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	<title>Gregory Chatonsky &#187; Politique</title>
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	<description>Notes et fragments</description>
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		<title>Devenir anonyme</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Dec 2009 22:36:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies]]></category>

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		<description><![CDATA[ ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La notion d&#8217;anonyme est difficile à définir car elle comprend plusieurs significations qui sont les signes d&#8217;une transformation contemporaine du socius.</p>
<p>Par <strong>anonyme </strong>on peut entendre ce qui s&#8217;oppose à la célébrité. Est anonyme ce qui est inconnu, ce qui ne laisse pas de trace, ce qui est oublié, ce qui ne sort pas de l&#8217;ordinaire. Etre anonyme c&#8217;est être un inconnu.</p>
<p>On peut aussi parler  des <strong>anonymes </strong>comme d&#8217;une situation historique dont nous avons parlé largement en adoptant le vocable de multitudes. Les anonymes sont des individualités qui ne se subsument pas dans une structure transcendante de type théologique ou politique.</p>
<p>On peut aussi rapprocher les notions d&#8217;anonyme et de <strong>neutre</strong>, au sens d&#8217;une structure qui suspend le régime intentionnel. Le neutre serait au coeur d&#8217;une périphérie qui déterminerait en sous-main l&#8217;ensemble des productions culturelles.</p>
<p>L&#8217;<strong>anonymisation</strong>, signifie pour sa part une décision volontaire de rentrer dans l&#8217;anonymat, par exemple pour se protéger du contrôle opéré sur Internet. L&#8217;anonymat n&#8217;est plus alors seulement une détermination négative en défaut de reconnaissance. C&#8217;est une fonction totalement positive qui consiste à désirer rester anonyme. Ce devenir anonyme signifie, en arrière-plan, que la ligne de fuite de l&#8217;individu change radicalement car pourquoi désirer un tel anonymat si ce n&#8217;est parce que déjà nous nous séparons des outils de représentation sociale et  que notre singularité est ailleurs? Sans doute est-ce la notion même d&#8217;ego qui en est affecté: vouloir rester anonyme, est-ce possible pour un ego? Ou encore, la taupe marxiste n&#8217;avait-elle pas en sous-main ce devenir anonyme? Il faudrait analyser finement les différentes représentations de l&#8217;individu au cours des âges pour savoir de quelles manières nous parvenons à ce stade actuellement.</p>
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		<title>La base humaine</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Nov 2009 23:43:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[affect]]></category>
		<category><![CDATA[base de données]]></category>
		<category><![CDATA[enregistrement]]></category>
		<category><![CDATA[existence]]></category>
		<category><![CDATA[mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[rencontre]]></category>

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		<description><![CDATA[ ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Que l&#8217;existence ne se réduise pas aux enregistrements fait dans des bases de données, cela semble aller de soi. On pourrait dire que le flux de nos existences ne saurait s&#8217;y réduire, qu&#8217;il y a en lui de la résistance envers le monde du calcul et de ce qui laisse des traces. Nos existences restent intactes.</p>
<p>Mais peut être ne faudrait-il pas se laisser aller à cette évidence. Peut-être que la simplicité idiote des bases de données, simples tableaux constitués de lignes et de colonnes, peut bel et bien transformer nos existences. A cette fin il faudrait les penser non comme quelque chose de naturel qui subsiste tel un réservoir, mais comme une structure plastique en contact avec le monde extérieur, les phénomènes tant naturels qu&#8217;artificiels.</p>
<p>Notre époque voit une situation nouvelle apparaître: les anonymes, les oubliés de l&#8217;histoire sont à présent mémorisés dans des bases de données. Ce sont des traces réduites, simples, mais dont la densité est telle qu&#8217;un recoupement entre elles peut permettre une interprétation subtile.</p>
<p>Plus important même que le résultat enregistré est la méthode d&#8217;enregistrement qui consiste à concevoir le monde comme quelque chose de découpable et dont le résultat discret peut être assemblé selon des catégories. Cette catégorisation n&#8217;est pas sans rappeler le transcendantal kantien mais en poussant celui-ci dans une multiplicité de catégories. Concevoir les êtres humains selon  des catégories interfèrent grandement avec leurs agissements. Ainsi les sites de rencontres nous donnent accès à des profils que nous parcourons. Pour discriminer ceux que nous retiendrons de ceux que nous laisserons, nous nous adaptons à la catégorisation en l&#8217;intégrant pour en faire notre mode de lecture. Nous concevons dès lors les êtres humains au premier abord comme un conglomérat de qualités. Ceci entraîne inexorablement la formulation dans le sujet que nous sommes de besoins résumables à ces catégories. Par une boucle étrange ce qui devait être la conséquence devient une cause, comme c&#8217;est souvent le cas avec l&#8217;informatique. Notre affectivité est hantée par l&#8217;enregistrement dans les bases de données et par la facon dont le capital maîtrise les désirs par un cercle entre les besoins et les réponses à ces besoins. Les bases de données deviennent dès lors la base humaine, un a priori.</p>
<p>L&#8217;un des premiers usages sociaux des machines calculantes fut dans les camps de concentration et d&#8217;extermination. Les déportés étaient mémorisés sur des cartes, leurs vêtements enregistrés, ils étaient perforés.</p>
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		<title>Flashmob ou la communauté des anonymes</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Jul 2009 13:34:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[anonyme]]></category>
		<category><![CDATA[communauté]]></category>
		<category><![CDATA[flashmob]]></category>

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		<description><![CDATA[Il n&#8217;y avait là que la réunion de l&#8217;acte. Elle n&#8217;avait d&#8217;autre objectif que de constituer un devenir fluide, fragile, faisant acte d&#8217;une communauté temporaire qui n&#8217;avait d&#8217;autre fonction que cet instant.
Une personne commencait et donnait le signal d&#8217;un départ que les autres suivaient. Il y avait l&#8217;acte, peu importe lequel, un acte partagé, un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il n&#8217;y avait là que la réunion de l&#8217;acte. Elle n&#8217;avait d&#8217;autre objectif que de constituer un devenir fluide, fragile, faisant acte d&#8217;une communauté temporaire qui n&#8217;avait d&#8217;autre fonction que cet instant.<br />
Une personne commencait et donnait le signal d&#8217;un départ que les autres suivaient. Il y avait l&#8217;acte, peu importe lequel, un acte partagé, un acte fait à plusieurs. Il y avait l&#8217;acte de chacun, l&#8217;acte de l&#8217;ensemble, les deux visions coexistaient indissociablement. Cela durait un certain temps. Ils étaient au milieu de la foule et parvenaient, de part leur nombre, à être une autre foule, non plus seulement indifférente les uns aux autres, mais faisant quelque chose ensemble au sein même de l&#8217;anonymat, puisqu&#8217;ils ne se connaissaient pas. Ils étaient une foule dans la foule, ils y appartenaient donc et ne répondaient pas au désir d&#8217;être une élite mais plutôt d&#8217;organiser autrement l&#8217;anonymat de facon passagère.<br />
Puis, moment sublime, il y avait la dislocation, chacun repartait de son côté comme si la communauté de l&#8217;acte n&#8217;avait eu d&#8217;autre raison d&#8217;exister que l&#8217;acte même, elle ne se réifiait pas en une identité, en la constitution d&#8217;un groupe survivant à sa fondation. Chacun repartait donc de son côté, laissant la mémoire de cette action à ceux qui l&#8217;avaient observés, déléguant donc l&#8217;avenir de la communauté à la fragilité d&#8217;une mémoire existentielle. Nous en étions dépositaires.</p>
<p><a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/28-flashmob-ou-la-communaute-des-anonymes/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
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		<title>We are the providers</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Jun 2009 21:46:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[alimentation]]></category>
		<category><![CDATA[facebook]]></category>
		<category><![CDATA[social]]></category>

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		<description><![CDATA[ ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les réseaux sociaux nous demandent de mettre à jour nos statuts selon un rythme de plus en plus rapide. Nous devons être actifs, alimenter le socius, pour pouvoir à notre tour observer la déferlante, c&#8217;est-à-dire l&#8217;empilement incessant des réponses à ce mot d&#8217;ordre. Il faut que cela coule, qu&#8217;une phrase en chasse une autre comme dans le déséquilibre de la marche. Générosité? Narcissisme? Grégarité? On peut analyser cette exigence d&#8217;un point de vue technologique, mais on aurait tort de se limiter à ce point de vue qui resterait instrumental et qui sous-estimerait l&#8217;impact existentiel.</p>
<p>Lorsque Facebook, avec son angélisme politique (on ne peut qu&#8217;aimer sur Facebook), nous demande d&#8217;alimenter la vie du site en inscrivant des fragments de nos vies supposées dessus, cette alimentation bouleverse nos existences. Les artistes de la performance des années 70, et en tout premier lieu Dan Graham avec &laquo;&nbsp;Past Future Split Attention&nbsp;&raquo; (1972), ont largement problématisé les structures langagières performatives, &laquo;&nbsp;Quand dire c&#8217;est faire&nbsp;&raquo;. En est-il autrement sur Facebook quand croyant inscrire ce qui se passe dans nos vies, nous vivons sur Facebook et nous observons dans une boucle inchoative cette autoactivité?</p>
<p>Alimenter un réseau social est une question politique. Elle concerne la manière dont les discours s&#8217;élaborent, dont chacun se présente aux autres, dont chacun peut observer les autres. Elle configure la relation du public et du privé pour coder et décoder le socius, de quelles façons ça coule ou ça s&#8217;arrête de couler. Tout un peuple vit sur Facebook, observe son prochain connu ou moins connu. Le langage y est intégralement impliqué. Modifier et montrer les limites critiques des conditions de ce transfert (ma vie, mon clavier, mon réseau social) est l&#8217;objet de &laquo;&nbsp;I would have liked to be one of you / J&#8217;aurais aimé être un d&#8217;entre vous&nbsp;&raquo; (2009) et d&#8217;autres travaux du même ordre &laquo;&nbsp;<a href="http://incident.net/works/feed_me/" target="_blank">Feed Me</a>&nbsp;&raquo; (2009) et &laquo;&nbsp;<a href="http://incident.net/works/becoming/" target="_blank">Becoming</a>&nbsp;&raquo; (2009). Chacun pose le circuit d&#8217;alimentation des réseaux sociaux et essayent de l&#8217;automatiser en partant du principe que le réseau se nourrit de lui-même (élaborer une catégorie de netart nommée eat myself).</p>
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		<title>Féministe et féminité</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Apr 2009 11:57:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[art contemporain]]></category>
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		<description><![CDATA[ ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Si le nombre de femmes ne cessent de s&#8217;accroître chez les diplômés des Beaux-arts et qu&#8217;elles parviennent de plus en plus souvent à obtenir des postes de responsabilités (curator, direction, etc.), les grandes expositions ne comportent qu&#8217;un pourcentage limité d&#8217;oeuvres de femmes. Avec la &laquo;&nbsp;Force de l&#8217;art 2&#8243; on parle de 16%. On se souvient des manifestations contre l&#8217;exposition Dyonisos au centre Pompidou. Beaucoup d&#8217;expositions donnent lieu à l&#8217;expression d&#8217;un désaccord féministe soulignant à juste titre le décalage frappant entre le nombre de femmes artistes et d&#8217;oeuvres exposées. Ce phénomème est propre à l&#8217;ensemble des pays occidentaux et est devenu si récurrent que les Guerillas Girls, comble du paradoxe, ont été exposées à la Biennale de Venise en dénonçant ce déséquilibre. Malgré l&#8217;exactitude de ces faits, leur véracité est soumisse à interprétation.</p>
<p>Notre propos n&#8217;est pas ici le féminisme au sens strict de la discipline théorique qui connaît bien les différences entre genre génétique et genre culturel, mais le discours courant tenu au nom du féminisme.</p>
<p><strong>% et représentation<br />
</strong>Remarquons que le débat s&#8217;articule autour de la notion de pourcentage et de représentation. Le pourcentage est une mesure normative fixant un 100% et dérivant les individualités de cette norme (16% par exemple). Elle est dans la logique de ce que nous nommons le grand zéro, c&#8217;est-à-dire d&#8217;une annulation abstraite des singularités. De sorte que le discours féministe adopte, on ne saurait lui reprocher, la mesure de notre époque, celles des statistiques et de la moyenne grégaire: comment faire entendre les singularités, s&#8217;il s&#8217;agit encore de cela en art, à partir du moment ou on adopte une telle moyenne? N&#8217;est-ce pas se soumettre d&#8217;avance à ce qu&#8217;on dénonce? L&#8217;exactitude du pourcentage nous entraîne semble-t-il vers une certaine logique que nous subissons, elle implique une idéologie qui n&#8217;est pas neutre. Elle divise finalement le monde en deux groupes aux intérêts antagonistes: les hommes et les femmes, dont elles supposent l&#8217;homogénéité. Malgré l&#8217;évidence des pourcentages, ce n&#8217;est pas le seul fondement démonstratif possible du discours.</p>
<p><strong>Génétique et culture<br />
</strong>Le plus frappant dans ces discours est la certitude apodictique de tenir pour entendu ce qu&#8217;est une femme et ce qu&#8217;est un homme. Tous ces discours supposent détenir, sans le démontrer, la définition de ces mots, en se tenant le plus souvent au sens commun (&nbsp;&raquo;Oui mais bon on sait ce qu&#8217;est un homme et ce qu&#8217;est une femme au bout du compte?&nbsp;&raquo; En sommes-nous donc si sûr?).<br />
Or, il faut remarquer que la précédente vague de féminisme dans les années 50-60 s&#8217;est fondée sur la remise en cause de l&#8217;identité sexuelle comme identité génétique pour démontrer que cette identité était avant tout un phénomène culturel, une construction: « On ne naît pas femme, on le devient ». C&#8217;est pourquoi cette première vague s&#8217;était intéressée particulièrement aux phénomènes limites comme la transexualité pour dévoiler le facteur culturel se cachant sous l&#8217;évidence de nos habitudes sociales classiques. Le féminisme première version tentait de remplacer le discours normatif séparant les hommes des femmes par un discours des singularités faisant émerger la figure d&#8217;un individu dont la sexualité est déterminante sans être déterminée. C&#8217;est pourquoi l&#8217;un des premiers combats du féminisme fut l&#8217;école mixte.<br />
Le féminisme actuel relève plus de la féminité, c&#8217;est-à-dire est un combat pour les femmes en tant que groupe déterminable. Le présupposé est qu&#8217;être femme est un fait génétique et identitaire dont la stabilité permet l&#8217;appropriation d&#8217;un discours. De façon très paradoxale, le discours féministe signe la victoire des ennemis d&#8217;hier qui croyaient en une sexualité déterminée. Le fait de se rattacher ainsi à la génétique n&#8217;est pas propre au féministe, on en retrouve certaines traces dans le discours d&#8217;homosexuels défendant l&#8217;idée que leur sexualité n&#8217;est pas un choix mais une détermination génétique. On aperçoit le bénéfice immédiat de cette posture: si ma sexualité ne relève pas du libre arbitre ou du penchant alors je ne peux faire autrement et on doit donc l&#8217;accepter. Le désavantage à moyen terme est bien sûr qu&#8217;en naturalisant ainsi la sexualité, on peut la ramener au pathologique et on peut aussi justifier l&#8217;inverse de ce qu&#8217;on souhaite.</p>
<p><strong>L&#8217;époque de nos identités</strong><br />
Le féminisme actuel dans sa forme commune n&#8217;est plus un mouvement de résistance. La résistance est d&#8217;abord une remise en cause des critères de jugement, des normes de l&#8217;exactitude pour faire émerger une autre idée de la véracité. Or, le féminisme reprend les critères les plus courants, ceux fixant un pourcentage normatif. On peut même penser qu&#8217;en procédant de la sorte, il perd d&#8217;avance la voix discordante qu&#8217;il essaye de faire émerger parce qu&#8217;il se soumet toujours déjà à une norme. En ce sens, le féminisme ne procède pas de façon très différente de l&#8217;ensemble des mouvements actuels identitaires. À chaque fois c&#8217;est la même chose: la croyance en une identité formant un &laquo;&nbsp;on&nbsp;&raquo; homogène, le bruissement de la grégarité. Comme celle-ci fixe l&#8217;identité, il est malaisé en retour d&#8217;en remettre en cause les fondements car on en est exclu d&#8217;avance. Si l&#8217;on remet une certaine idée de la féminité, on nous répond: &laquo;&nbsp;Oui mais toi tu es un homme&nbsp;&raquo;. Le propre des discours identitaires c&#8217;est qu&#8217;ils sont conjuratoires et font advenir, dans le cas du féminisme, exactement ce qu&#8217;ils voudraient combattre, un antagonisme primaire entre les hommes et les femmes. En ne brouillant pas les identités, ils s&#8217;y soumettent, ils s&#8217;y livrent bel et bien.<br />
Notre époque semble aimer les discours identitaires particulièrement quand leur fondement implicite est naturaliste et génétique. On pourrait y voir comme la préparation de terrain à une radicalisation génétique sous la forme des bio-technologies qui permettent de concilier génétique et culture en rendant modifiable la première tout en en gardant la solidité normative.</p>
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		<title>À chaque fois la première fois</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Apr 2009 12:31:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[crise]]></category>
		<category><![CDATA[destruction]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[lecture]]></category>
		<category><![CDATA[peuple]]></category>

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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/01-a-chaque-fois-la-premiere-fois/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<p>C&#8217;était chaque fois la même histoire. Tout recommençait comme une première fois dans l’étonnement d’une découverte des générations. Les forces extérieures étaient trop grandes et les destins individuels trop fragiles. Alors que chacun avait vécu en essayant de créer un environnement protégé et le monde s’écroulait à nouveau. Etais-ce simplement un discours ? Une mise en scène ? Mais les mots déjà résonnaient dans les faits. On l’annonçait jour après jour. Les individus étaient à présent soumis à un monde qui les dépassaient et qui les submergeaient. Ce n’était pas nouveau pour certains d’entre eux qui avaient déjà subis cet insensé, mais ce qui était neuf (à nouveau) c’était les masses, les groupes, les foules soumis à cette violence. Chacun n’était plus qu’une unité prise dans un torrent d’événements. La crise ? La guerre ? La pauvreté ? La terreur ? À chaque fois, l’histoire reprenait, suivant des détours, pendant quelques décennies, mais inexorablement revenait à cette puissance insoupçonnée du destin commun dans lequel plus rien n’était à partager. Comment pouvait-on distinguer le discours de ses effets ? Discriminer l’ordre réel de l’ordre des idées ? La raison de l’histoire, puisque nulle raison, si ce n’est un cycle et une puissance, ne venait structurer l’ensemble ? Chacun avait donc tenté d’aménager sa vie, de se procurer certains plaisirs, en coexistant à côté de ses semblables, nous ne faisions alors que les croiser, et le bruit d’un éclat retentissait comme un mauvais souvenir qui revenait à notre mémoire et qui avait mis un long moment à nous parvenir. Non pas un discours des ruines fasciné par ces miettes, mais le mouvement même des corps passant d’une protection illusoire à la soumission involontaire. Ces corps vont rentrer en mouvement, des foules aux frontières, des files d’attente interminables, des états se disloquant et tentant de répondre à des demandes inappropriées, nos habitudes décalées face aux événements, nos vieux réflexes, nos croyances. Il faudra apprendre et puis à nouveau oublier.</p>
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		<title>Le flux converti en énergie aux USA</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Jun 2008 18:14:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[ ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il faut que ça circule, que le maximum de flux soit converti en maximum de contrôle grâce à la conversion de l&#8217;énergie. Cette transformation réduit la disparité des énergies individuelles qui, convertibles, sont résumées au même modèle, à la même échelle de valeur qui dépasse toutes les échelles de valeurs singulières parce qu&#8217;elle est un principe de traduction généralisée. C&#8217;est la question si complexe de la valeur.</p>
<p>Aux USA, on reste frappé par l&#8217;ampleur de la société de consommation. Ainsi dans les restaurants, des plats trop volumineux qu&#8217;on ne  peut finir. On a le sentiment que c&#8217;est fait exprès, que ce surplus est fait pour dépasser nos besoins. On reste songeur devant le gâchis, l&#8217;énergie inutilement gaspillée, comme s&#8217;ils ne parvenaient à sortir de leur adolescence et à prendre en compte l&#8217;état du biotope. Jeu de la part maudite? Sans doute, mais pas seulement, car si on peut, si on doit jeter des aliments, s&#8217;il y en a trop c&#8217;est pour obliger à une surconsommation, culpabilité de celui qui va gaspiller. Le gaspillage est une politique de l&#8217;énergie, pas de pensée de l&#8217;énergie (qui est sans doute l&#8217;ontologie de notre époque) sans sa dissipation. Et cette trop grande énergie va être convertie en exercice physique pour perdre le surplus. Ceci signifie qu&#8217;on s&#8217;alimente pour perdre, et que cette perte est fondée sur un principe de traduction généralisée: nourriture traduite en énergie immédiatement dépassée pendant son jogging.</p>
<p>Il faudrait sans doute voir comment les USA se sont développés à partir d&#8217;une certaine conception du corps énergétique et convertible.</p>
<p>C&#8217;est ce qui intéresse le libéralisme: libérer les flux pour mieux les convertir par des coupures. Il faudrait revoir la question de l&#8217;<em>energia </em>chez Aristote et rapprocher, mais est-ce possible?, cette question de celle du corps américain qui depuis le début du est obsédé par son devenir électrique, atomique, physiologie qui découpe l&#8217;énergie désirante du corps, pour la transformer en quelque chose d&#8217;équivalent en n&#8217;importe quoi d&#8217;autres, la valeur. La philosophie implicite de l&#8217;école économique de Chicago est cette conversion radicale du corps.</p>
<p>Manger, en laisser de côté, manger un peu plus pour ne pas gâcher, dépenser de l&#8217;énergie pour perdre le surplus, recommencer.</p>
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		<title>L&#8217;ère du soupçon</title>
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		<pubDate>Fri, 29 Feb 2008 12:37:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[oubli]]></category>
		<category><![CDATA[shoah]]></category>

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		<description><![CDATA[On se souvient de l&#8217;affaire Wilkomirski, il y a à présent l&#8217;affaire Misha Defonseca, auteur de &#171;&#160;Survivre avec les loups&#160;&#187; qui a été produit en film. Defonseca reconnaît quant à elle l&#8217;entrelacement entre sa vie réelle et imaginaire et son identification aux victimes absolues, les Juifs de la Shoah. Comment répondre à ces &#171;&#160;faux témoignages&#160;&#187; [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On se souvient de l&#8217;affaire Wilkomirski, il y a à présent l&#8217;affaire Misha Defonseca, auteur de &laquo;&nbsp;Survivre avec les loups&nbsp;&raquo; qui a été produit en film. Defonseca reconnaît quant à elle l&#8217;entrelacement entre sa vie réelle et imaginaire et son identification aux victimes absolues, les Juifs de la Shoah. Comment répondre à ces &laquo;&nbsp;faux témoignages&nbsp;&raquo; dont le nombre augmentera à mesure que les témoins directs disparaitront?</p>
<p>S&#8217;il s&#8217;agit dans un premier temps de déterminer la vérité d&#8217;un témoignage, c&#8217;est-à-dire d&#8217;instruire un procès historique, ces témoins imaginaires entraînent un doute sur l&#8217;ensemble des témoignages au moment même ou les témoins disparaissent. Or d&#8217;une part, le savoir des historiens ne suffira jamais à déterminer avec certitude la vérité d&#8217;une expérience, et en ce sens l&#8217;apport des témoins est indispensable dans la finitude même de leur disparition, mais encore il faut penser que ces témoins imaginaires sont des symptômes de la façon dont l&#8217;Occident a traité la mémoire de la Shoah par une victimologie, une occultation (jusqu&#8217;aux années 80) et ensuite une déferlante d&#8217;identification dont l&#8217;apogée a été la proposition obscène de Sarkozy.</p>
<p>Le fait de s&#8217;identifier aux victimes de la Shoah entretient une certaine complicité structurelle avec ce qu&#8217;elle croit dénoncer. Elle est une forme d&#8217;oubli. Proposition qui semble étrange et pour ainsi dire choquante mais que j&#8217;aimerais expliquer: en s&#8217;identifiant, on passe de la singularité des individus, qui avaient un nom, une vie, un visage qui jamais ne se répéterons, à la généralité d&#8217;un symbole. C&#8217;est ce qui se passe quand par exemple, une personne d&#8217;origine juive explique que ce sont les Juifs qui ont été exterminés, en oubliant par là même qu&#8217;ils n&#8217;étaient tous Juifs qu&#8217;aux yeux des nazis. Un enfant de 2 ans se sent-il Juif? Une personne convertie au catholicisme et ayant un grand-parent Juif, se sent-il Juif? Cette manière de passer de la singularité existentielle à la généralité d&#8217;un symbole, c&#8217;est-à-dire finalement d&#8217;un mot qui concerne toujours plus celui qui parle que ce dont il parle (lorsque je prononce l&#8217;extermination du peuple Juif, je m&#8217;inclue dans ce peuple, je m&#8217;y donne immédiatement une place), oublie la résistance de chaque vie à la subsumation des mots. Cet oubli peut avoir plusieurs formes allant du bon sentiment identificatoire à la folie exterminatoire. Les intentions ne sont bien sûr pas les mêmes, mais les structures sont proches.</p>
<p>C&#8217;est pourquoi chacun souhaite avoir <em>son </em>génocide pour parvenir à déterminer <em>son </em>identité propre. Il y a là un paradoxe, car comment le désir de reconnaissance d&#8217;une disparition peut-il constituer une manière de se définir? C&#8217;est peut-être l&#8217;une des tensions de notre époque, qui fait que les personnes qui ont produits de faux témoignages l&#8217;ont sans doute fait pour se trouver, pour savoir qui ils étaient. Un détour vers soi car donner un nom à la victime disparue, et si possible son propre nom, est une manière de réconcilier cette tension en nous, entre l&#8217;anonyme et la peau, entre le proche et le lointain, entre ce que nous ignorons de nous et ce que nous savons, etc. Bref, la Shoah hante certains parce qu&#8217;ils sont d&nbsp;&raquo;abord hantés par eux-mêmes. L&#8217;identification en ce sens là ne nous rapprocherait en rien du référent (les morts) mais ramenerait ce dernier au sujet que nous sommes.</p>
<p>L&#8217;hypertrophie de la mémoire peut constituer une forme d&#8217;oubli. Dans la mémoire de Shoah il s&#8217;agit sans doute de garder une part d&#8217;oubli, en sachant que nous ne saurons jamais, que quelque chose résiste à notre connaissance. Non une apologie de l&#8217;ignorance ou de je ne sais quel ineffable, mais plutôt le respect, c&#8217;est-à-dire la distance, dû à ceux qui ont disparus. L&#8217;identification consiste souvent à utiliser les morts pour des fins propres. Lorsque le livre de Wilkomirski est sorti, je me souviens de mon émotion, de celle d&#8217;historiens reconnus de la Shoah, de mes amis témoins. Nous avions réussi par ce livre à boucher une lacune, car il contait l&#8217;existence de celui qui justement faisait défaut, un enfant ayant survécu à Maïdanek. Cet enfant, ces enfants sont morts. Ils manquent et si nous souhaitons soulager cette absence ce sera plus pour nous-mêmes que par respect pour eux, ce sera en les oubliant. La seule manière de faire en sorte de ne pas les oublier n&#8217;est donc pas de s&#8217;identifier à eux, de se dire avec pathos &laquo;&nbsp;Si j&#8217;étais né à cette époque&#8230;&nbsp;&raquo;, mais comme l&#8217;a fait Serge Klarsfeld de dresser la liste des noms, des dates de naissance, des lieux d&#8217;habitation et de retrouver une photographie d&#8217;eux, retrouver un visage qui nous regarde plus que nous le regardons.</p>
<p># Stefan Maechler (2001a): The Wilkomirski Affair: A Study in Biographical Truth, Translated from the German by John E. Woods. Including the text of Fragments, New York: Schocken Books, ISBN 0-8052-1135-7<br />
# Blake Eskin: Life in Pieces: The Making and Unmaking of Binjamin Wilkomirski, New York and London: Norton, 2002, ISBN 0-393-04871-3</p>
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		<title>L&#8217;ère du soupçon</title>
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		<pubDate>Thu, 06 Dec 2007 14:32:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y aurait eu une explosion au colis piégé à Paris. La première réaction d&#8217;un lecteur du Monde est :
&#171;&#160;Le+Glaude : D&#8217;après mappy, le 52 se trouve plus haut dans le boulevard Malesherbes ! Je me trouve actuellement à moins de 500m de cet endroit, et je n&#8217;ai entendu ni explosion ni police ni pompiers. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y aurait eu une explosion au colis piégé à Paris. La première réaction d&#8217;un lecteur du Monde est :<br />
&laquo;&nbsp;<strong>Le+Glaude : </strong>D&#8217;après mappy, le 52 se trouve plus haut dans le boulevard Malesherbes ! Je me trouve actuellement à moins de 500m de cet endroit, et je n&#8217;ai entendu ni explosion ni police ni pompiers. Etrange&#8230;&nbsp;&raquo;<br />
Dans l&#8217;article du Monde ainsi commenté, il est écrit en conclusion:<br />
&laquo;&nbsp;C&#8217;est à cette adresse que se trouvent le cabinet d&#8217;avocats Arnaud Claude et Associés, fondé par le président Nicolas Sarkozy, ainsi que la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Toutefois, aucun lien n&#8217;a à ce stade été établi avec l&#8217;explosion.&nbsp;&raquo;<br />
L&#8217;effondrement de l&#8217;autorité esthétique du journalisme rapportant des phénomènes aux yeux de ceux qui n&#8217;ont rien vu, a pour conséquence le fantasme d&#8217;une esthétique omnisciente, fruit d&#8217;une sensibilité collective. Les journaux avec l&#8217;avènement d&#8217;Internet laisse la place aux lecteurs qui peuvent non seulement faire des remarques (forum) mais également devenir des témoins. Il y a là un mot d&#8217;ordre: devenez le témoin, rapportez votre expérience qui constituerait la preuve, au-delà de l&#8217;autorité centralisée des médias, que ce qui est rapporté s&#8217;est réellement passé.<br />
On ne peut pas toujours répondre à ce mot d&#8217;ordre, même si on est en lieu et place. Une explosion n&#8217;est pas obligatoirement audible à quelques centaines de mètres. D&#8217;ailleurs tout commence par un doute sur l&#8217;adresse même, le 52, non du fait d&#8217;une expérience en lieu et place, mais du fait d&#8217;une différence d&#8217;informations sur un autre site (Mappy). Tout ceci devient étrange, on doute même de l&#8217;existence des faits rapportés. Ce qui est intéressant là n&#8217;est ni de faire une théorie du complot, ni une théorie de l&#8217;ignorance et de la bêtise de la doxa, car les deux sont des discours de vérité. Ce qui nous importe, parce que cela touche par un bord (mais lequel?) à l&#8217;art, c&#8217;est que la réalité même n&#8217;est plus fonction d&#8217;un discours de vérité adéquat, mais d&#8217;une différence, fiction et sensibilité toute à la fois. &laquo;&nbsp;Étrange&#8230;&nbsp;&raquo; ce serait le début d&#8217;un roman, la fiction peut commencer à partir de cette discordance entre ce qui est perçu et la manière dont nous schématisons nos perceptions.<br />
Passons rapidement sur &nbsp;&raquo; aucun lien n&#8217;a à ce stade été établi avec l&#8217;explosion&nbsp;&raquo; qui est une manière négative d&#8217;introduire dans l&#8217;imagination un lien entre la présence de cette fondation et celle du cabinet d&#8217;avocats.</p>
<p>Sur Libé.fr: &laquo;&nbsp;Colis piégé: vos témoignages, vos images&#8230;&nbsp;&raquo;, piégé en effet.</p>
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		<title>Facebook et l&#8217;événement</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Nov 2007 11:20:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a un glissement progressif de Facebook, une transformation subtile des mini-feeds réglée par les internautes eux-mêmes. Pourtant la cohérence de cette modification n&#8217;a été produite par aucun mot d&#8217;ordre explicite, les gens ne se sont pas même passés le mot. C&#8217;est sans doute le fonctionnement interelationnel de ce site qui oblige implicitement à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a un glissement progressif de Facebook, une transformation subtile des mini-feeds réglée par les internautes eux-mêmes. Pourtant la cohérence de cette modification n&#8217;a été produite par aucun mot d&#8217;ordre explicite, les gens ne se sont pas même passés le mot. C&#8217;est sans doute le fonctionnement interelationnel de ce site qui oblige implicitement à ce changement. Tout ce passe comme si le logiciel en ligne Facebook induisait un devenir des comportements, devenir qui standardisé ne relève peut être plus de l&#8217;individuation.</p>
<p><img src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2007/11/officekiss0.jpg" alt="officekiss0.jpg" /><br />
<sup><a href="" onclick="this.target='_self';this.href='#linknote-2157-1';" id="noted-2157-1" title="Office Kiss” by Kristof Wickman, Tyler Peterson and Shaun Owens-Agase">[1]</a></sup></p>
<p><a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/06-facebook-un-systeme-de-surveillance/">Les mini-feeds qui permettaient de retracer une part de l&#8217;existence des utilisateurs</a>, voient leur fonction évoluer et ne plus servir qu&#8217;à diffuser des événements, c&#8217;est-à-dire des faits dont on anticipe la réalisation, par exemple aller à tel endroit, à telle exposition ou concert, appartenir à tel groupe en vue de réaliser telle activité, etc. Que s&#8217;est-il donc passé et pourquoi ce passage de l&#8217;existence publiée en flux à l&#8217;événementialité mondaine?</p>
<p>C&#8217;est là l&#8217;un des effets de ce qu&#8217;on n&#8217;ose pas nommer <em>l&#8217;intelligence collective</em> de Facebook et qu&#8217;on préfererait signaler comme <a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/03-les-information-de-chacun-ou-linteriorisation-du-renseignement/">la censure collective</a> de Facebook, une censure sans doute douce mais généralisée: les internautes modifient la &laquo;&nbsp;privacy&nbsp;&raquo; de leurs profils afin de ne publier sur leurs mini-feeds que ce qu&#8217;ils croyent pouvoir intéresser tous. Et ils font cela en réaction à un <strong>énervement </strong>de voir l&#8217;existence détaillée de leurs amis en ligne. Lire en page d&#8217;accueil de son Facebook, la moindre modification de profil, la moindre activité devant son ordinateur de ses amis mondains ou numériques, c&#8217;est être submergé par ce que j&#8217;ai nommé ailleurs &laquo;&nbsp;la passion des anonymes&nbsp;&raquo;, par une esthétique des multiplicités. Et je sais devant ce déluge que j&#8217;en fais parti, que moi-même je produis de l&#8217;afflux, quelque chose de trop. Je réduis ce que je publie afin que les autres suivent l&#8217;exemple. On voit là toute une relation politique à l&#8217;autre se dessiner, tout un schéma d&#8217;attente et de déception, d&#8217;exemplarité, de subsumation entre le sujet et autrui. Mon action est une prétérition de celles des autres. Plus important peut être ce changement est un retour à la <em>représentation </em>classique: alors que quand je publie mon activité devant mon ordinateur et sur Facebook il y a une identité entre le support de publication et le référent, quand je publie avec Facebook des événements mondains, j&#8217;utilise le support pour un référent externe, et ce support devient donc une représentation en un sens fort.</p>
<p><a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2007/11/593936564-1b9d3415fc.gif" title="593936564-1b9d3415fc.gif" rel="lightbox[2157]"><img src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2007/11/593936564-1b9d3415fc.thumbnail.gif" alt="593936564-1b9d3415fc.gif" height="226" width="226" /></a></p>
<p>Ainsi, le retour à une délimitation assez précise entre le privé et le public, entre l&#8217;intime et le publié, entre l&#8217;invisible et le visible est fondée sur une régulation des flots: je ne veux pas être submergé par le flot de l&#8217;existence des autres, je règle donc les paramètres de la publication de mon propre flot d&#8217;existence. Mon flot devient flux parce qu&#8217;il y a l&#8217;effet d&#8217;une réciprocité entre ce que je demande à l&#8217;autre et ce que je donne de moi-même. Une démocratie logicielle? La relation politique comme refoulement des flots individuels? Bien sûr, une société de contrôle.</p>
<p>ps: L&#8217;une des formes prises par cette transformation est l&#8217;usage de plus en plus fréquent de Facebook pour faire sa publicité personnelle. Des personnes envoient à tout leur carnet d&#8217;adresses une vidéo, publicité pour je ne sais quel événement. La fin de Facebook sera surement liée à ces usages de spam. Nous nous désinteresserons de ce site lorsque nous serons submergés par les egos.
<div class="alt">Notes:
<ol>
<li id="linknote-2157-1"><a href=""></a> Office Kiss” by Kristof Wickman, Tyler Peterson and Shaun Owens-Agase <a href="#noted-2157-1"><strong>&#8617;</strong></a></ol>
</div>
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		<title>Ennemie</title>
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		<pubDate>Fri, 16 Nov 2007 14:39:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esquisse]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[ 
No Access
Visual Access &#8212; ICRC can only look at a prisoner&#8217;s physical condition.
Restricted Access &#8212; ICRC representatives can only ask short questions about the prisoner&#8217;s health.
Unrestricted Access

http://wid.ap.org/documents/detainees/list.html
http://action.aclu.org/site/PageServer?pagename=torturefoia
http://www.wired.com/politics/onlinerights/news/2007/11/gitmo#
http://blog.wired.com/27bstroke6/files/gitmo-sop.pdf
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> <img src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2007/11/gitmo_580x.jpg" alt="gitmo_580x.jpg" /></p>
<p>No Access<br />
Visual Access &#8212; ICRC can only look at a prisoner&#8217;s physical condition.<br />
Restricted Access &#8212; ICRC representatives can only ask short questions about the prisoner&#8217;s health.<br />
Unrestricted Access</p>
<p><span id="more-2148"></span></p>
<p><a href="http://wid.ap.org/documents/detainees/list.html">http://wid.ap.org/documents/detainees/list.html</a><br />
<a href="http://action.aclu.org/site/PageServer?pagename=torturefoia">http://action.aclu.org/site/PageServer?pagename=torturefoia</a><br />
<a href="http://www.wired.com/politics/onlinerights/news/2007/11/gitmo#">http://www.wired.com/politics/onlinerights/news/2007/11/gitmo#</a><br />
<a href="http://blog.wired.com/27bstroke6/files/gitmo-sop.pdf">http://blog.wired.com/27bstroke6/files/gitmo-sop.pdf</a></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Djnaïd, habitant de Gaza</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Oct 2007 14:41:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Je suis comme un fantôme. Pire qu&#8217;un fantôme, je n&#8217;existe pas. Partout où je vais, on me demande des papiers. Et je n&#8217;en ai pas.&#160;&#187;
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&laquo;&nbsp;Je suis comme un fantôme. Pire qu&#8217;un fantôme, je n&#8217;existe pas. Partout où je vais, on me demande des papiers. Et je n&#8217;en ai pas.&nbsp;&raquo;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Le retour des rafles</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/29-le-retour-des-rafles/</link>
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		<pubDate>Sat, 29 Sep 2007 12:15:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[A lire le très intéressant entretien avec le secrétaire général de la Cimade, Laurent Giovannoni.
http://contrejournal.blogs.liberation.fr/mon_weblog/2007/09/giovannoni.html
Approcher les questions de l&#8217;administration et du résultat chiffré comme ce que partage la démocratie et les systèmes totalitaires.
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A lire le très intéressant entretien avec le secrétaire général de la Cimade, Laurent Giovannoni.</p>
<p><a href="http://contrejournal.blogs.liberation.fr/mon_weblog/2007/09/giovannoni.html">http://contrejournal.blogs.liberation.fr/mon_weblog/2007/09/giovannoni.html</a></p>
<p>Approcher les questions de l&#8217;administration et du résultat chiffré comme ce que partage la démocratie et les systèmes totalitaires.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Dépositaires</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/28-depositaires/</link>
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		<pubDate>Fri, 28 Sep 2007 11:29:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Quotidien]]></category>

