, le parking, la ville, quelques lumières, des ombres. Il croit se souvenir d&#8217;ombres qu&#8217;il n&#8217;a pas vu. La mémoire d&#8217;avant? Il n&#8217;en est pas sûr. Il doit encore la chercher, c&#8217;est la seule chose qu&#8217;on lui a laissé cette photo. Il la tient du bout des doigts, glisse desssus, l&#8217;humidité est étouffante. Il ne sait pas comment les gens tiennent. Il y a encore quelques personnes qui se jettent du haut des immeubles mais bien moins qu&#8217;au début, quand tout a commencé.</p>
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		<title>Implosion</title>
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		<pubDate>Mon, 17 Jul 2006 14:23:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Les derniers habitants étaient partis la nuit précédent l&#8217;invasion. Les rues étaient désertes, quelques chiens errants fouillaient dans les poubelles et attaquaient les blessés. Il &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img id="image1016" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/07/dislocation_b.jpg" /></p>
<p>Les derniers habitants étaient partis la nuit précédent l&#8217;invasion. Les rues étaient désertes, quelques chiens errants fouillaient dans les poubelles et attaquaient les blessés. Il découvrit une place avec en son centre un puits en pierre recouvert d&#8217;une imposante plaque de métal. Quelques nuages de poussière. Il s&#8217;approcha du puits et aperçu derrière un petit pied pris de tremblements. Il s&#8217;approcha encore un peu plus, une respiration suffoquée, des crachats. Il était maintenant au niveau du puits. Un enfant était allongé là, faisant des gestes insensés, le regard fermé sur la poussière du sol, ses mains tenant son ventre, ses jambes se tendant brutalement. Il s&#8217;approcha encore et desserra l&#8217;étreinte de l&#8217;enfant, ses mains tenaient le ventre avec une force surprenante. Il appliqua une force supérieure jusqu&#8217;au moment où il céda. Il vit alors les os à découvert et les intestins se répandre au sol. Il vit le visage à moitié écrasé par un jeep de l&#8217;enfant, l&#8217;os de la mâchoire au soleil, le passage du rouge au blanc, le bruit du sang qui s&#8217;écoule. Il se recula un peu, observa pendant quelques instants les organes au dehors, il vit cette douleur une nouvelle fois. Elle était identique. Il s&#8217;en alla.</p>
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		<title>Implosion</title>
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		<pubDate>Mon, 17 Jul 2006 01:24:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Elle se réveille dans une suffocation. Son corps est tendu puis se tord. Il la prend dans ses bras. Elle le rejette presque mais sans &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img id="image1005" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/07/163431802_59284cb318%20%28Custom%29.jpg" /></p>
<p>Elle se réveille dans une suffocation. Son corps est tendu puis se tord. Il la prend dans ses bras. Elle le rejette presque mais sans violence. On croit qu&#8217;elle pleure mais elle ne pleure pas. Elle s&#8217;allonge à nouveau, les yeux grands ouverts, le dos droit comme si on allait la border et elle lui raconte tout. Ses rêves et le reste. Il écoute attentivement, il ne comprend pas tout, il reste calme coûte que coûte. Elle lui dit la famille, le beau-père dans la chambre, les caresses. Elle lui dit dans un effroi le frère qui voit cela dans l&#8217;entrebaillement de la porte et qui ne peut rien faire. La porte qu&#8217;elle voudrait fermer pour se retrouver seule. Elle dit la complicité de la mère. Elle dit le silence. Et les cadeaux, les magasins, tous les objets accumulés dans sa chambre de petite fille. La famille heureuse et unie. Tout ce qu&#8217;elle veut. La nourriture dont on la gave. Le vomi après les repas. Tout ce qu&#8217;on croit qu&#8217;elle veut. Elle raconte aussi la télévision, les images de guerre, de morts, les chairs brûlées, les enfants qu&#8217;on assassinent, les mères dans les entrailles de leurs maris et tout ce luxe. Elle ne comprend pas la relation entre les deux mais elle vit les deux et le monde n&#8217;a plus aucun sens. Il n&#8217;en a jamais eu.</p>
<p>La ville à nouveau. Une nuit. Il a oublié ces mots, il dérive indéfiniment. Il porte seulement sur lui sa photo et il ne sait pas qui elle est. Il doit la retrouver. Il ne doit plus lui faire de mal.</p>
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		<title>Implosion</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Jul 2006 21:57:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>

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		<description><![CDATA[« Ça faisait près de 5 ans et ça restait coincé. De nombreuses fois j&#8217;avais cru m&#8217;en tirer et oublier, mais à chaque fois ça &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img id="image998" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/07/482930638_l.jpg" /></p>
<p>« Ça faisait près de 5 ans et ça restait coincé. De nombreuses fois j&#8217;avais cru m&#8217;en tirer et oublier, mais à chaque fois ça revenait comme la seule certitude sur ce que j&#8217;étais et ce que je désirais. Je sais que c&#8217;est ça qui est en jeu. Pourtant, ça n&#8217;a pas duré longtemps, quelques mois à peine, et je lui avais clairement dit ce que j&#8217;en pensais de cette rupture absurde. J&#8217;avais compris qu&#8217;elle ne pouvait pas faire autrement par rapport à sa vie et à ses problèmes, qu&#8217;elle ne voulait pas me charger de ça, mais dans ma vie c&#8217;était absurde. Ça avait eu lieu et je devais faire avec. Je me souvenais, non, je savais sa peau, ses doigts, ses ongles, ses épaules et ses clavicules, le soubresaut des caresses, son regard à cet instant, son dos, les mains tenant la table, sa nuque plissée. C&#8217;est ce que je savais. Ça ne passait pas. J&#8217;aurais pu me sauver, faire croire à une rémission, à l&#8217;enfouissement dans le passé, aller de l&#8217;avan. Me dire que tout ça n&#8217;avait pas tant d&#8217;importance, l&#8217;importance que je lui accordais n&#8217;était fonction que de mon présent. Mais elle était là, comme quelque chose d&#8217;autre et d&#8217;inassimilable. C&#8217;était la dernière hors de moi. Lorsque la guerre avait commencé j&#8217;avais perdu sa trace. »</p>
<p>Il traversa le parking sous l&#8217;oeil distrait du gardien, ce souvenir disparut lui aussi. Pendant une fraction de temps  il  eu le frisson de cet oubli.</p>
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		<title>Implosion</title>
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		<pubDate>Sun, 09 Jul 2006 13:01:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Elle attend. La porte est entreouverte. Une vibration électrique parcourt le couloir de l&#8217;immeuble. Les tuyaux d&#8217;eau chaude cognent comme si quelque chose voulait sortir. &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img id="image980" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/07/163431768_68d1152682%20%28Custom%29.jpg" /></p>
<p>Elle attend. La porte est entreouverte. Une vibration électrique parcourt le couloir de l&#8217;immeuble. Les tuyaux d&#8217;eau chaude cognent comme si quelque chose voulait sortir. Ce sont les murs de la bâtisse qui tremblent.</p>
<p>Il passe près d&#8217;un parking. Il sait que s&#8217;il le traverse il perdra la mémoire, les quelques heures qu&#8217;il a passé dans la ville seront oubliées elles aussi. Il faudra tout recommencer. Il ne sait pas s&#8217;il veut se faire ce mauvais tour. Il suppose qu&#8217;il a déjà dû se le faire dans le passé, puisqu&#8217;il est là.</p>
<p>Il ne connaît pas encore sa présence.</p>
<p>Elle ne veut pas aller dans la salle de bains. Elle ne veut pas s&#8217;y retrouver, voir la peau blanche, les veines qui palpitaient. Ce qui ne respire pas. Alors elle reste blottie dans un coin de la pièce en entendant s&#8217;approcher d&#8217;autres secousses, des explosions. Il n&#8217;y a pas encore de cris, mais dans quelques heures elle les entendra. Elle ne saura pas pourquoi on fait crier ces gens, ni même ce qui les fait crier si ce n&#8217;est la terreur des bombardements tout proche.</p>
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		<title>Implosion</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Jun 2006 09:07:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>

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		<description><![CDATA[La salle de bain est en faience blanche. C&#8217;est à peine visible, mais si on se penche on voit que certaines jointures entre les carreaux &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img id="image796" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/06/163431944_7ad9f2cc19%20%28Custom%29.jpg" /></p>
<p>La salle de bain est en faience blanche. C&#8217;est à peine visible, mais si on se penche on voit que certaines jointures entre les carreaux sont moisies. L&#8217;atmosphère est humide. Le bain est à l&#8217;ancienne, sur pieds et courbe. Il est rempli de sang mélangé à de l&#8217;eau. On se demande où est passé le corps dont provient le sang car le bain déborde presque. Plus rien ne pourrait y rentrer. Et les murs sont propres, aucune trace d&#8217;un corps qui aurait été traîné. Comme si le corps s&#8217;était fondu dans le liquide qui s&#8217;écoulait de lui. Autre solution: le corps a été vidé de son sang dans un autre endroit et le liquide a été soigneusement écoulé dans le bain. La scène est un dispositif. L&#8217;enchaînement des causes et des effets est à reconstituer.</p>
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		<title>Implosion</title>
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		<pubDate>Wed, 07 Jun 2006 12:31:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>

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		<description><![CDATA[La guerre n&#8217;avait pas commencé. Elle n&#8217;en portait que le nom. Il y avait parfois des explosions mais sans conséquence. Un épais nuage de fumée, &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img id="image795" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/06/163431868_976ec65e5d%20%28Custom%29.jpg" /></p>
<p>La guerre n&#8217;avait pas commencé. Elle n&#8217;en portait que le nom. Il y avait parfois des explosions mais sans conséquence. Un épais nuage de fumée, une détonation sourde mais pas d&#8217;éclat, pas d&#8217;objet brisé, rien qui puisse présager d&#8217;une destruction. Après l&#8217;explosion rien de connu ne manquait, tout était comme avant, la rue était intacte. Les dimensions des explosions variaient. Elles prenaient parfois la largeur d&#8217;une rue, parfois elles étaient presque invisibles à l&#8217;oeil nu, sur le coin d&#8217;un trottoir ou sur le pan d&#8217;un mur, elles devenaient alors un nuage de poussière. Cette poussière qui s&#8217;infiltrait partout et qui faisait disparaître les objets les uns après les autres. Elles avaient lieu selon un cycle que personne ne comprenait.  Ils avaient peurs.</p>
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		<title>A l&#8217;image de l&#8217;écran</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/28-a-limage-de-lecran/</link>
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		<pubDate>Fri, 28 Apr 2006 14:18:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Installation]]></category>
		<category><![CDATA[Narratologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Les relations entre l&#8217;écran et l&#8217;image sont symptomatiques de notre esthétique. Le fait est remarquable qu&#8217;encore aujourd&#8217;hui les deux sont identitifiés dans la plupart des &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/04/fantomes.jpg" /></p>
<p>Les relations entre l&#8217;<a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/14-lecran/">écran </a>et l&#8217;image sont symptomatiques de notre esthétique. Le fait est remarquable qu&#8217;encore aujourd&#8217;hui les deux sont <a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/02-une-image-nest-pas-un-ecran/">identitifiés </a>dans la plupart des cas, l&#8217;image venant remplir tout l&#8217;écran. Ou, ce qui revient au même, que certaines recherches tentent de nous immerger dans l&#8217;image  (réalité virtuelle) produisant moins un hors-champ qu&#8217;une image à portée de main ou de regard.</p>
<p>Toutefois, de plus en plus d&#8217;images se séparent de leur identification à l&#8217;écran et au désir d&#8217;immersion. C&#8217;est le cas de certains <a href="http://www.splitscreen.us/">vidéo-clips</a>, des télévisions d&#8217;information boursière, des chaînes de grille de programme, etc. Ces images instaurent une nouvelle relation (instrumentale) aux images et aux écrans, c&#8217;est-à-dire à ce support très particulier, &laquo;&nbsp;fente&nbsp;&raquo; par laquelle on voit. Ce qui a été fait dans le domaine des arts plastiques (la question du cadrage comme question même du support) est en oeuvre dans le domaine des images numériques.</p>
<p><a href="http://www.incident.net/users/gregory/wordpress/index.php?s=civeyrac">Jean Paul Civeyrac: Interstices</a> est une tentative pour utiliser des images cinématographiques préexistantes en les replaçant dans leur géographie de tournage et ainsi de les mettre à distance, de voir les bords de l&#8217;image. S&#8217;il y a une psychogéographie urbaine, il y a aussi peut être une psychogéographie du processus de production et de tournage. Quand nous voyons une image nous nous demandons comment elle a été faites, quel a été le contexte de sa réalisation (question déjà posée par Platon dans la République, livre X), nous voyons cet autre hors-champ, l&#8217;équipe autour qui se prépare, la caméra qui se déclenche, mimésis mais sans représentation. Replacer des séquences de films dans un environnement stylisé en 3D c&#8217;est produire un autre hors-champ, un hors-champ bien visible, celui des lignes du modèle filaire, mais comme s&#8217;il avait été vidé de ses couleurs et de ses textures. C&#8217;est un retour à <a target="_blank" href="http://incident.net/works/revenances/">Revenances</a>, à la hantise des lieux. Décrire un lieu sans le représenter c&#8217;est simplement dessiner des lignes géométriques. C&#8217;est aussi se replacer dans toute une tradition du cinéma spatialisé qui s&#8217;oppose dans une certaine mesure au cinéma industrialisé, parce qu&#8217;il est techniquement complexe. Ce cinéma spatialisé tente de répondre à un cinéma où la temporalité est le seul élément structurant (l&#8217;espace lui étant soumis). Dans le dialogue entre Lang et Godard, il y a tous ces schémas du cinéaste allemand où il se souvient de tous les plans, de la position des choses plus que de l&#8217;enchaînement temporel. Et <a href="http://incident.net/works/labyrinth/">Gus Van Sant qui dessine Elephant</a>, le parcours de chaque personnage, l&#8217;espace de l&#8217;école en son entièreté. L&#8217;imaginaire cinématographique (du cinéaste) est-il temporel (entendez narratif) ou spatial (structural)? Il ne faut pas choisir entre ces deux options mais simplement voir quelles sont les articulations entre l&#8217;espace et le temps, articulations et dosages multiples qui définissent une esthétique. C&#8217;est sans doute dans une place de plus en plus importante accordée à l&#8217;espace que la <a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/index.php?s=fiction+variable">fiction variable </a>se singularise.</p>
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		<title>Sur-terre.net, un possible</title>
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		<pubDate>Thu, 27 Apr 2006 02:01:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>