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		<description><![CDATA[Des gens me parlent, connus ou inconnus. Ils m&#8217;adressent la parole et je les écoute, parfois contre mon gré. La plupart du temps, nous ne nous disons rien ou si peu de choses, nous bavardons, raisonnons, tenons à des points de vue que nous croyons être les nôtres, essayons de paraître plus intelligents que nous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Des gens me parlent, connus ou inconnus. Ils m&#8217;adressent la parole et je les écoute, parfois contre mon gré. La plupart du temps, nous ne nous disons rien ou si peu de choses, nous bavardons, raisonnons, tenons à des points de vue que nous croyons être les nôtres, essayons de paraître plus intelligents que nous ne le sommes sans doute. Nous oublions ce que nous disons à mesure que nous prononçons les mots. Rarement quelque chose se dit, une phrase surprenante qui concerne celui qui le dit et qui souvent engage celui qui entend. Certaines phrases construisent notre mémoire.</p>
<p>Cela peut être un projet d&#8217;existence, &laquo;&nbsp;Faisons un enfant&nbsp;&raquo;, un nouveau concept encore indistinct qui va germer ou une position, c&#8217;est-à-dire l&#8217;affirmation parfois brutale d&#8217;un rapport à soi donné dans la parole à l&#8217;autre. Ce que je nomme ici position est souvent incompréhensible pour un auditeur extérieur car elle engage une grande partie de la relation intime entre deux personnes, le corps même, et emporte avec elle des implicites qui ne sont pas toujours reconnus comme tels.</p>
<p>Donc voici une phrase &laquo;&nbsp;De toute façon, jamais je ne lui pardonnerais&nbsp;&raquo;. Nous n&#8217;en expliquerons pas précisément le contexte ni le sens. C&#8217;est une phrase-position très dure, exprimée à la suite de la tentative de suicide d&#8217;une personne proche. Cette phrase a été dite au téléphone, à distance. Elle vous a fait vomir immédiatement après avoir raccroché le combiné, tellement sa position est compacte, ardue, singulière. Car que voulait-elle dire finalement cette phrase? Je ne lui pardonnerais jamais les raisons de sa tentative de suicide? Je ne lui pardonnerais jamais malgré le fait qu&#8217;elle s&#8217;excuse par cette tentative de suicide? Je ne lui pardonnerais jamais car peu m&#8217;importe cette tentative? Que veut dire ici &laquo;&nbsp;de toute façon&nbsp;&raquo; si ce n&#8217;est cette position à soi, à l&#8217;autre et au pardon? Qu&#8217;est-ce donc alors que le pardon d&#8217;avance refusé, de toute façon, quelque soit les conditions? Pourquoi donner son pardon pour immédiatement après en retirer jusqu&#8217;à la possibilité puisque &laquo;&nbsp;de toute façon&nbsp;&raquo; c&#8217;est impossible? Cette question du pardon n&#8217;est pas simplement un jargon derridien, c&#8217;est une phrase dite, prononcée, exprimée et destinée. Et je garde un doute quant à ce qu&#8217;elle signifie finalement cette phrase car je sais bien, comme chacun, la différence entre l&#8217;intentionnalité de l&#8217;adresse et la capacité de l&#8217;écoute, le décalage entre ce qui se dit de la bouche et ce qui s&#8217;entend des oreilles, cet écart constitutif de notre relation à l&#8217;autre, des mésententes et des désaccords, des &laquo;&nbsp;inentendus&nbsp;&raquo; et des répétitions.</p>
<p>Cette phrase, une phrase, est prononcée et vous vivez avec pendant des années. Ce n&#8217;est pas une obsession mais vous y pensez un peu chaque jour parce qu&#8217;elle vous a marqué. C&#8217;est un de ces phénomènes qui accompagne votre existence, le matin en se levant, dans la journée parfois. Tout ce petit tissu de mémoire que chacun porte en soi. Vous êtes surpris d&#8217;avoir aimé une personne qui a un moment a pu dire une telle phrase. Vous vous reprenez: le moment de l&#8217;amour et le moment de cette phrase n&#8217;étaient pas identiques. Mais il n&#8217;y a pas de fin de partie avec cette phrase que vous vous répétez un peu, un tout petit peu chaque jour, car il y a le &laquo;&nbsp;de toute façon&nbsp;&raquo; qui justement engage un infini, quelque chose d&#8217;irrémédiable. Peu importe les façons dont vous vous y prendrez, il n&#8217;y aura aucun pardon. Fin de partie qui engage une (autre) partie infinie. Refuser le pardon est encore une promesse de tenir.</p>
<p>Donc cette phrase vous en êtes dépositaire. Elle revient. Vous l&#8217;analysez certes, mais ce qui importe c&#8217;est que vous sentez qu&#8217;elle pointe vers ce qui de l&#8217;autre et de vous fait écart, fait distance, infiniment. Cette phrase est terrible, elle est pour vous le mal, égoïsme face à l&#8217;autre radicalement démuni, en risque concret de mort, palpitation du vivant qui encore tient, de toute façon. Elle rature pour vous l&#8217;éthique de l&#8217;oubli de soi quand il y a le risque d&#8217;une telle disparition: ne pas penser à soi quand l&#8217;autre se meurt, s&#8217;oublier absolument. On n&#8217;apprend à vivre que de cette possibilité de mort. Vous reconnaissez l&#8217;idéalisme d&#8217;une telle position, le &laquo;&nbsp;de toute façon&nbsp;&raquo; de cette posture, mais elle engage votre action. Vous vous êtes toujours comporté de cette manière, alors peu importe.</p>
<p>Un jour, à sa demande, vous lui reparlez de cette phrase, vous lui répétez. Elle ne s&#8217;en souvient pas. Elle ne l&#8217;a jamais dite. Vous l&#8217;avez inventé. Vous êtes sûr de vous. Elle a été dites, prononcée. Vous n&#8217;avez pas de preuve écrite, mais vous vous en souvenez, elle non. Le doute ne peut pas être levé, incertitude sur le contenu de ce qui a été dit parce que ce qui engage un destinataire et un destinateur dans l&#8217;acte même du langage est cette incertitude entre ce que j&#8217;envois (et dont je ne suis pas même sûr, le langage est un héritage et une intentionnalité) et ce que je reçois (et qui varie selon les époques où je me rémémore ce qui m&#8217;a été dit). Et à quoi sert une &laquo;&nbsp;déposition&nbsp;&raquo; si ce n&#8217;est justement régler une bonne fois pour toute ce qui a été dit? La déposition est une trace écrite, reconnue par une autorité qui peut après-coup répéter ce qui a été dit en donnant la preuve que cela a bien été dit. La déposition règle le différentiel des mémoires, ce dont je me souviens ce n&#8217;est pas ce dont tu te souviens. Et cette différence engage toute le champ socio-politique dans un paradoxe, il est ce qui oblige à être avec les autres et ce qui le refuse.</p>
<p>Un jour vous êtes devenu le dépositaire d&#8217;une parole qui n&#8217;était pas la vôtre. Vous êtes le seul à vous en rappeler. Celle qui l&#8217;a dite ne s&#8217;en souvient pas et vous ne pouvez pas mettre cela sur le compte d&#8217;un refoulement, c&#8217;est-à-dire d&#8217;un oubli qui constitue encore une intentionnalité, certes dissimulée mais signifiante. Vous êtes le dépositaire de ce &laquo;&nbsp;toute façon&nbsp;&raquo;, c&#8217;est vous qu&#8217;il engage, pas l&#8217;autre. Il y a les positions qui expriment le lieu de l&#8217;autre dit par l&#8217;autre. Il y a les dépositions qui déposent un lieu dans un espace reconnu par une autorité qui sera à même de répéter ce lieu, de le représenter. Il y a enfin les &laquo;&nbsp;positaires&nbsp;&raquo; qui sont des paroles destinées et répétées par celui qui les entend dans l&#8217;oubli de celui qui les a dites. La relation entre les positions, les dépositions et les positaires définissent le différentiel du langage en tant qu&#8217;il est expression et écoute.</p>
<p>Nous ne cessons d&#8217;être les dépositaires les uns des autres. Nous sommes la parole oubliée par l&#8217;autre qui revient. Nous sommes des revenants, et ce n&#8217;est pas même nous qui revenons.</p>
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		<title>L&#8217;expert et les amateurs</title>
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		<pubDate>Thu, 20 Sep 2007 13:03:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Avec l&#8217;émergence du réseau Internet, de nouvelles formes de constitution de la connaissance sont apparues. Si elles miment encore les règles de la connaissance encyclopédique dans Wikipedia par exemple, les articles devant être recoupés d&#8217;autres publications et sources, il ne fait pas de doute que c&#8217;est tout l&#8217;édifice typologique (qui fait quoi?) de la culture [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2007/09/drywall3-custom.jpg" alt="drywall3-custom.jpg" /></p>
<p>Avec l&#8217;émergence du réseau Internet, de nouvelles formes de constitution de la connaissance sont apparues. Si elles miment encore les règles de la connaissance encyclopédique dans Wikipedia par exemple, les articles devant être recoupés d&#8217;autres publications et sources, il ne fait pas de doute que c&#8217;est tout l&#8217;édifice typologique (qui fait quoi?) de la culture qui est transformé par le rôle croissant des amateurs d&#8217;une façon que nous avons encore du mal à anticiper.</p>
<p>Dans ce cas, comme dans beaucoup, la sphère artistique peut servir de symptôme à une situation sociologique plus étendue.  Ainsi, la structure classique de l&#8217;exposition est mise en jeu par ces nouvelles formes culturelles. Le <strong>commissaire </strong>est celui qui choisi les oeuvres selon un axe, une thématique, une problématique, une théorie. Les travaux artistiques sont sélectionnés au regard d&#8217;une finalité fixée par le commissaire qui est réputé être un expert en une matière donnée. L&#8217;<strong>expert </strong>c&#8217;est celui qui a autorité sur quelque chose du fait d&#8217;une expérience (<em>expertus</em>, qui a éprouvé), qui est habile (<em>peritus</em>) de quelque manière. L&#8217;action du commissaire consiste à sélectionner, à distinguer le vrai du faux, le beau du laid, et ceci grâce à une échelle de valeur déterminée de façon théorique et langagière. L&#8217;expert va classer des langages par rapport à un <strong>métalangage</strong> qui surplombe les langages singuliers et qui est en ce sens une extériorité lui permettant d&#8217;observer du dehors le dedans de façon juste c&#8217;est-à-dire &laquo;&nbsp;neutre&nbsp;&raquo;. Il règle le différend esthétique en répondant à la question: Que percevoir?</p>
<p>A une époque où le niveau de scolarisation augmente, où les ouvrages sont accessibles, où le niveau de connaissance s&#8217;accroît, où les disciplines se multiplient et se spécialisent, on peut s&#8217;interroger sur le bien-fondé du métalangage  de l&#8217;expert-commissaire. Qui peut aujourd&#8217;hui se revendiquer d&#8217;une connaissance assez forte pour faire des choix? Qui a éprouvé l&#8217;art de manière à proposer son regard, sa problématique, sa thématique à la sensibilité d&#8217;un public? Il va de soi que le rôle du commissaire est hérité des siècles passés et est solidaire de <strong>l&#8217;espace neutre de la galerie</strong> et du musée. L&#8217;autorité du commissaire est fonction de la monstration dans un espace sacré qui suspend les réflexes sociaux. Et si la modernité avait déjà questionné cette autorité, on peut s&#8217;interroger à présent pour savoir comment une telle structure autoritaire pourrait être à même de simplement écouter ce qui arrive aujourd&#8217;hui. Est-il possible que l&#8217;expert, du fait de sa structure langagière même, puisse donner à voir au public une époque qui met justement en cause le rôle de toute autorité?</p>
<p>Cette contradiction est sans doute la cause de <a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/16-art-academique-et-art-contemporain/">l&#8217;académisme</a> croissant dans le champ de l&#8217;art contemporain. De nombreuses expositions ne font que répéter une époque déjà passée qui persiste sans doute mais seulement comme une ombre. De sorte que les travaux artistiques choisis le sont seulement comme une confirmation d&#8217;une autorité simplement survivante.</p>
<p>Ne faudraut-il pas alors proposer de nouvelles façons d&#8217;opérer dans le champ artistique? Si l&#8217;on veut être attentif aux phénomènes contemporains, n&#8217;est-il pas indispensable dans un premier temps de défaire ses habitudes de commissariat, de déconstruire cette autorité langagière, et d&#8217;ouvrir simplement la discussion à la limite de sa connaissance? Ne faudrait-il pas chercher dans les oeuvres, non une confirmation d&#8217;une théorie préexistante, mais un défi lancé à celle-ci?</p>
<p>La notion qui s&#8217;oppose à l&#8217;expert est <strong>l&#8217;amateur</strong>. Si l&#8217;expert est au singulier, les <a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/28-la-notion-damateur-au-xxieme-siecle/">amateurs</a> sont au pluriel, ce sont des multiplicités car avec eux aucun langage ne vient prendre le dessus sur un autre, et ceci avec bien sûr les risques de cacophonie, de répétition, d&#8217;incompréhension et d&#8217;échec. L&#8217;amateur est celui qui a un goût vif pour une chose et qui n&#8217;en fait pas profession. C&#8217;est aussi celui qui a un talent médiocre. Amateur provient d&#8217;<em>amatore</em> qui signifie amour. Personne ne reconnaît l&#8217;autorité d&#8217;un amateur, c&#8217;est l&#8217;amateur qui décide de son affinité avec un objet donné.</p>
<p>Toutefois la notion d&#8217;amateur s&#8217;enrichit depuis 20 ans au moins de dimensions pratiques inconnues et ceci grâce à l&#8217;usage du numérique. Le modèle de l&#8217;amateur est le <strong>DJ</strong> qui àl&#8217;origine n&#8217;est pas un musicien mais passe simplement des disques dans une fête. Or le DJ est devenu progressivement un producteur de nouvelles musiques en mélangeant des musiques existantes, en les retravaillant par les techniques analogique et numérique. Il a inventé une nouvelle topologie, le <em>home studio</em>, qui vient remplacer l&#8217;atelier, c&#8217;est-à-dire un espace qui était uniquement dédié à l&#8217;exercice d&#8217;une profession. Le <em>home studio</em> met en jeu la frontière entre la vie du domicile et la vie professionnelle. Pourquoi écrire de nouvelles musiques quand il existe déjà un stock si important? Pourquoi en ajouter alors qu&#8217;avec ce que nous avons sous la main, stock de mélodies, de notes et d&#8217;instruments quelconques, nous pouvons en produire de nouvelles? Le DJ répond au sentiment d&#8217;épuisement face à la <a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/13-loeuvre-dart-a-lepoque-de-sa-reproductibilite-technique-walter-benjamin/">reproductibilité culturelle</a>.</p>
<p>Le modèle de l&#8217;amateur inventé par le DJ s&#8217;étend à présent dans les arts visuels: pourquoi ajouter encore des images alors que le stock est déjà important? <a href="http://incident.net/works/flussgeist/">Notre rôle ne serait-il pas à présent de simplement articuler des images déjà existantes et de montrer que c&#8217;est dans cette réarticulation qu&#8217;une esthétique nouvelle s&#8217;invente</a>? Et ce n&#8217;est pas simplement un mélange d&#8217;images diverses redevables de la tradition du collage et du <em>stock footage</em>, car l&#8217;usage de l&#8217;ordinateur permet de coder, c&#8217;est-à-dire de mettre en langage des variables dont l&#8217;expression formelle n&#8217;est pas l&#8217;expression d&#8217;une volonté individuelle, celle de l&#8217;artiste, mais la <a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/19-flux-entre-fiction-et-narration/">variation</a> autour d&#8217;une intentionnalité plus vague, plus générale, moins déterminée qui est celle d&#8217;une écriture de code qui rend possible sans rendre nécessaire d&#8217;avance les formes données à la perception.</p>
<p>L&#8217;amateur est celui qui aime et dont l&#8217;amour fait trembler la distinction entre l&#8217;observation de l&#8217;objet aimé et la création de celui-ci. L&#8217;amateur est celui qui en répétant, et on connaît la relation du désir à la répétition, produit une différence qui est individuation: prendre une image la mettre dans un nouveau contexte pour la modifier. Cette pratique est celle inaugurée par le salon des <em>Incohérents </em>et à sa suite par <strong>Marcel Duchamp</strong>, et remarquons qu&#8217;elle n&#8217;est pas sans rapport avec la technique. Le <a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/26-todo-et-readymade/">readymade</a> c&#8217;est un objet manufacturé le plus souvent, parce que cette standardisation de la production est aussi une répétition différentielle, tout comme le désir de l&#8217;amateur. Marcel Duchamp pourra être à sa manière le modèle de l&#8217;amateur et ceci en deux sens: il a refusé de faire de l&#8217;art son métier, lors d&#8217;une discussion il ne s&#8217;opposait jamais à son interlocuteur sans doute parce qu&#8217;il ne croyait pas à l&#8217;autorité et au métalangage de l&#8217;expert.</p>
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		<title>Facebook et la logique de la propriété privée</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Sep 2007 12:44:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Quotidien]]></category>

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		<description><![CDATA[Vous avez sans doute remarqué que toutes les pages de Facebook sont sous copyrigth. On peut s&#8217;interroger sur le statut des médias hébergés sur ce site. On sait combien les industries ont été déstabilisées par le caractère &#171;&#160;immatériel&#160;&#187;, fluide et reproductible des données numériques. Il se pourrait bien que la réponse à ce trouble consiste [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2007/09/facebook1.gif" alt="facebook1.gif" /></p>
<p>Vous avez sans doute remarqué que toutes les pages de Facebook sont sous copyrigth. On peut s&#8217;interroger sur le statut des médias hébergés sur ce site. On sait combien les industries ont été déstabilisées par le caractère &laquo;&nbsp;immatériel&nbsp;&raquo;, fluide et reproductible des données numériques. Il se pourrait bien que la réponse à ce trouble consiste à homogénéiser la propriété, à insister sur cette question et à faire en sorte que les internautes deviennent les fournisseurs de médias qui en échangent d&#8217;un hébergement cèdent leurs droits sur les médias. Car à qui appartient mes photos, mes sons, mes vidéos une fois hébergés sur ce site? Que veut dire alors &laquo;&nbsp;être hébergé&nbsp;&raquo;? De quelle hospitalité cet hébergement est-il redevable?</p>
<p>On peut radicaliser cette question en se demandant ce qui adviendra quand, ayant déposé ma vie durant des médias sur des sites Internet, je mourrais. Ces données seront les traces subsistantes de mon existence. Appartiendront-elles à mes descendants? Resterons-t-elle la propriété des entreprises qui les hébergent? Bref qui pourra revendiquer, et de quels droits, toute cette mémoire? N&#8217;est-ce pas là un phénomène de privatisation de nos existences sur une échelle jusqu&#8217;alors inconnue? Et si jour après jour nous renseignons ces sites, nous fournissons des données, dévorateurs que chacun d&#8217;entre nous est de médias, nous ne pensons pas encore que ceux-ci nous survivront et changeront ainsi de statut. Il y a comme une appropriation de ceux qui ont été, car quand je dépose un média n&#8217;y-a-t-il pas en arrière-plan quelque chose de ma finitude, de la conscience que ce moment inscrit sur des données fuit déjà, et qu&#8217;en le déposant, en le rendant ainsi accessible j&#8217;accède dans la répétition à cette fuite?</p>
<p>Il y a encore à remarquer dans Facebook un autre modèle intéressant. Celui de la vie privée: &laquo;&nbsp;Privacy&nbsp;&raquo; qu&#8217;on peut régler en rendant accessible ou pas certaines modifications des données: profil, recherche, feeds, message et requête, applications. La vie privée devient alors ce que je décide de rendre accessible et à qui: ceux que je connais, les inconnus, personne. Elle devient principalement structurée par le langage.</p>
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		<title>Le chiffre du corps étranger</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Sep 2007 13:28:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Citations]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Des tests génétiques pour le regroupement familial
&#171;&#160;Les députés ont franchi un pas, mercredi 12 septembre, dans la gestion de l&#8217;immigration : la commission des lois de l&#8217;Assemblée nationale a adopté un amendement autorisant le recours aux tests ADN lors de la délivrance des visas de plus de trois mois. &#171;&#160;En cas de doute sérieux sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-954621,0.html?xtor=RSS-3208" target="_blank">Des tests génétiques pour le regroupement familial</a></p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Les députés ont franchi un pas, mercredi 12 septembre, dans la gestion de l&#8217;immigration : la commission des lois de l&#8217;Assemblée nationale a adopté un amendement autorisant le recours aux tests ADN lors de la délivrance des visas de plus de trois mois. &laquo;&nbsp;En cas de doute sérieux sur l&#8217;authenticité de l&#8217;acte d&#8217;état civil&nbsp;&raquo;, les agents diplomatiques ou consulaires pourront &laquo;&nbsp;proposer&nbsp;&raquo; au demandeur d&#8217;un visa &laquo;&nbsp;d&#8217;exercer, à ses frais, la faculté de solliciter la comparaison de ses empreintes génétiques aux fins de vérification d&#8217;une filiation biologique déclarée&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;</p></blockquote>
<p><img src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2007/09/blog-genetik.jpg" alt="blog-genetik.jpg" /></p>
<p>Donc ils vont tester génétiquement les immigrés et définir la famille selon ce fameux code.  Ce serait fait, peut-être maintenant, peut-être plus tard. Cela aura lieu. Cela a eu lieu déjà.</p>
<p>L&#8217;extériorité, l&#8217;étranger, le dehors peut être quantifié, modélisé, identifié. Il ne s&#8217;agit pas de l&#8217;accueillir de façon inconditionnelle parce qu&#8217;il est inanticipable, parce qu&#8217;il est justement ce qui vient, l&#8217;à venir, mais de le recevoir en définissant sa recevabilité, s&#8217;il correspond aux critères définis par le dedans.</p>
<p>La première étape était de le quantifier économiquement, de savoir s&#8217;il correspondait au marché du travail, de l&#8217;associer à un chiffre, à une rentabilité. Dictature de l&#8217;économie qui semble incontestabe aujourd&#8217;hui. Logiquement ce chiffre vient se greffer maintenant sur le corps, pas seulement sur une action du corps (le travail), mais aussi sa filiation, ses origines, son devenir. La famille devient génétique, avoir des enfants c&#8217;est se reproduire, c&#8217;est une activité de brassage génétique.</p>
<p>Ils ont enfin trouvés le chiffre (au sens du code) des corps étrangers. Après les avoir ouverts, disséqués, tués, ils ont enfin inventés le secret de ces corps. Ils pourront maintenant les lire et dire à haute voix ce qu&#8217;ils cachent.</p>
<p>Retour à l&#8217;identité (elle n&#8217;avait jamais quitté la hantise politique), retour de la Terreur, à celle du corps en tant qu&#8217;elle se réduit à une entreprise techno-scientifique. Ce qui est intéressant là est que la techno-science ne permet pas d&#8217;approcher les phénomènes mais les construit de part en part. C&#8217;est performatif. Car la relation familiale peut-elle, doit-elle se définir par le génétique? Es-ce là sa vérité? Et à quoi pensez-nous (à quoi pensent-ils? car je ne serais jamais avec eux même hypothétiquement) quand ils estiment avec un tel test dire la vérité familiale, détenir l&#8217;ultime preuve, prononcer le dernier mot, comme si la discussion sur ce qu&#8217;est une famille pouvait avoir une fin, comme si justement avoir des enfants, des parents, des ancêtres et des descendants, comme si cela pouvait s&#8217;arrêter. En donnant le dernier mot de la filiation, on commence à exterminer et on peut être sûr que celle-ci passera à l&#8217;acte, de symbolique et langagière, elle fera disparaître les corps réels.</p>
<p>La tradition historique de cet amendement est claire: il s&#8217;agit de la doctrine raciale et génétique, de ce qui s&#8217;est inventée en Europe au milieu du XIXe siècle (Godineau, Houston Steward Chamberlain, Vacher de Lapouge ) et que les nationaux socialistes ont appliqués sans avoir tous les moyens dont les politiques, les fonctionaires, la banalité du mal disposent aujourd&#8217;hui.</p>
<p>Voilà où ils en sont. Voilà pourquoi il faudra se battre pour laisser une place à celui qui vient, sans réserve.</p>
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		<title>Hip hop never stop in France!</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/10-hip-hop-never-stop-in-france/</link>
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		<pubDate>Mon, 10 Sep 2007 11:22:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans la lettre de mission adressée par le président à la ministre de la culture:
&#171;&#160;Veiller à ce que les aides publiques à la création favorisent une offre répondant aux attentes du public.&#160;&#187;
Yo!
Bon moi je vais écouter Break machine pour me détendre.
ou dans un autre genre
et puisqu&#8217;on y est
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans la lettre de <a href="http://www.elysee.fr/elysee/elysee.fr/francais/interventions/2007/juillet/lettre_de_mission_du_president_de_la_republique_adressee_a_mme_christine_albanel_ministre_de_la_culture_et_de_la_communication.79213.html" target="_blank">mission adressée</a> par le président à la ministre de la culture:</p>
<p>&laquo;&nbsp;Veiller à ce que les aides publiques à la création favorisent une offre répondant aux attentes du public.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Yo!</p>
<p>Bon moi je vais écouter <a href="http://www.dailymotion.com/video/xmbc_break-machine-street-dance" target="_blank">Break machine</a> pour me détendre.</p>
<p><a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/10-hip-hop-never-stop-in-france/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<p>ou dans un autre genre</p>
<p><a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/10-hip-hop-never-stop-in-france/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<p>et puisqu&#8217;on y est</p>
<p><a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/10-hip-hop-never-stop-in-france/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Facebook, un système de surveillance</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/06-facebook-un-systeme-de-surveillance/</link>
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		<pubDate>Mon, 06 Aug 2007 00:17:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour revenir à un précédent article, Facebook apparaît bel et bien comme un système de surveillance pour l&#8217;instant restreint à un réseau social donné mais qui à n&#8217;en point douter s&#8217;étendra à l&#8217;avenir à un ensemble plus grand de la communauté.
Les mini-feeds d&#8217;un profil Facebook sont fascinants. C&#8217;est là qu&#8217;apparaît l&#8217;ensemble des activités d&#8217;un réseau: [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2007/08/this-custom.jpg" alt="this-custom.jpg" /></p>
<p>Pour revenir à un <a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/03-les-information-de-chacun-ou-linteriorisation-du-renseignement/">précédent article</a>, Facebook apparaît bel et bien comme un système de surveillance pour l&#8217;instant restreint à un réseau social donné mais qui à n&#8217;en point douter s&#8217;étendra à l&#8217;avenir à un ensemble plus grand de la communauté.</p>
<p>Les <strong>mini-feeds</strong> d&#8217;un profil Facebook sont fascinants. C&#8217;est là qu&#8217;apparaît l&#8217;ensemble des activités d&#8217;un réseau: l&#8217;extension ou la diminuation de ce réseau (qui est devenu &laquo;&nbsp;ami&nbsp;&raquo; avec qui), les activités propres à Facebook comme l&#8217;ajout ou le retrait d&#8217;une application, bref<strong> la mutualisation de toutes les modifications</strong> faites sur son profil et sur ceux qui font partis de notre réseau. Il devient dès lors possible de reconstituer heure par heure la dépendance des uns et des autres quant au réseau. Par réseau nous n&#8217;entendons pas ici Internet mais plutôt la fonction sociologique propre à Facebook, un réseau d&#8217;amis.</p>
<p>Nous revenons ainsi à la question qui lie aujourd&#8217;hui au sein d&#8217;Internet <strong>la politique et l&#8217;amitié</strong>, à cette ancienne question aristotélicienne de l&#8217;amitié. Pourquoi la puissance économique d&#8217;Internet fonde-t-elle aujourd&#8217;hui une grande partie de son discours sur l&#8217;amitié? Est-ce réductible  à une <strong>économie de l&#8217;accès </strong>telle que Jeremy Rifkin l&#8217;a thématisé? S&#8217;agit-il simplement pour une entreprise comme Facebook de pénétrer le champ de l&#8217;intimité et de l&#8217;amitié pour ainsi intégrer une économie a ce qui jusqu&#8217;alors s&#8217;y dérobait (l&#8217;amitié représentait la gratuité)? Et cette visée économique essayant d&#8217;étendre l&#8217;empire du calculable et du vendable à l&#8217;ensemble de notre expérience, n&#8217;est-elle pas elle-même suspendue à quelque chose de plus grand et de plus originaire? Ne s&#8217;agit-il pas là de l&#8217;ambivalence, déjà pointée par Aristote puis surlignée par Jacques Derrida, de l&#8217;amitié elle-même?</p>
<p>Qu&#8217;on s&#8217;en approche de plus près et on remarquera au passage que le titre même de ce site, Facebook, doit nous mener à penser. <strong>Le livre des visages</strong>? Le visage des livres? Qu&#8217;est-ce donc que cette relation entre le livre, c&#8217;est-à-dire entre un support d&#8217;inscription et d&#8217;archive, et l&#8217;expérience du visage dont les expressions changent et ne s&#8217;inscrivent que l&#8217;espace d&#8217;un instant temporaire? Facebook n&#8217;est-il pas la tentative de fixer enfin le devenir des visages, un peu lorsque nous croisons mille et un visages dans la rue, avec chacun leurs identités, leurs expériences, leurs émotions et que nous ressortons de cette expérience quotidienne nous-même bouleversé de cette <strong>passion de l&#8217;anonyme</strong>?</p>
<p><img src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2007/08/peopleso-custom.jpg" alt="peopleso-custom.jpg" /></p>
<blockquote><p>Le visage est signification, et signification sans contexte. Je veux dire qu&#8217;autrui dans la rectitude de son visage, n&#8217;est pas un personnage dans un contexte. D&#8217;ordinaire, on est un &laquo;&nbsp;personnage&nbsp;&raquo; : on est professeur à la Sorbonne, vice-président du Conseil d&#8217;Etat, fils d&#8217;un tel, tout ce qui est dans le passeport, la manière de se vêtir, de se présenter. Et toute signification, au sens habituel du terme, est relative à un tel contexte : le sens de quelque chose tient dans sa relation à autre chose. Ici, au contraire, le visage est sens à lui seul. Toi, c&#8217;est toi. En ce sens, on peut dire que le visage n&#8217;est pas &laquo;&nbsp;vu&nbsp;&raquo;. Il est ce qui ne peut devenir un contenu, que votre pensée embrasserait ; il est l&#8217;incontenable, il vous mène au-delà <sup><a href="" onclick="this.target='_self';this.href='#linknote-2011-1';" id="noted-2011-1" title="Emmanuel Levinas, Ethique et infini, Fayard, 1982, p.91">[1]</a></sup></p>
<p>Le visage se refuse à la possession, à mes pouvoirs. Dans son épiphanie, dans l&#8217;expression, le sensible, encore saisissable se mue en résistance totale à la prise. Cette mutation ne se peut que par l&#8217;ouverture d&#8217;une dimension nouvelle. En effet, la résistance à la prise ne se produit pas comme une résistance insurmontable comme dureté du rocher contre lequel l&#8217;effort de la main se brise, comme l&#8217;éloignement d&#8217;une étoile dans l&#8217;immensité de l&#8217;espace. L&#8217;expression que le visage introduit dans le monde ne défie pas la faiblesse de mes pouvoirs, mais mon pouvoir de pouvoir. Le visage, encore choses parmi les choses, perce la forme qui cependant le délimite. Ce qui veut dire concrètement : le visage me parle et par là m&#8217;invite à une relation sans commune mesure avec un pouvoir qui s&#8217;exerce, fût-il jouissance ou connaissance <sup><a href=".</blockquote" onclick="this.target='_self';this.href='#linknote-2011-2';" id="noted-2011-2" title=" - Emmanuel Levinas, Totalité et infini, Martinius Nijhoff, 1961, p.172 ">[2]</a></sup>
<div class="alt">Notes:
<ol>
<li id="linknote-2011-1"><a href=""></a> Emmanuel Levinas, Ethique et infini, Fayard, 1982, p.91 <a href="#noted-2011-1"><strong>&#8617;</strong></a>
<li id="linknote-2011-2"><a href=".</blockquote"></a>  &#8211; Emmanuel Levinas, Totalité et infini, Martinius Nijhoff, 1961, p.172  <a href="#noted-2011-2"><strong>&#8617;</strong></a></ol>
</div>
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		<title>Un monde in-forme</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/05-monde-informe/</link>
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		<pubDate>Sun, 05 Aug 2007 13:45:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Quotidien]]></category>