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		<description><![CDATA[« C&#8217;est en voyage, en déplacement, en route, en partance, que je suis le plus heureux, mais je suis le plus malheureux des arrivants. »
(Thomas &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img id="image691" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/04/surterre_abstract.jpg" /></p>
<p>« C&#8217;est en voyage, en déplacement, en route, en partance, que je suis le plus heureux, mais je suis le plus malheureux des arrivants. »<br />
(Thomas Bernhardt, <em>Le Neveu de Wittgenstein</em>)</p>
<p>Trois personnages, une gare, train, le long des rails.<br />
Les fragments d&#8217;une histoire dont l&#8217;internaute pourra retrouver les traces.<br />
Les décors sont là mais les personnages sont partis.<br />
L&#8217;histoire a eu lieu et elle continue.<br />
Il reste des voix, des photos déchirées et dehors, loin dans le ville, le flux du réseau.</p>
<p>Dans la gare, près un banc, des gens attendent, certains semblent être là depuis des heures, une immobilité suspendue. Le son des trains et des murmures mêlés se diffusent le long des artères métalliques,. Elle doit avoir 20 ans. Elle regarde fixement depuis déjà quelque temps le panneau des départs, elle cherche un train, vérifie les quais, parfois elle jette un regard aux gens qui passent puis relève les yeux vers le panneau. On entend les voix de tous les voyageurs, un brouhaha, sa voix se détache progressivement. Elle veut prendre un train afin de retrouver son père. Elle n&#8217;a pas d&#8217;argent. Elle écoute tous ceux qui l&#8217;entoure.</p>
<p>À la fenêtre d&#8217;un immeuble, un homme. On ne connaît pas sa nationalité, on l&#8217;imagine réfugié d&#8217;un pays du maghreb. Sur la table de sa chambre, une machine à écrire. Il tente d&#8217;écrire à une femme qu&#8217;il a visiblement aimé, difficulté quand tout est terminé. À qui s&#8217;adresser ? On ne comprend pas très bien s’il y a eu mensonge, non-dit, bref l&#8217;objet de la rupture. L&#8217;homme lui-même semble chercher la raison. Et puis on comprend qu&#8217;il écrit une histoire, une histoire d&#8217;amour qu&#8217;il continuerait sans elle. La folie de l&#8217;amour sans l&#8217;autre puisque lui n&#8217;a rien décidé, il décide de continuer, malgré tout. Son seul repos c&#8217;est la fenêtre et le bruit des trains invisibles. Ils parlent  de l&#8217;exil, d&#8217;une guerre et d&#8217;une paix et d&#8217;une voix qu&#8217;on lui a volée.</p>
<p>Son père est mort, l&#8217;enterrement vient d&#8217;avoir lieu. Maintenant elle est dans ce train et elle a décidé sans prévenir, sans rien lui dire, de le retrouver, cet homme. Une relation épisodique, parfois ils se voient, la question de vivre ensemble ne s&#8217;est pas posée, depuis déjà plusieurs mois. Comme si personne ne pensait même à briser le silence. D&#8217;ailleurs, ils ne vivent pas au même endroit. Cette mort comme un moyen de passer une étape sans y penser, sans y prendre garde, voir ce que cela donnera, un peu par curiosité, un peu par désir. Elle a 40 ans, un visage un peu marqué. Elle ne sait pas ce qu&#8217;elle peut attendre de cet homme qui ne l&#8217;attend pas. Elle regarde son reflet dans le paysage qui défile.</p>
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		<title>Bande annonce</title>
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		<pubDate>Mon, 17 Apr 2006 02:29:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Narratologie]]></category>

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		<description><![CDATA[La question posée par la bande annonce est beaucoup moins anecdotique qu&#8217;il ne pourrait sembler au premier abord. En effet, c&#8217;est d&#8217;une part la question &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La question posée par la <a target="_blank" href="http://movies.aol.com/trailers/archive.adp">bande annonce</a> est beaucoup moins anecdotique qu&#8217;il ne pourrait sembler au premier abord. En effet, c&#8217;est d&#8217;une part la question de la représentation qui es posée, la bande annonce représentant en un sens bien particulier le film, et c&#8217;est d&#8217;autre part la différenciation entre différents médiums (la télévision par exemple, ou encore Internet, et la salle de cinéma) qui est problématisée. La bande annonce ne s&#8217;annonce que dans le passage d&#8217;un médium à un autre médium, d&#8217;un moment à un autre moment. La bande annonce est en ce sens un enchaînement esthétique. C&#8217;est peut être pour ces raisons que les bandes annonces ont depuis longtemps représentées un enjeu majeur sur Internet qui regorge de sites en diffusant. Les différents <em>mediaplayers </em>réalisant leurs luttes sur la diffusion exclusive de <em>trailers</em>.</p>
<p>Je ne sais si une étude académique poussée a déjà été réalisée sur la question de la bande annonce, étude qui analyserait sa relation au film qui partant du modèle dominant de la condensation (d&#8217;où le rythme de plus en plus rapides des bandes annonces américaines où tout est dit: transparence de la communication qui prime sur la surprise esthétique) pourrait faire émerger d&#8217;autres modèles: par exemple une bande annonce avec des images qui n&#8217;existent que dans la bande annonce (on pense au film de Lars von Trier <em>Dogville </em>où les acteurs passaient devant un vidéomaton). Comment penser la bande annonce dans sa singularité? Qu&#8217;est-ce qu&#8217;une annonce? Qu&#8217;est-ce qui s&#8217;anticipe ainsi? Quelle est la prévision qui est en jeu? Et l&#8217;imprévisible? Quelle appareillage esthétique met en place la bande annonce? La logique n&#8217;en est-elle pas plus surprenante? Ne faudra-t-il pas en reconstituer un  jour l&#8217;histoire et la typologie? Forment-elles un genre? S&#8217;y regroupent-elles selon la nécessité de tel prédicat commun ou bien son-elles autrement et en elles-mêmes partagées?</p>
<p>La bande annonce classique en croyant laisser intact le film, réalise en fait une partition entre la copie et l&#8217;original. Le film a pour essence de pouvoir et de devoir se passer d&#8217;une bande annonce. Mais aucune bande annonce ne laisse intact un film car étant la première perçue, étant l&#8217;élément qui enchaîne vers une autre perception, elle détermine le film de part en part (dans la déception comme dans la satisfaction). Un réalisateur a-t-il déjà pensé ce contact entre ce qui annonce et ce qui s&#8217;annonce, par exemple en plaçant un fragment de narration spécifique dans la bande annonce (puisqu&#8217;il sait qu&#8217;une grande part du public a déjà vu la bande annonce avant d&#8217;aller voir le film)?</p>
<p>La bande annonce est un lieu où se condense une grande part des questionnements contemporains sur l&#8217;anticipation des médias, anticipation au sens de la commercialisation, de la causalité, mais aussi de l&#8217;esthétique.</p>
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		<title>Une histoire incertaine</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Apr 2006 15:50:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>

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		<description><![CDATA[Plutôt que de jouer d&#8217;une interactivité contrôlée fonctionnant autour de dilemme simpliste ou de chemin multiple, essayer plutôt de faire trembler l&#8217;équilibre entre fiction et &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Plutôt que de jouer d&#8217;une interactivité contrôlée fonctionnant autour de dilemme simpliste ou de chemin multiple, essayer plutôt de faire trembler l&#8217;équilibre entre fiction et narration en produisant une histoire incertaine.</p>
<p>Incertaine: le lieu typologique d&#8217;énonciation est indéterminé, mal déterminé, surdéterminé. On ne raconte pas une histoire, on laisse des traces d&#8217;histoires possibles. On ne croit donc plus au pouvoir narratif, à l&#8217;autorité du narrateur, au métalangage. On n&#8217;abandonne pas pour autant l&#8217;imaginaire, mais on le laisse en formation dans un état métastable. On ne s&#8217;intéresse pas à l&#8217;interactivité comme système causaliste (le comportemental restant en ce domaine fondamentalement déterministe), on s&#8217;attaque à ce qui est raconté, c&#8217;est-à-dire à l&#8217;imaginaire lui-même. Non pas à qui énonce (le narrateur, le choeur, l&#8217;interprète, l&#8217;ordinateur, etc.) mais à ce qui est énoncé, un &laquo;&nbsp;qui&nbsp;&raquo; d&#8217;une toute autre nature car il n&#8217;a pas besoin d&#8217;identité, il ne se réduit pas à un échange anthropologique.</p>
<p>Incertaine: quelque chose est raconté mais on ne sait pas quoi, on est pas sûr de ce qui est dit et par qui c&#8217;est dit. Ainsi on ne pourra pas raconter à son tour ce qui nous a été raconté, on n&#8217;appartiendra pas à la longue chaîne de la transmission (derrière laquelle il y a parfois le fantasme de conserver l&#8217;origine avec tous les risques d&#8217;un désir forcément violent et meurtrier de retour à celle-ci). Pour raconter à son tour on devra rendre compte de cet inhumain sans narrateur, de cette histoire en l&#8217;absence de métalangage. Ce ne sera pas simplement une réinterprétation mais la sauvegarde du possible, c&#8217;est-à-dire d&#8217;autres histoires à venirs. Non la conservation du passé dans la transmission mais l&#8217;ouverture inanticipable, et pour cette raison obscène et monstrueuse, de l&#8217;avenir.</p>
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		<title>Vivre en commun</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Mar 2006 19:30:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>
		<category><![CDATA[Travaux]]></category>

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		<description><![CDATA[Des personnages vivent en commun des expériences sans se connaître. Il y a des liens entre eux, des liens qui ne sont pas logiques simplement &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img width="400" height="300" id="image594" alt="h_carte147.JPG" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/03/h_carte147.JPG" /></p>
<p>Des personnages vivent en commun des expériences sans se connaître. Il y a des liens entre eux, des liens qui ne sont pas logiques simplement des rapports, des sauts parfois brutaux, parfois plus lents. Ils sont seuls. Ils sont ensembles. Pas sur le même plan. Ces individus vivent en commun quelque chose, ce quelque chose est le récit sans narrateur de Sur Terre.</p>
<p>On peut partager un mot-clé sans avoir rien d&#8217;autre en partage.</p>
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		<title>Le médiocre</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Jan 2006 12:29:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>
		<category><![CDATA[Quotidien]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce n’est pas une question nouvelle que celle de l’autobiographie non emblématique, que ce désir de mémoriser des expériences sans que celles-ci aient la prétention &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce n’est pas une question nouvelle que celle de l’autobiographie non emblématique, que ce désir de mémoriser des expériences sans que celles-ci aient la prétention d’être utile à d’autres et que sans pour autant elle se limite à la finitude du personnel. C’est la quasi-vocation d’un homme ordinaire qui sait que sa « médiocrité » est la seule chose qu’il a à partager et qu’elle ne fait pas objet de partage selon l’axe de l’emblématique, du subsumable, du « je pourrais dire n’importe quel homme » (<a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/23-lanonymat-de-lhistoire/">Nouvelle Vague</a>, JLG).</p>
<p>Tout ceci n’est pas nouveau. Ce qui l’est c’est le contexte social. Ce qui l’est c’est les nouvelles conditions de rétention et de mémorisation de l’expérience personnelle. On aura beau, tel un romantique exaspéré par tant de médiocrité, dire que cela ne fait pas oeuvre, que ces blogs, que ces ordinateurs où s’inscrivent jour après jour tout ceci, je veux dire toutes ces choses individuelles, on aura simplement marqué une volonté a contrario de…, on aura pas même tenté de comprendre ce qui nous arrive à présent dans nos existences et dans nos mémoires, dans ces inscriptions.</p>
<p>J’ai <a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/22-les-memoires-du-reseau/">déjà</a> dit combien je m’interrogeais sur l’avenir de l’historien, sur la notion même d’archive alors même que nous constituons des documents (et je ne suis pas sûr que ceux-ci deviendront des archives selon les mêmes procédures de validation qu&#8217;au siècle dernier tout comme les événements médiatiques ne sont plus seulement validés par les journalistes), mais sans hiérarchie, sans le filtre sans doute salutaire pour le métier historique du trop peu d’inscription. Il faut aussi s’interroger sur le devenir de l’autobiographie, car derrière celle-ci se cachait une certaine conception anthropologique : mon expérience sera sans doute utile à d’autres. Cette anthropologie avait quelque chose de l’humanisme, d’un commun entre les expériences, je le nommerais l’emblématique. Et ce dernier était supposé d’abord par l’autobiographe, puis par le lecteur, un contrat de départ : si je te lis, c’est que je partage quelque chose avec toi, tu pourras m’être utile.</p>
<p><img id="image509" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/01/gpsPortable.jpg" /></p>
<p>À présent, chacun pense cela, mais sans doute pas dans le régime de l’utilité. Ce qui fait peut-être objet de partage est l&#8217;incertitude (ou la variabilité) sur le communicable. Les conditions de communication ne sont pas balisées d&#8217;avance. Ce qui est mémorisé n&#8217;est pas garanti d&#8217;avance dans sa circulation vers d&#8217;autres, en d&#8217;autres termes l&#8217;inscription peut exister sans diffusion. L&#8217;inscription matérielle de la mémoire a été dépendante d&#8217;une certaine diffusion: peu d&#8217;inscription beaucoup de lecteurs, jusqu&#8217;au sommet des médias industriels du XXème siècle. Que devient l&#8217;inscription quand les modalités de diffusion sont modifiées de façon aussi radicale qu&#8217;avec le réseau: les lecteurs sont tout aussi bien des inscripteurs.<br />
Chacun dépose à la surface du réseau, et sur ses disques durs et autres supports, ce qui lui arrive. Et dans le même temps, ce n’est pas poussé à bout. Pousser par exemple la mémorisation : ne rien oublier, c’est bien sûr impossible, mais se dire pendant une durée déterminée, qu’on va tout enregistrer. Ce « tout » est une utopie bien sûr, une tension vers. Ou encore : le croisement de notre mémoire, et pas seulement du récit quotidien du blog, avec la géolocalisation, un repère absolu dans l’espace qui signale le « ici ». On parle de psychogéographie, peut-être serait-il temps d’élaborer un mémogéographie: revenir sur les lieux où on a vécu, se souvenir, dans le décalage même de la mémoire, revenir sur les lieux qui évoquent la mémoire.</p>
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		<title>La boucle de l&#8217;inscription</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Jan 2006 14:45:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>

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		<description><![CDATA[On sait que les conditions matérielles d&#8217;inscription modifient ce qui s&#8217;inscrit. La mémorisation n&#8217;est pas simplement un acte de rétention d&#8217;une matière préalable, telle la &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On sait que les conditions matérielles d&#8217;inscription modifient ce qui s&#8217;inscrit. La mémorisation n&#8217;est pas simplement un acte de rétention d&#8217;une matière préalable, telle la cire cartésienne, mais se forme au moment même de sa retenue. Je n&#8217;écrirais pas la même chose avec un stylo à bille et avec une machine à écrire.</p>
<p>Cette différence est encore plus sensible avec l&#8217;ordinateur car c&#8217;est toutes les structures de mémorisation qui sont modifiées. Prenons l&#8217;exemple de ce blog, et de beaucoup d&#8217;autres, le narrateur est sur le backoffice, une fenêtre lui permet d&#8217;écrire et de mettre en page son texte de façon intuitive, d&#8217;y ajouter des images, des vidéos ou du son. D&#8217;autres fonctions lui permettent de lier ce qu&#8217;il écrit avec certaines de ses archives ou avec d&#8217;autres éléments du réseau. Il va de soi que l&#8217;imagination du narrateur est modifiée par tout cet appareillage, que cette étrange voix intérieure (mais on pourrait tout aussi bien parler des mains qui pianotent sur le clavier) quil note est configurée de part en part par ce dispositif.</p>
<p>Que ce dernier soit performatif de son usage, voilà qui remet en cause l&#8217;instrumentalité de sa technicité. Mais voilà aussi qui nous entraîne dans une boucle étonnante où ce qui s&#8217;inscrit et les conditions de cette même inscription (mais est-ce bien la même? N&#8217;y a-t-il pas alors en elle une différ<em>a</em>nce?) se modifient l&#8217;un l&#8217;autre, sans qu&#8217;on ait jamais la possibilité de déterminer clairement qui a été le premier à changer l&#8217;autre. Peut-être est-ce cela la mutabilité de la mémoire et des technologies: la remise en cause du déterminisme causal par une double performation.</p>
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		<title>La dépense de l&#8217;instant</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Jan 2006 12:26:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Narratologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Je souhaiterais revenir sur ce que j&#8217;ai écrit il y a quelques jours sur l&#8217;économie esthétique du temps et sur les temporalités courtes et à &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je souhaiterais revenir sur ce que j&#8217;ai écrit il y a quelques jours sur l&#8217;économie esthétique du temps et sur les temporalités courtes et à effet de ce que je saurais tenté de nommer un causalisme programmatique. Ce mode de temporalité est profondément lié aux arts visuels, à la tradition picturale qui se livre souvent (pas toujours) ainsi. La difficulté est qu&#8217;aujourd&#8217;hui cette prise de l&#8217;instant est également adoptée par un mode plus puissant de l&#8217;image, douée d&#8217;une autre économie, l&#8217;image publicitaire. Le contexte de production des images a changé, nous le savons depuis des décennies, mais nous ne cessons de revenir au changement de cet état. C&#8217;est peut-être du fait de cette proximité entre l&#8217;économie temporelle de la publicité (saisissable en un instant, le passage d&#8217;une voiture par exemple) et l&#8217;économie temporelle des arts plastiques, que ceux-ci sont immédiatement digérés par les premiers qui reprennent toutes ses formes, tous ses tics pourrait-on dire. En jouant de cette proximité, comme Warhol, on arrive rapidement à une impasse. D&#8217;ailleurs les travaux programmés qui font très &laquo;&nbsp;arts plastiques&nbsp;&raquo; sont souvent comme de petits tableaux, avec de petits effets, avec de petits temps.</p>
<p>Une temporalité, résistant plus fortement aux temporalités publicitaires (la résistance devant moins s&#8217;entendre ici comme un acte dialectique de combat que comme une singularité), peut se mettre en oeuvre à travers des travaux qui complexifient le temps. Ces travaux relèvent sans doute plus d&#8217;une tradition théâtrale et cinématographique où les images prennent un certain temps à se déployer dans le jeu d&#8217;une attente et d&#8217;un désir du regardeur (voir à ce propos le très bel essai de Fleischer, <em><a href="http://www.alapage.com/-/Fiche/Livres/286234205X/?id=87941136333798&#038;donnee_appel=REF00&#038;fulltext=Faire%20le%20noir&#038;sv=X_L">Faire le noir</a></em>). Que ce dernier puisse, sans compter, perdre son temps devant des images qui ne se réduisent ni à leur partie (séquentielle) ni à un tout (additif), qu&#8217;ainsi on voit des images et une image, et ceci en deux sens de l&#8217;image bien différent.</p>
<p>Peut-être les arts plastiques sont-il pris par ce clin d&#8217;oeil de l&#8217;instant dans un fantasme d&#8217;immédiateté (d&#8217;absolu) qui aujourd&#8217;hui prend la forme d&#8217;une économie du temps, puisque la métaphysique réalisée est l&#8217;économie. Peut-être les arts narratifs, même si la place du narrateur est devenue problématique, ouvrent-ils la possibilité d&#8217;un temps irréductible et indécomposable. Un temps qui ne s&#8217;arrête pas, qui se suspend simplement (à la fin nous voudrions que l&#8217;histoire continue et dans la râture de son effectuation elle continue à travailler en nous, c&#8217;est dans ce creux là qu&#8217;il faut travailler). Un temps qui n&#8217;est pas présence, mais qui est différé.</p>
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		<title>L&#8217;amitié dans les jeux vidéos</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/27-lamitie-dans-les-jeux-videos/</link>
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		<pubDate>Tue, 27 Dec 2005 16:09:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ludologie]]></category>
		<category><![CDATA[Narratologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Souvent les jeux opèrent grâce à des sujets intermédiaires. La relation à l&#8217;action est indirecte, elle se réalise grâce à des &#171;&#160;compagnons&#160;&#187;. Les exemples en &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Souvent les jeux opèrent grâce à des sujets intermédiaires. La relation à l&#8217;action est indirecte, elle se réalise grâce à des &laquo;&nbsp;compagnons&nbsp;&raquo;. Les exemples en sont nombreux. Ainsi <em>King Kong</em> où les autres personnages nous indiquent la voie à suivre en nous devançant de quelques mètres, en nous appelant parfois, en nous faisant signe. D&#8217;autres jeux encore où un ami, un dragon par exemple, accroît notre pouvoir d&#8217;action. Insistons sur le fait que  ce sont des sujets intermédiaires, notion qu&#8217;il faudrait confronter aux objets intermédiaires freudiens dans leur relation à l&#8217;absence et au langage.</p>
<p>Il n&#8217;y a pas seulement là une visée instrumentale (incorporer une aide dans le jeu lui-même) mais une manière narrative très particulière. Tout se passe comme si l&#8217;idée de l&#8217;action comme causalité directe sur le monde était remplacée par l&#8217;action comme réseau indirect en direction du monde. Les jeux nous racontent quelque chose dans l&#8217;entrelac entre notre position de sujet (double) et celles d&#8217;autres sujets. C&#8217;est là toute la question de la visée intentionnelle dans les jeux vidéos: comment incorporer à la matière narrative elle-même l&#8217;intentionnalité en tant que celle-ci est normalisée (interfacée) pour pouvoir être prise en compte dans le caractère programmé du jeu?</p>
<p>Mais c&#8217;est encore les <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/The_Sims_2">Sims</a> qui offrent le modèle le plus complexe, les créatures n&#8217;étant pas des doubles exacts de nous-mêmes, nous ne nous y identifions pas, mais des êtres mi-étrangers mi-familiers, auxquels nous tentons d&#8217;apporter le bonheur en satisfaisant les besoins. Ils ne sont pas vraiment humains: leur langage mîme le nôtre sans être compréhensible, leurs manières d&#8217;être ressemblent aux nôtres mais sont un peu absurdes. Ils s&#8217;affirment comme représentation que le joueur peu manier (et même tyranniser), ce qui leur accorde une certaine finitude et une humanité en l&#8217;absence d&#8217;êtres humains. Avec les Sims nous ne sommes pas dans une position divine, c&#8217;est nous-mêmes qui devenons les amis invisibles (un peu comme quand un enfant s&#8217;imagine un ami invisible ou quand un écrivain destine son écriture à cet ami parfait qui reste une promesse) de ces petits êtres. Toutes les analyses des Sims portant sur la position démiurgique du joueur simplifient grandement la posture ludique où nous sommes placés. En effet, les Sims ont eux-mêmes un système relationnel et social et nous y sommes d&#8217;une certaine façon intégrée. Nous ne sommes pas dans une méta-position, nous ne sommes pas à l&#8217;extérieur, il nous faut analyser précisément le jeu selon sa spatialité pour comprendre l&#8217;amitié. Nous sommes en même temps au dehors et à l&#8217;intérieur, pouvant passer d&#8217;une vision à une autre vision, car les murs (ce qui isolent habituellement les êtres et se qui reconstituent l&#8217;intimité de la conscience) sont invisibles. Bref notre amitié est transparente, nous traversons les murs, à la manière là encore de l&#8217;ami invisible de l&#8217;enfance.</p>
<p>La question de l&#8217;amitié, de cette amitié sans ami thématisée par Artistote, devient centrale dans la relation entre ludologie et narratologie. De quelle sorte d&#8217;amitié s&#8217;agit-il? Quelle politique ludique de l&#8217;amitié? Nous devrions passer des questions de l&#8217;identification et de la catharsis à celles de l&#8217;amitié, du compagnonage, de la sollicitude pour comprendre comment un jeu vidéo nous raconte quelque chose. L&#8217;ami, dans les jeux vidéos, nous rapproche et nous met à distance de nous-mêmes. Je suis en confiance avec lui, il est un soutien dans le monde hostile du jeu, mais il n&#8217;est en même temps pas moi. Il apporte dans l&#8217;action quelque chose qui n&#8217;appartient pas (encore) à mon intentionnalité et permet donc de relier ma visée avec celle du jeu, de faire que les deux visées communiquent pour que l&#8217;action elle-même, qui est au coeur des mondes ludiques, puisse avoir lieu entre le joueur et les interfaces.</p>
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		<title>Quelles narrations?</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/26-quelles-narrations/</link>
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		<pubDate>Wed, 26 Jan 2005 12:50:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>