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		<description><![CDATA[Que s&#8217;est-il passé? Question quotidienne qui se pose au réveil. On flâne sur le site d&#8217;un journal, on regarde les titres. Attente d&#8217;une catastrophe nous rendant un peu plus impuissant. Incapacité d&#8217;agir qui est une proximité du savoir. Conscience d&#8217;un monde dont la causalité est si complexe, que la causalité n&#8217;est plus un moyen de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2007/08/days.jpg" alt="days.jpg" /></p>
<p>Que s&#8217;est-il passé? Question quotidienne qui se pose au réveil. On flâne sur le site d&#8217;un journal, on regarde les titres. Attente d&#8217;une catastrophe nous rendant un peu plus impuissant. Incapacité d&#8217;agir qui est une proximité du savoir. Conscience d&#8217;un monde dont la causalité est si complexe, que la causalité n&#8217;est plus un moyen de comprendre et de se saisir des événements afin de pouvoir agir dessus, mais simplement affirmation de la puissance de la causalité<sup><a href="" onclick="this.target='_self';this.href='#linknote-2004-1';" id="noted-2004-1" title="On aurait bien tort de croire que le monde contemporain est un monde dont les relations de cause à effet se sont absentées. C'est qu'elles sont devenues si complexes, si entrelacées qu'il ne reste plus que l'autoposition de la structure causale. Ce qui était conçu à l'âge classique comme la possibilité d'un savoir ouvrant sur la capacité d'agir du le monde, est devenue un système d'impuissance ou, pour le dire autrement, de contemplation.">[1]</a></sup></p>
<p><img src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2007/08/230193449_84ddb2e303.jpg" alt="230193449_84ddb2e303.jpg" /></p>
<p>Que s&#8217;est-il passé? Contre son gré on cherche l&#8217;événement majeur qui viendrait bouleverser l&#8217;ordre du monde, c&#8217;est-à-dire les relations de causalité dont par ailleurs nous avons du mal à concevoir le sens. Construire le sens du monde passerait justement par une catastrophe, éclairant des rapports de force encore indisctinctes, des pouvoirs aux rapports imprécis, des transactions économiques grises. Il n&#8217;y a bien sûr aucun complot, aucune volonté secrète, aucun plan d&#8217;ensemble, est-ce la peine de le dire?, c&#8217;est pourquoi de nombreux individus rêvent de cet ordre ancien <sup><a href="" onclick="this.target='_self';this.href='#linknote-2004-2';" id="noted-2004-2" title="Le 11 septembre a été le lieu d'une reconstruction performative sur Internet et ailleurs,chercher un sens global à ce qui n'a qu'une signification partielle">[2]</a></sup></p>
<p><img src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2007/08/165886416_036bf0b9e9.jpg" alt="165886416_036bf0b9e9.jpg" /></p>
<p>Le monde est strié de fils, structure matérielle transportant bits et octets. Les flux RSS sont le rêve d&#8217;un monde venant à notre rencontre de façon homogène: un même langage pour des événements disparates. Qu&#8217;en est-il de la terre? En quel sens peut-on parler aujourd&#8217;hui d&#8217;un conflit entre le monde construit et le secret de la terre qui se retire<sup><a href="" onclick="this.target='_self';this.href='#linknote-2004-3';" id="noted-2004-3" title="Michel Haar, Le chant de la terre, L'Herne édit, Paris, 1987">[3]</a></sup> Est-il encore possible de conceptualiser ce conflit comme ce qui est à la source de notre être-au-monde? Avec l&#8217;information <sup><a href="" onclick="this.target='_self';this.href='#linknote-2004-4';" id="noted-2004-4" title="Nous ne savons pas encore très bien ce que c'est que l'information, peut-être est-il de la nature de l'information de ne pas répondre au mot d'ordre platonicien de la définition, c'est-à-dire de la Forme Idéale qui suppose toujours que cette Forme préalable aux objets singuliers soit déterminée, stable et définie avant d'être comme étant. L'information, dans laquelle nous devons entendre le mot forme, ne cesse de se former, elle est en in-formation. L'information met en jeu le langage et en jeu la possibilité même d'une définition.">[4]</a></sup> nous faisons face à un changement radical dans cet être-au-monde, nous nous entretenons quotidiennement avec quelque chose qui appartient au monde en tant qu&#8217;il est configuré, donc à l&#8217;espacement entre la terre et le monde, et qui en même temps n&#8217;est pas déjà formé, ne cesse de se former. Les informations se chassent les unes les autres, le flux de s&#8217;arrête. Est-ce le devenir? Ou ce bal incessant d&#8217;informations est-il un peu au devenir ce que le monde était à la terre?
<div class="alt">Notes:
<ol>
<li id="linknote-2004-1"><a href=""></a> On aurait bien tort de croire que le monde contemporain est un monde dont les relations de cause à effet se sont absentées. C&#8217;est qu&#8217;elles sont devenues si complexes, si entrelacées qu&#8217;il ne reste plus que l&#8217;autoposition de la structure causale. Ce qui était conçu à l&#8217;âge classique comme la possibilité d&#8217;un savoir ouvrant sur la capacité d&#8217;agir du le monde, est devenue un système d&#8217;impuissance ou, pour le dire autrement, de contemplation. <a href="#noted-2004-1"><strong>&#8617;</strong></a>
<li id="linknote-2004-2"><a href=""></a> Le 11 septembre a été le lieu d&#8217;une reconstruction performative sur Internet et ailleurs,chercher un sens global à ce qui n&#8217;a qu&#8217;une signification partielle <a href="#noted-2004-2"><strong>&#8617;</strong></a>
<li id="linknote-2004-3"><a href=""></a> Michel Haar, <em>Le chant de la terre</em>, L&#8217;Herne édit, Paris, 1987 <a href="#noted-2004-3"><strong>&#8617;</strong></a>
<li id="linknote-2004-4"><a href=""></a> Nous ne savons pas encore très bien ce que c&#8217;est que l&#8217;information, peut-être est-il de la nature de l&#8217;information de ne pas répondre au mot d&#8217;ordre platonicien de la définition, c&#8217;est-à-dire de la Forme Idéale qui suppose toujours que cette Forme préalable aux objets singuliers soit déterminée, stable et définie avant d&#8217;être comme étant. L&#8217;information, dans laquelle nous devons entendre le mot <em>forme</em>, ne cesse de se former, elle est en <em>in</em>-formation. L&#8217;information met en jeu le langage et en jeu la possibilité même d&#8217;une définition. <a href="#noted-2004-4"><strong>&#8617;</strong></a></ol>
</div>
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		<title>Les information de chacun ou l&#8217;intériorisation du renseignement</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/03-les-information-de-chacun-ou-linteriorisation-du-renseignement/</link>
		<comments>http://incident.net/users/gregory/wordpress/03-les-information-de-chacun-ou-linteriorisation-du-renseignement/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 03 Aug 2007 11:29:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://incident.net/users/gregory/wordpress/03-les-information-de-chacun-ou-linteriorisation-du-renseignement/</guid>
		<description><![CDATA[Il fut un temps où les informations, ces signes archivables, étaient une denrée précieuse et difficile à constituer pour les pouvoirs politiques. Les systèmes totalitaires au XXème siècle avaient mis en place des systèmes de renseignement[1] coûteux. Ces systèmes avaient comme fantasme, pour une part seulement réalisé, de surveiller chaque individu, de faire en sorte [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il fut un temps où les <strong>informations</strong>, ces signes archivables, étaient une denrée précieuse et difficile à constituer pour les pouvoirs politiques. Les systèmes totalitaires au XXème siècle avaient mis en place des systèmes de <strong>renseignement</strong><sup><a href="" onclick="this.target='_self';this.href='#linknote-2001-1';" id="noted-2001-1" title="On entend ici renseignement comme action d'aller chercher, inventer, compiler des informations. Les services de renseignement sont pour une grande part performatif et trouvent le plus souvent ce qu'ils recherchent car ils le construisent. Habituellement ils sont très actifs en temps de guerre pour s'informer de l'ennemi. Les systèmes totalitaires conçoivent les habitants comme des ennemis. 1984, l'amour est un crime quand il est sans raison  car il s'échappe du contrôle étatique.">[1]</a></sup> coûteux. Ces systèmes avaient comme fantasme, pour une part seulement réalisé, de surveiller chaque individu, de faire en sorte qu&#8217;entre le privé de l&#8217;intimité individuelle et le secret de l&#8217;État il y ait identité, confusion, <strong>fusion</strong>. Les moyens déployés à cette fin étaient énormes et pesaient parfois même sur l&#8217;économie de l&#8217;État. Le coût des informations était alors élevé.</p>
<p><img src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2007/08/north-k4.jpg" alt="north-k4.jpg" /></p>
<p>Le système <strong>libéral </strong>a une autre approche consistant à transformer l&#8217;information en valeur puis à retourner cette valeur sur les individus pour <strong>intégrer le renseignement en chacun</strong> et faire en sorte que la constitution de l&#8217;information comme archive soit quasi-contemporaine de son archivage. Ainsi une industrie quelconque, l&#8217;industrie musicale, qui gagne en valeur grâce à la vente d&#8217;un objet donné (le vynile, la cassette, le CD), l&#8217;information utile est diffusée sur un support numérique (le réseau) et perd de sa valeur, puis remis à sa juste valeur sur un réseau marchand (Itunes) pour qu&#8217;enfin un Citizen Kane contemporain, Murdoch, puisse constituer une base de données de morceaux gratuits sur <a href="http://myspace.com" target="_blank">Myspace</a> qui est un centre d&#8217;observation et de contrôle de la musique actuelle. Murdoch a réussi a faire en sorte, sans que personne ne s&#8217;en aperçoive, que la diffusion de la musique ne lui coûte rien et qu&#8217;il puisse profiter de retombées indirectes de type publicitaire.</p>
<p><img src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2007/08/north-k2.jpg" alt="north-k2.jpg" /></p>
<p>Il y a là dans cette intériorisation des fonctions de renseignement une structure politique particulière dont l&#8217;efficacité de contrôle est importante. L&#8217;un des symptômes les plus fort de cette intériorisation est sans doute <a href="http://twitter.com/" target="_blank">Twitter </a>où certains internautes écrivent ce qu&#8217;ils sont en train de faire. Au-delà de la technologie utilisée on peut se questionner sur la motivation en jeu dans un tel &laquo;&nbsp;service&nbsp;&raquo;. Qu&#8217;est-ce qui pousse en effet quelqu&#8217;un à marquer et à rendre accessible ce qu&#8217;il est en train de faire au moment où il le fait? Il va de soi que ce qui est ainsi marqué est sans intérêt. Mais là n&#8217;est pas la question, ce que <a href="http://twitter.com/" target="_blank">Twitter </a>valorise comme raison c&#8217;est le réseau social, l&#8217;<strong>amitié</strong>, être visible pour ceux qu&#8217;on connait. &laquo;&nbsp;O philoi, oudeis philos&nbsp;&raquo;  (Aristote). Pourquoi une telle relation aujourd&#8217;hui entre la politique des réseaux et l’amitié ? Justement parce que c’est de l’un qu’il s’agit et surtout du multiple, de la communauté et du partage d’un message duplice, foncièrement piégé, au nom duquel se livrent les guerres ; une amitié au nom de laquelle on ne veut pas d’amis, un Ami qui oblige à renier tous les autres.</p>
<p><img src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2007/08/north-k3.jpg" alt="north-k3.jpg" /></p>
<p>Ou encore: la joie de l&#8217;<strong>anonyme </strong>révélé. C&#8217;est cet affect que j&#8217;avais signalé dans <a href="http://incident.net/works/flussgeist/waiting" target="_blank">Flussgeist: waiting </a>(2006). Au-delà de la poétique que l&#8217;on peut apercevoir dans cette constitution de l&#8217;information il y a ce fait politique majeur: le pouvoir politico-économique met en place des outils de renseignement, chaque habitant informe ces outils afin de rendre visible ce qu&#8217;il est en train de faire. Pour utiliser une image, l&#8217;État construit des bureaux vides et chaque citoyen va chaque jour écrit ce qu&#8217;il a fait (<a href="http://twitter.com/" target="_blank">Twitter</a>), quel est son emploi du temps (Google Calendar), les photos qu&#8217;il a prise (<a href="htpp://flickr.com" target="_blank">Flickr</a>), les gens qu&#8217;il connaît (<a href="http://myspace.com" target="_blank">Myspace</a>, <a href="http://facebook.com">Facebook</a>), etc. Il suffit de déplacer chaque service du web 2.0 sur la grille d&#8217;un système totalitaire pour comprendre la potentialité politique qui est en train d&#8217;émerger. Le coût de l&#8217;information est beaucoup moins élevé et l&#8217;information est plus viable car plus proch de sa source.
<div class="alt">Notes:
<ol>
<li id="linknote-2001-1"><a href=""></a> On entend ici renseignement comme action d&#8217;aller chercher, inventer, compiler des informations. Les services de renseignement sont pour une grande part performatif et trouvent le plus souvent ce qu&#8217;ils recherchent car ils le construisent. Habituellement ils sont très actifs en temps de guerre pour s&#8217;informer de l&#8217;ennemi. Les systèmes totalitaires conçoivent les habitants comme des ennemis. 1984, l&#8217;amour est un crime quand il est sans raison  car il s&#8217;échappe du contrôle étatique. <a href="#noted-2001-1"><strong>&#8617;</strong></a></ol>
</div>
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		<title>La grande muraille de Chine</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/08-la-grande-muraille-de-chine/</link>
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		<pubDate>Sun, 08 Jul 2007 15:36:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.greatfirewallofchina.or" target="_blank"><img src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2007/07/2007-07-08_113529.jpg" alt="2007-07-08_113529.jpg" /></a></p>
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		<item>
		<title>Être (de) gauche</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/02-etre-de-gauche/</link>
		<comments>http://incident.net/users/gregory/wordpress/02-etre-de-gauche/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 02 Jul 2007 14:16:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Citations]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://incident.net/users/gregory/wordpress/02-etre-de-gauche/</guid>
		<description><![CDATA[« C’est d’abord une affaire de perception. Ne pas être de gauche, c’est quoi ? c’est un peu comme une « adresse postale ». Partir de soi, la rue où l’on est, la ville, le pays, les autres pays, de plus en plus loin. On commence par soi et dans la mesure où on est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>« C’est d’abord une affaire de perception. Ne pas être de gauche, c’est quoi ? c’est un peu comme une « adresse postale ». Partir de soi, la rue où l’on est, la ville, le pays, les autres pays, de plus en plus loin. On commence par soi et dans la mesure où on est privilégié et où on est dans un pays riche, on se dit « Comment faire pour que la situation dure ? ». On sent bien qu’il y a des dangers et que cela ne va pas durer. Oulala la Chine …comment faire pour que l’Europe dure encore, etcetera. Etre de gauche, c’est l’inverse. C’est percevoir d’abord le pourtour des choses. Le monde, le continent, l’Europe, la France, la rue de Bizerte, moi. C’est un phénomène de perception, percevoir d’abord l’horizon. Ce n’est pas par générosité, ni par morale, c’est une question d’adresse postale. Tu vois à l’horizon, tu sais simplement que cela ne pourra pas durer, ces milliards de gens qui crèvent de faim et cette injustice absolue. On considère que ce sont là les problèmes à régler. Et ce n’est pas se dire simplement : il faut diminuer la natalité. C’est trouver des arrangements, les agencements mondiaux. Etre de gauche, c’est souvent que les problèmes du tiers monde, sont plus proche de nous que les problèmes de notre quartier. C’est vraiment une question de perception. Pas de belle âme. C’est ça d’abord être de gauche pour moi (&#8230;) La gauche, c&#8217;est l&#8217;ensemble des processus de devenir minoritaires. Donc, je peux dire, à la lettre : la majorité c&#8217;est personne, la minorité c&#8217;est tout le monde. C&#8217;est ça, être de gauche : savoir que la minorité, c&#8217;est tout le monde. Et que c&#8217;est là que se passent les phénomènes de devenir.  C&#8217;est pour ça que tous les penseurs, quels qu&#8217;ils soient, ils ont eu des doutes par rapport à la démocratie des doutes, sur ce qu&#8217;on appelle les élections, etc. Bon, enfin, c&#8217;est des choses très connues.».</p></blockquote>
<p>(Gille Deleuze, <em>Abécédaire</em>)</p>
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		<title>Catégories d&#8217;individus et identités</title>
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		<pubDate>Sun, 24 Jun 2007 13:29:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[La catégorisation est une phénomène banal dont les implications politiques sont profondes. À partir du moment où des individus sont socialisés et travaillent, on a tendance à les considérer selon des catégories en particulier professionnelles. Déjà enfants, on les catégorise comme &#171;&#160;enfant&#160;&#187;.
Dans le domaine culture on parle DES artistes, DES philosophes, DES commissaires d&#8217;exposition, DES [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La catégorisation est une phénomène banal dont les implications politiques sont profondes. À partir du moment où des individus sont socialisés et travaillent, on a tendance à les considérer selon des catégories en particulier professionnelles. Déjà enfants, on les catégorise comme &laquo;&nbsp;enfant&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Dans le domaine culture on parle DES artistes, DES philosophes, DES commissaires d&#8217;exposition, DES médiateurs, etc. On croit ainsi savoir de quoi on parle. Derrière cette catégorisation, mot fétichisé et réifié, se cache un réflexe platonicien préférant considérer les généralités mortes que les individualités vivantes qui pourraient troubler le libre jeu des concepts. On se rassure en généralisant, on croit ainsi tenir son sujet en main mais on ne manie alors que des précompréhensions abusives. Et chacun a ainsi le sentiment de savoir ce qu&#8217;il en retourne quand il parle DES artistes, DES philosophes, DES commissaires d&#8217;exposition, etc. Ce réflexe n&#8217;est pas propre au domaine culturel, on pourrait l&#8217;appliquer à n&#8217;importe quel autre. Le ridicule de cette conceptualisation est le même chez les comptables, les professeurs, les&#8230; Et disant cela nous comprenons comment nous sommes immédiatement enfermés dans ce réflexe que nous même nous utilisons pour le décrire et le déconstruire.</p>
<p>Il faudrait donc avoir l&#8217;humour typologique de Nietzsche et face aux généralisations répondre sous forme de question &laquo;&nbsp;Qui?&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Qui dit cela?&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Qui en particulier?&nbsp;&raquo;.</p>
<p>La forme vulgaire de cette généralisation se retrouve sous des formes plus subtiles dans la réflexion philosophique, dans le désir de dire le vrai, de développer à tout prix sa pensée sans laisser une place à l&#8217;autre, place vacante et incertaine (voir <em>Rudiments païens</em>, Lyotard). Ou encore dans certains discours artistiques: artiste que l&#8217;on rencontre dans un vernissage, dans un bar, chez des amis et qui pendant une certaine durée vous entreprend à propos de l&#8217;art. Il développe des concepts généraux, défend une vision de ce que l&#8217;art doit être, il y a de l&#8217;enthousiasme, peut-être de la verve dans ses mots. Au bout d&#8217;un certain laps de temps, l&#8217;ennui commençant à vous submerger, vous comprenez que ces généralisations maladroites faites au nom du grand Art, ne sont en fait élaborées que pour défendre son propre travail. Bref, qu&#8217;une conceptualisation est faites au nom d&#8217;une singularité. La vulgarité de l&#8217;affaire vous apparaît: combien il faut être sûr de soi, égocentré pour ainsi parler de ce que l&#8217;on tente de faire singulièrement. Quelle prétention il faut avoir pour penser que son travail peut s&#8217;identifier avec ce que l&#8217;art en général , avec ce qu&#8217;il est, avec ce qu&#8217;il doit être, ce qu&#8217;il devrait être. La généralité de l&#8217;art justement n&#8217;existe pas, il faut tout de suite partir quand quelqu&#8217;un prononce ce mot au singulier, fuir quand quelqu&#8217;un critique l&#8217;art contemporain en général sans donner un exemple ou en en donnant quelqu&#8217;uns et en ne comprenant pas que ce ne sont pas des exemples d&#8217;une catégorie supérieure mais simplement des singularités insubsumables, bref que l&#8217;art contemporain cela n&#8217;existe pas.</p>
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		<title>Programme</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/07-programme/</link>
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		<pubDate>Sun, 06 May 2007 23:51:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[
Se lever quand le professeur entre dans la classe.
Soutenir les américains dans leurs conquêtes.
Créer un institut de recherche sur la détection génétique des suicides et des troubles mentaux.
Refuser toute reconnaissance des génocides et massacres perpétués par la France.
Intervenir dans la politique en Afrique.
Revendre les oeuvres de Marcel Duchamp honteusement achetées par les collections nationales.
Faire une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<ol>
<li>Se lever quand le professeur entre dans la classe.</li>
<li>Soutenir les américains dans leurs conquêtes.</li>
<li>Créer un institut de recherche sur la détection génétique des suicides et des troubles mentaux.</li>
<li>Refuser toute reconnaissance des génocides et massacres perpétués par la France.</li>
<li>Intervenir dans la politique en Afrique.</li>
<li>Revendre les oeuvres de Marcel Duchamp honteusement achetées par les collections nationales.</li>
<li>Faire une liste des artistes à revendre pour recapitaliser l&#8217;État.</li>
<li>Réduire la part maximum d&#8217;impôts à 50% quelque soit les revenus de la personne.</li>
<li>Enlever l&#8217;impôt sur les héritages.</li>
<li>Faire des enquêtes sur les individus qui ne veulent pas travailler dans une structure économique quelconque.</li>
</ol>
</blockquote>
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		<title>Symptôme du mot &#171;&#160;art&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Tue, 01 May 2007 22:40:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Après quelques remarques reçues par email, j&#8217;aimerais expliquer pourquoi mon blog porte sur des problématiques artistiques. Il n&#8217;y a en ce choix nulle décision catégorielle ou corporatiste (mon métier). Il n&#8217;y a je l&#8217;espère aucune volonté d&#8217;accorder à l&#8217;art un statut particulier, d&#8217;en faire un objet, qui au nom de je ne sais quelle culture, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après quelques remarques reçues par email, j&#8217;aimerais expliquer pourquoi mon blog porte sur des problématiques artistiques. Il n&#8217;y a en ce choix nulle décision catégorielle ou corporatiste (mon métier). Il n&#8217;y a je l&#8217;espère aucune volonté d&#8217;accorder à l&#8217;art un statut particulier, d&#8217;en faire un objet, qui au nom de je ne sais quelle culture, garderait une autonomie, une hauteur, une importance en faisant un objet propre avec ses spécialistes, ses publications, ses spécialités. Cette question est derrière nous depuis au moin le <em>popart</em>. La production artistique a perdu sa spécificité et son indépendance. Je ne porte donc mon regard sur l&#8217;art (et j&#8217;ai toujours un point d&#8217;interrogation face à ce mot au singulier) qu&#8217;à titre de symptôme, parce que je pense que ce mot (vide de sens) porte souvent en lui des signes plus explicites des tensions et des résistances, des paradoxes et des contradictions de notre époque. Analyser la politique artistique de Sarkosy ce n&#8217;est pas simplement me préoccuper de &laquo;&nbsp;mon&nbsp;&raquo; camp et ne voir les événements politiques qu&#8217;à travers une loupe bien petite, c&#8217;est voir en quoi aujourd&#8217;hui encore le mot art (ce mot vide donc) est porteur d&#8217;un investissement affectif pour chacun d&#8217;entre nous, comme si dès que nous prononcions ce mot tout un univers (notre univers en fait) apparaissait, dans sa densité et dans son inextricabilité. Le mot &laquo;&nbsp;art&nbsp;&raquo; a donc valeur de symptôme, rien de plus. Tout au plus.</p>
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		<title>De l&#8217;influence du postmodernisme sur la campagne présidentielle</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Apr 2007 18:45:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Citations]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Nous conjurerons le pire en remettant de la morale dans la politique, a affirmé Nicolas Sarkozy. Le mot morale ne me fait pas peur. La morale, après 1968, on ne pouvait plus en parler. Pour la première fois depuis des décennies, elle a été au coeur d&#8217;un campagne&#160;&#187;. Une façon de lancer la charge contre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&laquo;&nbsp;Nous conjurerons le pire en remettant de la morale dans la politique, a affirmé Nicolas Sarkozy. Le mot morale ne me fait pas peur. La morale, après 1968, on ne pouvait plus en parler. Pour la première fois depuis des décennies, elle a été au coeur d&#8217;un campagne&nbsp;&raquo;. Une façon de lancer la charge contre &laquo;&nbsp;les héritiers de 1968&#8243;, accusés de &laquo;&nbsp;relativisme intellectuel et moral&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;<strong>il n&#8217;y avait plus aucune différence entre bien et le mal, le beau et le laid, le vrai et le faux, l&#8217;élève valait le maître</strong>&laquo;&nbsp;, a-t-il ironisé.</p>
<p>(Discours de Nicolas Sarkosky 29/04/2007)<br />
<a href="http://www.lemonde.fr/web/article/0">http://www.lemonde.fr/web/article/0</a>,1-0@2-823448,36-903432@51-823374,0.html</p>
<p>&laquo;&nbsp;Le moment est venu d&#8217;interrompre la terreur théorique. C&#8217;est une très grosse affaire que nous allons avoir sur les bras pour un long moment. Le désir du vrai, qui alimente chez tous le terrorisme, est inscrit dans notre usage le plus incontrôlé du langage, au point que tout discours paraît déployer naturellement sa prétention à dire le vrai, par une sorte de vulgarité irrémédiable.&nbsp;&raquo;</p>
<p>(Jean-François Lyotard, Rudiments païens, p. 9, 1977)</p>
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		<title>Politique esthétique de la bêtise à partir du 7 mai</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/28-politique-esthetique-de-la-betise-le-6-mai/</link>
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		<pubDate>Sat, 28 Apr 2007 02:47:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[FOCUS 08 : Artistes aujourd&#039;huienvoy&#233; par sarkozyfr
Rions un peu&#8230;
http://www.artistes4paris.com/aron.php
http://www.fdeverdiere.com
http://www.galerie-carincotte.com/fradet_mounier/galerie_web/index_2.htm
Il ne s&#8217;agit pas de caricaturer les positions artistiques de Sarkosy, toutefois force est de constater l&#8217;incroyable ressentiment de cet entretien qui part d&#8217;une analyse du contexte artistique français totalement absurde. Si les artistes doivent sans doute être plus intégrés aux processus de décision comme c&#8217;est le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div><object width="425" height="335"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/uBiov4Y1mQh2fbWQl"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/uBiov4Y1mQh2fbWQl" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="335" allowfullscreen="true"></embed></object><br /><b><a href="http://www.dailymotion.com/video/x1p1dp_focus-08-artistes-aujourdhui">FOCUS 08 : Artistes aujourd&#039;hui</a></b><br /><i>envoy&eacute; par <a href="http://www.dailymotion.com/sarkozyfr">sarkozyfr</a></i></div>
<p><strong>Rions un peu&#8230;</strong></p>
<p><a href="http://www.artistes4paris.com/aron.php">http://www.artistes4paris.com/aron.php</a><br />
<a href="http://www.fdeverdiere.com">http://www.fdeverdiere.com</a><br />
<a href="http://www.galerie-carincotte.com/fradet_mounier/galerie_web/index_2.htm">http://www.galerie-carincotte.com/fradet_mounier/galerie_web/index_2.htm</a></p>
<p>Il ne s&#8217;agit pas de caricaturer les positions artistiques de Sarkosy, toutefois force est de constater l&#8217;incroyable ressentiment de cet entretien qui part d&#8217;une analyse du contexte artistique français totalement absurde. Si les artistes doivent sans doute être plus intégrés aux processus de décision comme c&#8217;est le cas ici  à Montréal ce n&#8217;est sans doute pas pour tomber dans cette approche réactionnaire.</p>
<p>Ce qui ne cesse d&#8217;étonner est ce discours tourné contre mai 68, comme si décidément nous n&#8217;en avions pas terminé, comme si quelque chose persistait dans le destin de cet événement, comme si nous ne pouvions pas le liquider, un peu à la manière de la Commune de Paris, un peu à la manière de l&#8217;autogestion en Espagne par le Poum, un peu comme tous ces moments où le pouvoir et l&#8217;autorité a laissé place à la puissance des multitudes.</p>
<p>Ce qui ne cesse d&#8217;étonner est la haine face à Marcel Duchamp, lui tranquillement posté au tournant du XXème siècle, avec un sourire en coin.</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>République 2.0</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Apr 2007 13:37:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[La seule chose intéressante lu pendant ces élections:
http://www.desirsdavenir.org/commun/pdf/RapportRocard.pdf
Comment à partir de la question localisée du numérique, Rocard arrive à repenser le modèle politique de représentation démocratique.
Ce n&#8217;est pourtant pas si difficile de penser un peu en politique&#8230; Il suffit de penser.
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La seule chose intéressante lu pendant ces élections:</p>
<p><a href="http://www.desirsdavenir.org/commun/pdf/RapportRocard.pdf">http://www.desirsdavenir.org/commun/pdf/RapportRocard.pdf</a></p>
<p>Comment à partir de la question localisée du numérique, Rocard arrive à repenser le modèle politique de représentation démocratique.<br />
Ce n&#8217;est pourtant pas si difficile de penser un peu en politique&#8230; Il suffit de penser.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>La guerre des esprits géographiques</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Apr 2007 21:07:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Quotidien]]></category>

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		<description><![CDATA[J&#8217;avais déjà signalé que le service cartographique de Google constituait une solution ontologique complète pour investir la terre de nos mémoires individuelles.
Google maps est devenu un hub cartographique grâce à l&#8217;usage des Georss et peut récupérer des flux provenant de différents GIS. Quant à Sketchup qui grâce au format Collada, format qui semble s&#8217;imposer de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;avais déjà <a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/07-google-reality/">signalé</a> que le service cartographique de Google constituait une solution ontologique complète pour investir la terre de nos mémoires individuelles.</p>
<p>Google maps est devenu un hub cartographique grâce à l&#8217;usage des Georss et peut récupérer des flux provenant de différents GIS. Quant à Sketchup qui grâce au format Collada, format qui semble s&#8217;imposer de plus en plus comme le standard 3D, permet d&#8217;intégrer des objets dans l&#8217;espace de Google Earth (il y aurait d&#8217;ailleurs à faire une analyse de l&#8217;usage du mot &laquo;&nbsp;earth&nbsp;&raquo; dans le titre même du logiciel en reprenant et en réactualisant la question  du conflit entre la terre et le monde chez Heidegger).</p>
<p>Aujourd&#8217;hui j&#8217;ai écumé le réseau pour voir comment traduire des données géographiques d&#8217;un logiciel à un autre. Même si différents standards coexistent, la traduction n&#8217;est pas si difficile. Un flux cartographique est rendu possible, un flux convergent avec nos existences, nos expériences qui sont au coeur du web 2.0.</p>
<p>L&#8217;intelligence de Google est de permettre à une communauté d&#8217;utilisateurs, à la manière de Wikipedia, de littérralement peupler la terre en partageant des informations, textes et modèles 3D implentés. Ce peuplement est étrange car tout se passe comme si la terre était vide et se remplissait lentement. Les questions ontologiques et politiques posées par ce peuplement informationelle sont multiples. Il est simplement question ici de pointer un nouvel horizon anthropologique de la terre devenue monde par l&#8217;implémentation d&#8217;informations: quelle relation dans ce cadre entre  la cartographique partagée (et donnée par une entreprise privée) et les mémoires individuelles (annotées par une communauté)?</p>
<p>Ce que Google élabore c&#8217;est un ensemble d&#8217;outils et de fonctions qui peuvent être distincts mais qui interconnectés peuplent un monde donné. Ce monde a encore une vision surplomblante, vision des images satellites, mais ce n&#8217;est que temporaire. On peut s&#8217;interroger pour savoir s&#8217;il s&#8217;agit encore de cartographie car celle-ci a pour objectif habituellement de donner une vision objectale du monde. Avec Google on voit bien que ce peuplement est partagé et que connecté aux blogs, c&#8217;est-à-dire à l&#8217;<a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/12-privatisation/">inscription existentielle</a>, les cartes deviendront des lieux de vie. Il ne s&#8217;agit pas là de dénoncer les &laquo;&nbsp;Simulacres et simulations&nbsp;&raquo; à la manière de Baudrillard, car il n&#8217;y a pas à avoir un rapport naïf (cad identitaire) à la mimésis en distinguant, comme si cette distinction était assurée d&#8217;avance par le bon sens, la carte du territoire. Il y a seulement à prendre nos mondes tels qu&#8217;ils sont, toujours déjà multiples et stratifiés.</p>
<p>Le fait que ce soit une entreprise privée qui s&#8217;occupe de notre monde, tandis que les gouvernements s&#8217;occupent difficilement de la terre, montre combien l&#8217;écart entre celle-ci comme donné écologique, comme biotope, et le monde comme univers superposant des couches symboliques et langagières, s&#8217;est intensifié.</p>
<p>On peut imaginer qu&#8217;il sera possible dans <em>Second Life</em> d&#8217;observer les existences inscrites dans <em>Google Earth</em>, de les observer à distance comme s&#8217;il s&#8217;agissait, et il s&#8217;agit déjà, d&#8217;un autre monde que le nôtre.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Démocratie représentative et multitudes des réseaux</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/23-democratie-representative-et-multitudes-des-reseaux/</link>
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		<pubDate>Fri, 23 Mar 2007 12:54:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://incident.net/users/gregory/wordpress/23-democratie-representative-et-multitudes-des-reseaux/</guid>
		<description><![CDATA[Si on doit éviter l&#8217;utopie bien-pensante du réseau où de prétendus hacktivistes de salon applique les structures décentralisées d&#8217;Internet à l&#8217;avenir de nos sociétés, on peut toutefois penser qu&#8217;Internet dans certaines de ses formes peut offrir certaines réponses à la crise de la démocratie représentative.
Est-il nécessaire de revenir à l&#8217;analyse de cette crise, crise de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2007/03/ivehe10.gif" alt="ivehe10.gif" /></p>
<p>Si on doit éviter l&#8217;utopie bien-pensante du réseau où de prétendus hacktivistes de salon applique les structures décentralisées d&#8217;Internet à l&#8217;avenir de nos sociétés, on peut toutefois penser qu&#8217;Internet dans certaines de ses formes peut offrir certaines réponses à la crise de la démocratie représentative.</p>
<p>Est-il nécessaire de revenir à l&#8217;analyse de cette crise, crise de la mimésis elle-même qui court depuis des siècles, paradoxe d&#8217;une masse devenue peuple par l&#8217;acte révolutionnaire, peuple auquel &laquo;&nbsp;on&nbsp;&raquo; (mais qui est ce on?) accorde un pouvoir qu&#8217;immédiatement on diffère en demandant de déléguer ce dit pouvoir à un nombre restreint d&#8217;individus qui pourront parler ensemble et prendre des décisions dans l&#8217;ordre des voix concertées (&nbsp;&raquo;la chose publique&nbsp;&raquo;, Das Ding). Délégation qui va aller de délégation en délégation, telle une marche toujours déséquilibrée, aucun individu du peuple ne pourra reprendre ce prétendu pouvoir qui était le sien, pour rompre avec la délégation qui devient donc à partir de ce point une simple réification, un pouvoir à jamais délégué.</p>
<p>On connaît bien ce processus et si certains s&#8217;étonnent aujourd&#8217;hui de la désaffection de la représentation passant par le vote, c&#8217;est qu&#8217;ils oublient que ce tour de passe-passe est à l&#8217;oeuvre depuis longtemps, qui est même un mythe fondateur: la masse informe devenue peuple guidée par une idée, la Liberté par exemple marchant sur le peuple redevenu masse informe des mortels (Delacroix).</p>
<p>Ce que propose certaines structures du réseau ce n&#8217;est nullement une sortie hors de la représentation mais seulement de la délégation, nous donnant à penser une démocratie qui ne serait ni délégative ni participative ni directe. Cette dernière est un autre fantasme de notre époque, rêve d&#8217;un lien direct, sans différance, sans écart, sans délai, où la voix de chacun pourrait dire et agir ce qui lui échoit. Mais ce n&#8217;est là que rejouer le même paradoxe de la délégation, car la démocratie directe reste dans l&#8217;horizon platonicien: la démocratie représentative est le moment des figurines portant leurs ombres sur le mur de la caverne, tandis que la démocratie directe serait le moment hors de la caverne pour voir enfin le soleil des Formes Idéales.</p>
<p>Ce que nous propose Internet est peut être plus subtil à approcher, car sa forme est complexe. Il y a de la représentation, mais non de groupe, simplement des multitudes, des individus. Les individus se représentent tandis que les groupes sont tout au plus des &laquo;&nbsp;Zeitgeist&nbsp;&raquo;. Chacun se représente sur Myspace, Second world où ailleurs. Les sites de rencontres eux-mêmes sont un bon exemple des caractérisques de la représentation en réseau car on sait bien qu&#8217;il y a comme un défaut, certains diront une différance: une personne n&#8217;est pas nécessairement ce qu&#8217;elle dit, n&#8217;est pas comme sur la photo qu&#8217;elle donne à montrer. Mais pour autant cette non-dentité n&#8217;est pas le signe du mensonger, car au nom de quelle vérité pourrions-nous même la critiquer, la dénoncer, l&#8217;évaluer. et ce mensonger n&#8217;est-il pas le signe d&#8217;un désir de sa propre présentation? Elle est simplement la possibilité d&#8217;un doute sans valeur de vérité, d&#8217;un doute postmoderne si on enlève de ce concept tout le fratas que des journalistes ont ajouté, si nous retournons au discours joyeux et nietzschéen de Jean-François Lyotard, sortir enfin de la vulgarité du discours à dire la vérité, vulgarité sans doute irrémédiable mais avec laquelle nous pouvons jouer, encore et encore. Donc doute sans discours de vérité.</p>
<p>Et aussi Wikipedia et tant d&#8217;autres comme structure non-délégative capable de représentation, disons d&#8217;imagination (au sens d&#8217;une fabrique des images). C&#8217;est un peu ce que François Roche et ses camarades ont tenté de jouer avec &laquo;&nbsp;I&#8217;ve heard about&nbsp;&raquo;. Il y a des phénomènes d&#8217;émergence, des invidiuations sur le réseau qui ne sont pas simplement individuelles, qui ne sont pas non plus de groupes, mais de relations. Il faudrait alors être à même de penser, et c&#8217;est là le nom donné à un projet à venir, la démocratie de Jacques Derrida (la démocratie comme promesse à jamais différée et sortant ainsi d&#8217;une simple mimésis) avec la démocratie des multitudes des réseaux. Montrer comment la différance de l&#8217;inscription démocratique se (re)joue dans le trouble des imaginations du réseau.</p>
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		<title>Le pouvoir contre l&#8217;art</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Mar 2007 13:28:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Quelques perturbations sur le site Incident et sur mes emails dû au changement de serveur.
Voici l&#8217;explication:
Si on ne peut incriminer l&#8217;état d&#8217;esprit d&#8217;un pays, on ne peut que souligner une situation très française: des décisions prises d&#8217;en haut que ceux d&#8217;en bas subissent avec le sentiment d&#8217;être soumis à un arbitraire dont les motivations restent [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quelques perturbations sur le site Incident et sur mes emails dû au changement de serveur.</p>
<p>Voici l&#8217;explication:</p>
<p>Si on ne peut incriminer l&#8217;état d&#8217;esprit d&#8217;un pays, on ne peut que souligner une situation très française: des décisions prises d&#8217;en haut que ceux d&#8217;en bas subissent avec le sentiment d&#8217;être soumis à un <strong>arbitraire </strong>dont les motivations restent inexpliquées. Cette façon de faire quelque peu divine n&#8217;est pas spécifique au monde de la culture, elle touche toutes les sphères de la société hexagonale et est en quelque sorte sa marque de fabrique. Elle est la cause du fatalisme aujourd&#8217;hui si répandu et du populisme médiatico-politique. On aura beau expliquer que cette manière de faire, qui ne prend pas en compte les désirs de ceux d&#8217;en bas, qui ne les écoute tout simplement pas, est le produit de l&#8217;éducation de nos &laquo;&nbsp;élites&nbsp;&raquo; (ils n&#8217;en ont plus que la fonction dirigeante, ils n&#8217;en ont ni la culture ni les visées) ou encore du caractère hiérarchique de l&#8217;administration et des pouvoirs, on aura pas compris les conséquences désastreuses de cette manière de faire de la politique, c,est-à-dire de s&#8217;adresser à l&#8217;autre.</p>
<p>Prenons donc un exemple: un centre culturel au confins de la France, dans la région de Belfort. Il y a quelques années le <strong>CICV</strong>, un lieu unique en son genre qui accueillait des artistes du monde entier faisant de la vidéo et du numérique, a été fermé en plein été à la suite d&#8217;un rapport ressentimental du ministère de la culture. La région (par le biais de la <strong>CAPM</strong>) créée alors une nouvelle structure nommée<strong> ars numerica,</strong> promettant aux artistes la continuation des activités des CICV, &laquo;&nbsp;nous ne vous lâcherons pas&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;vous serez intégrés aux processus de décision&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;on écoutera vos besoins&nbsp;&raquo;. Tout a été dit et n&#8217;importe quoi. Nous n&#8217;avons jamais été entendu, on ne nous a simplement rien demandé. Nous avons amené un riche contenu éditorial permettant à une institution encore balbultiante de profiter de notre image de marque, rien de plus. Ars numerica est pourtant un lieu de création, un lieu dont les utilisateurs sont des artistes. Qui mieux qu&#8217;eux peut fixer les façons de faire, les méthodes et les besoins? La réponse est simple: des fonctionnaires, c&#8217;est-à-dire des personnes dont la façon de vivre, de prévoir l&#8217;avenir, de toucher un salaire est exactement à l&#8217;inverse de la situation précaire de la majorité des artistes. Serait-ce là la reproduction du schéma prolétaire/patronat, ce dernier sachant ce qui est bon pour le premier, un peu comme ces politiques qui devant le désaccord du peuple dit qu&#8217;il faut prendre le temps de l&#8217;explication, indiquant par là que ce désaccord est le fruit de la bêtise et de l&#8217;ignorance.</p>
<p>Ce sont donc des fonctionnaires, dans des conditions totalement opaques et selon des arguments secrets, qui ont décidés de fermer les serveurs Internet d&#8217;ars numerica. Ces serveurs hébergeaient des travaux artistiques que nous avions créées souvent sans l&#8217;aide de la structure, demandant simplement un lieu,un espace de consultation. Nous, incident.net, qui sommes le plus important espace de netart en France avec plus de 300 travaux et visités par quelques 30 000 personnes par mois, nous avons tentés régulièrement d&#8217;avoir des informations sur ce qui allait arriver, sans jamais recevoir de réponse. Ce sont donc des fonctionnaires qui ont décidés des modalités futures d&#8217;hébergement et donc du contexte de la création artistique: au cas par cas et pour un temps limité, soumettant toutes oeuvres à venir à une évaluation (ce qui est très bien) dont les critères sont absolument inexpliqués (ce qui devient fort gênant). Cette opacité sur les critères serait-elle une manière de cacher l&#8217;incompétence pure et simple des décideurs?</p>
<p>Le CICV qui était un lieu de partage, où des centaines d&#8217;artistes sont venus du monde entier, se sont croisés, ont échangés s&#8217;est transformé en une structure fantômes dirigée par personne (mais qu&#8217;est-ce qu&#8217;une région?) soutenant pendant l&#8217;année 2006 un seul couple d&#8217;artistes, N&amp;N Corsino (de façon amusante leur dernier travail se nomme &laquo;&nbsp;Seul avec loup&nbsp;&raquo;). La seule activité des multitudes artistiques qui restait, Internet, s&#8217;arrête. La structure de soutien artistique se dépèce progressivement de son contenu. La prochaine et ultime étape n&#8217;est-elle pas une performance où les administratifs décidant de tout cela seraient exposés dans une boîte de verre, à proximité d&#8217;une autoroute, et où nous pourrions les voir sans entendre leurs mots? Certains s&#8217;amuseraient peut-être, à la manière de l&#8217;ordinateur dans 2001 l&#8217;oddyssée de l&#8217;espace à reconstituer leurs langages à partir de leur mouvements de lèvres. Peut-être.</p>
<p>Au moment où on parle de démocratie participative en faisant exactement l&#8217;inverse dans les faits, ne serait-il pas temps de changer simplement vos façons de faire et d&#8217;écouter les utilisateurs de vos services? Ne serait-il pas temps de ne plus vous considérer comme des princes mais comme des catalyseurs de ce qui se passe hors de vous, dans les multitudes sociales? N&#8217;y a-t-il pas à présent un danger absolument terrible de soumettre la production artistique de notre pays aux lois du pouvoir administratif, méthode qui je vous l&#8217;assure nous rappelle au souvenir de l&#8217;époque de Brejnev? En tant que politique ne devez vous pas être méfiant de vous mêmes et vous savoir structurellement incompétent en art, faire de cette incompétence non votre pouvoir mais votre puissance, c&nbsp;&raquo;est-à-dire votre possibilité, notre possibilité?</p>
<p>La solution pourtant est très simple, mais n&#8217;a jamais été appliqué, dans la sphère de l&#8217;art comme ailleurs,  celle de la <strong>co-gestion</strong>. Pour quelles raisons ces décisions ne sont pas prises par des comités constitués d&#8217;administratifs, de professionnels du monde de l&#8217;art et d&#8217;artistes, chacun jouant le rôle de contre-pouvoir de l&#8217;autre, comités élus tous les 2-3 ans, pour éviter les petits pouvoirs réifiés? Pourquoi n&#8217;y a-t-il aucun contre-pouvoir dans un domaine qui devrait normalement signer l&#8217;esprit d&#8217;un pays? Etes vous les propriétaires de l&#8217;argent public à la manière de patrons du siècle dernier régnant sur leurs usines comme de petits mondes clos? Pour quelles raisons les artistes visuels ne participent jamais aux processus de décision qui influent très directement sur leurs travails et sur leurs existences? Il n&#8217;y a là à vrai dire aucune raison, les artistes sont souvent plus cultivés, plus compétents et plus diplômés que les fonctionnaires de la culture, aucune raison politique, rien&#8230; simplement le désir de conserver un pouvoir qui n&#8217;a d&#8217;autre justification que lui-même et qui ne rend service qu&#8217;à lui-même.</p>
<p>La décision est exécutoire le 1er avril. Est-ce de l&#8217;humour, du mépris ou simplement de la bêtise? De la bêtise&#8230; simplement.</p>
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		<title>Le pouvoir de l&#8217;art</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Feb 2007 19:47:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Reçu ce matin par email ce pdf par la CAPM et ars numerica.