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		<description><![CDATA[La question n&#8217;est pas de savoir si la narration numérique existe ou pas, mais de savoir quelles narrations voulons-nous. Car que l&#8217;ordinateur, phénomène socialement massif &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La question n&#8217;est pas de savoir si la narration numérique existe ou pas, mais de savoir quelles narrations voulons-nous. Car que l&#8217;ordinateur, phénomène socialement massif par excellence, affecte en profondeur l&#8217;imaginaire des invidus et la manière de communiquer, de narrer, cela ne fait aucun doute, le processus est déjà à l&#8217;oeuvre. Toutefois ce phénomène n&#8217;est pas conscient, ni au niveau des fournisseurs de contenu ni au niveau du public. De ce fait ce sont des narrations non-réfléxives qui ne prennent pas en compte leurs effets performatifs. La question est à présent, non de façon théorique d&#8217;hypostasier la narration numérique en s&#8217;interrogeant sur son existence ou son inexistence, mais de mettre en place des phénomènes narratifs écrits, c&#8217;est-à-dire activement construits, dont la construction elle-même, le processus peut faire objet de partage.</p>
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		<title>Narration au GPS</title>
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		<pubDate>Sun, 14 Nov 2004 13:50:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>

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		<description><![CDATA[http://34n118w.net/

&#171;&#160;34 North 118 West&#160;&#187; is a live computer based interactive narrative situated in downtown Los Angeles’ warehouse district. It’s a marriage of high-tech and story &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://34n118w.net/ ">http://34n118w.net/<br />
</a><br />
&laquo;&nbsp;34 North 118 West&nbsp;&raquo; is a live computer based interactive narrative situated in downtown Los Angeles’ warehouse district. It’s a marriage of high-tech and story telling that uses a GPS device, Tablet PC, headphones and custom software to determine the viewers whereabouts and deliver story components based on the users’ location. In this work, participants walk the streets of Los Angeles with a GPS device attached to a tablet computer. The user sees a map of downtown Los Angeles on the screen. Faintly visible on the map are &laquo;&nbsp;hot spots&nbsp;&raquo; &#8211; the trigger points for the story segments performed by voice actors. The triggers for ambient sounds are hidden, left to be discoverd. The data triggers or &laquo;&nbsp;hot spots&nbsp;&raquo; are set along points in the physical city by latitude and longitude As the viewer navigates the city streets she hears the voices and activities of people who lived and worked in the area: a cook on 3rd street, a railroad worker on Sante Fe or a child at the corner of Stephenson and Hewitt. The terrain becomes interface, and the participant’s movement acts as input.</p>
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		<title>Narration au SMS</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Nov 2004 14:00:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Le SMS acquiert ses lettres de noblesses «3h mat&#8217;…. La f&#8217;1 me gayTe. 3j, emûRé ds lê WC. JaV bô écout&#8217; la FM, person ne &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le SMS acquiert ses lettres de noblesses «3h mat&#8217;…. La f&#8217;1 me gayTe. 3j, emûRé ds lê WC. JaV bô écout&#8217; la FM, person ne tchat sur moa. Lol ! Soud1 ! 1 brui me fè bondir 2 la kuvett dê WC. J rêv ? Le mÛr Cfondra sous 1 AVALanch 2 kou 2 pioch. Le boss m&#8217;1tRpèl.» Vous n’y comprenez rien? Pour la traduction, lisez ce qui suit&#8230; Les éditions Mégacom-ik ont récemment publié le premier livre bilingue français-SMS. «Frayeurs SMS» est un recueil de 112 pages contenant six courtes nouvelles pouvant être lues, sur la page de gauche, en français, et sur la page de droite, en SMS. L’auteur affirme que ceci n’est qu’un prémisse à la grammaire expliquant les règles du SMS qu’il compte publier en septembre. En janvier 2004, cette même maison d’édition avait publié le premier livre entièrement écrit en langage SMS, «Pas Sage a Taba». L’auteur avait choisi cette forme d’écrit afin de toucher plus facilement la population visée par son livre, les 12 – 15 ans, son récit étant une sensibilisation aux méfaits de la cigarette. Fait intéressant à noter, Phil Marso, l’auteur de ces ouvrages, affirme qu&#8217;apprendre le langage SMS est une bonne façon pour les étrangers de débuter l’apprentissage du français. Étonnant de la part d’une personne s’enorgueillant de n’avoir jamais utilisée un téléphone cellulaire et qui, de plus, est l’instigateur de la «Journée mondiale sans téléphone portable»… Voici donc la version «française» de l’extrait précédent tiré du livre «Pas Sage a Taba» : «3h du mat&#8217;&#8230; La faim me guette. Trois jours emmuré dans les wc, j&#8217;avais beau écouter la radio, personne ne parlait de moi. Ah ! Ah ! Soudain ! Un bruit me fait bondir de la cuvette des wc. Je rêve ? Le mur s&#8217;effronda sous une avalanche de coup de pioche. Le patron m&#8217;interpelle.»</p>
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		<title>Une archéologie narrative</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Jul 2004 14:27:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>

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		<description><![CDATA[A fictional narrative is an agitated space. A story world is constructed with attention to selection of detail and level of its description (setting and &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.34n118w.net/">A fictional narrative is an agitated space</a>. A story world is constructed with attention to selection of detail and level of its description (setting and its establishment of tone, subtext and above all, physical place). The traditional role of the author has been to carefully use these tools to create the other world. The city is also an agitated space. A city is a collection of data and sub-text to be read in the context of ethnography, history, semiotics, architectural patterns and forms, physical form and rhythm, juxtaposition, city planning, land usage shifts and other ways of interpretation and analysis. The city patterns can be equated to the patterns within literature: repetition, sub-text shift, metaphor, cumulative resonances, emergence of layers, decay and growth. A city is constructed in layers: infrastructure, streets, population, buildings. The same is true of the city in time: in shifts in decay and gentrification; in layers of differing architecture in form and layout resonating certain eras and modes in design, material, use of space and theory; in urban planning; in the physical juxtaposition of points and pointers from different times. Context and sub-text can be formulated as much in what is present and in juxtaposition as in what one learns was there and remains in faint traces ( old signs barely visible on brick facades from businesses and neighborhood land usage long gone or worn splintering wooden posts jutting up from a railroad infrastructure decades dormant for example) or in what is no longer physically present at all and only is visible in recollection of the past. The project “34 North 118 West??? utilizes technology and the physical navigation of a city simultaneously to forge a new construct. The narrative is embedded in the city itself as well as the city is read. The story world becomes one of juxtaposition, of overlap, of layers appearing and falling away. Place becomes a multi-tiered and malleable concept beyond that of setting and detail to establish a fictive place, a narrative world. The effect is a text and sound based virtual reality, a non passive movement, a being in two places at once with eyes open. The participants walk the streets of a city with a G.P.S unit attached to a lap top computer. Headphones for up to 5 at once are attached to the computer and worn by the participants. On the laptop is a map with a marker that identifies the participants’ location. The marker moves along the map tracking location and movement through the city grid. Data triggers are set along points in the physical city by latitude and longitude. Some triggers or “hot spots??? are marked as squares on the map while others are left to be discovered. All written narratives are read by voice actors to create an overlap experience in real time of experiencing two places at once. The only visual is the map that tracks one’s movement and shows hot spots and the distance readings on the g.p.s unit. The city is rich with layered semiotic systems on even a cursory, immediate reading. There is at present a dual city to be read, the denotative and connotative city, if you will. The city exists to navigate and “read??? on a literal level of interpretation of architecture, shifts, movement, traces of past and the patterns that form as one walks through the city. This is the denotative city. The author utilizing the concepts and form of narrative archaeology can form a reading of the second city (the connotative city or semiotically charged) with points in street layout pinpointed to address the resonance of multiple readings and resonances of buildings, street signs, navigation, infrastructure. A novel is a singular artifact yet can contain narratives from great ranges in time, a story may accomplish this on the page as well. The new paradigm finds the layers able to exist in the city and in layers of time to be experienced and agitated into being only by the participant’s reaching the spot as set to latitude and longitude trigger, a voice in the headphones, a character and narrative, a “ghost???, shifts and contrasts in time, etc&#8230; 35 years I cleared the tracks.Those men, along the rails, tired. Death by train we called it. They waited and wandered. Hoped&#8230;.for the sound that comes too lateTo take them from this life.It was my job to assist&#8230;&#8230;..to help&#8230;&#8230;kind words&#8230;..or help clear the tracks after the impact&#8230;Such failures. My failures. Such small horrors. And it is not the most dramatic: an eye open tomato red with blood, a nose with ice covered nostril hairs that looked like a crab emerging from a shell, an ear lying by a man&#8217;s feet like some dead wingless bird, a cheek punctured with teeth exposed, a wound open steaming in the snow. Those are so few, so specific, so clearly cut from men with faces I cannot help but still see. It is what never comes clear, not faces, not expressions, not the dignity of person, something that had a name. There is a sort of mutant slot machine, it comes to me at night: an odd collection, ever shifting, not bells and lemons but eyes, scars, blood, mouths, wounds, meat, an eye hanging alone gleaming wet and alien yet from some lost moment in 35 years, a nostril disconnected a failing island of memory from some dead man&#8217;s face like an odd little lost cave. Those are the ones I truly failed. (1946) This narrative appears in 34 north 118 west at the end of a vast empty lot. Train tracks appear at the end of the lot along with a section of asphalt split to reveal turn of the century cobblestone street. The tracks suddenly stop and it is at this stark end that the story is triggered by satellite. The physical placement is highly metaphorical on several levels. The vast empty lot resonates with a sort of melancholy in its dust and debris akin to the man’s mind and his dark forgetting and shards of memory. It also is where the rails suddenly stop that is physically jarring and stark in itself in the physical city and this is akin to the narrative in the dead men at their end of life and the narrator looking back at ill formed phantoms in his memory. It is also where a homeless tent city once stood in the 1980&#8217;s that was well documented at the time in the press and of which there is no physical trace as well as where a building identical to the mile and a half long former turn of the century freight depot now used as Sci-Arc (an architecture college) once stood and again there is no trace, as though it is spatially forgotten and thus failed. All of the intellectual endeavors utilized to analyze the data of the city from architecture to ethnography and history are part of the narrative. The author in this new model can work with all the data of the city itself as well as narratives written to symbiotically function within the city details past and present made open to experience and interpretation by the reader walking the city. A fantastic thing has occurred. The creative and critical voices are fused as the participant walks the city. The key is the usage of sound. Walking the city with sounds from different points in time and metaphorical relationships with what is being seen allows the author to guide a fused experience of critical analysis and creative writing. By researching the city itself before writing and selected key places to trigger narratives, the author establishes an experience where the participant is navigating both fictive/story world and present world (which flies in the face of the basic concepts of virtual reality and reading of novels historically&#8230;&#8230;.of passively sitting in one world and imaging active movement in the other&#8230;.now there is movement in both and it is simultaneous) but a sort of light shined of analysis lit on specific points in the city in their layers and reading. I would love to spend the day in the dome here at La Grande&#8230;&#8230;..watch&#8230;..well&#8230;&#8230;.the day&#8230;.see the changes&#8230;&#8230;little things &#8230;..in the sky&#8230;&#8230;shadows&#8230;the light different coming in&#8230;&#8230;morning turned to afternoon&#8230;.the light brighter&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;anyway&#8230;&#8230;&#8230;I&#8217;m in the kitchen&#8230;&#8230;my mind drifts a lot more as we cook the hot dinners&#8230;.it&#8217;s not just that it is late &#8230;&#8230;its&#8230;&#8230;&#8230;.steam &#8230;..the flames&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.The drama of it all&#8230;.not like some cold sandwiches and salads&#8230;&#8230; turkey on rye with mayo&#8230;&#8230;&#8230;..regular salad&#8230;a pile of lettuce and tomato put on a plate&#8230;&#8230;. served &#8230;&#8230;&#8230;A cooked porterhouse steak&#8230;..the way the meats change colors as they cook&#8230;.the shape changing &#8230; the noise and flames&#8230;..it&#8217;s like a train burning just after a crash when we serve it &#8230;..it is &#8230;&#8230;really&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..accidents &#8230;&#8230;.slow little accidents&#8230;..Like a hot ham and cheese&#8230;&#8230;.the way it melts&#8230;&#8230;.the neat little cheddar square&#8230;&#8230;. gone &#8230;..melted away&#8230;&#8230;.but there it is &#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..dripping out onto the plate with a salad &#8230;&#8230;&#8230;for the man at number 12 by the window&#8230;.Sounds crazy&#8230;&#8230;I know&#8230;..after as many days here &#8230;&#8230;&#8230;.you would too&#8230;..see things &#8230;..in the food&#8230;&#8230;you kinda have to&#8230;&#8230;..keep your mind occupied&#8230;.you cook and cook and flip and melt and salt and cook and flip and melt and salt&#8230;&#8230;Orders keep coming&#8230;..I&#8217;d love to work under the dome&#8230;&#8230;&#8230;cook under the day&#8230;&#8230;Supposed to rain tomorrow&#8230;..it will be nice break&#8230;&#8230;..to watch a little rain&#8230;.puddles and the drops coming down&#8230;..But they say it is serious&#8230;..20 foot seas&#8230;..30&#8230;&#8230;.so I read in the paper&#8230;&#8230;.so say the men on the ships&#8230;.rains are sideways in big winds they say&#8230;..wherever they are&#8230;&#8230;..little dots between here and Hawaii&#8230;&#8230;I watch details&#8230;all the time&#8230;&#8230;.in food &#8230;..how my fellow employees move&#8230;&#8230;how we move together&#8230;..how orders shift in different parts of the day&#8230;&#8230;&#8230;breakfast rush&#8230;.early morning coffee and sweets&#8230;&#8230;.the mid afternoon snack rush&#8230;&#8230;&#8230;.the little shifts&#8230;&#8230;&#8230;.sun&#8230;&#8230;..shadows&#8230;&#8230;&#8230;..the light outside of this place coming in&#8230;&#8230;.Another day&#8230;..the rain tomorrow&#8230;&#8230;.I don&#8217;t know&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;it&#8217;s just something I read in a newspaper&#8230;.Morse code from little dots in the ocean somewhere (1944) This narrative is strongly tied to its physical placement and is a weighted narrative. The narrator is based on a composite of the many latina women who worked in railroad and related industry in the 1940&#8217;s. The narrator would have only known weather reports as based on ship reports as that was the g.p.s equivalent of the day in the sense of data transmission from certain points in space to formulate larger data patterns. It also in retrospect left much room for error and is one of the reasons that concepts like “surprise storm??? in research were found to be quite pervasive in newspaper headlines in earlier eras. Weather forecasts from newspapers at the turn of the century made forecasts for up to a week in advance, which is even now statistically low percentage forecasting with satellite and radar. She also is referencing absence as presence when she describes the food “ the neat little cheddar square&#8230;.gone &#8230;.but there it is??? This is one of the larger issues addressed, of how what is gone remains, and how what is unsaid or not initially visible can carry great weight. The building described in the story may be gone and in its place something completely in opposition. &#8230;..the La Grande station was also home to both Japanese Americans shipped to interment camps and just after it was closed before being demolished, Judy Garland smiling in the same doorway singing the song of the Santa Fe railroad ( “Atchison&#8230;Topeka &#8230;.and the Santa Fe??? ) in a Hollywood musical&#8230;.a beautiful glass domed building once the main passenger station in Los Angeles before Union Station and now in its place is electrified fence, garbage and a storage facility. The participant/ reader experiences the literal and semiotically charged cities simultaneously. The awareness of metaphor and sub-text builds along with a casual walking through the city. This occurs without the authoritative tone of critical language as it is to be inferred experientially as the author has written the analysis into being by the very places selected to trigger sounds and narratives as well as their content and its layers of resonance and reference. The present city and past incarnations are experienced at once. The author now is to function like an ethnographer and archaeologist. The pop culture notion of archeologist is one of the scientist digging in desert Africa or Egypt. In this general sense, the archaeologist is digging vertically into the ground. Presumably, in a good dig site, layers will emerge as one digs deeper. Artifacts will shift as one digs deeper into what was once topsoil. Time and its artifacts are thus presented vertically to navigate and uncover. The author, however in the new writing of narrative archaeology is working within the city, its streets, layers of cultural resonance and population, and, of course, buildings&#8230;.many of which may remain unchanged over time. Thus, the navigation , as in the walk in a city, is a vertical one. In this vertical movement artifacts are also available and layers in time exist. They are held in data and in the past. In 34n118w stories, population distributions and points of resonance in the physical city may be from 1937 then a hundred feet ahead 1903 then 1960&#8230;&#8230;&#8230;all creatively and intellectually formed from elements in research and from the past. The author by composing and placing narratives and sound is establishing artifacts culled from layers in time. The creative texts composed for insertion into the city are constructed in a way that allows for the charms of the “traditional??? text as well as of the “experimental??? The narrative is constructed in individual unit as a short short or prose poem. The piece can stand alone as a work of creative writing with rich language, imagery, detail, and a sense of narrative arc fulfillment in resonant ending. It also is constructed to be read such that at certain key points in the city, to be read on multiple levels. The narrative may have detail but only enough to create a half sense of place thus enhancing the awareness of two places at once in the physical city. The narrative may be written in style as well as detail and content to enhance the discontinuity of place being experienced by the viewer/reader, of the disjunction between what is imagined and referenced and what physically, at present, is. The author also has a physical distribution of stories along city streets and landmarks to work with in writing and placing texts and sound. Much of 34n118w was composed in final revisions by working with a physical map and notes from multiple walks through the space. This aids in the building of meta-text. Certain texts distributed through the grid at key places as well as intervals in navigation are built to be “weighted??? or “enhanced??? text. A basic construct of semiotics is of the dual readings of meaning, an obvious example being “soda??? &#8230;..the can handed to you is accepted as soda at face value at a county fair, but isn’t “can??? what has the name printed on it and the opening you are using to drink from? Soda is the shapeless fluid held inside the can. Also, the same occurs in association with a word marker such as “Car??? &#8230;dictionary definition: &#8230;..internal combustion engine&#8230;..rubber tires&#8230;&#8230;..bla bla bla&#8230;&#8230;..but you may have been born in a taxi, you may have just gone to the circus and saw 15 men pile out of a tiny mini cooper, you may have seen a horrible wreck years past that you can’t shake from your memory, you may drive only station wagons&#8230;&#8230;..thus, again a word is a container&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..car is the container and the associations inform it from within like an unseen fluid. The selected texts as weighted are constructed by the author to specifically reference metaphorically the larger issues and concepts to be addressed. These short short narrative vignettes are to be constructed with the sort of image play that informs allegory to a degree. In 34n118w&#8217;s meta-text are analysis of issues and concepts such as the resonance of data as rich with meaning, the lineage in technology of communication and transference of information from g.p.s ( back through ship reports, railroad infrastructure, morse code&#8230;), and the many metaphorical readings of absence as presence and “ghost???. The meta text is informed by the details and metaphors in individual narratives that are written to reference these ideas, again without the intrusion of the critical voice and dry authority. Instead, what is allowed to build is a cumulative resonance. The author can slowly build through repetition and subtle similarities in detail and of course physical placement and interaction of story space with points in the physical city. The author can place the larger concept references and resonances in sequences of his/her design both thematically and to build through repetition but also in the streets and city-scape. The author now has the freedom and range to build “traditional??? and “experimental??? tools and forms in a new way that makes the author able to structure for effect within individual texts, within a larger sequence of texts, within individual and multiple physical points, readings and placements in the city, within a meta textual construct built in both the narratives and city cumulatively, and even more importantly with a powerful component of play. One of the fascinating elements of writing and constructing a work such as 34 north 118 west is in its multiple physical and thematic interfaces. The work is not a linear start to finish along prescribed path in city and story blocks. The participant has multiple cohesive experiences and thus work depending entirely on their chosen path. A 15 minute jaunt up one street, through an alley and down the next street will be fulfilling and follow all the elements of construction, possibility and meaning previously described. Another jaunt up and around a completely different set of streets will have the same effective richness in perhaps a half hour, and a walk of all the streets, narratives and sounds in its totality will be equally fulfilling as an experience and as an exploration of narratives of the many layers of the city. And they will all be different. The work is now not only removed from the page, from the separation of critical and creative voice, from the gallery and its long mined semiotics of exclusion and disconnect by nature of presentation as well as of published book or magazine as fetish object connected to the finality of form and translation into being as “finished???, but also removed from a non- multiplicity. The author now in narrative archeology is to construct a work that has many different permutations by design, and the participant experiencing it in their choices of navigation whether based on time, interest in physical streets and buildings in particular or just by intuition will be in a sense an ultimate generative author. Utilizing global positioning satellites allows the viewer to trigger and thus build the experience and resonance by their physical presence and movement. The fact that the written narratives are read by voice actors and appear only as sound in headphones upon activation not only enhances characterization and tone through speech pattern, cadence and inflection, but creates a sense that every space is agitated (alive with unseen history, stories, layers) The city is to be read and publication becomes one of the streets, zeroes and ones in code, and in the air. Movement and reading now brings a narrative of what was unseen and what has been lost in time, only for it to quiet again once passed. Narrative Archeology awaits cities to be read&#8230;. further narratives to be constructed with the physical city, the past, and a new story structure at once richly complex in new possibilities within form and construct and the long standing tradition of stories told well.</p>
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		<title>Une fiction sans consolation</title>
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		<pubDate>Sun, 04 Jul 2004 14:31:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Expositions]]></category>
		<category><![CDATA[Narratologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Si une pensée, une oeuvre, une fiction est histoire d&#8217;affects, alors il faudrait, enfin!, réaliser une narration dont l&#8217;objectif ne serait pas la consolation.
&#171;&#160;Notre musique&#160;&#187; &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img alt="notremusique42.jpg" id="image596" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/03/notremusique42.jpg" /></p>
<p>Si une pensée, une oeuvre, une fiction est histoire d&#8217;affects, alors il faudrait, enfin!, réaliser une narration dont l&#8217;objectif ne serait pas la consolation.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Notre musique&nbsp;&raquo; est insupportable car derrière la grande résolution finale, se cache une esthétique germanique bien connue de la rivière, esthétique qu&#8217;Heidegger, en reprenant Holderlin, avait thématisé&#8230; Remonter aux sources, poser l&#8217;identité (fut-ce dans son trouble), esthétique de la territorialité. Derrière la consolation, il y a la terreur de celui qui dit &laquo;&nbsp;Je&nbsp;&raquo;.</p>
<p>En finir avec l&#8217;histoire des artistes et commencer avec l&#8217;histoire des objets d&#8217;art. En finir avec la fétichisation des personnes.</p>
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		<title>La négocation des possibles</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Apr 2004 14:42:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Narratologie]]></category>
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		<description><![CDATA[Chacun de nous négocie.
Nous ne parvenons pas toujours à réaliser ce que nous désirons, alors nous négocions avec ces échecs en nous disant: &#8211; tout &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Chacun de nous négocie.</p>
<p>Nous ne parvenons pas toujours à réaliser ce que nous désirons, alors nous négocions avec ces échecs en nous disant: &#8211; tout cela a un sens. &#8211; finalement je tirerais beaucoup plus de l&#8217;échec que de la réussite. &#8211; qu&#8217;elle parte de toute façon cela n&#8217;aurait pas continué encore longtemps. &#8211; si elle n&#8217;était pas partie, cela aurait été moi. &#8211; l&#8217;important c&#8217;est d&#8217;esssayer. &#8211; j&#8217;ai fait ce que j&#8217;ai pu. &#8211; le monde n&#8217;est pas soumis à ma volonté. &#8211; tout le monde doit mourir. &#8211; il faut se faire une raison. &#8211; tout cela prendra un sens plus tard, quand j&#8217;aurais oublié, cela prendre un sens, cela aura une influence sur ma vie. &#8211; je vais continuer à vivre. &#8211; j&#8217;ai envie de pleurer. &#8211; si elle tente de revenir&#8230; &#8211; maintenant je me fais face. &#8211; où en suis-je? Il faut que je fasse le point. Quand il nous arrive un malheur nous avons l&#8217;étrange faculté de lui donner un sens, de le faire entrer dans notre mythologie personnelle. Parfois cette insertion déraille un peu parce qu&#8217;elle est absurde, mais en nous y tenant coûte que coûte, elle est finalement intégrée, parfois au prix de médicaments ou d&#8217;une psycho-thérapie. Avons-nous tant de difficulté à vivre dans l&#8217;hétérogène et l&#8217;insensé? Nous faisons comme si tout faisait sens, comme si nous pouvions rattraper tout par le sens: elle me quitte! très bien j&#8217;en tirerais quelque chose! Il y a dans cette économie du négociable une manière du pondérable, de peser tout et de faire en sorte que cette pesée soit tolérable. Face à cette sempiternelle négociation qui a produit une forme de récit qu&#8217;on appelle la tragédie (la condensation du sens d&#8217;un destin et l&#8217;intégration de l&#8217;insensé des passions, la tragédie comme lieu de rencontre du censé et de l&#8217;insensé, lieu du centaure Chiron par excellence), imaginons&#8230; Des personnages qui ne négocient pas et ceci sans aucun pathos, sans &laquo;&nbsp;oh&nbsp;&raquo; effaré qui ferait de leurs existences des monuments, pas même comme une résistance au destin, mais plutôt comme s&#8217;ils n&#8217;avaient pas intégrés le négociable, comme une immaturité qui dure, comme si leurs existences ne s&#8217;échangaient contre aucune autre même en pensée. Imaginons&#8230; La douleur d&#8217;une femme qui n&#8217;aura pas d&#8217;enfant, sans doute, même cela est incertain, même l&#8217;impossible est incertain. Elle ne se dira pas: je ferais donc une grande carrière! Je vais mettre toutes les billes de ce côté là! Elle sait que là aussi c&#8217;est trop tard, qu&#8217;elle n&#8217;a pas l&#8217;énergie et que ce n&#8217;est pas ce qu&#8217;elle veut. Elle voulait un enfant, sans doute depuis sa propre enfance. C&#8217;était la certitude de son horizon, mais voilà, les années ont passé. Faire le deuil d&#8217;un avenir qui n&#8217;aura pas lieu, un deuil qu&#8217;elle ne négociera pas. Le hors-corps d&#8217;une adolescente, ce décalage quand on se regarde dans le miroir et où en scrutant ce reflet on ne se trouve pas du fond du regard. En général ça passe, on se fait une raison. Mais pas elle, elle ne négocie pas, ce hors-corps, cette lisière imprécise de la peau, elle la maintiendra coûte que coûte non parce qu&#8217;elle lui accorde une valeur, non parce que morbidement elle est attirée par ce qui lu fait mal, mais simplement parce que c&#8217;est son corps. Ce que certains pourraient prendre pour une maladie, l&#8217;anorexie, c&#8217;est elle. Il y a dans les récits d&#8217;anorexiques repenties quelque chose de la négociation: elles se souviennent de ce temps maudit et magnifique où elles avaient ce corps étrange entre elle et elle, mais puisqu&#8217;il faut vivre elles l&#8217;ont abandonné et on sent comme une nostalgie étrange dans leur propros. Il leur a fallu vivre, soit! et elles valorisent cette guérison, mais qu&#8217;était donc ce corps qu&#8217;elles avaient et qu&#8217;aucun d&#8217;entre nous a l&#8217;idée? Elle, elle se tient dans son trouble, fut-ce à mort, fut-ce contre l&#8217;autorité sociale, coûte que coûte, elle se dépense et se consume. Un homme quitté par une femme, privé de son amour et de l&#8217;amour en général dans le silence de la séparation, dans le silence complet, aucune explication ne lui a été donné autre que la fin du sentiment amoureux. Il ne négociera pas face à cette séparation, négociation à laquelle nous sommes nous si habitués, il persistera dans le silence. Il respectera la décision de la femme et pensera que cette décision la concerne elle pas lui. Que lui il peut continuer même sans elle, s&#8217;il ne la dérange pas. C&#8217;est ce sentiment de révolte qui nous saisit l&#8217;espace d&#8217;un bref instant, souvenez-vous: elle (il) vous quitte, vous n&#8217;êtes pas d&#8217;accord. Pourquoi sa décision primerait-elle sur votre amour? Pourquoi le négatif prendrait le dessus sur le positif? Et puis vous abandonner la bataille parce qu&#8217;on ne peut pas aimer sans l&#8217;autre, pensez-vous. Lui il invente une nouvelle relation amoureuse à la mesure du chamngement qu&#8217;il a subi: ce sera sans son accord, dans une nouvelle distance des corps et des esprits. Il lui faut le courage de vivre cela intensément jusqu&#8217;au bout. Mais il n&#8217;a pas peur et il n&#8217;est pas malade non plus, simplement ces négociations secrètes que nous entâmons avec nous-mêmes dans la lâcheté du soliloque, il n&#8217;en veut pas, il n&#8217;en a pas même l&#8217;idée. Dans ces négociations il y a le désir d&#8217;une réparation existentielle comme si la vie, le mouvement (anima) de la vie pouvait être autre chose qu&#8217;une blessure sans plaie. Il y a aussi le refoulement, occultation, oblitération de ce qui forme l&#8217;intensité de la vie: mort, séparation, activités diverses, etc. Tout se passe comme si nous taisions dans le secret de l&#8217;intimité que nous entretenons notre vie durant avec nous-mêmes, le coeur de ce que nous vivons. L&#8217;art a pour objet de faire revenir le symptôme dans sa singularité, de ramener à la mémoire et à la sensibilité ce que nous ne cessons de taire.</p>
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		<title>Une fiction sans action</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Apr 2004 14:42:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>