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			<content:encoded><![CDATA[<p>Reçu ce matin par email ce pdf par la CAPM et ars numerica.</p>
<p><img src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2007/02/download.jpg" alt="download.jpg" /></p>
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		<title>Paradoxe environnementaliste</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Jan 2007 03:54:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Michel de Broin, Keep on Smoking, 2006
On ne saurait mettre en cause au premier abord le bien fondé du protocole de Kyoto fixant des réductions de Co2. Toutefois un autre fondement est en jeu dans ce protocole et dans les recherches scientifiques afférentes, ce fondement est celui de la quantification et de la monétarisation de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img alt="2006velo2.jpg" id="image1376" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2007/01/2006velo2.jpg" /></p>
<p>Michel de Broin, Keep on Smoking, 2006</p>
<p>On ne saurait mettre en cause au premier abord le bien fondé du protocole de Kyoto fixant des réductions de Co2. Toutefois un autre fondement est en jeu dans ce protocole et dans les recherches scientifiques afférentes, ce fondement est celui de la quantification et de la monétarisation de la pollution. L&#8217;idée est simple: jusqu&#8217;à présent les êtres humains n&#8217;ont pas compatibilisés les effets pollueurs de leurs activités. Il s&#8217;agit par Kyoto de quantifier et de faire payer ces effets. Ceux-ci sont liés à l&#8217;utilisation des ressources naturelles. Nous retrouvons là dans une forme étendue le conflit entre la terre et le monde proposé par Heidegger.</p>
<p>Cette quantification n&#8217;est en rien neutre. Elle suppose que tout est quantifiable, fut-ce l&#8217;utlisation de la terre qui est considéré comme un stock limité. Cette reconnaissance de la limitation des ressources pourrait sembler au premier abord juste, elle peut être aussi entendue comme l&#8217;extension de la quantification et de l&#8217;Araisonnement. Devient calculable l&#8217;ensemble des étants considérés comme un stock disponible et transformable en énergie (c&#8217;est l&#8217;époque industriel), mais devient également calculable la relation même de l&#8217;être humain à ces étants, relation entendue comme pollution. Il y a là une radicalisation subtile et problématique de la relation entre la terre et le monde.</p>
<p>Derrière l&#8217;apparente évidence des réductions du Co2 se cache la continuation du projet industriel: considérer la terre comme un monde constitué d&#8217;éléments transformables en énergie calculable et capitalisable.</p>
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		<title>Temporalité et agitation</title>
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		<pubDate>Sat, 30 Dec 2006 19:22:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Le temps est rythmé par des processus sociaux dont les institutions scolaires, économiques et politiques sont les incarnations. Ce temps social a une certaine vitesse fort différente du temps de l&#8217;individuation, c&#8217;est-à-dire de la temporalité qui permet à l&#8217;individu de s&#8217;individuer, d&#8217;être en mouvement et en devenir.
De longues pauses, des silences, des arrêts non-motivés. Ils [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le temps est rythmé par des processus sociaux dont les institutions scolaires, économiques et politiques sont les incarnations. Ce temps social a une certaine vitesse fort différente du temps de l&#8217;individuation, c&#8217;est-à-dire de la temporalité qui permet à l&#8217;individu de s&#8217;individuer, d&#8217;être en mouvement et en devenir.</p>
<blockquote><p>De longues pauses, des silences, des arrêts non-motivés. Ils font du sur place sans pouvoir tenir en place, sans savoir pourquoi. Certains doivent s&#8217;arrêter ainsi de longs mois, de longues années avant de &laquo;&nbsp;repartir&nbsp;&raquo;.</p></blockquote>
<p>Ce n&#8217;est pas que ce second temps est plus lent, c&#8217;est plutôt qu&#8217;il est structuré autrement, c&#8217;est sa mesure même qui est différente, répondant à d&#8217;autres critères, à d&#8217;autres articulations. Il n&#8217;est pas chronologique, il fonctionne par bond, retour, retournement, inflexion, palpitation, expiration et inspiration, démesure entre les causes et les effets, etc. Le fait est que l&#8217;agitation sociale est une façon de contrôler (sans que ce contrôle soit une intention volontaire d&#8217;une force quelconque) les temporalités individuantes, de les faire taire. Bien sûr ça explose parfois.</p>
<p>Que reste-t-il donc à une personne lorsqu&#8217;il passe sa vie à l&#8217;école, au travail, au sein d&#8217;un groupe familial et lorsqu&#8217;il se prend réellement au jeu de ces agitations? Que lui reste-t-il donc comme temps? On retrouverait là l&#8217;analyse heideggerienne sur l&#8217;inauthenticité, manière de voiler l&#8217;angoisse individuante. Toutefois, là où cette analyse même est mise en défaut réside dans la co-originarité de la temporalité individuante et des temporalités instituantes, car celles-ci sont techniques. C&#8217;est ce que D. et G. démontrent lorsqu&#8217;ils nous rappellent le jeu de l&#8217;enfant qui s&#8217;imagine en pirate avec une jambe de bois, une jambe-technique, qui joue ce pirate, qui est cette jambe, qui s&#8217;individue dans ce jeu même où il perd ce que ses parents croient qu&#8217;il est, un simple enfant.<br />
La technique en ce sens ne fait pas chuter dans l&#8217;inauthenticité le Dasein, il <em>est </em>le Dasein. Le sens même de cette copule restera à préciser. Cette inextricabilité individuation/technique, ce corps-machine, est sans doute l&#8217;idée intéressante du dernier livre de Maurice Dantec.</p>
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		<title>La réification vivante</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Nov 2006 20:39:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a une tendance pour ainsi dire naturelle des structures humaines à se réifier, c&#8217;est-à-dire à devenir leur propre finalité et à oublier l&#8217;extériorité à laquelle elles étaient attachées. Les raisons de ce mouvement tendanciel sont multiples et stratifiées, mais ce qui importe là de comprendre c&#8217;est que de nombreux disfonctionnements (tant économiques que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a une tendance pour ainsi dire naturelle des structures humaines à se <strong>réifier</strong>, c&#8217;est-à-dire à devenir leur propre finalité et à oublier l&#8217;extériorité à laquelle elles étaient attachées. Les raisons de ce mouvement tendanciel sont multiples et stratifiées, mais ce qui importe là de comprendre c&#8217;est que de nombreux disfonctionnements (tant économiques que politiques) dans les institutions culturelles sont liés à cette autonomisation et à ce passage d&#8217;une finalité externe à une finalité interne. L&#8217;objectif véritable d&#8217;un musée n&#8217;est pas par exemple d&#8217;exposer des oeuvres mais de se conserver pour pouvoir, mais simplement comme une finalité dérivée, présenter des travaux.</p>
<p>Une institution est &laquo;&nbsp;au service de&nbsp;&raquo; quelque chose qui lui est extérieur, on pourrait définir cet autre comme &laquo;&nbsp;oeuvre&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;processus&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;dispositif&nbsp;&raquo;, etc. Pour réaliser cette <strong>servitude </strong>on met en place un certain nombre de moyens, des serviteurs, des médiateurs, etc. qui n&#8217;ont pas leur cause en eux-mêmes. Et inéluctablement ceux-ci vont s&#8217;autonomiser et rechercher à se conserver, à se reproduire, à se maintenir. Il pourra donc arriver que cette tendance devienne contradictoire avec la finalité externe d&#8217;origine. Cette tendance est humaine parce qu&#8217;elle est liée au fait même que ces agents de médiation sont des organismes vivants et comme tels cherchent à persister dans leurs êtres. Le vivant a une tendance naturelle à chercher à se maintenir.</p>
<p>Pour qu&#8217;une structure humaine puisse être au service de quelque chose qui lui est extérieur (et on peut en ce sens précis parler de <strong>la servitude envers l&#8217;inhumain artistique</strong>), il faudrait jusqu&#8217;à modifier ce que l&#8217;individuation du vivant veut dire et qu&#8217;il puisse se chercher dans son devenir mortel. Ainsi l&#8217;oeuvre d&#8217;art devrait être comprise comme le maintien d&#8217;un possible: la mortalité des commissaires et des autres agents de l&#8217;institution. Vouloir sa propre fin, ce qui suppose une <strong>décision</strong>, n&#8217;est pas un mouvement naturel d&#8217;un organisme vivant, mais il est peut être la seule façon pour une structure humaine de garder sa servitude, c&#8217;est-à-dire ici son ouverture, à cet autre qu&#8217;est la production artistique.</p>
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		<title>&#171;&#160;Vous&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Oct 2006 12:26:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Quotidien]]></category>

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		<description><![CDATA[On s&#8217;adresse de plus en plus souvent à moi en disant &#171;&#160;vous&#160;&#187;" Mais c&#8217;est bien autre  chose qu&#8217;un vouvoiement. &#171;&#160;Vous&#160;&#187; les français, &#171;&#160;vous&#160;&#187; les européens, &#171;&#160;vous&#160;&#187; les juifs, &#171;&#160;vous&#160;&#187; les artistes, que sais-je encore? Ce qui semblait il y a quelques années obscène et impossible à prononcer est devenu aujourd&#8217;hui banal. L&#8217;Occident revient sûrement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On s&#8217;adresse de plus en plus souvent à moi en disant &laquo;&nbsp;vous&nbsp;&raquo;" Mais c&#8217;est bien autre  chose qu&#8217;un vouvoiement. &laquo;&nbsp;Vous&nbsp;&raquo; les français, &laquo;&nbsp;vous&nbsp;&raquo; les européens, &laquo;&nbsp;vous&nbsp;&raquo; les juifs, &laquo;&nbsp;vous&nbsp;&raquo; les artistes, que sais-je encore? Ce qui semblait il y a quelques années obscène et impossible à prononcer est devenu aujourd&#8217;hui banal. L&#8217;Occident revient sûrement à ses vieux démons. On connaît bien la logique meurtrière et négatrice de ce &laquo;&nbsp;vous&nbsp;&raquo; qui réduit l&#8217;individu à n&#8217;être qu&#8217;une composante d&#8217;une totalité fantasmatique (on invente toujours les motivations du &laquo;&nbsp;vous&nbsp;&raquo;). On sait bien la haine (de soi) qui structure ce vous et qui permet en retour de constituer un &laquo;&nbsp;nous&nbsp;&raquo;, de croire savoir qui on est finalement et de se rassurer de sa propre identité. C&#8217;est la logique des guerres et des génocides (cette terrible notion des &laquo;&nbsp;avoisinants&nbsp;&raquo; durant le génocide au Rwanda), à laquelle on s&#8217;habitue de plus en plus en banalisant l&#8217;usage de ces &laquo;&nbsp;vous&nbsp;&raquo;, de ces &laquo;&nbsp;nous&nbsp;&raquo;. Le meurtre de masse commence toujours par le langage. Substitution de ton langage par mon langage, négation de ta bouche, de ton souffle, de ce qui inspire et expire, de ce battement hors de moi qui est toi. Si nous en restions simplement aux individus, à cette logique irréductible. Si nous en restions aux flux. J&#8217;y resterais donc, même si tout est en train de se déplacer autour de moi et que le temps des meurtres revient. J&#8217;y resterais donc sans aucun idéalisme seulement pour rester collé à la singularité biologique dont parlait si bien Robert Antelme, et qui permet nos rapprochements distants.</p>
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		<title>Mureaux</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Oct 2006 11:44:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Quotidien]]></category>

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		<description><![CDATA[Peut être est-ce le bruit des médias, mais certains récits concordent. Ils y sont donc arrivés: une politique de ségrégation violente qui s&#8217;exhibe, qui n&#8217;utilise plus l&#8217;ombre du secret, qui est télévisée.
On parque des gens dans des ghettos. Bien sûr au fil des années la violence dans ces ghettos augmente. Puis ils attaquent ces ghettos, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Peut être est-ce le bruit des médias, mais certains récits concordent. Ils y sont donc arrivés: une politique de ségrégation violente qui s&#8217;exhibe, qui n&#8217;utilise plus l&#8217;ombre du secret, qui est télévisée.</p>
<p>On parque des gens dans des ghettos. Bien sûr au fil des années la violence dans ces ghettos augmente. Puis ils attaquent ces ghettos, comme si cette violence était sans raison (dont ils sont responsables). On met en joue des innocents, des malades, des femmes, peu importe puisqu&#8217;ils sont coupables d&#8217;être là, dans ce ghetto ou ils ont été mis. L&#8217;état protège l&#8217;état, la force de répression (la police) est présentée comme menacée par la masse informe du peuple (d&#8217;ou le désaccord sur le nombre d&#8217;agresseurs), préambule à un système politique qui n&#8217;a plus que le nom de démocratie.</p>
<p>Avons-nous donc oublié qu&#8217;elle n&#8217;existe que comme promesse? QU&#8217;elle ne peut plus tenir alors même qu&#8217;elle est fondée sur la représentation populaire et que partout la <em>mimésis </em>s&#8217;effondre sur elle-même? Comment pouvons-nous être aussi naïf? Comment certains peuvent-ils être assez stupides pour croire un seul instant à une reprise en main républicaine alors même que ce modèle est obsolète et que c&#8217;est son obsolescence qui produit la violence qu&#8217;elle croit pouvoir résoudre? Pourquoi ne pas revenir donc à cette promesse démocratique qui est aussi um risque et que ce qui est représenté, le peuple devenu multitude, reprenne sa représentation volée par les représentants?<br />
Les médias s&#8217;agitent un peu, nos consciences aussi, des lignes d&#8217;indignation s&#8217;écrivent sur des blogs, mais nous ne reprenons pas le pouvoir. Nous ne faisons rien.</p>
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		<title>Le popart à l&#8217;époque de l&#8217;accès</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Aug 2006 00:47:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[En dérivant sur le réseau, j&#8217;aperçois de nombreux projets utilisant les dernières technologies populaires. Ces projets qui sont devenus presque une odeur de notre époque, consistent souvent en des détournements, des hacks comme on dit. L&#8217;idée qu&#8217;il y a là une critique sous-jacente de la consommation. Mais quand le libéralisme n&#8217;est plus seulement une économie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img id="image1189" alt="jungen3.jpg" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/08/jungen3.jpg" /></p>
<p>En dérivant sur le réseau, j&#8217;aperçois de nombreux <a target="_blank" href="http://www.we-make-money-not-art.com/">projets</a> utilisant les dernières technologies populaires. Ces projets qui sont devenus presque une odeur de notre époque, consistent souvent en des détournements, des hacks comme on dit. L&#8217;idée qu&#8217;il y a là une critique sous-jacente de la consommation. Mais quand le libéralisme n&#8217;est plus seulement une économie de la propriété mais de l&#8217;<a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/15-prestataire-usager/">accès</a>, on peut se demander si ces projets ne sont pas simplement des appropriations et accentuent ainsi encore l&#8217;accès à ces technologies et que par une telle accentuation ils sont simplement de plaisantes adaptations.</p>
<p>En effet, la <a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/15-lacces-a-autrui/">course</a> effrénée des artistes suivant à la trace la dernière technologie sans fil, robotique, ipod, web 2.0, ajax, ou autres, n&#8217;est-elle pas une synchronisation à un rythme qui est celui-là même de l&#8217;économie de marché et de l&#8217;innovation permanente? N&#8217;est-ce pas également une manière de justifier une démarche artistique en l&#8217;accrochant (un peu comme on accroche un tableau sur un mur) sur le rythme de l&#8217;ingénieurie<sup><a href="" onclick="this.target='_self';this.href='#linknote-1188-1';" id="noted-1188-1" title="Et on sait combien de structures ont utilisées et utilisent encore ce stratagème par rapport aux politiques pour financer des projets artistiques, les justifiant par les inventions brevetées qu'ils pourraient déclencher. En ce domaine, personne n'est dupe, ni les producteurs artistiques ni les politiques, mais ce qu'il nous importe de remarquer c'est combien l'art doit tirer sa justification d'un domaine qui lui est extérieur pour pouvoir consister en lui-même, c'est-à-dire persister et continuer à avoir lieu.">[1]</a></sup> Et quant aux détournements prétenduments critiques, ne sont-ils pas finalement de simples démos d&#8217;un produit déjà existant? Le fait d&#8217;utiliser des technologies populaires <sup><a href="" onclick="this.target='_self';this.href='#linknote-1188-2';" id="noted-1188-2" title="Il y a là une évidente référence au popart et au readymade mais sans la force de perturbation de ceux-là">[2]</a></sup> permet de se faire immédiatement comprendre car on utilise le message marketing d&#8217;une marque déjà existante<sup><a href="" onclick="this.target='_self';this.href='#linknote-1188-3';" id="noted-1188-3" title="Picasso à fait quant à lui le chemin inverse et est devenu avec le temps une marque ou plus exactement une méta-marque que d'autres marques peuvent louer.">[3]</a></sup></p>
<p>Ceci est vrai de certaines oeuvres technologiques comme d&#8217;oeuvres contemporaines plus classiques, par exemple les <em>Prototypes for New Understanding</em> de Brian Jungen <sup><a href="" onclick="this.target='_self';this.href='#linknote-1188-4';" id="noted-1188-4" title="Artiste qui réalise par ailleurs d'autres oeuvres forts intéressantes transformant des chaises plastiques en animaux sous-marins.">[4]</a></sup> On peut penser que la réaction des dirigeants de Nike, chaussures utilisé par cet artiste, serait positive, l&#8217;oeuvre mélangeant les chaussures à un côté tribal que la marque Nike elle-même valorise dans ses publicités urbaines. Et ce n&#8217;est pas là faire place à une ambiguité (signalant l&#8217;impossibilité d&#8217;un positionnement et d&#8217;une opposition naïve face à l&#8217;économie de marché), mais simplement relayer un mot d&#8217;ordre économique.</p>
<p>Quelle place pour cette réappropriation, répétons-le, quand le capitalisme est un capitalisme de l&#8217;accès? La question n&#8217;est-elle pas, à la différence du popart, de ne pas se placer d&#8217;emblée dans l&#8217;accès, mais de faire un pas de côté et de questionner l&#8217;accès lui-même à la culture pop? Et le meilleur moyen  de réaliser ce questionnement n&#8217;est-il pas d&#8217;interroger le langage de cette économie plutôt que son accès car on le présupposerait et on reviendrait à la posture du popart)?
<div class="alt">Notes:
<ol>
<li id="linknote-1188-1"><a href=""></a> Et on sait combien de structures ont utilisées et utilisent encore ce stratagème par rapport aux politiques pour financer des projets artistiques, les justifiant par les inventions brevetées qu&#8217;ils pourraient déclencher. En ce domaine, personne n&#8217;est dupe, ni les producteurs artistiques ni les politiques, mais ce qu&#8217;il nous importe de remarquer c&#8217;est combien l&#8217;art doit tirer sa justification d&#8217;un domaine qui lui est extérieur pour pouvoir consister en lui-même, c&#8217;est-à-dire persister et continuer à avoir lieu. <a href="#noted-1188-1"><strong>&#8617;</strong></a>
<li id="linknote-1188-2"><a href=""></a> Il y a là une évidente référence au popart et au readymade mais sans la force de perturbation de ceux-là <a href="#noted-1188-2"><strong>&#8617;</strong></a>
<li id="linknote-1188-3"><a href=""></a> Picasso à fait quant à lui le chemin inverse et est devenu avec le temps une marque ou plus exactement une méta-marque que d&#8217;autres marques peuvent louer. <a href="#noted-1188-3"><strong>&#8617;</strong></a>
<li id="linknote-1188-4"><a href=""></a> Artiste qui réalise par ailleurs d&#8217;autres oeuvres forts intéressantes transformant des chaises plastiques en animaux sous-marins. <a href="#noted-1188-4"><strong>&#8617;</strong></a></ol>
</div>
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		<title>Les images du 11 septembre</title>
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		<pubDate>Sat, 26 Aug 2006 22:58:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;important n&#8217;était donc pas de détruire deux tours et de toucher une partie de l&#8217;économie américaine, mais de frapper les imaginations. Et s&#8217;ils ont réussi à le faire c&#8217;est en produisant des images. Images d&#8217;un impact, puis d&#8217;une dislocation, d&#8217;un effondrement, images aussi de cet homme qui tombe, suicide, accident, panique. De cet homme en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;important n&#8217;était donc pas de détruire deux tours et de toucher une partie de l&#8217;économie américaine, mais de frapper les imaginations. Et s&#8217;ils ont réussi à le faire c&#8217;est en produisant des images. Images d&#8217;un impact, puis d&#8217;une <a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/02-quest-que-la-dislocation/">dislocation</a>, d&#8217;un effondrement, images aussi de cet homme qui tombe, suicide, accident, panique. De cet homme en chute libre. Quelques images trouvées sur Internet de corps par terre littéralement explosés. Ces images qu&#8217;on ne verra pas dans les médias de masse mais qui ont été prises.</p>
<p>Ce qu&#8217;on nomme aujourd&#8217;hui le terrorisme consiste donc moins à toucher l&#8217;ennemi, à diminuer ses forces et ses ressources, qu&#8217;à produire des images. Ils ont interrompu les flux qui se sont tous retournés vers ces images produites par eux. Réminiscence bien sûr des films catastrophes. Usage de l&#8217;avion, symbole même (image) de la mondialisation permettant la mobilité en tous sens.</p>
<p>La question esthétique est politique. La question est celle de la production du sensible en relation avec le flux. Pour interrompre les flux on ne peut les suspendre car il fait partie de la nature du flux de ne pas permettre d&#8217;extériorité. Il faut les accaparer et à cette fin utiliser leur langage, leur cliché, leur mécanisme, leur imaginaire, être une image parmi toutes les images qui circulent déjà. Produire un événement singulier en recyclant les imaginaires qui circulent déjà.</p>
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		<title>Le déluge des esprits</title>
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		<pubDate>Sat, 26 Aug 2006 13:02:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Je reviens sur la question des blogs car il y a là un phénomène étrange et unique dans l&#8217;histoire rendu sans doute possibe par le libéralisme: jamais il n&#8217;y avait eu cette possibilité d&#8217;inscrire son individualité et de la diffuser aussi massivement. Cette possibilité est aussi celle d&#8217;un déluge: jamais il n&#8217;y a eu un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je reviens sur la question des blogs car il y a là un phénomène étrange et unique dans l&#8217;histoire rendu sans doute possibe par le libéralisme: jamais il n&#8217;y avait eu cette possibilité d&#8217;inscrire son individualité et de la diffuser aussi massivement. Cette possibilité est aussi celle d&#8217;un déluge: jamais il n&#8217;y a eu un déferlement d&#8217;autant d&#8217;inscriptions, un tel bruit de fond des esprits, une telle accumulation.</p>
<p>Je m&#8217;interroge vraiment pour savoir ce que va devenir l&#8217;Histoire, de quelle façon à l&#8217;avenir les historiens pourront trier les archives. Prendront-ils en compte ces vies individuelles et communes inscrites dans les blogs? En sortiront-ils simplement des statistiques (et l&#8217;extraction des données dans certaines oeuvres contemporaines préfigureraient-elles le travail de l&#8217;historien?)? Ou laisseront-ils simplement ces blogs de côté en estimant qu&#8217;ils sont inexploitables? Quelles seront les nouvelles modalités de tri et d&#8217;oubli historique?</p>
<p>L&#8217;Histoire a été souvent celle d&#8217;un homme entouré par d&#8217;autres hommes. Il y a de belles pages de Michelet sur cette question de l&#8217;action historique. L&#8217;historiographie est souvent un symptôme de notre relation épochale au monde. Il y a aussi une histoire de l&#8217;Histoire. Les blogs ne modifieront-ils pas la ligne de partage entre le connu et l&#8217;inconnu, entre le mémorisé et l&#8217;oubli, en rendant disponible ces mémoires sur des supports numériques, c&#8217;est-à-dire discontinus, à accès non-linéaire et immédiatement consultables de façon langagière?</p>
<p>Et que se passera-t-il pour ces blogs hébergés<sup><a href="" onclick="this.target='_self';this.href='#linknote-1179-1';" id="noted-1179-1" title="Il y a parfois des mots couramment et pour ainsi dire inconsciemment utilisés dans le domaine technologique et qui sonnent étrangement comme cette notion d'hébergement, chacun étant voyageur, passager, transporté">[1]</a></sup> par des sociétés privées? A qui appartiendront les données accumulées dans une vie une fois que le bloggeur décédera? A la famille du disparu? Ce sera pour beaucoup le signe le plus vivant, le plus intime de l&#8217;existence disparue. Imaginons ces adolescents sur skyblog, devenus adultes avec leurs petits secrets exposés aux regards des internautes. Effaceront-ils eux mêmes ces données une fois que le présent de leur inscription (ce qui rendait l&#8217;écriture de leur blog nécessaire à un moment donné, dans une situation donné) sera passé?</p>
<p>Ce déluge est le bruissement d&#8217;un peuple à venir. Les blogs, volonté d&#8217;inscrire tout, ses pensées autant que des micro-événements quotidiens, de relayer des informations, de relayer d&#8217;autres blogs, ce désir donc d&#8217;appartenir au flux en s&#8217;y inscrivant, en y ajoutant encore et encore d&#8217;autres informations pour apercevoir le point de saturation du système, n&#8217;est-ce pas un immense cimetière d&#8217;un peuple à venir qui va disparaître?
<div class="alt">Notes:
<ol>
<li id="linknote-1179-1"><a href=""></a> Il y a parfois des mots couramment et pour ainsi dire inconsciemment utilisés dans le domaine technologique et qui sonnent étrangement comme cette notion d&#8217;hébergement, chacun étant voyageur, passager, transporté <a href="#noted-1179-1"><strong>&#8617;</strong></a></ol>
</div>
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		<title>Comment sortir le crime du flux?</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/22-comment-sortir-le-crime-du-flux/</link>
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		<pubDate>Tue, 22 Aug 2006 13:26:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[La médiatisation communicante de notre époque, où il s&#8217;agit de traiter l&#8217;information de plus en plus vite et de façon de plus en plus transparente, mène à un usage de plus en plus fréquent de la notion juridique de génocide. Pour extirper (c&#8217;est-à-dire décoder) un crime, il devient nécessaire de le rendre absolu, d&#8217;en faire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La médiatisation communicante de notre époque, où il s&#8217;agit de traiter l&#8217;information de plus en plus vite et de façon de plus en plus transparente, mène à un usage de plus en plus fréquent de la notion juridique de génocide. Pour extirper (c&#8217;est-à-dire décoder) un crime, il devient nécessaire de le rendre absolu, d&#8217;en faire une singularité remarquable qui s&#8217;adresse à chacun, à la communauté en son entier, à l&#8217;humanité elle-même, et c&#8217;est la fonction même du crime contre l&#8217;humanité.</p>
<p>Ce qu&#8217;il y a là de paradoxal c&#8217;est que si le socius est hanté par le déluge comme l&#8217;explique fort bien <a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/21-deleuze-141271-nature-des-flux/">Deleuze</a>, il décode finalement le flux en passant par la référence à  la destruction absolue en quoi consiste le fait de sortir des êtres humains de la communauté des humains. Et si le déluge n&#8217;est pas la destruction car cette dernière rêve d&#8217;une renaissance, elle s&#8217;imagine comme une phase dialectique nécessaire à son dépassement, le déluge lui est le moment même à l&#8217;arrêt d&#8217;une catastrophe sans à venir autre qu&#8217;elle. Le génocide se construit justement avec la destruction <sup><a href="" onclick="this.target='_self';this.href='#linknote-1168-1';" id="noted-1168-1" title="Supprimer les Juifs et les Tziganes comme condition de renaissance du peuple allemand par exemple.">[1]</a></sup> pour contrer la crainte du déluge.</p>
<p>Cette référence très fréquente au crime contre l&#8217;humanité <sup><a href="" onclick="this.target='_self';this.href='#linknote-1168-2';" id="noted-1168-2" title="Concept qui suppose donc qu'on sait ce qu'est l'humanité et il faudrait comparer là l'approche humaniste héritée de l'Aufklarung à l'approche a-humaniste d'Antelme dans L'Espèce humaine qui savait combien la stratégie généralisante de l'humaniste n'était pas sans responsabilité par rapport à la destruction.">[2]</a></sup> est souvent fait avec les meilleurs sentiments: c&#8217;est une manière de qualifier absolument un événement, de le faire sortir du flux, de le rendre remarquable afin qu&#8217;il ne soit pas oublié dans l&#8217;accumulation oublieuse des médias. Mais son effet est paradoxal car en désirant sortir, à juste titre d&#8217;ailleurs, de plus en plus d&#8217;événements du flux on qualifie moins ces événements qu&#8217;on ne réagit, et qu&#8217;on qualifie donc, le flux. De sorte qu&#8217;on s&#8217;attache à cette représentation plutôt qu&#8217;aux événements eux-mêmes, ceux-ci n&#8217;étant pas des événéments purs et étant toujours des représentations cela va sans dire.</p>
<p>C&#8217;est ainsi que <strong>la notion juridique de crime contre l&#8217;humanité devient un critère de discrimination esthétique</strong>, entre ce qui est à retenir et à oublier dans le flux.</p>
<p>Les effets de cette stratégie de mise à l&#8217;écart du flux sont très ambigus: elle permet de qualifier ce qui est dans le flux et ce qui est en dehors, elle définie donc une ligne de partage, de sorte que ce qui n&#8217;est pas un crime contre l&#8217;humanité devient par voie de conséquence négligeable. Elle valorise donc le crime contre l&#8217;humanité, parce qu&#8217;en suspendant, ou en croyant suspendre, le flux temporairement, elle néglige d&#8217;autres phénomènes en les rendant acceptables, en les intégrant dans le continium du flux. Comme chacun réagit au flux, et cette valorisation du crime contre l&#8217;humanité circule à son tour dans le flux, elle transforme cette qualification ultime en frontière ultime à outrepasser par ceux qui veulent manier justement la terreur.<br />
Il y a là une erreur classique, mais dont les conséquences politiques sont importantes, qui consiste à opposer la continuité (du flux) à la discontinuité (des crimes) et on pourrait tout à fait appliquer la critique de cette erreur par Bergson dans <em>Matière et mémoire</em> aux structures actuelles. En voulant décoder ainsi le flux, on risque toujours de repousser ou de rabaisser la frontière de l&#8217;inacceptable selon les enjeux du moment, bref en  créant une échelle de valeur de l&#8217;horrible on le rend anticipable, pensable, calculable, utilisable.</p>
<p>Le moment est donc venu où nous avons oublié l&#8217;événement. Les survivants meurts. La leçon a été comprise, dit-on. L&#8217;usage de plus en plus fréquent de cette &laquo;&nbsp;leçon&nbsp;&raquo; est une manière d&#8217;oublier, cette façon si étrange de la mémoire d&#8217;oublier en mémorisant dont nous avons déjà parlé ailleurs.
<div class="alt">Notes:
<ol>
<li id="linknote-1168-1"><a href=""></a> Supprimer les Juifs et les Tziganes comme condition de renaissance du peuple allemand par exemple. <a href="#noted-1168-1"><strong>&#8617;</strong></a>
<li id="linknote-1168-2"><a href=""></a> Concept qui suppose donc qu&#8217;on sait ce qu&#8217;est l&#8217;humanité et il faudrait comparer là l&#8217;approche humaniste héritée de l&#8217;Aufklarung à l&#8217;approche a-humaniste d&#8217;Antelme dans <em>L&#8217;Espèce humaine</em> qui savait combien la stratégie généralisante de l&#8217;humaniste n&#8217;était pas sans responsabilité par rapport à la destruction. <a href="#noted-1168-2"><strong>&#8617;</strong></a></ol>
</div>
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		<title>L&#8217;empreinte de nos consciences</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/19-lempreinte-de-nos-consciences/</link>
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		<pubDate>Sat, 19 Aug 2006 13:01:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[A propos des sites communautaires (myspace) et de partages de médias (youtube):
«Economiquement, on peut penser que les contenus sont monnayables car ils fournissent une photographie de ce qui est dans la tête des consommateurs&#160;&#187;
(Jaap Favier, directeur de recherche pour les marchés de la consommation chez Forrester Research)
L&#8217;économie pense sans le savoir, sans savoir à quoi [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A propos des sites communautaires (<a href="http://fr.myspace.com/">myspace</a>) et de partages de médias (<a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/youtube.com">youtube</a>):</p>
<blockquote><p>«Economiquement, on peut penser que les contenus sont monnayables car ils fournissent une photographie de ce qui est dans la tête des consommateurs&nbsp;&raquo;</p></blockquote>
<p>(Jaap Favier, directeur de recherche pour les marchés de la consommation chez Forrester Research)</p>
<p>L&#8217;économie pense sans le savoir, sans savoir à quoi elle pense, elle pense autre chose que ce à quoi elle pense, car elle est surdéterminée. Dans cette mise en relation entre la photographie, les têtes, la consommation, le contenu, il y a un circuit de sens symptomatique, l&#8217;esthétique et la politique même de notre époque.</p>
<p>Une esthétique du flux a pour objet d&#8217;entrer dans le flux radicalement, de proposer des codages et des décodages de flux détournant les fonctions instrumentales et les usages réputés normaux. L&#8217;esthétique du flux déconstruit l&#8217;attente pour introduire une occurence aussi minime fut-elle.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Priva(tisa)tion</title>
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		<pubDate>Sat, 12 Aug 2006 15:39:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Les services se revendiquant du Web 2.0 (Google vidéo, Google map, YouTube, Flickr, Odeo, etc.) privatisent la mémoire individuelle à une échelle jusqu&#8217;alors inconnue. Quel est l&#8217;objectif de ces services captant les mémoires individuelles sous la forme de médias divers? Cette nouvelle mode, suivie par beaucoup, des artistes comme les autres (Jennifer et Kevin Mc [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les services se revendiquant du <a target="_blank" href="http://www.econsultant.com/web2/">Web 2.0</a> (Google vidéo, Google map, YouTube, Flickr, Odeo, etc.) privatisent la mémoire individuelle à une échelle jusqu&#8217;alors inconnue. Quel est l&#8217;objectif de<strong> ces services captant les mémoires individuelles</strong> sous la forme de médias divers? Cette nouvelle mode, suivie par beaucoup, des artistes comme les autres (Jennifer et Kevin Mc Coy par exemple), consistant à placer ses médias sur de tels sites, est-elle véritablement réfléchie? Ou répond-t-elle simplement à un mot d&#8217;ordre impensé?</p>
<p>On peut s&#8217;interroger sur la réflexion esthétique en ce domaine car cette délégation de médias à des serveurs gérés par des entreprises privées n&#8217;est pas sans conséquence. Derrière les concepts d&#8217;interopérabilité (rendre les languages compatibles suppose toujours de produire un métalangage, de régler un différend au sens de Jean-François Lyotard), derrière la peur de l&#8217;incompréhension, de l&#8217;isolement (des médias non-partageable sous la forme de fil RSS pourraient bien se retrouver seuls sur le réseau et constituer<strong> la part imperceptible du réseau</strong><sup><a href="" onclick="this.target='_self';this.href='#linknote-1083-1';" id="noted-1083-1" title="Analyser les travaux tentant de se rendre visible sur Internet, de se disséminer, de se sur-médiatiser, et ceux à l'inverse qui ont un devenir-imperceptible, qui se cachent et s'isolent.">[1]</a></sup> il y a une délégation de mémoire.</p>
<p>Pourquoi toutes ces entreprises s&#8217;empressent-elles de capter nos médias? Pourquoi nous offrent-elles gratuitement de l&#8217;espace sur un serveur? Pourquoi ce déchaînement de la part des internautes à fournir des millions de médias à ces machines à mémoire? N&#8217;est-ce pas une manière de privatiser la mémoire individuelle, <strong>nos souvenirs</strong> et la constitution même de notre devenir historique? On voit bien que ce qui se joue là est d&#8217;un bien autre niveau qu&#8217;une simple démarche commerciale. Les revenus attendus pour cette privatisation sont à venirs, les investissements en infrastructure sont importants, car c&#8217;est l&#8217;ensemble des vivants que l&#8217;on veut ainsi privatiser. C&#8217;est <strong>le partage même de la mémoire</strong> c&#8217;est-à-dire de la frontière entre le vif et le mort, le passé et le futur qu&#8217;on rend par là même calculable.</p>
<p>En déléguant nos médias à ces entreprises, on ne fait pas que sauvegarder des données sur des serveurs, elles deviennent garantes de la survie de nos enregistrements et de la communication de ceux-ci <sup><a href="" onclick="this.target='_self';this.href='#linknote-1083-2';" id="noted-1083-2" title="Et si un incident détruit des données, les internautes peuvent-ils attaquer ces entreprises? Quelle est leur responsabilité exacte si elles me font perdre la mémoire?">[2]</a></sup> On permet à ces entreprises de <strong>structurer selon une certaine logique</strong> ces médias. On aura beau mettre les mots-clés qu&#8217;on veut, on devra mettre des mots-clés, les cases ne sont pas remplies d&#8217;avance mais elles existent, les règles du langage sont définies. Et en plaçant des mots-clés on sera automatiquement lié à d&#8217;autres mots-clés, à d&#8217;autres médias, à d&#8217;autres mémoires et ainsi de suite. Quand on envoit un lien à une connaissance, selon une logique de l&#8217;accès décrite par Rifkin, pour lui demander d&#8217;aller voir tel ou tel document sur un site partagé, on se soumet à une certaine logique qu&#8217;on ne peut pas configurer, qui est d&#8217;avance construite. Les modalités qui règlent le partage des mémoires ne font pas l&#8217;objet d&#8217;une discussion publique, politique si vous voulez, elles sont le fruit de réflexion dans des entreprises dont les objectifs sont économiques.</p>
<p>Ce phénomène n&#8217;est pas ici critiqué. Il entre dans la ligne directrice de notre temps: le brouillage de la frontière entre les domaines privé et publique. Le fait que des entreprises dont les finalités sont déterminées interviennent &laquo;&nbsp;naturellement&nbsp;&raquo; sur le champ de nos consciences individuelles et de leurs partages (j&#8217;insiste sur ce point) n&#8217;est pas un mal, car il faudrait alors se placer selon un point de vue extérieur capable de juger. Mais nous ne sommes pas hors du réseau, nous ne pouvons revendiquer aucune autorité, en écrivant ce texte et en citant ces services, nous participons à leur médiatisation comme nous profitons de leur célébrité, nous faisons encore et encore circuler le mot d&#8217;ordre. Il s&#8217;agit plutôt de comprendre, hors de tout jugement de valeur, ce qui advient de notre configuration esthétique quand une telle délégation de mémoire est en cours.
<div class="alt">Notes:
<ol>
<li id="linknote-1083-1"><a href=""></a> Analyser les travaux tentant de se rendre visible sur Internet, de se disséminer, de se sur-médiatiser, et ceux à l&#8217;inverse qui ont un devenir-imperceptible, qui se cachent et s&#8217;isolent. <a href="#noted-1083-1"><strong>&#8617;</strong></a>
<li id="linknote-1083-2"><a href=""></a> Et si un incident détruit des données, les internautes peuvent-ils attaquer ces entreprises? Quelle est leur responsabilité exacte si elles me font perdre la mémoire? <a href="#noted-1083-2"><strong>&#8617;</strong></a></ol>
</div>
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		<title>Déni</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Aug 2006 22:24:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[En parcourant les forums d&#8217;informations générales à propos des attentats déjoués de Londres, j&#8217;ai été étonné du nombre d&#8217;internautes croyant en un complot des USA et de l&#8217;Angleterre pour détourner l&#8217;attention du conflit israelo-libanais.
Indépendamment du fait qu&#8217;on a bien du mal à comprendre comment ce complot remplirait son objectif, on peut penser que ce déni [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En parcourant les forums d&#8217;informations générales à propos des attentats déjoués de Londres, j&#8217;ai été étonné du nombre d&#8217;internautes croyant en un complot des USA et de l&#8217;Angleterre pour détourner l&#8217;attention du conflit israelo-libanais.</p>
<p>Indépendamment du fait qu&#8217;on a bien du mal à comprendre comment ce complot remplirait son objectif, on peut penser que ce déni n&#8217;est pas un phénomène passager et anodin. La fréquence de celuic-i signale qu&#8217;il y a peut être quelque chose dans l&#8217;information elle-même et dans sa mise en circulation qui entraîne un doute sur le référent. Quelle est l&#8217;exacte relation actuellement entre ce qu&#8217;on nomme information et référent? Quelles sont les règles (langagières) qui régissent cette relation? Le rôle du langage qui défini ces règles n&#8217;est-il pas en crise de façon décisive? Et cette crise n&#8217;entraîne-t-elle pas à son tour ce doute?</p>
<p>On aurait beau jeu de critiquer ce déni et d&#8217;en montrer l&#8217;absurdité et la paranoïa. Car en le critiquant de la sorte on se place, sans le vouloir, sur le même plan, celui du discours de vérité croyant pouvoir déterminer absolument le référent et dont la contre-image est le déni. Ce dernier, dont le négationnisme est une forme avancée, fonctionne bien à l&#8217;absolu. Faurisson demande des preuves absolument convaincaintes de la Shoah. La certitude même. Mais on sait bien que malgré les preuves, les archives, les témoignages on ne saurait rendre compte absolument d&#8217;une époque parce que la réalité elle-même dans son advenue est structurellement fragmentaire et que sa totalité n&#8217;est qu&#8217;une image.</p>
<p>Il se pourrait fort bien qu&#8217;à mesure que l&#8217;emprise de l&#8217;information sur le monde augmente, le doute quand aux critères mêmes de la réalité s&#8217;accentue également: les internautes ne croient pas aux attentats déjoués, le gouvernement israelien explique que l&#8217;Occident a une vision injuste de la menace qui pèse sur cet Etat, les USA désirent prendre en compte la menace terroriste, etc. Finalement chacun discute des critères de la réalité et de sa perception. Les informations sont pris en compte par tous ces discours comme l&#8217;élément décisif qui vient perturber la relation à la dite &laquo;&nbsp;réalité&nbsp;&raquo;. Discuter ainsi de ces critères sans métalangage produit des différends. Ceux-ci peuvent s&#8217;exprimer sous la forme de conflits armés.</p>
<p>Ce sont les phénomènes eux-mêmes qui sont affectés. La production d&#8217;images (l&#8217;imaginaire) pourrait alors remplir un rôle neuf dans ce monde d&#8217;incroyance envers l&#8217;information, dans ce monde dénué d&#8217;autorité. QU&#8217;est-ce qu&#8217;une image produite par une personne (artiste?) dans ce monde là? A-t-elle la même fonction que dans un monde structuré hiérarchiquement selon des métalangages (pouvoirs politique, religieux, économique, idéologique)?</p>
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		<title>Fournisseurs de contenu</title>
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		<pubDate>Wed, 26 Jul 2006 11:33:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[La vitesse à laquelle les internautes ont fournis du contenu aux différents sites de médias est étonnante. Youtube par exemple comporte des milliers de vidéo en sachant véhiculer une idéologie open (on ne sait plus très bien ce qui est open, mais on est dans cette atmosphère de pseudo partage qui mélange le logiciel libre, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La vitesse à laquelle les internautes ont fournis du contenu aux différents sites de médias est étonnante. <em>Youtube </em>par exemple comporte des milliers de vidéo en sachant véhiculer une idéologie <em>open</em> (on ne sait plus très bien ce qui est <em>open</em>, mais on est dans cette atmosphère de pseudo partage qui mélange le logiciel libre, les API ouvertes, un semblant de communauté et de convivialité). Ces entreprises privées surfant sur la vague Web 2.0 captent des médias en nombre. Les internautes sont des fournisseurs, ils délèguent des fragments de mémoire aux disques durs sur les serveurs de ces entreprises.</p>
<p>Il ne faudrait pas voir en cela une démocratisation des médias, le passage de la télévision (peu d&#8217;émetteurs beaucoup de récepteurs) à Internet (le récepteur est potentiellement un émetteur), ce serait là une vision utopique et angélique. Il s&#8217;agit plutôt du déplacement des industries médiatiques du contenu vers le contenant, de l&#8217;adoption de l&#8217;idéologie orientée objet ou, pour le dire autrement, de l&#8217;âge de l&#8217;accès.<br />
La question n&#8217;est plus de délivrer du contenu idéologique, de créer des programmes au sens audiovisuel du terme faisant circuler un certain message, mais de donner accès à la réflexivité du <em>socius </em><sup><a href=".Le" onclick="this.target='_self';this.href='#linknote-1032-1';" id="noted-1032-1" title=" - Les médias que je vois sont fait par des gens comme moi, ces médias sont un miroir de ma propre activité, ils sont au même niveau que moi. Il faudrait analyser cette question au regard des reality shows car avec la mutualisation des médias il y à une transformation supplémentaire de la mimesis">[1]</a></sup> fait que certaines entreprises estiment que l&#8217;enjeu pour elles n&#8217;est plus de produire du contenu mais de fournir le contenant, que cette logique s&#8217;étend à présent aux médias classiques (voir le projet <a target="_blank" href="http://www.mtvflux.it/it/">MTV flux</a> dont le sous-titre est &laquo;&nbsp;welcome to <em>your </em>open source&nbsp;&raquo;) doit nous interroger sur ce qu&#8217;est aujourd&#8217;hui la représentation et l&#8217;idéologie.</p>
<p>Le <em>ready made</em> nous avait déjà alerté de  la prévalence du contenant sur le contenu, car c&#8217;est dans le contenant que l&#8217;autorité s&#8217;élabore (autorité de validation, de circulation, de répétition). Les médias de masse adoptent aujourd&#8217;hui cette logique. Les médias importent peu, ce sont simplement des données. Ce qui compte c&#8217;est le médium, c&#8217;est-à-dire le support matériel permettant la rétention et la diffusion des données. Est-ce une généralisation de l&#8217;esthétique<sup><a href="" onclick="this.target='_self';this.href='#linknote-1032-2';" id="noted-1032-2" title="On pourrait en effet penser que l'art moderne et contemporain n'a cessé de déplacer la problématique esthétique sur la question du médium. Que ce soit en rendant abstrait celui-ci ou en faisant du lieu d'exposition lui-même un médium, la production artistique devenant un intermédiaire plus qu'un élément autonome.">[2]</a></sup> Les images de demain seront celles tournées par des gens, vous, moi, des images sans importance, fragments sortis du flux d&#8217;une existence, séquence souvent drôle, parfois terrible de cette vie là, de ma vie là. Autre représentation et répétition entre l&#8217;image et l&#8217;esthétique, cette existence, celle que je vois, celle que je suis en même temps qui est toujours un temps anachronique, <em>out of joint</em>.
<div class="alt">Notes:
<ol>
<li id="linknote-1032-1"><a href=".Le"></a>  &#8211; Les médias que je vois sont fait par des gens comme moi, ces médias sont un miroir de ma propre activité, ils sont au même niveau que moi. Il faudrait analyser cette question au regard des reality shows car avec la mutualisation des médias il y à une transformation supplémentaire de la <em>mimesis</em> <a href="#noted-1032-1"><strong>&#8617;</strong></a>
<li id="linknote-1032-2"><a href=""></a> On pourrait en effet penser que l&#8217;art moderne et contemporain n&#8217;a cessé de déplacer la problématique esthétique sur la question du médium. Que ce soit en rendant abstrait celui-ci ou en faisant du lieu d&#8217;exposition lui-même un médium, la production artistique devenant un intermédiaire plus qu&#8217;un élément autonome. <a href="#noted-1032-2"><strong>&#8617;</strong></a></ol>
</div>
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		<title>Qu&#8217;est-que la dislocation?</title>
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		<pubDate>Sun, 02 Jul 2006 18:33:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>