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		<description><![CDATA[Le moteur de la fiction interactive n&#8217;est pas l&#8217;action, que ce soit l&#8217;action sur l&#8217;écran ou l&#8217;action de l&#8217;utilisateur. Il serait naïf de penser que &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le moteur de la fiction interactive n&#8217;est pas l&#8217;action, que ce soit l&#8217;action sur l&#8217;écran ou l&#8217;action de l&#8217;utilisateur. Il serait naïf de penser que celui-ci devient &laquo;&nbsp;le héros de l&#8217;histoire&nbsp;&raquo;, que le principe d&#8217;action se reporte sur lui. En effet il est très difficile, comme auteur, initiateur, programmeur du projet, d&#8217;incorporer les événements sous la forme d&#8217;actions car alors on réduit les possibles, on les limite à ce qui est inscrit. Tout ce passe comme si cela, ce qui se passe, ne peut s&#8217;inscrire. Et il y a là un paradoxe profond: les nouveaux supports de mémoire non-linéaire raconte des histoires par ce qui est dans le défaut même de l&#8217;inscription. On ne nommera pas cela l&#8217;ininscriptible, car cela sonnera comme un nouvel innefable, mais le défaut même de la mémoire. Tout se passe alors comme si les différents plans de la fiction interactive, actions, événements, motivaions, etc. ne pouvaient jamais se rejoindre, se confondre dans une forme définie. C&#8217;est peut-être pour cette raison que la fiction numérique est en formation continuée, toujours et encore. Elle ne résoud pas le flux existentiel dans une prise de forme (une histoire cohérent et structurée) mais dans une formation (des histoires à peine commencées et structurables, en structuration). Continuer dans ce doute infini, dans ce trouble ontologique, c&#8217;est tenir le pas gagné.</p>
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		<title>L&#8217;acausalité narrative</title>
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		<pubDate>Tue, 27 May 2003 15:13:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>
		<category><![CDATA[Travaux]]></category>

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		<description><![CDATA[Souvent dans mon travail, pour ne pas dire toujours, un homme et une femme se parlent. Est-ce là un tic romantique? L&#8217;auto-fiction de mes problèmes &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Souvent dans mon travail, pour ne pas dire toujours, un homme et une femme se parlent. Est-ce là un tic romantique? L&#8217;auto-fiction de mes problèmes existentiels? Un cliché? La situation du dialogue et du différend sexuel n&#8217;est pas un motif égocentrique, mais un dispositif qui permet d&#8217;une part la construction d&#8217;une narration non-causale (car les relations de cause à effet ne sont pas toujours connues, on peut même penser qu&#8217;entre les hommes et les femmes les relations ne sont pas causales mais quantiques) et d&#8217;une part un rapport entre possible et impossible (un possible) qui ne relève pas de l&#8217;opposition dialectique. Il me semble que la fiction a ceci de singulier qu&#8217;elle met en place une articulation contre nature entre le possible (le vivable) et l&#8217;impossible (l&#8217;invivable) afin de montrer ce jeu de respiration et d&#8217;expiration permanent dans lequel la source de l&#8217;invivable est la quotidienneté la plus banale (la moins remarquable) et la source du vivable est dans l&#8217;invivable (l&#8217;anonymat qui nous traverse et que nous sommes sans pouvoir l&#8217;être). Il n&#8217;y a là, dans le motif de l&#8217;invivable, aucune dramaturgie romantique, car l&#8217;invivable n&#8217;est en général pas un grand événement, mais quelque chose de difficilement décelable et de quotidiennement occulté par le sens commun. C&#8217;est pourquoi la fiction nous sort du régime de la volonté instrumentale, elle n&#8217;est pas du virtuel et de l&#8217;actuel mais du possible et en même temps de l&#8217;impossible, et la jonction entre les deux s&#8217;effectue par l&#8217;imaginaire qui est la faculté a priori de produire des images. Il faut donc rechercher des situations d&#8217;indécidabibilité. Si la fiction chronologique permettait de résoudre les noeuds et les problèmes, les tensions et les émotions par réduction progressive des possibilités en virtualités, la fiction numérique intensifie ces tensions et ne les résoud jamais. Son monde est un monde irrésolue non parce que la solution nous échapperait, mais parce que le monde même de la solution n&#8217;existe pas et que le monde dans lequel nous devons vivre est insoluble. La fiction numérique témoigne d&#8217;un univers qui n&#8217;est plus soumis à la volonté anthropologique ni soumis non plus à une volonté ineffable. C&#8217;est un monde constitué de singularités dont les relations peuvent être causales mais ne se réduisent pas systématiquement à la causalité. Chercher donc des situations qui jouent de ce dispositif irrésolue, des situations de la vie quotidienne qui sont en même temps impossibles (jusqu&#8217;à la mise en cause de l&#8217;existence d&#8217;un individu) et en même possible, au sens où elles rendent le vivant métastable, toujours en devenir, jamais résolu.</p>
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		<title>Vidéo générative</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Dec 2002 15:44:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Citations]]></category>
		<category><![CDATA[Narratologie]]></category>