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		<description><![CDATA[On perçoit habituellement la dislocation sous l&#8217;horizon de l&#8217;utilité: la dislocation consisterait ainsi à passer de l&#8217;utilisable à l&#8217;inutilisable. Ce changement d&#8217;état de l&#8217;objet le ferait disparaître. L&#8217;objet s&#8217;identifierait alors totalement à sa fonction. L&#8217;objet disloqué est jeté, recyclé ou gardé comme un vestige et mis de côté.
Or, qu&#8217;entendons-nous au sein même du mot dis-location? [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img id="image974" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/07/wtc911.wtc.6.crater.west.air%20%28Custom%29.jpg" /></p>
<p>On perçoit habituellement la dislocation sous l&#8217;horizon de l&#8217;utilité: la dislocation consisterait ainsi à passer de l&#8217;utilisable à l&#8217;inutilisable. Ce changement d&#8217;état de l&#8217;objet le ferait disparaître. L&#8217;objet s&#8217;identifierait alors totalement à sa fonction. L&#8217;objet disloqué est jeté, recyclé ou gardé comme un vestige et mis de côté.</p>
<p>Or, qu&#8217;entendons-nous au sein même du mot dis-location? N&#8217;y-a-t&#8217;il pas dans ce terme comme l&#8217;indication que quelque chose change de place? La dislocation serait donc, pour un objet, le passage d&#8217;une place à une autre? Ou mieux encore un changement plus profond et radical dans ce que la localité même signifie? La dis-location disloque la territorialité? La dis-location disloque les relations entre deterritorialisation et reterritorialisation puisqu&#8217;on ne peut plus faire retour à l&#8217;état initial de l&#8217;objet après qu&#8217;il ait été disloqué?</p>
<p>Un des noeuds de la problématiques de la dislocation est bien l&#8217;hylémorphisme d&#8217;Aristote. En effet, par dislocation on entend traditionnellement une transformation si radicale dans l&#8217;équilibre entre la forme et la matière, équilibre qui définissait la fonction utile de l&#8217;objet, que celui-ci semble s&#8217;écrouler sur lui-même. La matière est encore là mais la forme s&#8217;est multipliée, divisée, fragmentée sans que cette division ne soit celle d&#8217;un objet machinique où chaque pièce est emboîtée à une autre selon une nécessité qui définie la causalité du fonctionnement tout autant que la finalité de l&#8217;usage. La division de la dislocation met à mal l&#8217;identité de la forme. C&#8217;est un puzzle. Il faut retrouver la place de chaque fragment et une fois le puzzle recomposé, on n&#8217;aura qu&#8217;une simple image de l&#8217;objet, face à soi, posée à terre, inutilisable encore puisqu&#8217;en mobilisant l&#8217;objet il se disloquerait à nouveau. Il reste des espaces vides entre les fragments.</p>
<p>Chaque élément de l&#8217;objet disloqué est devenu une espèce de localité. On ne peut s&#8217;empêcher de penser aux échelles de temps qui travaillent les minéraux, qui produisent les pierres, immenses échelles dont les êtres humains sont exclus, eux qui regardent les pierres en pouvant imaginer cela.</p>
<p>La dislocation du World Trade Center fut un processus complexe. Il s&#8217;agit là d&#8217;une image, non du phénomène (dont nous n&#8217;avons aucune idée), des images qui ont été diffusées à la télévision.</p>
<p>Dans un premier temps l&#8217;édifice dans sa solidité. Puis une frappe, un enfoncement, une explosion. Des flammes, l&#8217;attente. Un deuxième avion. La répétition du premier événement, comme sa mémoire et son avenir. Ensuite, le suspend, l&#8217;incendie qui se propage, les corps qui commencent à se jeter du haut des tours (la dislocation touche à la mortalité des mortels) et la dislocation proprement dites, l&#8217;effondrement, le nuage de fumée, de poussière qui recouvre tout, effaçant l&#8217;image, transformant une partie de la ville en lieu d&#8217;invisibilité. Ensuite les gravas, les morceaux, les fragments, et la localité qui s&#8217;ouvre sur une béance, un espace laissé vide.</p>
<p><img id="image975" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/07/wtc-person-fallingsmall%20%28Custom%29.jpg" /></p>
<p>La frayeur laissée par ce vide, puis le désir (politique) de trouver un sens à cette vacuitée, de boucher à tout prix ce trou, de mettre cette béance dans un ordre, de lui donner une fonction, de rattacher cette image de dislocation à l&#8217;une des fonctions les plus grandes et les plus instrumentales qui soient à notre époque: le pétrole qu&#8217;on extrait, qu&#8217;on arraisonne pour utiliser un vocabulaire heideggerien. En souhaitant donner du sens à cette dislocation, on produit d&#8217;autres dislocations dont nous n&#8217;avons pas ou peu d&#8217;images, mais que nous pouvons imaginer, que nous avons imaginé au cours de ces longues années.</p>
<p>Explosion, fragmentation, destruction des guerres menées au nom de la reconquête du sens et de la fonction. D&#8217;autres mortels mourants dont nous savons la présence à cause de toutes ces images manquantes, de toutes ces images qui n&#8217;ont jamais été tournées (si les cinémathèques tentaient de définir le corpus des images réalisées, ne faudrait-il pas à l&#8217;ère des flux numériques dresser la liste des images manquantes? De celles qui n&#8217;ont pas été enregistrées pour en garder la mémoire? L&#8217;absence d&#8217;image ne devient-elle pas elle-même un événement?). D&#8217;autres mortels encore, enfermés &laquo;&nbsp;comme&nbsp;&raquo; dans les tours du WTC, prisonniers de l&#8217;absurdité de cette reconquête du sens, à Guantanamo ou ailleurs. Récit de gens enlevés, torturés, relâchés, sans autre raison que cette reconquête.</p>
<p>La dislocation est devenue une hantise, et elle ne cesse d&#8217;avoir lieu, encore et encore, produisant comme des échos dans une cavité irrégulière où les sons rebondiraient, tantôt proche, tantôt lointain, revenant à leur force sonore initiale même si le temps lui avance, quoiqu&#8217;il en soit, mais les répliques de la dislocation ne dépendent plus de ce temps, elles sont d&#8217;un temps du fantasme, de la projection et de l&#8217;imagination qui ne veulent laisser aucune place à la vacuité.</p>
<p>Mais se pourrait-il, en regardant autrement la dislocation, en la regardant d&#8217;abord comme image, en en ressentant les qualités, les tonalités, que quelque chose d&#8217;autre que la forme et que la matière adviennent? La dislocation serait-elle alors perçue autrement qu&#8217;un vide à boucher? Et ne pourrait-on pas laisser la dislocation suspendue, en modifier la vitesse, tantôt lente, tantôt rapide, pour en découvrir le rythme propre tout autant que le devenir, rechercher sa traîne visuelle?</p>
]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;espace sacré de l&#8217;art</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/22-lespace-sacre-de-lart/</link>
		<comments>http://incident.net/users/gregory/wordpress/22-lespace-sacre-de-lart/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 21 Jun 2006 23:07:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://incident.net/users/gregory/wordpress/22-lespace-sacre-de-lart/</guid>
		<description><![CDATA[Je ne serais pas le dernier. Je ne suis pas le premier.
Mais comment accepter comme beaucoup des espaces, donc des fonctions, sans les penser, sans les contextualiser, sans leur donner sens ou non-sens, sans les déconstruire? La galerie? Le musée? Tous ces espaces réservés à l&#8217;art sont problématiques. Quel est leur sens à l&#8217;époque où [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je ne serais pas le dernier. Je ne suis pas le premier.</p>
<p>Mais comment accepter comme beaucoup des espaces, donc des fonctions, sans les penser, sans les contextualiser, sans leur donner sens ou non-sens, sans les déconstruire? La galerie? Le musée? Tous ces espaces réservés à l&#8217;art sont problématiques. Quel est leur sens à l&#8217;époque où les industries culturelles règnent sur la construction du sensible?</p>
<p>On ne saurait accepter la justification de ces lieux fonctionnels par la notion de résistance infime: résister malgré tout, sauver l&#8217;honneur, dans le désert croît ce qui sauve, que sais-je encore. Car il y a là une contradiction: ces lieux sont des reliques du passé, un temps où les espaces séparés permettaient de construire de l&#8217;absolu (cf Vernant), du délié, du réservé. Et qu&#8217;est-ce donc qu&#8217;un musée si ce n&#8217;est un lieu à part et de ce fait même absolu? Comment dès lors articuler l&#8217;argumentation de la &laquo;&nbsp;résistance malgré tout&nbsp;&raquo; à ces lieux qui sont structurellement comme des églises? Comment justifier la finitude par l&#8217;absolu?</p>
<p>Ce n&#8217;est certes pas une question nouvelle depuis Duchamp. Mais on tourne autour depuis longtemps comme si la mort des dieux était moins longue que l&#8217;ombre de leurs morts. Donc ça continue: les artistes exposent fièrement dans des galeries, mieux encore dans des musées, sans même penser les conséquences d&#8217;un tel mode de présentation sur l&#8217;organisation du sensible qu&#8217;ils proposent. Ils l&#8217;acceptent avant toute chose puisque c&#8217;est la règle du jeu, puisque c&#8217;est le lieu même de l&#8217;art, là où il a droit d&#8217;être, un lieu neutre ou un lieu dont on peut jouer (mais on ne parvient qu&#8217;à en répéter l&#8217;autorité). Mais est-ce bien à la mesure de ces images, de ces médias, de ces industries qui détiennent les clés de l&#8217;esthétique contemporaine? N&#8217;est-ce pas simplement une relique du passé que nous maintenons pour nous donner bonne conscience et laisser une place à ce que nos prédécesseurs avaient nommé art?</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Déconstruire le Web 2.0</title>
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		<pubDate>Sat, 17 Jun 2006 14:56:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies]]></category>

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		<description><![CDATA[Déconstruire le discours dominant sur le Web 2.0. De quelles façons une technologie impose un certain discours surdéterminé par la tradition historique.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img id="image800" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/06/talk-pix-0345.jpg" /></p>
<p>Il y a quelques débats dans la communauté artistique concernant le Web 2.0<sup><a href="" onclick="this.target='_self';this.href='#linknote-798-1';" id="noted-798-1" title="http://metazimut.free.fr/w/?p=27">[1]</a></sup> Certains y voient une formidable opportunité d&#8217;harmoniser les flux et d&#8217;ainsi se répandre plus facilement sur le réseau. D&#8217;autres entrevoient le danger d&#8217;une uniformisation. J&#8217;aimerais attirer l&#8217;attention sur plusieurs points :</p>
<p>1. Le Web 2.0<sup><a href="" onclick="this.target='_self';this.href='#linknote-798-2';" id="noted-798-2" title="http://xmlfr.org/actualites/decid/051201-0001 A remarquer que l'article se termine par cette phrase messianique: Le message du Web 2.0 est un message d'espoir. Pour une définition du paradigme en anglais. Pour des exemples concrets http://www.econsultant.com/web2/index.html. Remarquons que derrière le Web 2.0 se trame la mise à disposition de logiciels accessibles en ligne. C'est une vieille idée qui consiste à faire payer l'usage et non pas le logiciel lui-même, les licences commerciales n'étant d'ailleurs jamais très claires sur ce qui appartient réellement à l'acheteur. Avec l'accessibilité des logiciels en ligne le problème est résolu. Rien n'est acheté si ce n'est son usage, son instrumentalité. Ce nouveau paradigme économique ne concerne pas seulement Internet, on le retrouve dans toute l'économie expérientielle, c'est une économie de l'accès que Rifkin a théorisé.">[2]</a></sup> est une annonce (&nbsp;&raquo;buzz&nbsp;&raquo;) permettant de relancer l&#8217;industrie du réseau. Faut-il obligatoirement suivre cette annonce même si c&#8217;est au nom de prétendues réflexions politiques ? Faut-il, comme c&#8217;est si souvent le cas dans les forums et autres discussions, analyser la standardisation comme démocratisation ? Je souhaiterais montrer que le Web 2.0 concerne le langage, un langage transformé en mot d&#8217;ordre par l&#8217;intermédiaire de recommendations et que certains artistes en relayant celles-ci font partie intégrante du circuit de légitimation d&#8217;un mot d&#8217;ordre.</p>
<p>2. Le Web 2.0 accentue la séparation entre le fond et la forme. En effet, l&#8217;interface peut être totalement (c&#8217;est le fantasme de l&#8217;AJAX) modifiée par l&#8217;utilisateur, il ne reste plus donc que les données intactes. Or, la tradition artistique consiste justement dans le fait que le fond et la forme, la profondeur et l&#8217;épiderme, le simulacre et la réalité sont articulées de façon complexe, individuante, qu&#8217;elles sont impossibles à démêler, et que le trouble esthétique provient justement de cette indistinction. Quelles conséquences sur la production du sensible quand on sépare le fond et la forme ? Que cette séparation se pose à nous dans le contexte des technologies cela ne fait pas de doute, qu&#8217;il faille adopter sans réflexion ces standards est une autre histoire. Derrière cette séparation technique n&#8217;y-a-t-il pas finalement cette vieille ritournelle, ce désir qui hante la pensée occidentale d&#8217;un sens intact<sup><a href="" onclick="this.target='_self';this.href='#linknote-798-3';" id="noted-798-3" title="De la grammatologie de Jacques Derrida ">[3]</a></sup> d&#8217;un sens qui reste pur puisque ses modifications de forme sont possibilisées d&#8217;avance par l&#8217;interface modulaire. Il faut remarquer que ce fantasme, et ce n&#8217;est pas le fait du hasard, est l&#8217;une des sources historiques de l&#8217;informatique : la cryptologie <sup><a href="" onclick="this.target='_self';this.href='#linknote-798-4';" id="noted-798-4" title="Histoire des codes secrets de Simon Singh,">[4]</a></sup> et la cybernétique. Il y aurait là à déconstruire toutes ces pratiques artistiques de l&#8217;interface-outil qui fantasme l&#8217;interactivité comme étant la possibilité pour l&#8217;utilisateur de faire son interface. Derrière cette volonté affichée règne sans doute un désir de contrôle et d&#8217;anticipation où le sens ne serait jamais affecté par ce qui advient du dehors.</p>
<p>3. Avec le « Web sémantique », le sens devient donc un mot d&#8217;ordre. Il faudrait produire du sens à l&#8217;ère numérique et l&#8217;art n&#8217;est-il pas le secteur qui a pour mission de produire du sens par excellence ? On peut s&#8217;interroger sur cette demande de sens (au moment même où nos sociétés occidentales sont désorientées et que cette désorientation, à notre sens, n&#8217;est pas quelque chose de négatif à éviter, à soigner). L&#8217;histoire de l&#8217;art moderne s&#8217;est justement déroulée dans les creux de cette demande de sens comme une façon de déplacer sa territorialité : non pas l&#8217;oeuvre, mais le spectateur, non pas le spectateur, mais le contexte de validation, non pas le contexte de validation, mais le contexte médiatique, et ça ne cesse de rebondir encore et encore<sup><a href="" onclick="this.target='_self';this.href='#linknote-798-5';" id="noted-798-5" title="Histoire matérielle et immatérielle de l'art moderne de Florence de Méredieu ">[5]</a></sup> Recentraliser le sens sur la production artistique est une demande affective bien sûr et le mot d&#8217;ordre serait à analyser selon les grilles proposées par Foucault<sup><a href="" onclick="this.target='_self';this.href='#linknote-798-6';" id="noted-798-6" title="Surveiller et punir de Michel Foucault">[6]</a></sup></p>
<p>4. Il faudrait distinguer norme<sup><a href="" onclick="this.target='_self';this.href='#linknote-798-7';" id="noted-798-7" title="Se dit quelquefois pour règle, loi, d'après laquelle on doit se diriger.HISTORIQUE : XVe s. Sans regle ni sans norme, COQUILLART, p. 119, dans LACURNE.ÉTYMOLOGIE : Lat. norma, équerre, et fig. règle, modèle. Norma est rapporté par Benfey à une contraction du mot fictif gnorima, règle, chose faisant connaître, du verbe connaître.">[7]</a></sup> <a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/10-norme-standard-et-protocole-technologiques-comme-condition-de-lindividuation-esthetique-couvent-de-la-tourette/">standard</a>, <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Syndication">syndication</a>, etc. Ces concepts sont problématiques dans le contexte présent, car on sait que si la norme semblait dans la modernité comme ce qui s&#8217;opposait à la singularité artistique (Charlot écrasé par la machine), nous savons que dans le même temps la modernité n&#8217;a cessé de questionner la norme pour produire des objets, jusqu&#8217;à Warhol <sup><a href="" onclick="this.target='_self';this.href='#linknote-798-8';" id="noted-798-8" title="Entretiens 1962-1987 de Andy Warhol">[8]</a></sup> qui jouait la normalité à son point extrême. Il n&#8217;y a pas à s&#8217;opposer à la norme, au standard, ce serait naïf. Il y a en déconstruire les circuits et les machinations sans se placer au dehors (position de la critique et de l&#8217;autorité). Mais ce qui advient avec la syndication est d&#8217;un autre ordre puisqu&#8217;il s&#8217;agit par la normalisation des flux de données de permettre leur apparition dans des métaformes, par exemple un agrégateur de contenu RSS. Ainsi, un standard technique devient avec la syndication une norme, c&#8217;est-à-dire un mot d&#8217;ordre. On se rendra très vite compte que cette syndication a deux conséquences : le mot d&#8217;ordre du sens devient une production d&#8217;informations identiques les unes aux autres où chaque contributeur éditorial relaye l&#8217;information qui le précède (structure de la rumeur, de la citation, mais sans l&#8217;inclinaison interprétative), où chacun s&#8217;informe de ce qu&#8217;il vient de lire. Deuxièmement, cette syndication hiérarchise les flux et garantie aux flux dominants d&#8217;être plus visibles que les autres, car cette structure soumet l&#8217;ensemble à une pensée de la consommation et du public, de l&#8217;audience. La norme ne saurait donc être détournée de la même façon quand elle se syndique.</p>
<p>4. J&#8217;aimerais proposer face au mot d&#8217;ordre de la syndication, le concept d&#8217;<strong>insularisation</strong>, non pour les opposer, mais pour montrer leur dialectique. Si j&#8217;utilise ici le concept d&#8217;insularisation plutôt que d&#8217;insularité, c&#8217;est pour garder le mouvement de ce devenir, non pour défendre une mise en ghetto des arts. Mais qu&#8217;il y ait en eux un suspend, une mise à l&#8217;écart, de côté, qu&#8217;ils soient de biais, minuscules et sensibles, fragiles face aux flux des industries culturelles c&#8217;est une manière de témoigner, encore et encore et faute de mieux, du timbre secret dont parlait Walter Benjamin. Nous voulons maintenir la possibilité d&#8217;utiliser d&#8217;autres technologies (SPIP) que celles du gouvernement, du commerce, des industries culturelles, estimant qu&#8217;une technologie est toujours avant tout un <em>logos</em>, c&#8217;est-à-dire un langage qui est tout sauf neutre. Nous refusons le mot d&#8217;ordre de plus en plus pressant de la transparence dans les domaines artistique et culturelle: exprimez vous clairement, dites clairement les choses, exprimez vous simplement, etc. En un mot: épuisez la complexité, prenez en compte ce que nous pouvons entendre, conformez vous. Nous désirons maintenir la possibilité de l&#8217;illisible, du non-destiné. &laquo;&nbsp;Domus et la mégapole&nbsp;&raquo; de Jean-François Lyotard<sup><a href="" onclick="this.target='_self';this.href='#linknote-798-9';" id="noted-798-9" title="L'inhumain, causeries sur le temps de Jean-François Lyotard">[9]</a></sup> parle très bien de cette position. L&#8217;ineffable est du côté de la transparence, pas de celui de l&#8217;insularisation. Vouloir s&#8217;opposer aux industries culturelles par la force, en imposant d&#8217;autres formes<sup><a href="" onclick="this.target='_self';this.href='#linknote-798-10';" id="noted-798-10" title="http://www.arsindustrialis.org">[10]</a></sup> c&#8217;est remplacer une autorité par d&#8217;autres autorités et c&#8217;est répéter ce qu&#8217;on dénonce (la dénonciation a souvent cette tendance à répéter l&#8217;objet du danger qu&#8217;elle signale, elle est hantée par une revenance <sup><a href="" onclick="this.target='_self';this.href='#linknote-798-11';" id="noted-798-11" title="Spectres de Marx de Jacques Derrida">[11]</a></sup> Croire qu&#8217;on va créer des industries contre les industries culturelles dominantes c&#8217;est faire preuve de candeur. L&#8217;insularisation c&#8217;est défendre une réflexion sur les flux (il n&#8217;y a d&#8217;île que dans les courants, proches des continents, signalés sur des cartes), c&#8217;est être attentif à ce remixage généralisé grâce au RSS et aux APIs ouvertes et à la mise en cause engagé depuis longtemps déjà de la centralité de l&#8217;auteur, mais c&#8217;est aussi se permettre un suspend, un biais, des chemins de traverse. Non pas vouloir être au centre (avec la syndication tout le monde est au centre, il y a là quelque chose du narcissisme et de l&#8217;identité), mais dans une position d&#8217;ironie, d&#8217;observation douce et amusée. C&#8217;est surtout savoir qu&#8217;il y a d&#8217;autres îles et toujours d&#8217;autres encore, comme ici.</p>
<p><a style="color: #191919; background-color: #d6d3cb" href="http://www.flickr.com/">Flickr</a> (photographies), <a style="color: #191919; background-color: #d6d3cb" href="http://www.youtube.com/">Youtube</a> (vidéos), <a style="color: #191919; background-color: #d6d3ce" href="http://www.myspace.com/">Myspace</a> (fichiers), <a style="color: #191919; background-color: #d6d3ce" href="http://www.makezine.com/">Makezine</a> (savoir-faires), <a style="color: #191919; background-color: #d6d3d1" href="http://www.wikipedia.org/">Wikipedia</a> (connaissances), <a style="color: #191919; background-color: #d6d3d1" href="http://del.icio.us/">Delicious</a> (liens)
<div class="alt">Notes:
<ol>
<li id="linknote-798-1"><a href=""></a> http://metazimut.free.fr/w/?p=27 <a href="#noted-798-1"><strong>&#8617;</strong></a>
<li id="linknote-798-2"><a href=""></a> http://xmlfr.org/actualites/decid/051201-0001 A remarquer que l&#8217;article se termine par cette phrase messianique: Le message du Web 2.0 est un message d&#8217;espoir. Pour une définition du paradigme en <a target="_blank" href="http://www.oreillynet.com/pub/a/oreilly/tim/news/2005/09/30/what-is-web-20.html">anglais</a>. Pour des exemples concrets <a href="http://www.econsultant.com/web2/index.html.">http://www.econsultant.com/web2/index.html.</a> Remarquons que derrière le Web 2.0 se trame la mise à disposition de logiciels accessibles en ligne. C&#8217;est une vieille idée qui consiste à faire payer l&#8217;usage et non pas le logiciel lui-même, les licences commerciales n&#8217;étant d&#8217;ailleurs jamais très claires sur ce qui appartient réellement à l&#8217;acheteur. Avec l&#8217;accessibilité des logiciels en ligne le problème est résolu. Rien n&#8217;est acheté si ce n&#8217;est son usage, son instrumentalité. Ce nouveau paradigme économique ne concerne pas seulement Internet, on le retrouve dans toute l&#8217;économie expérientielle, c&#8217;est une économie de l&#8217;accès que Rifkin a théorisé. <a href="#noted-798-2"><strong>&#8617;</strong></a>
<li id="linknote-798-3"><a href=""></a> De la grammatologie de Jacques Derrida  <a href="#noted-798-3"><strong>&#8617;</strong></a>
<li id="linknote-798-4"><a href=""></a> Histoire des codes secrets de Simon Singh, <a href="#noted-798-4"><strong>&#8617;</strong></a>
<li id="linknote-798-5"><a href=""></a> Histoire matérielle et immatérielle de l&#8217;art moderne de Florence de Méredieu  <a href="#noted-798-5"><strong>&#8617;</strong></a>
<li id="linknote-798-6"><a href=""></a> Surveiller et punir de Michel Foucault <a href="#noted-798-6"><strong>&#8617;</strong></a>
<li id="linknote-798-7"><a href=""></a> Se dit quelquefois pour règle, loi, d&#8217;après laquelle on doit se diriger.HISTORIQUE : XVe s. Sans regle ni sans norme, COQUILLART, p. 119, dans LACURNE.ÉTYMOLOGIE : Lat. norma, équerre, et fig. règle, modèle. Norma est rapporté par Benfey à une contraction du mot fictif gnorima, règle, chose faisant connaître, du verbe connaître. <a href="#noted-798-7"><strong>&#8617;</strong></a>
<li id="linknote-798-8"><a href=""></a> Entretiens 1962-1987 de Andy Warhol <a href="#noted-798-8"><strong>&#8617;</strong></a>
<li id="linknote-798-9"><a href=""></a> L&#8217;inhumain, causeries sur le temps de Jean-François Lyotard <a href="#noted-798-9"><strong>&#8617;</strong></a>
<li id="linknote-798-10"><a href=""></a> http://www.arsindustrialis.org <a href="#noted-798-10"><strong>&#8617;</strong></a>
<li id="linknote-798-11"><a href=""></a> Spectres de Marx de Jacques Derrida <a href="#noted-798-11"><strong>&#8617;</strong></a></ol>
</div>
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		<title>Une histoire d&#8217;images</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Jun 2006 10:12:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Entre cette image prise le 23 août 1944 à 11h par l&#8217;aviation anglaise, période qui correspond aux convois des juifs hongrois, et ce schéma trouvé dans le journal Le Monde du 11 juin 2006, il y a une étrange ressemblance. Il ne s&#8217;agit pas de confondre ces deux images et, par voie de conséquence, de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img id="image789" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/06/auschwitz.jpg" /><img id="image790" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/06/Guantanamo.jpg" /></p>
<p>Entre cette image prise le 23 août 1944 à 11h par l&#8217;aviation anglaise, période qui correspond aux convois des juifs hongrois, et ce schéma trouvé dans le journal Le Monde du 11 juin 2006, il y a une étrange ressemblance. Il ne s&#8217;agit pas de confondre ces deux images et, par voie de conséquence, de confondre les deux phénomènes s&#8217;y référant, mais simplement de souligner qu&#8217;elles ont un langage iconographique proche.</p>
<p>Dans <em>Histoires du cinéma</em>, Jean-Luc Godard montre combien les images sont littéralement hantées par les images des camps (avec toute l&#8217;évolution de leurs représentations, des images de la libération jusqu&#8217;à l&#8217;album d&#8217;Auschwitz). Ce ne sont pas des images singulières, elles reviennent.</p>
<p>Les photographies aériennes ont un sens bien particulier: vision panoptique et preuve que les Alliés savaient (ils savaient mais par l&#8217;intermédiaire des témoignages donnés par le gouvernement polonais en exil à Londres). En reprenant, consciemment, inconsciemment, peu importe, les effets sont là, l&#8217;iconographie concentrationnaire (les blocs, la vue de haut, la cartographie),et qui pourrait nier que Guantanamo est un camp? ces deux images reviennent l&#8217;une dans l&#8217;autre. Nous voyons bien dans Guantanamo l&#8217;image des camps revenir. Je dis bien l&#8217;image et non les camps en tant que phénomène, comme si l&#8217;image se libérait de son référent, de sa lumière d&#8217;origine, pour mener son existence propre dans nos imaginaires.</p>
<p>Manière de dire (à deux temps): &laquo;&nbsp;Nous savions. Nous savons. Nous avons laissé faire. Nous laissons faire.&nbsp;&raquo; Ou encore: une image-type qui raconte moins un référent qu&#8217;elle ne positionne forcément le regardeur. Ou encore: réservibilité des Etats-Unis et de l&#8217;Allemagne nazie (et il faudrait revoir <a target="_blank" href="http://www.imdb.com/title/tt0034583/">Casablanca </a>(1942) et tous ces films pendant la guerre où les Allemands parlent américain comme s&#8217;il s&#8217;agissait de leur langue maternelle, comme si la langue américaine était la langue par excellence, une langue neutre qui hantait déjà l&#8217;histoire allemande, comme si la guerre se faisait entre des gens parlant la même langue et pouvant donc se comprendre).</p>
<p>Il faudra parler d&#8217;images à présent et penser à la suite de Didi-Huberman leur pouvoir de revenance. Il y aurait l&#8217;histoire des phénomènes et l&#8217;histoire des images. La relation entre ces deux histoires n&#8217;est pas celle entretenue entre le représenté et la représentation. L&#8217;histoire des images a son propre rythme, son propre souffle, tournée parfois vers l&#8217;histoire des phénomènes mais dans une boucle de rétroaction avec celle-ci car les images influent sur les phénomènes et sont de plus en plus un élément moteur des décisions de pouvoir (par exemple en Irak).</p>
<p>Parfois une image défie cette revenance. Une image revient dans sa singularité et non dans son équivalence à d&#8217;autres images. C&#8217;est le cas d&#8217;une image très particulière de l&#8217;album d&#8217;Auschwitz où trois regards se croisent: celui d&#8217;une femme, d&#8217;un enfant et de sa mère. En suspend dans cette image, celui qui photographie, le reporter SS qui est le regard de l&#8217;objectif photographique par lequel nous voyons. Cette image, dont je parlerais une autre fois, me hante dans son absolue singularité, dans sa résistance à toute équivalence, à tout imaginaire autre que celui du croisement entre ces regards.</p>
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		<title>Après l&#8217;ère des médias, le flux</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/31-apres-lere-des-medias-le-flux/</link>
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		<pubDate>Wed, 31 May 2006 14:02:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>