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		<description><![CDATA[tom thumb is a short film (3 minutes) which I created in my spare time during june 2002
at the time, I was experimenting with ways &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bluespoon.com/?r=tomthumb">tom thumb</a> is a short film (3 minutes) which I created in my spare time during june 2002</p>
<p>at the time, I was experimenting with ways of using my background in computer games and realtime graphics in unusual ways.</p>
<p>as a result, I decided to create a &laquo;&nbsp;generative film&nbsp;&raquo;.</p>
<p>the film is generative in the sense that each time it is rendered by the computer, many of the details are changed. generative work with computers throws up interesting questions about free will, and where the work of the artist ends and the job of randomisation begins.</p>
<p>In this first attempt at a generative work, I only wanted to randomise the details &#8211; so that each rendering feels like the same (scripted) film, but is more like a &laquo;&nbsp;performance&nbsp;&raquo; by computer, rather than a traditional movie. Each time a human being performs a theatrical piece (for example), the script stays the same, but the minutiae change each night.</p>
<p>the files for download on this site represent a recording of one particular rendering.</p>
<p>the music, for example, is partly random: it is resequenced each time the film is rendered; in fact the whole soundtrack, including the design of all the sounds, EQ and FX, was &laquo;&nbsp;written&nbsp;&raquo; entirely in C code. the melodies are random, based on repeating patterns of intervals chosen by me, which &laquo;&nbsp;decay&nbsp;&raquo; gradually during the course of the film, gradually becoming more atonal.</p>
<p>the shape of the environment also changes: the pattern of triangles on the ground, as well as the whole tree, and the vines, are generated using fractal and randomly seeded genetic algorithms. the vines are programmed with &laquo;&nbsp;AI&nbsp;&raquo; to grow up the tree, balancing their desire for light with the need to be close to the tree trunk.</p>
<p>finally, the fragments of words and human faces overlayed onto the film are changed; they are taken from 3 hours of footage of two actresses (florence evans and alison bauld) who were recorded speaking the words of the classic english fairytale &laquo;&nbsp;tom thumb&nbsp;&raquo;. the words are rearranged using a statistical technique known as &laquo;&nbsp;markov chains&nbsp;&raquo;, which results in gibberish containing fragments of the original text, which still sounds vaguely english but makes little sense. originally, I was going to make more of this &#8211; I had wanted to play with the idea of the repetetive nature of fairy stories and how that relates to the possibilities of generative film &#8211; but due to lack of time I shall have to leave that for a later project.</p>
<p>the structure, timing, human figure and camera movements are scripted &#8211; albeit with some variation in the precise paths of the cameras.</p>
<p>tom thumb was designed, edited and rendered entirely using custom software written in C++.</p>
<p>as with most of bluespoon&#8217;s work (realtime club visuals, demos etc) the look, feel and design is inseperable from this coding process. I am greatly inspired by the work of people like john maeda &#8211; and strongly believe that there is much fertile ground (still unexplored) in using and programming computers as artistic tools &#8211; especially when the use of standard packages is avoided. &laquo;&nbsp;design by numbers&nbsp;&raquo;&#8230; or even &laquo;&nbsp;beauty by numbers&nbsp;&raquo;.</p>
<p>most of tom thumb can be rendered in realtime on a standard PC with a 3D graphics card like the one used by modern games; for the final render, I add several post process effects, currently implemented in software (no hardware acceleration), which means that to render a version of the 3 minute film at 100 frames per second PAL resolution took about 8 hours. with a little work, I could have made the whole thing run in realtime, but I didn&#8217;t have time for that either. perhaps another day&#8230;</p>
<p>I hope you enjoy the film, and please feel free to email me your reactions, I&#8217;d appreciate the feedback. </p>
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		<title>Une rue</title>
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		<pubDate>Fri, 04 Oct 2002 15:50:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>
		<category><![CDATA[Travaux]]></category>

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		<description><![CDATA[La vie d&#8217;une rue.
L&#8217;histoire d&#8217;une rue c&#8217;est dans chaque fragment d&#8217;histoire, une autre histoire, une seule histoire.
Ce ne sont pas des liens multiples mais un &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La vie d&#8217;une rue.<br />
L&#8217;histoire d&#8217;une rue c&#8217;est dans chaque fragment d&#8217;histoire, une autre histoire, une seule histoire.<br />
Ce ne sont pas des liens multiples mais un temps distendu, comme une découpe de l&#8217;histoire pas en profondeur mais seulement surface, l&#8217;épiderme du récit.<br />
Les brins d&#8217;herbe, chaque brin.</p>
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		<title>Mémoires d&#8217;une translation</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Jul 2002 16:39:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>
		<category><![CDATA[Travaux]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;homme marche dans la ville. Lorsqu&#8217;il croise du regard un parking d&#8217;échange de mémoire. Tout se passe comme si les parkings et extérieurs servaient de &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;homme marche dans la ville. Lorsqu&#8217;il croise du regard un parking d&#8217;échange de mémoire. Tout se passe comme si les parkings et extérieurs servaient de séparation dans la ville. Alors parfois il s&#8217;arrête dans un parking, il discute avec le gardien ou avec un conducteur reprenant ou laissant son véhicule. Encore un pas et il sait que sa mémoire changera et qu&#8217;il se souviendra alors seulement de cet oubli. L&#8217;homme et du côté de l&#8217;anglais, du côté du Saint-Laurent car dans ce quartier d&#8217;affaires il y a beaucoup de parking. La femme entend les voix des gens qui ont touché des objets en les touchant à son tour. Elle y glisse le doigt le long des murs pour entendre ce grondement sourd des voix entremêlées, comme un murmure : répéter deux fois un mur, le toucher une deuxième fois. Elle est du côté du français. Elle cherche la voix de l&#8217;homme partout. Sur les murs des rues trop de voix comme si elle entendait la rue à travers les âges. Les rues des impasses, moins de voix mais pourquoi aurait-il été la ? Parfois elle surprend d&#8217;autre voix encore, des voix venant des expéditions spatiales de la NASA. Il s&#8217;agit pour elle de trouver un objet intact, un objet, le seul, qui porte la voix de l&#8217;homme et seulement sa voix. La femme a rêvent de la surface lunaire, de ses silences, de cette absence de gravité, où rien n&#8217;a été touché intact : la mer du silence. L&#8217;homme lui ne rêve pas, il est insomniaque. Peut-être passe-t-il ses nuits sur les parkings pour tenter de se souvenir de ses rêves. Quand elle est partie, elle ne jeta aucun regard au dehors. Ses yeux étaient comme retourner sur eux-mêmes, pensif et sans pensée, sans tourment, sans doute. Elle partit sans savoir qu&#8217;elle quittait, elle allait ailleurs et je n&#8217;étais plus là. . À mesure que les secondes s&#8217;additionnaient je me rendais compte de ce qui arrivait, elle n&#8217;a pas du tout.</p>
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		<title>Le flux sonore</title>
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		<pubDate>Thu, 16 May 2002 16:59:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>
		<category><![CDATA[Travaux]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;une des difficultés de la fiction fragmentée est la continuité. Comment en effet assurer celle-ci lorsque les éléments n&#8217;entreteniennent pas des relations de causalité prédéfinies &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;une des difficultés de la fiction fragmentée est la continuité. Comment en effet assurer celle-ci lorsque les éléments n&#8217;entreteniennent pas des relations de causalité prédéfinies mais régies par un métalangage (par exemple les règles définissant les relations entre les champs d&#8217;un ebase de données). Un élément à expérimenter: on sait combien le son joue un rôle (souvent mécaniquement utilisée) de mise en flux continu. C&#8217;est le son qui permet d&#8217;être raccord malgré les incohérences spatio-temporelles au cinéma. Sur Internet il y a du texte, ce texte peut être lu par un synthétiseur vocal, les fichiers ainsi synthétisés peuvent être encodés en quasi-temps-réel au format MP3. Ceux-ci peuvent être lu en streaming dans Flash 6. Le problème consiste dans le fait que ces différentes séquences doivent exiger énormément de ressources serveurs, donc à mettre sur un serveur spécifique. S&#8217;il existe de nombreuses webcam sur Internet il n&#8217;y a quasiment pas de websound à ma connaissance, peut-être parce que le son est plus troublant, intime, incorrect que l&#8217;image.</p>
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		<title>Anecdotes</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/23-anecdotes/</link>
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		<pubDate>Fri, 23 Mar 2001 19:43:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>
		<category><![CDATA[Quotidien]]></category>

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		<description><![CDATA[Je ne publierais pas d&#8217;anecdote. J&#8217;en décidai ainsi, en ignorant tout des conséquences. Cette décision, je l&#8217;ai prise d&#8217;abord, avant toute chose. Avant que rien &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je ne publierais pas d&#8217;anecdote. J&#8217;en décidai ainsi, en ignorant tout des conséquences. Cette décision, je l&#8217;ai prise d&#8217;abord, avant toute chose. Avant que rien n&#8217;ai eu lieu. J&#8217;ai donc considéré que j&#8217;avais la force de la prendre et de m&#8217;y tenir. J&#8217;ai jugé que j&#8217;étais cette force de pouvoir ne rien dire d&#8217;anecdotique. Je ne voyais peut-être pas très clairement que cela impliquerait, à la longue que, jamais, je ne dirais de moi quoi que ce soit. Jamais. Qu&#8217;on ne compte pas trop sur mon autobiographie. Mon &laquo;&nbsp;autobiographie&nbsp;&raquo;, si vous y tenez &#8211; mais, bien entendu, je ne la publierais pas, je tiendrai parole -, ne parlerait que de cela: comment la phrase &laquo;&nbsp;Je ne publierais pas d&#8217;anecdote&nbsp;&raquo; est entrée dans ma vie, comment elle m&#8217;a accompagné, comment elle a produit les effets que l&#8217;on sait. &laquo;&nbsp;Mon&nbsp;&raquo; autobiographie ne parlerait donc que de cela: comment une anecdote, jamais, ne m&#8217;est arrivé. Finalement il m&#8217;est arrivé peu de choses. Vous savez, à force de rester soi.</p>
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		<title>L&#8217;ère du soupçon, encore</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Mar 2001 20:00:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Lecture de l&#8217;ouvrage critique de N. Sarraute. Tout cela reste valable ajourd&#8217;hui (nous n&#8217;avons pas bcp avancé en 40 ans), surtout sur le dialogue (c&#8217;est &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Lecture de l&#8217;ouvrage critique de N. Sarraute. Tout cela reste valable ajourd&#8217;hui (nous n&#8217;avons pas bcp avancé en 40 ans), surtout sur le dialogue (c&#8217;est insupportable les formules du type &laquo;&nbsp;pensa-t-il&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;rétorqua-t-il&nbsp;&raquo;) et sur le monologue intérieur anglo-saxon. Sentiment d&#8217;une confluence entre l&#8217;anonymat défendu par le Nouveau Roman (il faudrait plutôt parler d&#8217;exigence d&#8217;anonymat) et le net&#8230; une manière du sampling affectif et perceptif. L&#8217;ère du soupçon, appliquons cela au net.art, le soupçon comme le sentiment que quelque chose arrive dans une disjoncture.</p>
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		<title>Des rythmes fictionnels</title>
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		<pubDate>Thu, 18 Jan 2001 20:26:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>