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		<description><![CDATA[Si l&#8217;époque médiatique se présentait comme un nombre restreint de canaux unilatéraux destinés à un nombre important de récepteurs, et du simple fait de cette quantité relevait d&#8217;une qualité autoritaire d&#8217;imposition, l&#8217;époque des flux est toute différente. Pour la comprendre il faudrait:

Analyser l&#8217;analogie entre les flux technologiques et les flux de conscience à partir de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Si l&#8217;époque médiatique se présentait comme un nombre restreint de canaux unilatéraux destinés à un nombre important de récepteurs, et du simple fait de cette quantité relevait d&#8217;une qualité autoritaire d&#8217;imposition, l&#8217;époque des flux est toute différente. Pour la comprendre il faudrait:</p>
<ol>
<li>Analyser l&#8217;analogie entre les flux technologiques et les flux de conscience à partir de l&#8217;horizon ouvert par la phénomélogie.</li>
<li>Décrire la manière dont les techno-logies du flux, qui sont bien en ce sens là du logos, constituent peut-être une autorité mais sans métalangage venant subsumer les individualités.</li>
<li>Replacer cette époque des flux dans l&#8217;histoire de la subjectivité et du nihilisme à une période, la nôtre, où chacun semble vouloir se présenter comme une victime (les discours victimaire et de repentance sont devenus étrangement dominants et sans doute sont-ils autre chose que ce pour quoi ils se présentent).</li>
</ol>
<p>A partir de la compréhension des technologies des flux, il devient possible d&#8217;envisager la production esthétique après le pop-art qui répondait bel et bien à l&#8217;époque médiatique, à la domination de certains métalangages. Le pop-art dans sa neutralité affichée était sans doute encore une réaction face à un pouvoir, à des systèmes, à des structures. La période des flux n&#8217;est plus seulement celle où un prétendu pouvoir d&#8217;aliénation se laisse dénoncer, fut-ce en intégrant immédiatement sa critique. Elle relève d&#8217;un dissémination des langages sans structure transcendantale qui viendrait expliquer, dans l&#8217;après-coup théorique, la dynamique de cette perturbation.</p>
<p>En ce sens, la production artistique ne saurait plus élaborer un discours distinct et audible parce qu&#8217;elle ne viendrait plus se placer sur/contre une autorité localisable. La période du pop-art en troublant les frontières entre les domaines esthétiques (arts visuels, publicité, mode, cinéma, rock, etc.) a ouvert la voie à cette indistinction, c&#8217;est-à-dire à cette informe structurel au travers duquel nous pouvons tout juste deviner la silhouette de notre temps.</p>
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		<title>Un peuple d&#8217;informateurs</title>
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		<pubDate>Thu, 25 May 2006 12:50:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies]]></category>
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		<description><![CDATA[Une grande partie des blogs sont en fait moins des producteurs d&#8217;informations qu&#8217;ils ne relayent simplement celles-ci. En voyant les fils de syndication sur Macromedia ou d&#8217;autres sites (delicious), on aperçoit des redondances. Le plus souvent les blogs sont des transmetteurs d&#8217;informations, ni plus ni moins, ils &#171;&#160;font part&#171;&#160;.
Il y a en ceci un choix [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une grande partie des blogs sont en fait moins des producteurs d&#8217;informations qu&#8217;ils ne relayent simplement celles-ci. En voyant les fils de syndication sur <em>Macromedia </em>ou d&#8217;autres sites (<em>delicious</em>), on aperçoit des redondances. Le plus souvent les blogs sont des transmetteurs d&#8217;informations, ni plus ni moins, ils &laquo;&nbsp;<strong>font part</strong>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Il y a en ceci un choix <strong>économique</strong>: écrire sur une information existante c&#8217;est moins difficile qu&#8217;écrire au sens strict du terme, c&#8217;est-à-dire témoigner de quelque chose d&#8217;inanticipable. Relayer une information est peu couteux en terme de responsabilité, puisque n&#8217;étant qu&#8217;un relais je ne saurais être accusé d&#8217;en être responsable (il faudrait là revenir à la relation entre philosophie du droit et post-structuralisme portant sur l&#8217;écriture, à la manière de Jacques Derrida par exemple). Relayer c&#8217;est appartenir à un futur calculable qu&#8217;on peut retrouver ailleurs sur un autre site, la redondance d&#8217;une information permet l&#8217;évaluer de son importance hors d&#8217;une référentialité externe.</p>
<p>Et puis cela va aussi dans le sens d&#8217;une <strong>gazéfication </strong>de l&#8217;écriture: avec les blogs l&#8217;écriture est partout, jamais autant d&#8217;alphabétique n&#8217;a été écrit et publié, mais si l&#8217;écriture est partout elle n&#8217;est en un autre sens nulle part, parce que relayer de l&#8217;information ce n&#8217;est pas en produire, c&#8217;est être un simple maillon, ce n&#8217;est pas introduire dans la communauté des lecteurs l&#8217;à venir que suppose l&#8217;écriture même. Cela va donc dans le sens d&#8217;une massification de la culture pop. Sans doute cet inanticipable au sein de l&#8217;écriture pourrait avoir lieu, d&#8217;une autre façon avec d&#8217;autres moyens, par découpage, triturage, transformation de l&#8217;information originale, mais bien souvent le seul ajout du bloggeur est ses &laquo;&nbsp;pensées&nbsp;&raquo; (parlons plutôt de réaction) à l&#8217;information qu&#8217;il reproduit. On aura beau jeu de démontrer que la reproduction est une forme de création, on aura oublié le processus d&#8217;inviduation en cours de route.</p>
<p>Du fait de cette fonction partagée de transmetteur, les blogs ont <strong>un air de famille </strong>(il faudrait analyser finement le parcours d&#8217;une information dans la <em>blogosphère </em>pour déconstruire les autorités langagières ou si vous voulez les &laquo;&nbsp;sources&nbsp;&raquo;) et qu&#8217;ils appartiennent au <strong>flux</strong>, le reproduisent, le répètent et stylistiquement sont si proches. L&#8217;écriture/lecture (cette expérience de l&#8217;intimité distante) ne suppose-t-elle pas une suspension du flux? Et s&#8217;il n&#8217;y a pas d&#8217;en dehors du flux, alors comment le réitérer en le suspendant en son sein même?</p>
<p>L&#8217;individuation n&#8217;est plus singularité de l&#8217;écriture. C&#8217;est un peuple d&#8217;informateurs. Le peuple ne manque plus, c&#8217;est l&#8217;oeuvre qui est à présent en attente. Et nous ne l&#8217;attendrons pas.</p>
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		<title>Evangélisation</title>
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		<pubDate>Tue, 16 May 2006 23:57:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a cette étrange notion dans le domaine des entreprises informatiques d&#8217;évangéliste.
Un évangéliste est une personne qui va colporter la bonne parole, communiquer, expliquer. C&#8217;est dire combien la techno-industrie est fondée sur un certain régime langagier et sur certaines autorités référentielles. Quelqu&#8217;un va apporter la bonne parole à d&#8217;autres, les consommateurs ou les investisseurs, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a cette étrange notion dans le domaine des entreprises informatiques d&#8217;évangéliste.</p>
<p>Un évangéliste est une personne qui va colporter la bonne parole, communiquer, expliquer. C&#8217;est dire combien la techno-industrie est fondée sur un certain régime langagier et sur certaines autorités référentielles. Quelqu&#8217;un va apporter la bonne parole à d&#8217;autres, les consommateurs ou les investisseurs, qui par définition n&#8217;ont pas cette bonne parole. La bonne parole appartient donc à certains qui ont un projet technologique.</p>
<p>Les technologies sont donc avant tout, nous le savions déjà, du langage, non seulement d&#8217;un point de vue matériel (ce sont des machines à traiter du langage, plus exactement, une certaine conception du langage compris comme ensemble logicio-mathématique) mais aussi idéologique: elles sont communiquées sous forme de langage, comme c&#8217;est le cas de façon extrême avec les vaporwares, ces technologies qui ne sont qu&#8217;annoncées (qui n&#8217;existent que dans un régime langagier) et qui jamais ne verront le jour. Il faut voir dans cette prédominance du langage le point d&#8217;articulation entre la matérialité technologique et l&#8217;idéologie économique.</p>
<blockquote><p><strong>Vaporware:</strong> Un vaporware est un logiciel annoncé longtemps, toujours retardé, et qui probablement ne verra jamais le jour.<br />
Le mot est récent, il vient de &#8216;vapor&#8217;, qui se réfère à la vapeur, que l&#8217;on peut voir, entendre, sentir parfois, mais qui n&#8217;a pas de consistance réelle; et de &#8216;ware&#8217;, terminaison de nombreux produits de l&#8217;industrie informatique tels hardware, software, firmware, etc.<br />
Qualifier un produit de vaporware vise à le décrédibiliser. L&#8217;intention peut être neutre, ou agressive (par exemple, détourner des utilisateurs potentiels pour son propre compte, si l&#8217;on est promoteur d&#8217;un produit concurrent).<br />
À l&#8217;inverse, promouvoir un vaporware peut être une activité délibérée à l&#8217;encontre d&#8217;un concurrent visant, par exemple à détourner des clients d&#8217;un produit concurrent en les incitant à attendre.<br />
Néologisme francophone (rare) : fumiciel</p></blockquote>
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		<title>Flandres</title>
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		<pubDate>Sun, 16 Apr 2006 01:19:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Quotidien]]></category>

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		<description><![CDATA[Je viens d'entrevoir sur un site anglais la bande annonce du nouveau film de Bruno Dumont "Flandres". Loin de résumer le film en découpant de multiples séquences, il n'y a là qu'une seule séquence: dans une ville détruite, sans doute au Moyen-Orient, un groupe de soldats.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je viens d&#8217;entrevoir sur un site anglais la bande annonce du nouveau film de Bruno Dumont &laquo;&nbsp;Flandres&nbsp;&raquo;. Loin de résumer le film en découpant de multiples séquences, il n&#8217;y a là qu&#8217;une seule séquence: dans une ville détruite, sans doute au Moyen-Orient, un groupe de soldats. Ils sont à un coin de mur et doivent passer à découvert. Celui qui semble le chef les font passer deux par deux. Puis c&#8217;est son tour, seul, il avance, ourt, une bombe le tue. Un des soldats se met à hurler, tire, suivis par les autres. Une autre bombe, plus forte les tuent, un soldat est par terre, encore vivant. Cut. Titre du film. Cut. Paysage des Flandres.</p>
<p>Bruno Dumont est sans doute l&#8217;un des artistes les plus importants du cinéma actuel. Dans cette simple bande annonce il prend non seulement à contre-pied les standards qui régissent la relation entre bande annonce et film (qui sont des standards de la mimésis) mais surtout il condense en une scène la cruauté de la guerre: attendre que le dernier passe pour les tuer tous, n&#8217;en laisser aucun vivant. Et le cri de l&#8217;homme est autant de révolte que de survie. A cet instant même où les deux (le biologique et le politique) font un.</p>
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		<title>Résistance et incident</title>
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		<pubDate>Sat, 25 Feb 2006 15:59:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
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		<description><![CDATA[La critique de la société de consommation est de plus en plus fréquente dans les expérimentations artistiques, en particulier au théâtre. Cette critique n&#8217;est pas nouvelle, elle a même un goût du XXème siècle. Elle est acceptée par les médias car elle remplie le rôle de la critique nécessaire au dispositif social, elle circule dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img id="image589" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/02/applaudissement.jpg" /></p>
<p>La critique de la société de consommation est de plus en plus fréquente dans les expérimentations artistiques, en particulier au théâtre. Cette critique n&#8217;est pas nouvelle, elle a même un goût du XXème siècle. Elle est acceptée par les médias car elle remplie le rôle de la critique nécessaire au dispositif social, elle circule dans le flux. En reprenant les clichés et en croyant les critiquer, elle les rejoue.</p>
<p>La notion même de résistance (en temps de paix) suppose une position d&#8217;autorité qui reconduit structurellement l&#8217;autorité qu&#8217;on conteste. Et c&#8217;est pour cette raison que la scène du théâtre est particulièrement adaptée à une telle dénonciation. Avec la consommation il s&#8217;agit bien d&#8217;une scène, d&#8217;une représentation avec des lignes de partage entre ceux qui voient et ce qui est à voir, entre eux et nous. La guerre, discours contre discours.</p>
<p>L&#8217;incident est tout autre.</p>
<p>Avec l&#8217;incident il ne s&#8217;agit aucunement de critique (c&#8217;est-à-dire de mettre en scène la <em>crisis</em>, la crise, effet de style si connu chez les philosophes et les artistes qui annonçant la catastrophe concrétisent leurs discours, leurs effets esthétiques), d&#8217;un métalangage pouvant critiquer de l&#8217;extérieur un objet. Avec l&#8217;incident il s&#8217;agit d&#8217;apercevoir ce qui au sein même des phénomènes se décalent, s&#8217;individuent, se différencient, fait défaut, fait ratûre, fait biffure. L&#8217;incident est en ce sens une approche phénoménologique, qui part de l&#8217;existant, du présent, d&#8217;un ici et maintenant (et non d&#8217;une projection dans un prétendu avenir libérateur ou aliénant). L&#8217;incident n&#8217;est donc ni nostalgique, ni avant-gardiste. Ni pour ni contre quelque chose, les technologies par exemple. L&#8217;incident remarque juste ce qui est, les configurations actuelles et se gardent bien d&#8217;élaborer des jugements au nom d&#8217;une morale, d&#8217;un devenir humain, que sais-je encore.</p>
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		<title>L&#8217;amateur</title>
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		<pubDate>Fri, 17 Feb 2006 02:18:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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		<description><![CDATA[À une époque où les savoirs sont de plus en plus incertains, où les autorités vacillent, la réaction se fait sentir, violente et pourtant fragile. Ces mêmes autorités se crispent, ces savoirs s&#8217;affirment et se spécialisent, on en appelle à une réaffirmation de l&#8217;autorité. Cela va du discours le plus médiatisé (la reprise en main [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img id="image579" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/02/gavroche.jpg" /></p>
<p>À une époque où les savoirs sont de plus en plus incertains, où les autorités vacillent, la réaction se fait sentir, violente et pourtant fragile. Ces mêmes autorités se crispent, ces savoirs s&#8217;affirment et se spécialisent, on en appelle à une réaffirmation de l&#8217;autorité. Cela va du discours le plus médiatisé (la reprise en main de la jeunesse) jusqu&#8217;aux sphères plus scientifiques. Les secondes ne sont pas très différentes des premières, le tout se mêle dans un flux dont personne ne connaît la direction et la fin.</p>
<p>Il devient dès lors difficile de s&#8217;affirmer comme un amateur dans son sens le plus péjoratif d&#8217;amateurisme et le plus ouvert de la simple curiosité pour ce qu&#8217;on ne connaît pas, de celui idiot qui est sans savoir. Surtout quand dans cette stature on frôle les territoires délimités des spécialistes excédés par tant de bavardage. Pour parler il faut dès lors être autorisé par une autorité réputée supérieure et indiscutable, une autorité donc, qui est tout sauf scientifique si on entend par là la faculté de questionner de façon ininterrompue.</p>
<p>Dans le domaine artistique qui n&#8217;a pas de singularité et qui semble se comporter de la même manière que tous les autres domaines d&#8217;activités humaines, parler en amateur, en ignorant, affirmer son non-savoir comme délimitation même de son savoir, fait frémir lesdits spécialistes qui sentent bien que par une telle méthodologie c&#8217;est tout l&#8217;édifice de leur autorité qui s&#8217;effrite. En se définissant comme un amateur, ignorant et aussi bien spectateur que producteur, on échappe rarement à la critique d&#8217;un populisme sous-jacent. Si de surcroît on explique que l&#8217;amateurisme est un concept généralisé, on remet en cause les savoirs spécialisés qui se recroquevillent sur eux-mêmes.</p>
<p>L&#8217;amateur est à opposer au spécialiste. Il y aurait un art de l&#8217;amateur expérimentant, tentant, hésitant, se trompant. Et un art du spécialiste : cette étrange catégorie d&#8217;artistes qui, le plus souvent sans malice, adoptent tous les clichés du milieu auxquels ils appartiennent, adoptant des références et des postures que seuls les artistes, critiques, étudiants peuvent &laquo;&nbsp;comprendre&nbsp;&raquo;. Mais cette compréhension n&#8217;est que l&#8217;illusion du partage d&#8217;un univers référentiel, le plus souvent mal compris et c&#8217;est aussi pourquoi tant de gens ont une certaine joie à appartenir au milieu de l&#8217;art contemporain, appartenance illusoire, ignorance réifiée que rien ne pourra venir pertuber, mais plus réjouissante que la simple perception désarmée des travaux artistiques eux-mêmes.</p>
<p>Et c&#8217;est certes ce public, et uniquement celui-ci le plus souvent, qui vient aux expositions. Mais qui gardera l&#8217;exigence insensée de celui qui est sans savoir ? Qui gardera une place, sans doute jamais réalisée, à celui qu&#8217;il ne connaît pas, à cet anonyme dont nous croisons le chemin dans la rue et qui nous regarde ? Ceux de la foule sont les seuls auxquels nous pouvons nous adresser en restant une puissance sans pouvoir.</p>
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		<title>L&#8217;équation</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Feb 2006 18:20:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
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		<description><![CDATA[Insupportable mise en parallèle des caricatures du prophète musulman et du négationnisme. Insupportable équivalence entre un symbole et ce qui défie toute symbolisation.
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Insupportable mise en parallèle des caricatures du prophète musulman et du négationnisme. Insupportable équivalence entre un symbole et ce qui défie toute symbolisation.</p>
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		<title>En temps de guerre</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Feb 2006 22:45:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
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		<description><![CDATA[Quelle sera donc notre place en temps de guerre, ces temps qui ne cessent de s&#8217;approcher? Croirons-nous à une mission sacrée de l&#8217;art? Serons-nous à ce point ridicule ? Que faire en temps de guerre? Fraterniser? Que restera-t-il à faire? A dire? Faire des collectifs inter-continentaux? Dire &#171;&#160;non à la guerre&#160;&#187; et &#171;&#160;oui à la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quelle sera donc notre place en temps de guerre, ces temps qui ne cessent de s&#8217;approcher? Croirons-nous à une mission sacrée de l&#8217;art? Serons-nous à ce point ridicule ? Que faire en temps de guerre? Fraterniser? Que restera-t-il à faire? A dire? Faire des collectifs inter-continentaux? Dire &laquo;&nbsp;non à la guerre&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;oui à la paix&nbsp;&raquo;? Que faire en temps de guerre si ce n&#8217;est témoigner de ces temps-là? De la destruction qui disloque notre espace? De l&#8217;indifférence que nous entendons déjà dans le quotidien des démocraties occidentales? De l&#8217;humaine inhumanité par l&#8217;inhumaine humanité? Que faire si ce n&#8217;est savoir que nous sommes déjà en temps de guerre?</p>
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		<title>Des perturbations sans résistance</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Feb 2006 22:37:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>

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		<description><![CDATA[Il s&#8217;agit de perturber la quotidienneté des individus car celle-ci est oublieuse. Elle refoule ses structures et par là même est porteuse de Terreur.
Les lieux consacrés perturbent-ils encore la quotidienneté? Ne sont-ils pas plutôt devenus des lieux où, sachant que nous serons perturbés, nous accordons cette place? Ce sont des lieux réservés et par là [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il s&#8217;agit de perturber la quotidienneté des individus car celle-ci est oublieuse. Elle refoule ses structures et par là même est porteuse de Terreur.<br />
Les lieux consacrés perturbent-ils encore la quotidienneté? Ne sont-ils pas plutôt devenus des lieux où, sachant que nous serons perturbés, nous accordons cette place? Ce sont des lieux réservés et par là même réintégrable dans le connaissable.<br />
Il y a sans doute deux enjeux:<br />
Perturber les flux informatifs.<br />
Perturber l&#8217;espace publique.</p>
<p>Ces deux perturbations ont des apories, car pour les premiers, ces flux sont régentés par des puissances économiques qui ne laissent comme perturbation que ce qu&#8217;elles peuvent réifier. Pour les secondes, on passe insensiblement de la perturbation à la distraction socio-culturelle.</p>
<p>Il y a donc à ménager des espaces très particuliers qui ne sont ni intérieur ni extérieur aux structures réifiées, mais à leur lisière qui questionnent donc leur identité en perturbant leurs propres limites. C&#8217;est par exemple le cas du netart sur Internet qui bien que n&#8217;étant pas hébergé sur les grosses autoroutes peut croiser le chemin d&#8217;un internaute quelque peu perdu. C&#8217;est l&#8217;anti-monumentalité d&#8217;événements dans l&#8217;espace publique. Non une grande perturbation, dont la grandeur même serait un moyen de la réintégrer dans le flux quotidien, mais dont l&#8217;insignifiance, la quasi-invisibilité interroge le seuil de notre perception et donc l&#8217;usage que nous faisons quotidiennement de celle-ci. Qu&#8217;est-ce qui nous rend attentif?</p>
<p>Il n&#8217;y a à demander à aucun pouvoir politique, administratif, économique de ménager ces espaces. Il s&#8217;agit de les obtenir.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>D&#8217;un ton apocalyptique adopté naguère en philosophie</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/19-de-lenthousiasme-conjuratoire/</link>
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		<pubDate>Thu, 19 Jan 2006 20:59:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Citations]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>

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		<description><![CDATA[Il suffit de surligner certains mots-clés pour voir comment Ars Industrialis est une entreprise dont l&#8217;affect est l&#8217;enthousiasme conjuratoire. Position qui permet d&#8217;intensifier le discours en aggravant son objet, en le radicalisant. La conjuration du risque devient aussi un enthousiasme, la négativité est à la hauteur de la possible positivité. La conjuration est double: refus [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il suffit de surligner certains mots-clés pour voir comment <a target="_blank" href="http://www.arsindustrialis.org">Ars Industrialis</a> est une entreprise dont l&#8217;affect est <a target="_blank" href="http://www.incident.net/users/gregory/pdf/CONJURATION.pdf">l&#8217;enthousiasme conjuratoire</a>. Position qui permet d&#8217;intensifier le discours en aggravant son objet, en le radicalisant. La conjuration du risque devient aussi un enthousiasme, la négativité est à la hauteur de la possible positivité. La conjuration est double: refus autant qu&#8217;appel (cf Derrida). On présente un danger immense pour le renverser ensuite en une promesse sans précédent et l&#8217;effet de bascule se réalise sur l&#8217;orateur lui-même, effet de rhétorique qui permet de concrétiser son discours, de le rendre indispensable puisque c&#8217;est lui qui nous annonce la fin des temps et qui dans le même temps nous sauvera.</p>
<p>L&#8217;enthousiasme conjuratoire est un affect technologique par excellence et réactualise, en arrière-plan, les problématiques de l&#8217;absolu. En effet les technologies, du fait de l&#8217;idéologie instrumentale qui régit encore leur fonction, permettent et intensifient les projections fantasmatiques. Après avoir élaboré un tel discours on scrutera le monde à la recherche de signes et la moindre catastrophe sera interprétrée au regard du plan qu&#8217;on a structuré. Ainsi ce qui semble insensé ne le sera plus, tout aura un sens puisque tout est signe. Le propre de ce discours est l&#8217;absence d&#8217;autoperformativité critique et le fait qu&#8217;il ne se laisse déstabiliser par rien puisqu&#8217;il constitue une lecture totalisante:</p>
<p><em> &laquo;&nbsp;Notre époque est <strong>menacée</strong>, dans le <strong>monde entier</strong>, par le fait que la vie de l&#8217;esprit a été <strong>intégralement </strong>soumise aux impératifs de l&#8217;économie de marché, c’est à dire à la loi de l’amortissement rapide, à travers la <strong>monopolisation </strong>des technologies de l’information et de la communication, dites aussi culturelles et cognitives, et qui forment le secteur de ce que nous appellerons ici des technologies de l’esprit.</em></p>
<p><em>Or, ces technologies peuvent et <strong>doivent </strong>devenir <strong>un nouvel âge</strong> de l’esprit, un renouveau de la « vie de l’esprit ». Tandis que le modèle classique de la société industrielle paraît caduc, cet objectif <strong>doit </strong>constituer le motif d’une économie politique et industrielle de l’esprit – qui <strong>doit </strong>aussi être une écologie industrielle de l’esprit.</em></p>
<p><em>Ces technologies visent aujourd’hui <strong>à contrôler et à façonner hégémoniquement</strong> les modes d’existence individuels et collectifs, et ce, à <strong>tous </strong>les âges de la vie. Or, ce contrôle des existences est un contrôle et une manipulation des désirs des individus et des groupes et conduit à <strong>détruire </strong>les possibilités mêmes, pour ces individus et pour ces groupes, d’exister et de désirer : la démotivation empoisonne le monde. Le capitalisme, au XXè siècle, en vue d’absorber les excédents de la production industrielle, a fait de la libido sa principale énergie en la canalisant sur les objets de la consommation. Or, aujourd’hui, cette captation de la libido a fini par la détruire. Ce fait majeur constitue<strong> une immense menace</strong> pour la civilisation industrielle.</em></p>
<p><em>Reste que les technologies d’information et de communication sont précisément les technologies spirituelles, et cela signifie tout aussi bien qu’elles relèvent de la question des techniques de la mémoire dont Michel Foucault analysa le sens comme techniques de « l’écriture de soi ». La relation des hommes à ces technologies ne peut en aucun cas continuer de se limiter aux usages prescrits par les modes d’emploi et les campagnes de marketing : ce sont, comme disait Foucault, des hypomnémata.</em></p>
<p><em>La question d’économie politique que pose l’avenir industriel est la <strong>relance </strong>du désir – et non simplement la relance de la consommation. Et dans la mesure où le désir est en son essence orienté vers la sublimation, une politique industrielle de l’esprit peut et doit devenir <strong>une politique industrielle de relance du désir</strong> – à l’heure des technologies de l’esprit. Nous sommes convaincus, en particulier, que là est l’avenir de l’Europe – et- au-delà, des démocraties industrielles.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Relecture de <em>L&#8217;inhumain</em> de Jean-François Lyotard et en particulier de <em>Domus et la mégapole</em> qui signale une autre ligne de résistance, moins naïve car elle est attentive à ses propres effets de style et est donc, en ce sens, critique sans être dialectique, sans s&#8217;opposer à un prétendu ennemi.</p>
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		<title>Déréglement</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/11-dereglement/</link>
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		<pubDate>Tue, 10 Jan 2006 23:11:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Quotidien]]></category>

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		<description><![CDATA[Même lorsqu&#8217;une société occidentale semble bien réglée, à la manière du Canada, cet équilibre désigne une extériorité: le scandale de ces millions d&#8217;êtres qui sont affamés, déplacés, tués. Au travers des corps et des regards, tantôt amicaux, tantôt indifférents, dans un bus de Montréal, il y a l&#8217;autre visage hagard, de celui qu&#8217;on fait taire.
Dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img alt="montreal-bus.jpg" id="image382" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/01/montreal-bus.jpg" /></p>
<p>Même lorsqu&#8217;une société occidentale semble bien réglée, à la manière du Canada, cet équilibre désigne une extériorité: le scandale de ces millions d&#8217;êtres qui sont affamés, déplacés, tués. Au travers des corps et des regards, tantôt amicaux, tantôt indifférents, dans un bus de Montréal, il y a l&#8217;autre visage hagard, de celui qu&#8217;on fait taire.</p>
<p>Dans la prétendue douceur de nos sociétés il y a, en leur coeur même, l&#8217;horreur de ceux qu&#8217;on tue. Et peu importe que cette extermination soit volontaire ou non, décidée par une instance supérieure et totalitaire. La volonté de tuer ne change que la visée de celui qui tue. Ce serait réduire la palpitation de vie et de mort de celui qui est tué à un univers symbolique, celui qui interprète les visées de celui qui tue. Mais il y a l&#8217;élément biologique, le vivant. Et dans nos corps, encore vivants, il y a ceux qui sont en train de mourir. Ce sera donc notre seule présence.</p>
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		<title>Puissances et pouvoir de la variabilité</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/26-puissances-et-pouvoir-de-la-variabilite/</link>
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		<pubDate>Mon, 26 Dec 2005 16:18:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Juridique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>

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		<description><![CDATA[Un pouvoir politique a pour objet de se stabiliser et de garantir son identité grâce à la réification qui le fait passer du statut de moyen à celui de fin s&#8217;autoconservant. La variabilité pourrait être un concept politique utile pour opposer au pouvoir, des puissances, c&#8217;est-à-dire des états métastables et incertains ne garantissant pas d&#8217;avance [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img id="image387" alt="capt.nyet27501091906.one_eyed_cat__nyet275.jpg" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/01/capt.nyet27501091906.one_eyed_cat__nyet275.jpg" /></p>
<p>Un pouvoir politique a pour objet de se stabiliser et de garantir son identité grâce à la réification qui le fait passer du statut de moyen à celui de fin s&#8217;autoconservant. La variabilité pourrait être un concept politique utile pour opposer au pouvoir, des puissances, c&#8217;est-à-dire des états métastables et incertains ne garantissant pas d&#8217;avance le principe d&#8217;identité.</p>
<p>Ainsi, la mise à disposition de plus en plus de médias encodés selon un langage commun (numérique) pourrait donner lieu à deux résultats. Le premier consiste en un pouvoir qui garanti l&#8217;identité (supposée) du média, par exemple un film téléchargé ne saurait être modifié pour garantir l&#8217;unité de l&#8217;oeuvre et de l&#8217;auteur (supposé), ou les modifications apportées à ce film pourrait être (re)tracées, traquées. On voit bien en quoi cette garantie est contradictoire avec le statut contemporain de la création qui ne laisse pas indemme les notions d&#8217;oeuvre, d&#8217;auteur et de public.</p>
<p>Le second réside en une puissance qui pourrait singulariser le média en le décomposant et en le recomposant selon une logique variable donnant ainsi un résultat unique et inanticipable, par exemple un logiciel de type <em>sniffer</em>. L&#8217;identité ne serait alors plus garantie et pourtant, c&#8217;est là un paradoxe, c&#8217;est cette variabilité qui permettrait la singularisation. La singularisation doit être alors entendue non comme le résultat d&#8217;un processus produisant une singularité localisable mais comme le devenir même de ce processus.</p>
<p>Une politique des singularités ne serait donc pas une politique des identités, elle s&#8217;y opposerait même et ne poserait pas le commun du politique (être-ensemble) comme un préalable incontestable à sa démarche. L&#8217;un des symptômes majeurs de cette dialectique entre puissances et pouvoir est la dialectique entre la production artistique et le droit. Le juridique a une vision bien précise de notions esthétiques telles que l&#8217;oeuvre, l&#8217;auteur ou le public, et peu importe que cette vision soit contradictoire avec la phénoménologie même de la production, elle règne sur le pouvoir social et impose sa conception. Il serait dès lors intéressant d&#8217;analyser le juridique pour le détruire phénoménologiquement, dans la mesure où il serait le signe le plus précieux du sens commun sur l&#8217;art.</p>
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		<title>Crise de la représentation, crise de l&#8217;action</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/03-crise-de-la-representation-crise-de-laction/</link>
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		<pubDate>Sat, 03 Dec 2005 09:43:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[On peut se représenter le cerveau comme produisant des représentations à la manière de la tradition philosophique. Mais on peut aussi, à la manière de Bergson, penser qu&#8217;il a d&#8217;abord comme fonction de produire de l&#8217;action à partir de perceptions, ceci par l&#8217;intermédiaire d&#8217;un délai, d&#8217;un intervalle, temporalité qui va produire quelque chose. 
En appliquant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src='http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/abribus_incendie.JPG' alt='' /></p>
<p>On peut se représenter le cerveau comme produisant des représentations à la manière de la tradition philosophique. Mais on peut aussi, à la manière de <a href="http://www.incident.net/users/gregory/pdf/BERGSON.pdf">Bergson</a>, penser qu&#8217;il a d&#8217;abord comme fonction de produire de l&#8217;action à partir de perceptions, ceci par l&#8217;intermédiaire d&#8217;un délai, d&#8217;un intervalle, temporalité qui va produire quelque chose. </p>
<p>En appliquant ce schéma aux émeutes urbaines, qui ont valeur de symptôme qu&#8217;il faut tenter d&#8217;écouter avant, comme c&#8217;est le cas actuellement, tout jugement moral, on pourrait dépasser les lieux communs de certains &laquo;&nbsp;penseurs&nbsp;&raquo; actuels qui ne cessent de hurler la crise de la représentation. Ces &laquo;&nbsp;jeunes&nbsp;&raquo; seraient en crise, crise de la représentation. N&#8217;en ayant plus, de représentation, cette masse informe et dangereuse (on retrouve la matière sans forme qui portant toutes les virtualités apparaît comme dangreuse) se déchaînerait absurdement par un sentiment de mort, d&#8217;autodestruction à la manière des phénomènes décrits par Freud dans &laquo;&nbsp;Malaise&#8230;&nbsp;&raquo;. </p>
<p>On entend déjà certains nous parler de narcissisme primordial défait à cause de la publicité, du consémurisme, de la synchronisation des consciences, de la marchandisation de tout et de n&#8217;importe quoi. Indépendamment du fait que cette approche serait pour le moins un cliché et ne nous permettrait pas d&#8217;approcher ces phénomènes de façon problématique, cette crise de la représentation est la manière dont l&#8217;Occident depuis&#8230; (depuis combien de temps au fait?) représente ses pulsations, ses instabilités, ses crises. Et ce discours aujourd&#8217;hui nous semble nostalogique car il finit toujours par en appeler à un sursaut de représentation: sursaut du politique qui devrait reprendre en main tout cela, sursaut de la société civile qui devrait rééquilibrer la balance, sursaut des parents qui devraient dresser leurs enfants comme à l&#8217;époque ancienne, etc. Ce sursaut est une structure nostalgique, il se fonde sur l&#8217;idée d&#8217;un retour à une situation passée qui aurait été stable. Manière encore de ne pas entendre le symptôme comme symptôme, c&#8217;est-à-dire dans son informe même. </p>
<p>Ne parlons plus de &laquo;&nbsp;crise&nbsp;&raquo; qui, on le sait en Occident, fait souvent résonner la nostalgie d&#8217;une relève, d&#8217;un tournant à venir, non plus que de représentation. Parlons de nouveaux dispositifs d&#8217;action et interrogeons-nous pour savoir: Quelles sont les actions? Quels sont les délais qui ont configurés ces actions? Quelles sont les perceptions qui ont induits ses délais? Bref quel est le réseau (et non la causalité) qui va du monde à des actions, furent-elles violentes. On analysera ainsi le capitalisme de l&#8217;accès comme modalité radicale de frustration, le délai télévisuel (haine des médias et des journalistes dans les banlieues car ils détiennent non pas la représentation mais le délai) comme pouvoir anxiogène. Pour prendre un exemple, le téléphone portable: on vous offre le téléphone (l&#8217;objet) pour vous vendre l&#8217;abdonnement. Capitalisme de l&#8217;accès ne s&#8217;intéresse pas à la vente d&#8217;objets mais à la disponibilité de l&#8217;abonné qui devient captif pendant 24/48 mois. Quelle est cette nouvelle configuration? Quelle frustration entraîne-t-elle? Quelle action?</p>
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		<title>Le conflit touristique entre la terre et le monde</title>
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		<pubDate>Wed, 07 Sep 2005 09:48:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[BANGKOK &#8211; La Thaïlande, qui s&#8217;inquiète pour sa sécurité nationale de la diffusion de photos satellites sur internet, pourrait demander à Google de bloquer les images des sites gouvernementaux sensibles. Le moteur de recherche américain propose un service baptisé &#171;&#160;L&#8217;interface de la planète en 3D&#160;&#187; (www.earth.google.com) publiant des images satellites de la Terre sur lesquelles [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src='http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/googleearthmeal.jpg' alt='' /></p>
<p>BANGKOK &#8211; La Thaïlande, qui s&#8217;inquiète pour sa sécurité nationale de la diffusion de photos satellites sur internet, pourrait demander à Google de bloquer les images des sites gouvernementaux sensibles. Le moteur de recherche américain propose un service baptisé &laquo;&nbsp;L&#8217;interface de la planète en 3D&nbsp;&raquo; (<a href="www.earth.google.com">www.earth.google.com</a>) publiant des images satellites de la Terre sur lesquelles on peut zoomer. </p>
<p>Les autorités militaires thaïlandaises discuteront avec les agences de sécurité et de télécommunications avant de contacter Google et d&#8217;autres sociétés offrant des services similaires, a déclaré le commandant général Weerasak Manee-in, porte-parole des forces armées. &laquo;&nbsp;Nous étudions de possibles restrictions (à la publication de ces images), particulièrement pour les bâtiments gouvernementaux&nbsp;&raquo;, a-t-il déclaré à Reuters. &laquo;&nbsp;Je pense que (celles) de sites touristiques pourraient les remplacer.&nbsp;&raquo;</p>
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		<title>&#171;&#160;La société Google s&#8217;est fixé pour mission d&#8217;organiser l&#8217;information mondiale&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Sep 2005 09:49:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Cette citation tirée de http://print.google.fr/ énonce une ambition d&#8217;ordre politique. On pourrait bien sûr s&#8217;interroger sur le fait qu&#8217;une entreprise privée, en l&#8217;occurence Google, s&#8217;occupe ainsi d&#8217;organiser à un niveau planétaire l&#8217;information et ceci au moment même où cette même entreprise propose une nouvelle représentation de la surface terrestre (http://earth.google.com/). Mais on tenterait par une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cette citation tirée de <a href="http://print.google.fr">http://print.google.fr</a>/ énonce une ambition d&#8217;ordre politique. On pourrait bien sûr s&#8217;interroger sur le fait qu&#8217;une entreprise privée, en l&#8217;occurence Google, s&#8217;occupe ainsi d&#8217;organiser à un niveau planétaire l&#8217;information et ceci au moment même où cette même entreprise propose une nouvelle représentation de la surface terrestre (<a href="http://earth.google.com">http://earth.google.com/</a>). Mais on tenterait par une telle question de revenir à une équivalence entre le politique et le publique, entre l&#8217;intérêt commun et la représentation démocratique, équivalence qui est largement dépassée aujourd&#8217;hui par les faits.</p>
<p>Comprendre le langage de Google n&#8217;est pas une mission critique (espérant un au-delà ou un en-deça utopique) mais déconstructive sans jugement de valeur, sans métadiscours supposant une autorité idéelle. Comment l&#8217;emphase de Google est performative (&nbsp;&raquo;s&#8217;est fixé pour mission&nbsp;&raquo;, l&#8217;appel ne vient pas d&#8217;une force extérieure, elle est autoproduite) et produit un langage (les adwords) au moment même où elle énonce une certaine conception du langage (l&#8217;indexation des sites internet en vue de leur recherche), reste un travail à faire pour comprendre notre devenir.</p>
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		<title>Les chocs émotionnels de la caméra de surveillance</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Aug 2005 09:56:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Cest une petite phrase qui revient, ces temps-ci, chez les policiers français : «Il y aura peut-être un avant et un après-Londres», disent-ils quand ils évoquent les moyens technologiques déployés par leurs collègues britanniques pour traquer et identifier les poseurs de bombes des 7 et 21 juillet. La vidéosurveillance, massivement implantée dans la capitale britannique, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cest une petite phrase qui revient, ces temps-ci, chez les policiers français : «Il y aura peut-être un avant et un après-Londres», disent-ils quand ils évoquent les moyens technologiques déployés par leurs collègues britanniques pour traquer et identifier les poseurs de bombes des 7 et 21 juillet. La vidéosurveillance, massivement implantée dans la capitale britannique, n&#8217;a certes pas dissuadé les poseurs de bombes. Mais jamais dans l&#8217;histoire moderne de la police judiciaire le recours aux enregistrements des caméras, allié aux techniques d&#8217;investigations traditionnelles, n&#8217;a été revendiqué à une aussi grande échelle pour traquer des criminels présumés. Au point que certains n&#8217;hésitent pas à prédire «un bond en avant en matière de traçabilité du terrorisme». «On est en train de changer de monde, estime un commissaire divisionnaire. On va vers une assistance technologique très importante si le terrorisme se durcit encore. La question n&#8217;est plus de savoir où il y aura un attentat mais quand il aura lieu. D&#8217;où l&#8217;utilité de se prémunir en moyens de dissuasion et d&#8217;identification comme la vidéosurveillance ou la biométrie.» Au niveau européen, plusieurs gouvernements ont déjà annoncé qu&#8217;ils modifieraient leur législation pour faciliter l&#8217;utilisation des caméras et des données téléphoniques pour lutter contre le terrorisme. Suscitant aussitôt des inquiétudes sur la préservation des libertés. Noyés. Au total, les policiers britanniques ont épluché plus de 35 000 cassettes issues des milliers de caméras qui truffent Londres. Saisissant des visages d&#8217;hommes noyés dans la foule. Le 7 juillet, à 7 h 20, Hasib Hussain a été filmé par des caméras en train de traverser la gare de Luton, au nord de Londres, avec son sac à dos censé contenir les explosifs qui ont tué quatorze personnes dans l&#8217;autobus numéro 30 à Tavistock Square. Le 21 juillet, à 12 h 36, Mokhtar Saïd Ibrahim a été filmé, lui, par la caméra embarquée dans le bus à impériale de la ligne 26, à l&#8217;étage duquel il est soupçonné d&#8217;avoir tenté, sans succès, de faire exploser sa bombe. Les enquêteurs ont pu reconstituer des itinéraires avec les résultats que l&#8217;on sait : dès le 12 juillet, ils savaient que les quatre auteurs de la première vague d&#8217;attentats étaient arrivés en train à Londres le 7 juillet et qu&#8217;ils s&#8217;étaient retrouvés ensemble à la gare de King&#8217;s Cross, vingt minutes avant les explosions. Dès le 22 juillet, au lendemain des attentats manqués, Scotland Yard diffusait des images des quatre auteurs présumés des tentatives d&#8217;attentats. Parallèlement, la police invitait le public à lui transmettre toute information à sa disposition. Scotland Yard aurait reçu 5 000 appels. Cette méthode, régulièrement utilisée par la police britannique dans ses investigations criminelles, a elle aussi largement contribué au succès de l&#8217;enquête. «On est franchement bluffés par le travail des Anglais», reconnaît un policier français. Un autre se dit «admiratif» face à la qualité des images recueillies par les caméras londoniennes. Le Royaume-Uni est le premier pays d&#8217;Europe en matière d&#8217;équipement en vidéosurveillance. Il y aurait plus de trois millions caméras rien que dans l&#8217;espace public. A Londres, 1 400 sont installées dans le métro et environ 8 000 à bord des bus de la capitale. «Les Londoniens ont mis le paquet en termes d&#8217;équipement vidéo. Je ne suis pas certain que si demain nous sommes confrontés au même type d&#8217;enquête à Paris nous obtiendrons le même résultat avec les caméras dont nous disposons», reconnaît un haut fonctionnaire. Si le maillage est plus modeste en France, le recours à la vidéosurveillance est cependant devenu «un réflexe pour les enquêteurs», estime un commissaire divisionnaire de police judiciaire. «Dès que j&#8217;ai un flingage en ville, j&#8217;épluche les enregistrements des caméras et les relevés des appels des antennes de téléphones mobiles. On ne découvre pas forcément la scène du crime mais on peut repérer un gars suspect dans les alentours avant ou après les faits.» En juillet 2004, Marie Leblanc, 23 ans, avait raconté avec moult détails aux policiers son agression imaginaire dans le RER D. Mais l&#8217;absence de toute trace de ses agresseurs sur les bandes de vidéosurveillance du RER avait éveillé les premiers soupçons. La localisation de ses appels sur son téléphone portable avait confirmé son mensonge. «La téléphonie et la vidéosurveillance sont complémentaires pour nos enquêtes. Ce sont des mouchards extraordinaires.» Un autre enquêteur insiste sur la fiabilité de la technologie par rapport à la perception humaine. «Quand on n&#8217;a que des témoignages humains sur un crime ou un attentat, on essaie de reconstituer le film des événements avec son lot d&#8217;approximations et d&#8217;erreurs. Surtout quand les gens sont traumatisés. La caméra, elle, ne connaît pas les chocs émotionnels.» Nicolas Sarkozy a indiqué, le 28 juillet, qu&#8217;un projet de loi antiterroriste contenant des dispositions sur la vidéosurveillance et les données téléphoniques serait prêt à la fin de ce mois pour discussion dès septembre et entrée en vigueur à la fin de l&#8217;année. Sont étudiées des mesures comme l&#8217;autorisation pour les personnes morales, notamment les commerces, de laisser leur caméra visualiser, outre les locaux eux-mêmes, leurs «abords immédiats», qui pourraient être utiles à une enquête, à l&#8217;exemple des marchands de journaux dans les gares. Le ministre de l&#8217;Intérieur veut également accélérer l&#8217;équipement des transports publics en caméras. Europe. En matière de téléphonie mobile, Paris et d&#8217;autres capitales européennes vont demander aux opérateurs de réseaux de téléphones portables de stocker en permanence pendant un an (ce qui est déjà le cas en France) tous les éléments (hors contenu des conversations) des communications : lieux d&#8217;appel et de réception, identification des numéros, durée de la conversation. Une mesure similaire est à l&#8217;étude en Espagne où la police voudrait mettre fin à l&#8217;anonymat des 24 millions d&#8217;Espagnols ou résidents qui utilisent des cartes téléphoniques prépayées. C&#8217;est ce type de téléphones mobiles, sans contrat, que les auteurs des attentats de Madrid en mars 2004 (191 morts) avaient utilisé comme retardateurs pour déclencher leurs bombes. Et Rome a décrété l&#8217;obligation de désormais fournir une pièce d&#8217;identité lors des achats de puces électroniques pour téléphones portables.</p>
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		<title>Hyperdistribution</title>
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		<pubDate>Mon, 18 Jul 2005 10:16:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>October 18th, 2004 is the day TV died. That evening, British satellite broadcaster SkyOne — part of NEWS Corp&#8217;s BSkyB satellite broadcasting service — ran the premiere episode of the re-visioned 70s camp classic Battlestar Galactica. (That episode, &laquo;&nbsp;33,&nbsp;&raquo; is one of the best hours of drama ever written for television.) The production costs for Battlestar Galactica were underwritten by two broadcast partners: SkyOne in the UK, and the SciFi Channel in the USA. SciFi Channel programers had decided to wait until January 2005 (a slow month for American television) to begin airing the series, so three months would elapse between the airing of &laquo;&nbsp;33&#8243; in the UK, and its airing in the US. Or so it was thought. The average viewer of the SciFi network is young and decidedly geeky. They are masters of media; they can find ways to get things they shouldn&#8217;t have. Thus, a few hours after airing on SkyOne, &laquo;&nbsp;33&#8243; was available for Internet download. No news there. A new peer-to-peer file sharing technology, BitTorrent, was employed to share the quarter-gigabyte audiovisual files of &laquo;&nbsp;33&#8243;. Unlike older forms of internet downloading, where too many requests for the same data can clog up internet links and send servers crashing. BitTorrent distributes files more and more efficiently, as more people join the hunt for the data. Everyone looking for bits of a file &#8211; say, an episode of Battlestar Galactica &#8211; shares the pieces they&#8217;ve already located with anyone else who doesn&#8217;t already have that piece. Since the pieces are scattered randomly among all the users who want the data, there&#8217;s a lot of to-and-fro between the users; rather than being a request for one copy of one file on one server, it&#8217;s as though many hundreds of hands are copying and exchanging playing cards. You may start out holding only the Ace of Hearts, but soon enough you&#8217;ll have a full deck. This is a form of peer-to-peer file sharing known as &laquo;&nbsp;swarming&nbsp;&raquo;: all of the peers in a swarm share the portions of the data they&#8217;ve already received. And, as the Chinese proverb goes, &laquo;&nbsp;Many hands make light work.&nbsp;&raquo; BitTorrent transforms the creaky and unreliable technology of audiovisual distribution, making it fast and hyper-efficient. BitTorrent creates the conditions for something I&#8217;ve termed &laquo;&nbsp;hyperdistribution&nbsp;&raquo; &#8211; a distribution channel which is even more efficient than broadcasting. That has certainly been the case with Battlestar Galactica. The British aficionados of the series provided torrents for each episode within a few hours of each broadcast. Many fans in the US picked them up and watched them; so did many people in Australia. While you might assume the SciFi Channel saw a significant drop-off in viewership as a result of this piracy, it appears to have had the reverse effect: the series is so good that the few tens of thousands of people who watched downloaded versions told their friends to tune in on January 14th, and see for themselves. From its premiere, Battlestar Galactica has been the most popular program ever to air on the SciFi Channel, and its audiences have only grown throughout the first series. Piracy made it possible for &laquo;&nbsp;word-of-mouth&nbsp;&raquo; to spread about Battlestar Galactica. Just two months ago, we saw something very similar happen, again with a beloved series, the BBC&#8217;s Doctor Who. After a hiatus of almost two decades, the BBC cast Christopher Eccelston in the role of the Doctor, and set the show to premiere on the 24th of March. A few weeks before the air date, an &laquo;&nbsp;unfinished&nbsp;&raquo; version of the first episode of the new series leaked onto the internet through the BBC&#8217;s production partner CBC. Hundreds of thousands of Doctor Who fans downloaded the episode, wanting a preview of this new version of the nearly-immortal Doctor. The BBC were publicly outraged, but there&#8217;s a strong sense that this act of piracy, while not officially sanctioned, was unofficially encouraged by BBC. It certainly created a groundswell of interest in the series, allowing people to &laquo;&nbsp;try before they buy,&nbsp;&raquo; and probably increased program viewership. (The episode drew 10.81 million viewers to BBC1, which is among the highest ratings Doctor Who has ever seen.) Audiences are technically savvy these days; they can and will find a way to get any television programming they desire. They don&#8217;t want to pay for it, they don&#8217;t want it artificially crippled with any digital rights management technologies &#8211; they just want to watch it. Now. This is the way that half a century of television and a decade of the Web has conditioned them to behave. We can&#8217;t really complain that audiences are simply doing as they&#8217;ve been told. It is pointless to try to get them to change their behavior, because, in essence, you&#8217;re fighting against the nature of television programming itself, the behavioral narrative which grew out of our relationship to the technology. We all understand that this piracy is technically illegal, technically a violation of copyright; but we&#8217;re in a hell of a bind if we&#8217;re telling the audience to &laquo;&nbsp;sit down, shut up and do as you&#8217;re told&nbsp;&raquo; when it comes to television viewing. The audience won&#8217;t do as they&#8217;re told: they&#8217;ll do as they&#8217;ve been taught, and that is another story entirely. Still, piracy presents us with an economic problem: how do producers get paid for the programs they create when audiences disintermediate the distribution channels through which producers get paid for their programming? The economics of television production, as practiced for the last fifty years, are very straightforward: producer (or perhaps the producer&#8217;s distributor) sells the program to a broadcaster. Broadcaster sells commercials to advertisers. Everyone gets what they want: the producer gets enough money to cover his costs, the broadcaster gets money to cover his costs, the advertiser gets some attention from the audience, and the audience gets the program. Widespread piracy of television programming has short-circuited this process, connecting the producer directly to the audience. As yet there are no viable economic models connecting the television producer directly to the audience. Industry pundits talk about audiovisual downloads through some system like Apple&#8217;s iTunes Music Store, and perhaps we&#8217;ll see something like this in the near future, but this works against the simple fact that people do not expect to pay for television programs. People will pay for movies, when they choose to pay for movies, but they won&#8217;t pay for television programming. Not if they can get it for free. The audience is not at all involved in the economic value chain of television production; that&#8217;s been the rule for a half-century. It&#8217;s reasonable to presume that any attempt to change the economic behavior of the audience is doomed to failure. Cable and satellite broadcasting presents something of an argument against this assertion insofar as people do pay for these services. But in these cases the audience is really purchasing choice. (Los Angeles has at least 20 broadcasters, and, despite this, has a thriving cable and satellite broadcast market, because people want even more choice, and are willing to pay for it.) Hyperdistribution has extended this choice to anyone with an broadband connection — extended it well beyond any possible offering by any cable or satellite broadcaster. Can these industries possibly compete against the nearly infinite range of content offered on a broadband connection? Now we have a paradox: the invention of an incredibly powerful mechanism for the global distribution of television programming brings with it a fundamental challenge to the business model which pays for the creation of the programs themselves. This is not at all BitTorrent&#8217;s fault: the technology could have come along a decade ago, and if it had, we&#8217;d have stumbled across this paradox in the 1990s. This is a failure of the value chain to adapt to a changing technological landscape — a technological desynchronization between producer and audience. Once again, there&#8217;s no need to find fault: things have changed so much, and so quickly, I doubt that anyone could have kept up. But the future is now here, and everyone in the creative value chain from producer to audience must adapt to it. This presentation outlines one economic model — actually more like a family of models — which connects television producers to their audiences through an hyperdistribution strategy, one which doesn&#8217;t require any change in the audience&#8217;s economic behavior. This, I believe, is the surest path to success for any new economic model; without audience acceptance, any model will inevitably fail, and while this model is not guaranteed to be successful, it seems to face fewer roadblocks to acceptance than other models which have been proposed. Television broadcasters owe their existence to the absence of substantially effective competition. When you&#8217;re dealing with real-world materials that are in naturally short supply &#8211; whether diamonds, oil, or broadcasting spectrum — a cartel can maintain and enforce its oligopoly. But when you&#8217;re working with media, which exist today as digital ephemera, bits that can be copied and reproduced endlessly at nearly zero cost, broadcast oligopolies are susceptible to a form of &laquo;&nbsp;digital arbitrage,&nbsp;&raquo; which can hollow-out their empires in an afternoon. Hyperdistribution techniques are more efficient than broadcast networks for television program distribution. Now, before you presume that this is all so much future talk, that maybe, someday, people will be downloading television programs from the Internet, know this: that someday has already come and gone. Per capita, Australians are the most profligate downloaders of television programming in the entire world, followed closely by the British. While the Americans lag behind, they&#8217;re still on the chart, in third place. The sea change has already taken place &#8211; undoubtedly sped along by the monopoly position of the commercial broadcasters, who, in many cases, act as barriers rather than conduits for television programs. If a commercial broadcaster doesn&#8217;t show a program, or delays it for years, that&#8217;s no longer of concern to television audiences: they&#8217;ll just download it from the Internet. This trend is only going to accelerate with the uptake of broadband throughout the world, progressively hollowing-out the commercial broadcasters until they have returned to their roots: television as a live medium. The only types of programming unsuitable for hyperdistribution are those which are broadcast live: news, event and interactive programming, and sport. Since these are all widely popular, it&#8217;s not as though the commercial broadcasters will collapse. But their business models will change, because their cash cows are fleeing the paddock. The pervasive culture of TV downloading leaves the producers of pre-produced television programs high and dry, receiving nothing of value for their work. But is this really true? The absolute, basic motivation of a TV producer is not money — though money is needed for production — but to gain and hold an audience&#8217;s attention. TV producers want their programming to be watched as widely as possible — by everyone. That&#8217;s what they care about, and that&#8217;s all they care about, because, with viewers, everything else takes care of itself: audiences equal money. This assertion seems so basic, so fundamentally essential to the economics of television, that it&#8217;s very hard to understand why anyone (other than a broadcaster being cut out of the value chain) would get upset about piracy of television programming. The model as practiced at present can&#8217;t effectively leverage the economic benefits of hyperdistribution, but that model was created before hyperdistribution was technically possible. The age of hyperdistribution demands the development of new economic models which can harness piracy, for profit. So, let&#8217;s move directly to a discussion of one such model. Consider Battlestar Galactica. A few weeks before the series premiered on television, I sat down to watch the 13 episodes of the first season, all of which I&#8217;d found on BitTorrent. Somewhere around the second or third episode I became briefly aware of the &laquo;&nbsp;bug,&nbsp;&raquo; the smallish, semi-transparent station ID which has become the constant on-screen companion to all television broadcasts. I was looking at the bug for SkyOne, the British satellite broadcaster, which nestled comfortably in the upper left-hand corner of the screen. I noted the bug, then proceeded to ignore it. But it never went away. In episode after episode, the bug remained, a tattoo commemorating the trip from broadcaster to audience. Somewhere around episode seven, it hit me like a ton of bricks: I was looking at the most valuable and most underutilized piece of real estate in the world. The bug carried the station ID — which is fine if I&#8217;m in the UK. But in Australia SkyOne has no meaning at all. So that message, which should be full of meaning — full of &laquo;&nbsp;payload&nbsp;&raquo; — has been utterly misspent. It&#8217;s as if they took the finest piece of land in Sydney Harbour, say where the Opera House resides, and decided to use it as depot for broken trains. That screen real estate has real value, because it commands the audience&#8217;s attention, constantly if subconsciously. What if, instead of carrying the broadcaster&#8217;s station ID, the bug contained an advertiser&#8217;s payload? I decided I wanted to see what that might look like, so I took an episode of Desperate Housewives and ran a little test, using the logo of one of Australia&#8217;s best known retailers, Myer. I placed the advertiser&#8217;s bug in the lower left-hand corner. This is probably sufficient for a well-known retailer like Myer (or Macy&#8217;s or Harrod&#8217;s, etc.): it&#8217;s simply enough to remind the public that they exist &#8211; and that there&#8217;s undoubtedly a sale on. While I thought I was being truly innovative in my thinking, I was wholly wrong. On a recent Friday evening I sat and watched a rugby match: to my astonishment, I found that a commercial broadcasters had already adopted this technique. When the game went into an instant replay, the icon of an Australian liquor distiller Bundaberg Rum did a little dance in the upper left-hand corner of the screen. This means that the technique is already in use, and advertisers understand its value. That&#8217;s a very important point: advertisers are ready for this. The earliest models of both commercial radio and television developed around the idea of program sponsorship: one sponsor per program. Over the 1950s (in the case of television) this model evolved toward the 30-second advertisement, which interrupted the broadcast. For the last half-century that has proven to be an enduringly successful economic model, but that model is now under threat from Personal Video Recorders (PVRs), which allow a viewer to fast-forward through all advertisements, often taking them in 30-second leaps, so the audience never sees so much as a single image from an ad. PVRs, playing into the television-taught behaviors of immediacy and convenience, have proven immensely popular, and are not going away; instead, they will become an integral and expected feature of the television viewing experience. This means 30-second ads are not a part of television&#8217;s future. They&#8217;re too easy to edit out of the viewing experience. The idea of an advertising payload attached unobtrusively to the television program has a certain appeal; it can be ignored, but it&#8217;s always present. The audience can&#8217;t edit it out of the program without destroying the content of the program. Audiences will learn accept them — so long as the advertisements aren&#8217;t too busy, distracting, or otherwise obnoxious. (Consequently, there will be a lot of work going on in the next decade to determine just how obnoxious such an ad can be before the audience objects to it.) As the advertisement-as-interruption disappears, we will see a series of advertisements — perhaps running five minutes apiece — embedded into the programmme itself. This is easy to achieve technically, and will be palatable to most major advertisers. Since this evolution seems inevitable, another question comes immediately to the fore: what&#8217;s the role of the broadcaster in this new economic value chain? Today the broadcaster aggregates audiences, aggregates advertisers, puts commercials into the program breaks, and makes a lot of money doing this. But — and here is the central point I&#8217;m making today — wouldn&#8217;t it be economically more efficient for the advertiser to work directly with the program&#8217;s producer to distribute television programming directly to the audience, using hyperdistribution? Let me run some numbers for you, based on another set of back-of-the-envelope calculations: If we presume that the advertiser is going to pay at least as much as the broadcaster for hyperdistribution rights to a program, there&#8217;s a large fixed cost for the purchase of those rights. Further, there&#8217;s another fixed cost to maintain the internet servers which &laquo;&nbsp;seed&nbsp;&raquo; the program&#8217;s hyperdistribution &#8211; the internet equivalent of broadcast transmitter operation costs. Add in a small amount for the post-production costs incurred to affix the advertiser&#8217;s payload to the program, and we&#8217;re done. Those are the entirety of the costs. The advertiser is looking to lower costs in advertising; if those advertisers are paying between $250,000 and $500,000 for thirty seconds of advertising (in the United States), just a handful of advertisements would cover hyperdistribution costs. It&#8217;s a numbers game: if enough viewers watch a hyperdistributed television program, it is cheaper for advertisers to work with producers, and handle the distribution themselves. Furthermore, if the program is widely popular, it is far, far cheaper to do so. In other words, the higher your ratings, the cheaper the advertising. That&#8217;s precisely the reverse of broadcast television, and one big reason that advertisers will find this model so appealing. Although no formal surveys have been conducted, it&#8217;s reasonable to assert that at least four percent of Australians, two percent of Britons, and one percent of Americans are already using broadband hyperdistribution to get some percentage of their TV programs. Based on my own research, I have found television downloading to be widespread among men 18 to 25 years old, precisely the demographic most coveted by advertisers. In other words, the prime audience is already there, already waiting and already willing to receive. All that remains is to put the components of this new value chain into operation.</p>
<p><a href="http://www.mindjack.com/feature/piracy051305.html">http://www.mindjack.com/feature/piracy051305.html</a></p>
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		<title>Ars Industrialis, un discours de la décadence</title>
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		<pubDate>Wed, 13 Jul 2005 10:02:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Notre époque est menacée, dans le monde entier (&#8230;)&#160;&#187; (Ars Industrialis)
A comparer avec cette autre exigence:
&#171;&#160;Se mettre &#171;&#160;du côté de&#160;&#187; l&#8217;affirmatif suppose qu&#8217;on abandonne les catégories de &#171;&#160;maladie&#160;&#187;, &#171;&#160;déviation&#160;&#187;, &#171;&#160;dégénérescence&#160;&#187;, &#171;&#160;pourrissement&#160;&#187;, etc. Ces catégories sont des préjugés, des stéréotypes: elles renvoient à la conception d&#8217;un organisme dont la vocation est d&#8217;être parfait, mais dont l&#8217;état [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&laquo;&nbsp;Notre époque est menacée, dans le monde entier (&#8230;)&nbsp;&raquo; (<a href="http://www.arsindustrialis.org/">Ars Industrialis</a>)<br />
A comparer avec cette autre exigence:<br />
&laquo;&nbsp;Se mettre &laquo;&nbsp;du côté de&nbsp;&raquo; l&#8217;affirmatif suppose qu&#8217;on abandonne les catégories de &laquo;&nbsp;maladie&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;déviation&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;dégénérescence&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;pourrissement&nbsp;&raquo;, etc. Ces catégories sont des préjugés, des stéréotypes: elles renvoient à la conception d&#8217;un organisme dont la vocation est d&#8217;être parfait, mais dont l&#8217;état présent esst celui de la perversion, de la dégradation et de l&#8217;infantilisme. La tâche du politique consistant alors à lui restituer la perfection qui est la sienne.&nbsp;&raquo; (Jean-François Lyotard, Rudiments Païens, pp.118-119)</p>
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		<title>Morts et symboles</title>
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		<pubDate>Wed, 06 Jul 2005 10:08:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Quel est le poids, au sens de la gravité, de nos existences et de nos perceptions quand les symboles pèsent plus lourd que les morts? Quelle est l&#8217;intensité de nos vies quand 50 morts ont comme conséquence la multiplication des voix médiatiques et que chacun semble être touché à vif? Quelle est notre pesanteur quand [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quel est le poids, au sens de la gravité, de nos existences et de nos perceptions quand les symboles pèsent plus lourd que les morts? Quelle est l&#8217;intensité de nos vies quand 50 morts ont comme conséquence la multiplication des voix médiatiques et que chacun semble être touché à vif? Quelle est notre pesanteur quand des milliers de morts surviennent, justifiés par une guerre de colonisation, dans le silence quotidien de ces mêmes médias (car leurs paroles n&#8217;interrompt pas le silence)? Quelle est notre relation aujourd&#8217;hui aux symboles (terroristes et médiatiques, ils sont si proches que les premiers utilisent l&#8217;imaginaire des seconds pour faire exister les morts qu&#8217;ils provoquent, voyez le 11 septembre) alors même que les milliers de morts civils ne pèsent pour rien? Que nous ne demandons pas même des compte pour en connaître le nombre? Que nous savons qu&#8217;à Guantanamo des hommes sont soumis à la terreur de la torture? Que pèsent encore nos vies, nous qui sommes des mortels encore vivants?</p>
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		<title>Le monde selon Google</title>
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		<pubDate>Mon, 04 Jul 2005 10:11:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il y a dans le logiciel Google Earth quelque chose comme une nouvelle vision du monde, une façon pour une société américaine de nous donner une vision de la Terre. Car c&#8217;est bien de la relation entre le monde et la terre qui est en jeu. La terre comme première vision dans le logiciel, nous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a dans le logiciel <a href="http://earth.google.com/">Google Earth</a> quelque chose comme une nouvelle vision du monde, une façon pour une société américaine de nous donner une vision de la Terre. Car c&#8217;est bien de la relation entre le monde et la terre qui est en jeu. La terre comme première vision dans le logiciel, nous la voyons de l&#8217;extérieur, comme des habitants lunaires laissés là par hasard lors d&#8217;une exploration. Le monde dans lequel nous pénétront progressivement en zoomant ou dézoomant. Le monde se fait plat, imagerie satellitaire mappée sur la sphère, avec des informations en réalité augmentée, mais surtout la fonction &laquo;&nbsp;building&nbsp;&raquo; qui affiche les bâtiments de certaines villes américaines en 3d, tout comme si depuis le 11 septembre les buildings étaient devenus un élément architectural ludique. Il y a bien sûr dans ce logiciel le désir tendanciel de mapper l&#8217;ensemble de la surface terrestre, de ne laisser aucun espace vide, de quadriller, c&#8217;est-à-dire coloniser, la représentation même du conflit terre/monde. Mais nulle naturalité ici, il y a le parti pris de l&#8217;information, une façon d&#8217;enrichir le monde de nos sens.</p>
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		<title>L&#8217;industrie culturelle en 2004</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Jun 2005 10:22:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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		<description><![CDATA[1. Star Wars, la trilogie (DVD) : 41,83 millions d&#8217;euros. 2. GTA San Andreas (jeu vidéo) : 38 millions d&#8217;euros. 3. Nemo (DVD) : 30,82 millions d&#8217;euros. 4. Les Choristes (DVD édition simple) : 27,68 millions d&#8217;euros. 5. Pro Evolution Soccer 5 (jeu vidéo) : 26,52 millions d&#8217;euros. 6. Le Seigneur des anneaux: le Retour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>1. Star Wars, la trilogie (DVD) : 41,83 millions d&#8217;euros. 2. GTA San Andreas (jeu vidéo) : 38 millions d&#8217;euros. 3. Nemo (DVD) : 30,82 millions d&#8217;euros. 4. Les Choristes (DVD édition simple) : 27,68 millions d&#8217;euros. 5. Pro Evolution Soccer 5 (jeu vidéo) : 26,52 millions d&#8217;euros. 6. Le Seigneur des anneaux: le Retour du roi (DVD édition prestige) : 24,95 millions d&#8217;euros. 7. Da Vinci Code (livre) : 21,34 millions d&#8217;euros. 8. The Sims 2 (jeu vidéo) : 19,62 millions d&#8217;euros. 9. Les Choristes (CD, bande originale du film) : 18,34 millions d&#8217;euros. 10. Le meilleur de Nulle part ailleurs (DVD) : 17,90 millions d&#8217;euros. 11. Pirates des Caraïbes (DVD) : 16,75 millions d&#8217;euros. 12. Harry Potter et le prisonnier d&#8217;Azkhaban (DVD édition collector) : 16,33 millions d&#8217;euros. 13. Harry Potter et le prisonnier d&#8217;Azkhaban (livre) : 14,74 millions d&#8217;euros. 14. Le Seigneur des anneaux, la trilogie (DVD, édition prestige) : 14,70 millions d&#8217;euros. 15. Frères des ours (DVD) : 14,62 millions d&#8217;euros. 16. Les Enfoirés dans l&#8217;espace (CD) : 14,38 millions d&#8217;euros. 17. Need for Speed 2 (jeu vidéo) : 13,36 millions d&#8217;euros. 18. Pokhara, Yannick Noah (CD) : 12,38 millions d&#8217;euros. 19. Beaux dégâts, Francis Cabrel (CD) : 12,20 millions d&#8217;euros. 20. Shirley et Dino (DVD): 12,14 millions d&#8217;euros. (Source : GfK)</p>
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		<title>Dignité</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Jun 2005 10:26:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pensez à la dignité de ceux qui vivent dans l&#8217;oubli. De ceux qu&#8217;on croise dans les transports en commun. Un métier souvent absurde soumis à des autorités arbitraires, chaque jour le bruit des rails, le murmure des autres dans les wagons. La vie se construisant au jour le jour, dans le domicile, parfois des enfants, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pensez à la dignité de ceux qui vivent dans l&#8217;oubli. De ceux qu&#8217;on croise dans les transports en commun. Un métier souvent absurde soumis à des autorités arbitraires, chaque jour le bruit des rails, le murmure des autres dans les wagons. La vie se construisant au jour le jour, dans le domicile, parfois des enfants, des tensions, des incompréhensions, mais quelque chose se construit, cette chose sera oubliée dans quelques décecennies car rien ne viendra marquer leurs morts. Et ils savent qu&#8217;ils vivent déjà leur propre oubli puisque rien ne s&#8217;inscrit, rien ne fait &laquo;&nbsp;oeuvre&nbsp;&raquo;. Dans ce silence de l&#8217;&nbsp;&raquo;oeuvre&nbsp;&raquo; pourtant une dignité, non pas comme une valeur humaniste (nous en avons fini avec cela, et sans aucune nostalgie), mais simplement la gravité des corps dont parle Beckett, &laquo;&nbsp;Compagnie&nbsp;&raquo; par exemple, quelque chose se tient, pas obligatoirement debout, peut-être est-ce juste la colonne vertébrale qui se tient dans la surprise suffocante du présent. Ils sentent leur souffle, cette respiration lourde dans les transports. Ils se savent déjà morts, déjà mortels, la certitude de l&#8217;incertitude. Ne croyez pas qu&#8217;ils ne le savent pas, ils le savent bien. Et ils continuent. Le peuple ne manque pas, seule l&#8217;&nbsp;&raquo;oeuvre&nbsp;&raquo; fera défaut.</p>
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		<title>Biens culturels et OMC</title>
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		<pubDate>Wed, 08 Jun 2005 10:34:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L&#8217;exception culturelle va bientôt faire loi dans le monde. La France et l&#8217;Europe ont franchi un pas décisif dans la bataille visant à exclure les biens et services culturels des débats de l&#8217;Organisation mondiale du commerce (OMC), en faisant reconnaître pour la première fois leur spécificité dans le corps d&#8217;un traité international. Au prix d&#8217;un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;exception culturelle va bientôt faire loi dans le monde. La France et l&#8217;Europe ont franchi un pas décisif dans la bataille visant à exclure les biens et services culturels des débats de l&#8217;Organisation mondiale du commerce (OMC), en faisant reconnaître pour la première fois leur spécificité dans le corps d&#8217;un traité international. Au prix d&#8217;un conflit grave qui secoue d&#8217;ores et déjà l&#8217;Unesco, l&#8217;agence des Nations unies spécialisée dans la culture, les Américains ayant claqué la porte de la réunion, furieux de ce résultat. Au terme de deux ans et demi de négociations ardues et de deux semaines d&#8217;ultime négociation impliquant 500 experts venus de 130 pays, le comité intergouvernemental ad hoc réuni à Paris a adopté le texte final d&#8217;une «convention sur la protection de la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques», à l&#8217;unanimité moins deux contre : les Etats-Unis et Israël. Ce document d&#8217;une quinzaine de pages doit être adopté en octobre à la Conférence générale de l&#8217;Unesco, en principe sans changement. Certains, comme le Japon et l&#8217;Australie, ont exprimé des réserves. En revanche, le Canada, très actif aux côtés de la France, la Russie, la Chine, le Brésil, le Mexique ou l&#8217;Inde ont soutenu la thèse de l&#8217;exception culturelle, qui se trouve ainsi consacrée pour la première fois dans le droit international. Le document, qui n&#8217;est pas encore public car en cours de «toilettage» sur des points de détail et de traduction, mais dont Libération a pu avoir connaissance, est sans ambiguïté : dès son préambule, il stipule le statut spécifique des «activités, biens et services culturels», dotés d&#8217;une «double nature, économique et culturelle, parce qu&#8217;ils sont porteurs d&#8217;identité, de valeur et de sens». En conséquence, «ils ne doivent pas être traités comme ayant une valeur exclusivement commerciale». Autrement dit, des industries aussi importantes que le cinéma ou la musique ne peuvent être discutées à l&#8217;OMC comme de simples activités commerciales. Un soin particulier a été apporté à l&#8217;article 20, qui s&#8217;intitule «soutien mutuel, complémentarité et non-subordination». En langage clair : la Convention de l&#8217;Unesco ne peut être subordonnée à aucune autre. Elle se pose en égale des traités du commerce et du libre-échange. En cas de conflit entre les Etats, des procédures de conciliation peuvent être ouvertes, par une seule partie. Elles seront traitées au sein de l&#8217;Unesco, qui reprend donc la main face aux autres institutions internationales. La Convention accorde aux Etats le droit entier de mettre en oeuvre leur propre politique culturelle d&#8217;aide et de protection. Ils peuvent donc subventionner le théâtre ou le cinéma, accorder des allégements fiscaux à ceux qui font don d&#8217;un tableau à un musée, édicter des lois et règlements pour protéger les monuments historiques ou empêcher la sortie des chefs-d&#8217;oeuvre du patrimoine. Toute la panoplie est explicitement autorisée. «Biodiversité». La culture est aussi valorisée comme moyen d&#8217;échange, du développement et de la cohésion sociale. «La diversité culturelle est une ressource qui constitue un aspect essentiel du capital culturel des sociétés, au même titre que la biodiversité est un élément central du capital naturel», stipule l&#8217;article 2. Les Etats sont donc appelés à favoriser par une «multiplicité des moyens» la diversité des «cultures des groupes sociaux et sociétés». «La culture sort d&#8217;un vide juridique : pour la première fois, elle trouve une reconnaissance dans le droit international, dans une convention qui reconnaîtrait sa spécificité irréductible», se félicite l&#8217;ambassadeur de France auprès de l&#8217;Unesco, Jean Gueguinou. Deux ans après le discours de Jacques Chirac devant cette assemblée, «un texte reconnaît le droit souverain des Etats à une protection de la culture», ajoute-t-il. Au Canada, la ministre du Patrimoine est revenue enthousiaste : «Dans les échanges internationaux, l&#8217;industrie culturelle était dans un no man&#8217;s land. Elle était vulnérable parce que tout pouvait être contesté devant l&#8217;OMC», a dit Liza Frulla au Devoir de Montréal, précisant que son pays aurait même préféré que l&#8217;Unesco aille encore plus loin en affirmant sa prééminence sur l&#8217;OMC. «Incompatibilité». La France, néanmoins, se garde de tout triomphalisme pour ne pas exacerber les tensions avec les Etats-Unis. Déjà, les Américains avaient particulièrement mal vu la participation de la Commission européenne, dont ils dénient toute compétence en matière de culture. La délégation américaine a rédigé une déclaration de guerre contre un «texte final» qu&#8217;elle juge inacceptable. «Ce projet de convention est profondément faussé et fondamentalement incompatible avec la mission de l&#8217;Unesco de promouvoir la libre circulation des idées par le mot et l&#8217;image.» En empiétant sur le commerce, «non seulement il outrepasse le mandat de l&#8217;Unesco, mais il pourrait contrecarrer les droits et obligations contractés dans d&#8217;autres enceintes internationales, et en fin de compte freiner les progrès en faveur de la libéralisation économique.» Les Américains ont également déploré que le comité ait «verrouillé» le texte, sans marge de manoeuvre pour la conférence générale d&#8217;octobre. «Nous sommes peut-être le pays le plus multiculturel au monde, déplore le chargé d&#8217;affaires américain, Andrew Koss, nous sommes profondément attachés au dialogue culturel, mais ce document ferme des portes plutôt que de les ouvrir.» Et de lancer : «En fait, cette convention n&#8217;a rien à voir avec la culture, mais tout avec le commerce.» Néanmoins, il dément catégoriquement, comme la rumeur en a couru cette semaine, que les Etats-Unis, qui viennent de rejoindre l&#8217;Unesco après dix-neuf années d&#8217;absence, menaceraient de lui couper les vivres après cet affront. Dans quelle mesure les biens culturels se trouveraient-ils effectivement écartés de l&#8217;OMC ? «A ce stade, c&#8217;est encore impossible à dire. Nos juristes planchent sur la question. Il faudra voir après l&#8217;adoption.» La grande bataille pour l&#8217;exception culturelle ne fait que commencer.</p>
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		<title>Le cinéma et la prison</title>
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		<pubDate>Mon, 02 May 2005 10:39:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Retourner la salle de cinéma comme un gant en plaçant face au projecteur une caméra (auparavant le projecteur et la caméra ne faisaient qu&#8217;un): La guerre contre les pirates s&#8217;intensifie outre-Atlantique alors que la Cour suprême est en train de trancher sur le sort des logiciels peer to peer. Le 28 avril 2005, le président [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Retourner la salle de cinéma comme un gant en plaçant face au projecteur une caméra (auparavant le projecteur et la caméra ne faisaient qu&#8217;un): La guerre contre les pirates s&#8217;intensifie outre-Atlantique alors que la Cour suprême est en train de trancher sur le sort des logiciels peer to peer. Le 28 avril 2005, le président Bush a signé The Family Entertainment and Copyright Act, une loi qui comprend un volet de sanction assez sévère à l&#8217;encontre des pirates et qui devrait prochainement être appliquée sur le territoire américain. Concrètement, tout pirate pris en flagrant délit d&#8217;enregistrer discrètement sur un camescope tout ou partie d&#8217;un film lors d&#8217;une projection dans une salle de cinéma encourt une peine de prison de trois ans avec une amende. Le fait de mettre à la disposition des internautes les fichiers vidéo incluant les toutes nouvelles productions des studios d&#8217;Hollywood sur des réseaux P2P peut également être réprimé dans le même sens. Logiquement, la prochaine promulgation de ce texte au niveau fédéral a réjoui la Motion Picture Association of America (MPAA). &laquo;&nbsp;Plus de 90% des copies illégales de films sont volées par des individus qui se rendent au cinéma pour enregistrer eux-même les films avec des camescopes et d&#8217;autres appareils d&#8217;enregistrement&nbsp;&raquo;, a indiqué Dan Glickman, président du groupement qui fédère les principaux groupes de production cinématographique. Prochainement, un test grandeur nature va permettre de déterminer si oui ou non le message est entendu. Le 18 mai 2005, c&#8217;est la sortie mondiale de Star wars : episode III &#8211; Revenge of the Sith, la dernière partie de la célèbre saga de science-fiction de George Lucas.</p>
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		<title>Le mot d&#8217;ordre de la citoyenneté</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Apr 2005 10:40:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il y a certains mots qui reviennent fréquemment, dans les médias, dans les discours artistiques. D&#8217;ailleurs la massification des médias fait que ceux ci sont devenus prescripteurs, les arts ne faisant souvent que répéter les lieux communs énoncés là. Et parmi eux le concept de citoyenneté qu&#8217;on voit fleurir un peu partout et qui vient [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a certains mots qui reviennent fréquemment, dans les médias, dans les discours artistiques. D&#8217;ailleurs la massification des médias fait que ceux ci sont devenus prescripteurs, les arts ne faisant souvent que répéter les lieux communs énoncés là. Et parmi eux le concept de citoyenneté qu&#8217;on voit fleurir un peu partout et qui vient souvent ponctuer les textes décrivant des oeuvres actuelles. A recycler ainsi le discours dominant (celui du JT) les artistes oublient toute fonction critique (fonction qui serait en-deçà d&#8217;un rôle de prescripteur). Or quoi de plus problématique que la notion de citoyen, &laquo;&nbsp;civis&nbsp;&raquo; celui qui habite la cité et qui en reconnaît la juridiction. Il ets habilité à jouir sur son territoire du droit de cité. Les tous premiers hommes considérés comme citoyens sont les membres de l&#8217;Ecclessia, assemblée souveraine du peuple athénien. Au XVII siècle, le &nbsp;&raquo; citoyen &nbsp;&raquo; désigne le citadin ou habitant des villes, le mot perd de sa valeur politique. Pendant la Révolution Française, les hommes ou femmes n&#8217;étaient pas appelés &laquo;&nbsp;Monsieur ou Madame&nbsp;&raquo; mais &nbsp;&raquo; citoyen &laquo;&nbsp;. c&#8217;est avec la Révolution et la &laquo;&nbsp;déclaration des droits de l&#8217;homme et du citoyen&nbsp;&raquo; que ce terme retrouve tout son sens et son prestige. De nos jours, le terme a repris sa valeur politique et désigne les personnes pouvant participer à la vie politique. En France, un citoyen est défini comme suit : &laquo;&nbsp;Homme ou femme âgé de plus de 18 ans, né(e) de parents français ou étrangers naturalisés&nbsp;&raquo;. Cité, citoyen, civilisation forment étymologique. Le citoyen est, à l’origine, l’individu qui a le droit de vivre dans la cité et qui, en y exerçant ses droits et ses devoirs à égalité avec tous ses concitoyens, forge une civilisation. Et on voit bien en quoi la notion de citoyenneté est une notion juridique et langagière, comment elle exclue d&#8217;autres (les non-citoyens), ceux qui sont en dehors de la cité, comment surtout elle définie et circonscrit un territoire. Cette relation entre l&#8217;identité et le territoire (et quand on parle de &laquo;&nbsp;citoyen du monde&nbsp;&raquo; c&#8217;est encore en reliant les deux) est problématique par son exclusion implicite. Comment également elle présuppose l&#8217;adoption et la conformation à des règles communes (les lois citoyennes). Ce qui est en dehors de la citoyenneté c&#8217;est par exemple ces zones de non-droit (les cités, le fantasme des cités), c&#8217;est-à-dire là où l&#8217;autorité, entendons la police, ne peut entrer. On voit bien comment sous cette notion se cache des autorités et la violence même du politique par intériorisation et auto-censure dans l&#8217;individu devenu citoyen. Il est remarquable qu&#8217;aujourd&#8217;hui nombre d&#8217;artistes utilisent ce langage, sans même en chercher les racines et plus simplement encore le sens. Comme si tout cela allait de soi. Comme si les (r)évolutions actuelles de notre relation à l&#8217;espace-temps ne déconstruisaient pas pour une grande part la légitimité même du concept de citoyen et en faisait simplement une survivance. Et la doxa mass-médiatique ne prescrit-elle pas ce mot d&#8217;ordre (soyez citoyen!) au moment même où cette notion s&#8217;effrondre. Ne faudrait-il pas mettre plus radicalement en cause le principe même d&#8217;identité?</p>
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		<title>Le différend sexuel</title>
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		<pubDate>Thu, 07 Oct 2004 14:04:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On voit apparaitre de plus en plus d&#8217;arguments liés à la féminité dans les arts. Les femmes seraient mal représentées. On connait bien la crise de la représentation sociologique analysée par Bruno Latour, et on aurait envie de s&#8217;associer à cette parole féminine. Mais derrière elle se cache finalement un raisonnement identitaire qui polarise la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On voit apparaitre de plus en plus d&#8217;arguments liés à la féminité dans les arts. Les femmes seraient mal représentées. On connait bien la crise de la représentation sociologique analysée par Bruno Latour, et on aurait envie de s&#8217;associer à cette parole féminine. Mais derrière elle se cache finalement un raisonnement identitaire qui polarise la sexualité de façon univoque. Pire encore la sexualité, comprise de façon si naïve, pourrait devenir un critère esthétique à part entière. L&#8217;oeuvre serait masculine ou féminine. Cette détermination nous ramène à une époque ou certains disaient que &laquo;&nbsp;tout est sexuel&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;tout est Marx&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;tout est ceci ou cela&nbsp;&raquo;. Une façon de voir le monde et de le totaliser selon un seul et unique axe. cette relation identitaire est bien sûr à relier à toutes les pulsions identitaires contemporaines qui sont autant de replis et de symptômes de contrôle. Mais se pourrait-il que les arts aient pour objet, plutôt que de dupliquer les identités sociales ou de prôner un individu asexué, de brouiller les cartes et les pistes, de perturber les identités acquises, de répéter inlassablement au-dedans de ce presque rien de l&#8217;expérience esthétique que &laquo;&nbsp;toute identité est un mensonge&nbsp;&raquo; et que cette litanie n&#8217;est pas un combat mais l&#8217;absence de notre communauté.</p>
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		<title>Des marges</title>
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		<pubDate>Sat, 17 Jul 2004 14:20:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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		<description><![CDATA[Définir les marges de la société. Par exemple, dans un monde réputé visuel, où tout peut être enregistré et visualisé (caméra de surveillance, télévision, etc.), localiser les endroits interdits à l&#8217;image. Quelles sont les zones qu&#8217;on ne peut enregistrer, c&#8217;est-à-dire qu&#8217;on ne peut mémoriser? Les zones militaires, les zones frontalières, tout ce qui a à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Définir les marges de la société. Par exemple, dans un monde réputé visuel, où tout peut être enregistré et visualisé (caméra de surveillance, télévision, etc.), localiser les endroits interdits à l&#8217;image. Quelles sont les zones qu&#8217;on ne peut enregistrer, c&#8217;est-à-dire qu&#8217;on ne peut mémoriser? Les zones militaires, les zones frontalières, tout ce qui a à voir avec la sécurité, mais aussi un foyer Sonacotra à Aubervillers, aux portes de Paris. On contacte la responsable Sonacotra, elle refuse un projet mettant en jeu ce foyer pour ne pas donner une mauvaise image aux travailleurs habitants là, pour ne pas les stigmatiser, mais on ne voulait que pointer l&#8217;endroit, les conditions de vie, interdiction de tourner ce que pourtant on peut voir au coin de la rue, ne pas demander d&#8217;autorisation pour filmer puisque c&#8217;est déjà sous nos yeux, le faire malgré tout, parce qu&#8217;il le faut, mémoriser cette marge pour résister à un certain flux monotone du On.</p>
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		<title>The Ister</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Jul 2004 14:27:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Quotidien]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;argument du film est simple: remonter aux sources du Danube, traverser l&#8217;Europe en compagnie de 3 lecteurs d&#8217;Heidegger non-heideggeriens, Stiegler, Nancy, Lacoue-Labarthe afin de questionner la pensée politique d&#8217;Heidegger et notre actualité européenne&#8230; Il y aurait certaines choses à dire sur la teneur même du projet, sur l&#8217;esthétique du fleuve et des ponts, sur tout [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;argument du film est simple: remonter aux sources du Danube, traverser l&#8217;Europe en compagnie de 3 lecteurs d&#8217;Heidegger non-heideggeriens, Stiegler, Nancy, Lacoue-Labarthe afin de questionner la pensée politique d&#8217;Heidegger et notre actualité européenne&#8230; Il y aurait certaines choses à dire sur la teneur même du projet, sur l&#8217;esthétique du fleuve et des ponts, sur tout ce que cela présuppose chez Heidegger comme image de l&#8217;union (entre deux rives), de la remontée vers les origines (celle-ci fut-elle différée, notre passé étant toujours en avance sur notre présent). Mais passons, nous nous en sommes déjà expliqué dans un travail sur Heidegger, Holderlin et Perse nommé &laquo;&nbsp;Habitable l&#8217;inhabitable de la réalité virtuelle&nbsp;&raquo; en 1996. </p>
<p>Donc nous voilà devoir participer à une conférence après avoir vu un film et dans ce film il y avait quelque chose à ne pas manquer en terme de réalisation, quelque chose de difficile à montrer, la Shoah, l&#8217;extermination des Juifs et des Tziganes. On sait combien l&#8217;histoire des images post-guerre est hantée, comme l&#8217;a si bien montré Godard dans Histoires du cinéma, par cette représentation de l&#8217;irreprésentable. Cette question était d&#8217;autant plus difficile que le terrain est celui choisi par Heidegger, le Danude, l&#8217;Europe, la remontée vers l&#8217;Allemagne. Les auteurs questionnent bien sûr le rôle du politique chez le philosophe allemand, sur son déni, son silence, etc. </p>
<p>Je ne parlerais pas ici des intentions des auteurs du film, simplement de ce que j&#8217;ai vu: Lacoue-Labarthe parle, très bien, du souffle coupé de l&#8217;occident à la suite de la Shoah, comme à son habitude il fume cigarette après cigarette. Son interview est entrecoupé de plans de Mauthausen, camp censé représenter un lieu de la Shoah, ces plans sont eux-mêmes traités d&#8217;une façon toute particulière, ils palpitent, passant au blanc puis sortant du blanc, telle une respiration qui à mesure que nous nous approchons de la chambre à gaz s&#8217;accélère. Puis nous y sommes, nous sommes entrés dans la chambre à gaz, et là nous revenons sur Lacoue-Labarthe, ou plus exactement sur son cendrier, en gros plan, avec un amas impressionnant de cigarettes. Rires non-dissimulés dans la salle. La première erreur porte sur le choix du camp, il a beau être à proximité du Danube, il n&#8217;est pas à proprement parlé un lieu d&#8217;extermination mais de concentration. Même si la déportation des politiques et l&#8217;extermination des Juifs sont deux plans qui se sont régulièrement entrecroisés, il est impossible de les identifier si ce n&#8217;est à perdre la singularité de chacun de ces plans. Le choix de la chambre à gaz de Mauthausen est de plus un choix désastreux car, dans l&#8217;état actuel des connaissances historiques, aucun gazage massif n&#8217;a eu lieu, elle n&#8217;a quasiment pas servi, ce qui est d&#8217;ailleurs un argument servi aux négationnistes. Deuxième erreur, qui mêle esthétique et éthique de la représentation de l&#8217;extermination: si le souffle dont parle Lacoue-Labarthe a un sujet clair, nous en tant que nous sommes après la Shoah et que nous ne l&#8217;avons pas vécu, la mise en scène laisse supposer que ce souffle coupé est en relation avec l&#8217;asphyxie dans les chambres à gaz. Le blanc qui palpite sur les images de mauthausen prennent sens quand la caméra entre dans la chambre à gaz car ses murs sont blanc. De quel souffle s&#8217;agit-il? Quel chemin tente-t-on de nous faire prendre au juste? Puis c&#8217;est le gros plan des cigarettes, montage discutable par excellence, qui juxtapose deux phénomènes hétérogènes: une chambre à gaz où les nazis tuaient par asphyxie des individus, la cigarette qui tue Lacoue-Labarthe en lui coupant le souffle, la cigarette qui devient un étrange mélange entre la chambre à gaz et le four crématoire. </p>
<p>Et c&#8217;est justement cette juxtaposition du montage qui a produit des rires dans le public: montrer la chambre à gaz et dire que finalement cela continue, fut-ce dans le fait de fumer des cigarettes les unes après les unes. Ils montrent (ou croient montrer) un lieu d&#8217;extermination et juste après, un effet de style, presque un trait d&#8217;humour, nous dégage de ce que nous venons de voir: &laquo;&nbsp;Ce n&#8217;était que cela, des cigarettes, ouf!&nbsp;&raquo;. Il ne s&#8217;agit aucunement d&#8217;incriminer Lacoue-Labarthe dont le remarquable livre &laquo;&nbsp;La fiction du politique&nbsp;&raquo; est sans ambiguité, mais de pointer combien aujourd&#8217;hui des personnes visiblement incultes sur la question de la Shoah peuvent avec une caméra entrer dans une chambre à gaz, faire un montage pour le moins discutable dans l&#8217;association d&#8217;idées qu&#8217;il laisse envisager, puis le montrer à un public. Quand je dis inculte c&#8217;est simplement que pendant la discussion avec les deux réalisateurs, qui ne comprenaient visiblement pas la critique que je leur adressais, je leur expliquais la différence entre les camps de concentration (Mauthausen, Buchenwald, Dachau, etc.), les camps de concentration et d&#8217;extermination tels que Birkenau et Maïdanek et les centres d&#8217;extermination comme Belzec, Chelmno, Treblinka et Sobibor, et eux de me soutenir que Mauthausen était un lieu d&#8217;extermination des Juifs. Bref l&#8217;image classique du &laquo;&nbsp;Camp&nbsp;&raquo;, un simple concept vide qu&#8217;on peut utiliser pour questionner Heidegger. Ils avaient sans doute lu Sein und Zeit mais visiblement pas Raoul Hilberg afin de se renseigner quelque peu sur ce qui constitue la ligne de fuite de ce que leur documentaire tente, parfois naïvement, de penser. </p>
<p>Une partie du public n&#8217;a pas compris, trouvant le documentaire magnifique, on leur servait enfin la pensée de ce philosophe mystérieux, en faisant de la Shoah &laquo;&nbsp;un point de détail&nbsp;&raquo; et non pas la ligne de fuite qu&#8217;il ne fallait pas manquer&#8230; Et Stiegler de dire que si le public a rit c&#8217;est que comme tout public il est débile, qu&#8217;il y a toujours des gens qui rient devant les horreurs. La moitié du public sort alors de la salle, se sentant insultée. Tentative de rattrapage, nous sommes aussi débiles, sentiment d&#8217;avoir causé cette réaction, désagréable, impossibilité finalement de discuter du fond du problème: comment un montage est-il constitutif de significations problématiques? </p>
<p>Je ne sais si je participerais encore à des débats portant, de près ou de loin, à la Shoah. Je ne sais si cela peut faire objet de débats, de discussions, de dialogues, il le faudrait pourtant, mais la tension est encore trop forte. Et en même temps comment échapper à ce thème lorsqu&#8217;on questionne les relations entre l&#8217;art et les technologies? Quant à moi je pense que ce rire n&#8217;était pas sans raison.</p>
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		<title>La notion de génocide</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Apr 2003 15:16:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Juridique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Quotidien]]></category>