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		<description><![CDATA[La question n’est pas celle de l’interactivité et du formalisme, plutôt de juxtaposer des niveaux d’activités et de passivités différents. Changer de rythme, ne pas &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La question n’est pas celle de l’interactivité et du formalisme, plutôt de juxtaposer des niveaux d’activités et de passivités différents. Changer de rythme, ne pas pouvoir anticiper ce sur quoi on va cliquer. Un choix qui n’est pas un choix, plutôt un exil sans finalité. Le « fil » narratif est donné par la voix-off : elle est aléatoire (séquence et durée des silences). Mais qui parle ? Les fragments sont compatibles avec n’importe quel autre : anonymat des voix proches du Nouveau Roman. C’est un dialogue entre un homme et une femme, mais c’est un faux dialogue, comme il s’agit d’une fausse interactivité. Il n’y a pas de relation entre la cause et l’effet. Pourtant, parfois, cela fait sens car le sens est ce qui manque, c’est une lagune. Les voix accompagnent la navigation : on sépare les sens pour multiplier le sens. Le son ne se réfère pas à l’image, de sorte que l’internaute se focalise tantôt sur le son, tantôt sur l’image. Il passe d’un plan à un autre. A qui parle les voix ? A l’autre, aux internautes, à eux-mêmes ? Et que racontent-elles ? Hésitation quant au statut de l’histoire, comme si l’histoire s’oubliait à mesure qu’elle était racontée. Quelque chose se raconte dont la navigation de l’internaute est le médium, mais on ne sait pas quoi, on ne s’en souviendra pas : la multiplication des plans narratifs permet une méta-intercompatibilité entre tous les fragments. L’interactivité modifie la manière de raconter des histoires, leurs formes et structures, mais aussi le contenu même des histoires (d’ailleurs les deux sont inséparables puisqu’il s’agit d’un acte de synthèse). Raconter quelque chose qui était impossible auparavant. Lenteur du site, répétition : on demande un effort de la part de l’internaute, c’est-à-dire une responsabilité (// au cinéma, cf Serge Daney, une éthique de l’image, du spectacle et de l’attention). Pourquoi ce site n’est pas interactif ? L’interactivité est un autre cliché du réseau où on cherche toujours à faire intervenir l’internaute par le biais de formulaire, etc. L’interactivité n’est pas le médium, elle dépend du sujet traité, elle s’y adapte, elle s’y fond. Ici l’anonymat et la mort, les trains qui passent, qu’on prend et qu’on ne dirige pas. Le métro est passif, le réseau sans aucun doute aussi. Et puis pourquoi choisir ? Sur quels critères ? Il ne s’agit pas de passivité mais de passibilité. Pour que quelque chose ait lieu, il y a comme un contrat entre l’utilisateur et l’œuvre. On s’oppose au spectacle du réseau, car il nie les singularités en le leur laissant aucune place, en prévoyant toutes les actions possibles (ergonomie). L’interpassibilité plutôt que l’interactivité, l’écoute flottante plutôt que la focalisation et l’effet. L’internaute doit combler les lacunes, les vides et manques de l’histoire, des histoires : interpassibilité. Ne pas faire un système ergonomique où la prévisibilité est la règle, mais un système qui ouvre la complexification des possibles.</p>
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		<title>FPS</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Jan 2001 06:14:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>
		<category><![CDATA[Quotidien]]></category>

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		<description><![CDATA[Je ne sais plus si je suis venu ici et si je vivais ailleurs ou j&#8217;ai toujours habité ici. Ce que je sais ce que &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je ne sais plus si je suis venu ici et si je vivais ailleurs ou j&#8217;ai toujours habité ici. Ce que je sais ce que cet endroit et que la manière dont j&#8217;ai regardé cet endroit m&#8217;était familier. Ici rien ne dérangeait. Rien n&#8217;effleurait dans mon regard. Je suis resté un moment à regarder, sans que mon intention ne s&#8217;attache à rien de particulier. Elle était plutôt dispersée, comme si j&#8217;arrivais à tout voir, sans point de vue particulier. Et puis des personnes sont venues. Elles ne sont pas venues me rejoindre, elles sont venues pour le lieu. Je les connaissais. On ne se regardait pas.</p>
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		<title>Fiction ou narration</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Jan 2001 06:16:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans le champ de l&#8217;interactivité, une confusion entre les concepts de fiction et de narration s&#8217;est établie. Or si toute oeuvre interactive est narrative, quelqu&#8217;en &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le champ de l&#8217;interactivité, une confusion entre les concepts de fiction et de narration s&#8217;est établie. Or si toute oeuvre interactive est narrative, quelqu&#8217;en soit la qualité, elles ne sont pas toutes fictionelles. En effet la narration signifie seulement que quelqu&#8217;un parle, ni plus ni moins. Elle ne suppose aucun mode de contenu précis. Qui pourrait penser que n&#8217;importe quel site n&#8217;ait pas quelque parole en son sein? Par contre la fiction c&#8217;est le mouvement de différenciation entre celui qui parle et celui qui entend, écart par lequel s&#8217;établit des formations imaginaires (au sens de l&#8217;image). De sorte que la fiction elle-même accorde un champ de possibilités dans lequel l&#8217;observateur, utilisateur, interacteur, etc. peut trouver sa position. C&#8217;est cet écart qui pose problème à l&#8217;interactivité: quelle est la position (au sens de l&#8217;éthos) de l&#8217;interacteur dans le cadre d&#8217;un dispositif interactif? Je ne crois pas qu&#8217;aujourd&#8217;hui on ait encore trouvé des solutions fiables à ce problème.</p>
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		<title>L&#8217;anonymat de l&#8217;histoire</title>
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		<pubDate>Sat, 23 Dec 2000 06:25:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>

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		<description><![CDATA[La fiction est un enjeu majeur de l&#8217;interactivité. Moins parce qu&#8217;il s&#8217;agirait, par ce biais, de faire entrer Hollywood dans le marché du multimédia, ou &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La fiction est un enjeu majeur de l&#8217;interactivité. Moins parce qu&#8217;il s&#8217;agirait, par ce biais, de faire entrer Hollywood dans le marché du multimédia, ou par je ne sais quel fantasme de prétendu designer en manque d&#8217;art, mais parce que l&#8217;interactivité en marquant fortement notre époque, ne saurait éviter de se poser la question: &laquo;&nbsp;quelles histoires racontera notre époque.&nbsp;&raquo; Toutefois dans la notion même de &laquo;&nbsp;fiction interactive&nbsp;&raquo; il y a quelque chose de biaisée, comme si on désirait retrouver ses &laquo;&nbsp;billes&nbsp;&raquo; dans le petit jeu technologique et être entraîné dans une histoire, tel que le propose le cinéma. J&#8217;étais en train de relire de le livre &laquo;&nbsp;Faire le Noir&nbsp;&raquo; de Fleischer et je me disais que ce n&#8217;était pas applicable à l&#8217;interactivité. D&#8217;ailleurs je ne pense pas que quoi que ce soit puisse s&#8217;appliquer &laquo;&nbsp;en propre&nbsp;&raquo; à l&#8217;interactivité. Je me demandais: &laquo;&nbsp;quelle position donnons-nous au spect-acteur?&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;quelle éthique (S. Daney) de l&#8217;image pouvons-nous produire?&nbsp;&raquo; Finalement je crois que ces questions sont sans réponses (comme toujours) et qu&#8217;il y a même quelque risque dans le rapprochement conceptuel de l&#8217;interactivité et de la fiction. En effet on croit y voir quelques potentialités cachées, et pour cause la création contemporaine dans le domaine des arts plastiques, du cinématographe ou de la littérature, nous a comme habitué à la déconstruction de la narration classique. Le risque est grand alors de voir en l&#8217;interactivité une actualisation de ce potentiel passé (toujours la même histoire). Il s&#8217;agit de bien d&#8217;autre chose. J&#8217;ai le sentiment, mais ce n&#8217;est là qu&#8217;une intuition, qu&#8217;il faut moins aller chercher du côté de Perec et consort (cf la génération chez J.P. Balpe) que du Nouveau Roman. La question de la fiction n&#8217;est pas une question technologique (au sens stricte du terme, même si pour Derrida toute écriture est tekhné), mais véritablement une question d&#8217;écriture: &laquo;&nbsp;Qu&#8217;est-ce qu&#8217;on raconte?&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;Ce qu&#8217;on raconte est-ce que ça raconte ce que ça raconte et comment on le raconte, par quel médium on raconte?&nbsp;&raquo;. Bien spur le terme &laquo;&nbsp;par&nbsp;&raquo; est inapproprié, car le médium n&#8217;est pas seulement un support, il est ce par une imagination peut s&#8217;élaborer. Donc le Nouveau Roman, inspiration profonde depuis &laquo;&nbsp;Incident of the Last Century&nbsp;&raquo; et je ne cesse de répéter cette inspiration car il y a en ce mouvement comme un décalage: ne plus raconter, mais produire des lacunes, des trous, des interstices et voir si le lecteur pourra les combler ou les approfondir, les écarteler plus encore. Et puis l&#8217;anonymat, parler d&#8217;une voix anonyme : &laquo;&nbsp;Qui parle?&nbsp;&raquo;, c&#8217;est aussi la question que se posait Nietzsche, question à jamais suspendue, question qu&#8217;il faut à tout prix suspendre pour que l&#8217;écoute puisse enfin avoir lieu, et l&#8217;héritage, et la dette, la destination donc… Parler d&#8217;une voix anonyme, des histoires anonymes. Pas la dépersonnalisation mais plutôt un anti-humanisme : &laquo;&nbsp;Je pourrais dire cet homme comme je pourrais dire n&#8217;importe quel homme.&nbsp;&raquo; (Nouvelle Vague, mais aussi Brecht). L&#8217;homme quelconque, l&#8217;intérêt quelconque. Chaque fois que quelqu&#8217;un désire faire des fictions interactives en reproduisant, en adaptant le modèle classique, je veux dire le modèle aristotélicien, il se confronte à la question d&#8217;une production de temporalité, ce qu&#8217;on nomme la progression dramatique, et cela en est fini de l&#8217;interactivité, de l&#8217;écart technologique. La question de l&#8217;interactivité est moins celle du temps produit, que de celui de l&#8217;espace ouvert qui donne du temps. Il y a une intervention importante entre l&#8217;espace et le temps : produire de l&#8217;espace fictif pour ouvrir la possibilité d&#8217;infra-temps. Je rêve de parler d&#8217;une voix anonyme pour raconter des histoires anonymes, pour m&#8217;adresser à quiconque. Mais comment émouvoir, toucher? Sarraute ou Beckett y arrivent bien. Il y a l&#8217;anonymat de l&#8217;histoire (en tant que narration), et de l&#8217;Histoire (en tant qu&#8217;historique), laisser la possibilité ouverte aux générations futures d&#8217;une autre écoute de ce temps que nous vivons.</p>
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		<title>L&#8217;espace contre le temps</title>
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		<pubDate>Mon, 18 Dec 2000 06:24:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Narratologie]]></category>
		<category><![CDATA[Travaux]]></category>

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		<description><![CDATA[un film devant les yeux du specat-acteur. Il peut suspendre à n&#8217;importe quel moment sa consultation (j&#8217;aime ce mot on dirait qu&#8217;il s&#8217;agit de quelque &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>un film devant les yeux du specat-acteur. Il peut suspendre à n&#8217;importe quel moment sa consultation (j&#8217;aime ce mot on dirait qu&#8217;il s&#8217;agit de quelque chose de médical, mais qui est le patient et le médecin?). Alors on peut toujours forcer la fin (voir celle de &laquo;&nbsp;Revenances&nbsp;&raquo; par exemple), mais ce n&#8217;est là qu&#8217;un artifice. Pas de fin : où est la progression, le climax, le nœud? Tous ces petits artifices? Je crois qu&#8217;il faut oublier le temps et produire de l&#8217;espace (c&#8217;est une proposition sur laquelle je vais revenir dans quelques semaines, c&#8217;est sûr, mais il s&#8217;agit juste de forcer la réflexion). Produire des espaces et se dire que des temps y surgiront parce qu&#8217;ils sont dans le temps de l&#8217;utilisation même. Au cinéma on confronte le temps vécu de la projection au temps énoncé du film, il y va de l&#8217;exil : en sortant de la salle, je retrouve &laquo;&nbsp;mon&nbsp;&raquo; temps. Avec l&#8217;interactivité ça ne marche pas, l&#8217;utilisateur produit le temps, le rythme, le montage. A la limite, et je le fais souvent dans mon travail, on peut alterner des temps différents, c&#8217;est-à-dire des interactivités différentes : tantôt laisser le choix, à d&#8217;autres moment être plus linéaire (voir la &laquo;&nbsp;grande descente&nbsp;&raquo; dans Sous-terre), mais je crois qu&#8217;il y a encore là une priorité technologique de l&#8217;espace, car l&#8217;espace cybernétique est le lieu même de l&#8217;utilisation, à la différence des autres arts (exception faire de l&#8217;archi.) Construire des lieux où émergent des histoires, penser aux villes et à la nuit. Une image-espace?</p>
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