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		<description><![CDATA[Il est fort étonnant de parler de la guerre en Irak comme d&#8217;un génocide. L&#8217;usage permanent de ce concept dans des domaines qui ne sont pas les siens prouve bien qu&#8217;il est devenu une valeur d&#8217;autorité qui permet de valider ou d&#8217;invalider certain phénomènes. Si une guerre n&#8217;est pas un génocide alors l&#8217;horreur de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il est fort étonnant de parler de la guerre en Irak comme d&#8217;un génocide. L&#8217;usage permanent de ce concept dans des domaines qui ne sont pas les siens prouve bien qu&#8217;il est devenu une valeur d&#8217;autorité qui permet de valider ou d&#8217;invalider certain phénomènes. Si une guerre n&#8217;est pas un génocide alors l&#8217;horreur de la guerre se voit discréditée, si un conflit entre deux nationalismes n&#8217;est pas un génocide alors on lui enlève un élément de critique. Un phénomène qui n&#8217;est pas un génocide est aujourd&#8217;hui dévalorisé. Pour beaucoup le génocide correspond à l&#8217;assassinat d&#8217;innocents, un assassinat d&#8217;Etat.</p>
<p>Or il va de soi que le concept de génocide ne saurait s&#8217;appliquer à tous les phénomènes de l&#8217;actualité. Rappelons qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un meurtre de masse programmé, où l&#8217;intention consiste à éliminer systématiquement une population quelconque. Il ne s&#8217;agit pas d&#8217;éliminer certains individus mais un ensemble. Peu important que cet ensemble soit réel ou imaginaire.</p>
<p>Tuer des civils dans une guerre sans intention de tuer tous les civils, toute une population, est un crime de guerre pas un génocide. Le concept de génocide doit être strictement délimité à la sphère juridique. Il ne s&#8217;agit en aucun cas d&#8217;une évaluation éthique. Le génocide n&#8217;est pas le stade ultime de l&#8217;horreur car celle-ci ne se hiérarchise et ne se calcule pas, l&#8217;horreur est affaire de singularité pas de jugement conceptuel.</p>
<p>Le grand problème de la notion de génocide et qu&#8217;elle fait intervenir l&#8217;intention. Pour beaucoup seule l&#8217;intention compte et peu importe le nombre de morts. L&#8217;horreur ne se calculerait pas en nombre. Or qui pourrait refuser l&#8217;idée que tuer un innocent c&#8217;est tuer tous les innocents, que derrière l&#8217;assassinat d&#8217;une personne se cache l&#8217;intention de tuer l&#8217;humanité en son entier? Le drame personnel est compris comme un génocide, chacun étant porteur de l&#8217;humanité en son entier, plutôt que l&#8217;humanité garantissant la survie de chacun.</p>
<p>L&#8217;excès de langage qui consiste à faire passer la notion de génocide du statut juridique au statut affectivo-éthique, fait écho à notre époque médiatique qui éclaire certains phénomènes au détriment d&#8217;autres. Par exemple dire chaque jour qu&#8217;il y ait eu un mort, ou trois, ou six pendant des années c&#8217;est beaucoup plus frappant que de parler une fois des 800 000 morts au Rwanda. Lorsque les journalistes français avaient été pris en otages au Liban je crois, on les voyait chaque jour. Ils étaient très présents, par cette répétition même. C&#8217;est ce que font les médias.</p>
<p>La notion de génocide est l&#8217;entre-deux des médias, sa limite. Elle suppose l&#8217;oubli et sa médiatisation. Avec le génocide, les bourreaux cachent leur forfait, ils dissimulent les preuves. En même temps il faut que les médias soient là pour que le génocide soit. C&#8217;est pourquoi l&#8217;image même de génocide, sa représentation populaire est une image de survie : lors de la libération de Bergen-Belsen, les alliés firent des fosses communes pour y mettre les cadavres qui auraient pu créer des épidémies. Ainsi ils sauvaient les survivants. Le sens commun en voyant ces images de bulldozers poussant les cadavres dans des trous en fit le symbole même de la barbarie nazie. C&#8217;est là le paradoxe de la trace et de la mémoire de ce qui est sans témoignage.</p>
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		<title>Le grondement des blogs</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Aug 2002 16:31:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je me promenais sur Internet sans intention précise, et je suis tombé sur des blogs, ces journaux intimes sans intimités, ramassis d&#8217;idées souvent vagues, besoin de raconter la médiocrité et puisqu&#8217;on ne peut rien changer alors médiatiser ce qui existe déjà. Mais l&#8217;important n&#8217;est pas là car cette médiocrité (de vie et d&#8217;écriture) est la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je me promenais sur Internet sans intention précise, et je suis tombé sur des blogs, ces journaux intimes sans intimités, ramassis d&#8217;idées souvent vagues, besoin de raconter la médiocrité et puisqu&#8217;on ne peut rien changer alors médiatiser ce qui existe déjà. Mais l&#8217;important n&#8217;est pas là car cette médiocrité (de vie et d&#8217;écriture) est la trace des vies anonymes. Et ces sites, malheureusement disparaîtront, il faudrait garder en mémoire tout cela. Ce serait un nouveau sentiment historique, faire que notre époque garde ce qu&#8217;aucune autre n&#8217;avait osé garder (seulement évoquer): les vies anonymes. Entre ces journaux intimes il y a un réseau de reconnaissances, des liens et des relations, des références et des admirations bien plus passionnantes que les quelques blogs piteux d&#8217;artistes que j&#8217;ai pu croiser au cours de mes déambulations. Je préfère ces blogs anonymes car ils sont un murmure sans importance, sans causalité sur notre époque, doués d&#8217;une présence incomparable. En effet ils ne devraient pas être inscrit, on devrait immédiatement les oublier car il y a(vait) des vies qui s&#8217;oublient. <a href="http://blog.binnes.com/">http://blog.binnes.com/</a> Il faut que je reprenne le projet IN-TIMES que j&#8217;ai laissé de côté depuis plus d&#8217;une année.</p>
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		<title>La fin d&#8217;un monde</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Nov 2001 17:18:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ce matin le contrôle à l&#8217;aéroport. climat de crise et de guerre. Fin d&#8217;un monde, fin de la paix perpétuelle, de son projet. Ce sera la lente dégradation de l&#8217;empire occidental, une fin qui durera plus longtemps que son règne même. L&#8217;ombre de la mort des dieux dure plus longtemps que le dieu. Pas question [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>ce matin le contrôle à l&#8217;aéroport. climat de crise et de guerre. Fin d&#8217;un monde, fin de la paix perpétuelle, de son projet. Ce sera la lente dégradation de l&#8217;empire occidental, une fin qui durera plus longtemps que son règne même. L&#8217;ombre de la mort des dieux dure plus longtemps que le dieu. Pas question ici de penser la fin de l&#8217;Occident. Il serait trop aisé a posteriori de découvrir les signes avant-coureurs de cet effondrement. Seulement dire : à présent chaque seconde que nous vivons est la dernière. Chaque mot que nous écrivons est le dernier. Dire cela suppose avoir une certaine économie du souffle. Il nous faudra réapprendre à respirer, à penser. L&#8217;agitation dans l&#8217;action n&#8217;est plus de mise. Nous étions si critique par rapport à nos démocraties, nous avions tant et tant de soupçon quant à l&#8217;ordre mondial. Et voilà qu&#8217;il s&#8217;effondre. Ce qui adviendra par la suite, nous ne le savons pas. Seul compte cette fin à laquelle nous appartenons. Nous sommes de l&#8217;ancien monde, le monde d&#8217;hier, tard venus. Et que sera notre art à présent ? Donner la parole à ce qui ne parle pas ? À ce qui est sans voix ? Et l&#8217;inaudible ? Terminé, il faudra donner à entendre le timide secret qui soutient le monde. Pas de structure ontologique, mais le se tenir ensemble si infime si discret. La discrétion du monde à laquelle ne répondent plus à coups de romantisme. Le monde aura été une ombre du temps. C&#8217;est un sentiment de décadence et je sais combien ce discours est surdéterminé car l&#8217;Occident n&#8217;a cessé de rêver sa fin et sa relève dans sa domination même. Ainsi l&#8217;Occident n&#8217;aura été que le silence et en creux, le creusement de son temps. Construction d&#8217;une histoire possible puisque l&#8217;histoire n&#8217;existait, n&#8217;existe, n&#8217;existera pas. Nous vivons, travaillons et baisons pendant que d&#8217;autres meurs. pas d&#8217;échange entre les vivants du Nord et les morts du Sud mais une juxtaposition, quelque chose tient dans cet ensemble. Ainsi il aura été de mon silence de ma voix. Dans l&#8217;art il faut parler de quelque chose. L&#8217;art se tenir un discours qui interdit la parole commune. Lequel tenir aujourd&#8217;hui ? Tenir et non pas convaincre, tenir ensemble, une autre façon du lointain.</p>
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		<title>Maximisation de la communauté</title>
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		<pubDate>Tue, 08 May 2001 17:29:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Un groupe humain quelconque n&#8217;a d&#8217;intérêt à se constituer en communauté virtuelle que pour approcher l&#8217;idéal du collectif intelligent, plus imaginatif, plus rapide, mieux capable d&#8217;apprendre et d&#8217;inventer qu&#8217;un collectif intelligemment dirigé.&#160;&#187;
(Pierre Lévy, Cyberculture, 1997, p. 155) 
La maximisation (&#160;&#187;plus&#160;&#187;) de la communauté est absurde. On y parle d&#8217;idéal (encore!), d&#8217;une direction intelligente. On oublie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&laquo;&nbsp;Un groupe humain quelconque n&#8217;a d&#8217;intérêt à se constituer en communauté virtuelle que pour approcher l&#8217;idéal du collectif intelligent, plus imaginatif, plus rapide, mieux capable d&#8217;apprendre et d&#8217;inventer qu&#8217;un collectif intelligemment dirigé.&nbsp;&raquo;<br />
(Pierre Lévy, <em>Cyberculture</em>, 1997, p. 155) </p>
<p>La maximisation (&nbsp;&raquo;plus&nbsp;&raquo;) de la communauté est absurde. On y parle d&#8217;idéal (encore!), d&#8217;une direction intelligente. On oublie l&#8217;individuation singulière de chaque individu, sa genèse comme relation transitive, l&#8217;absence de communauté dans la communauté, l&#8217;amour et l&#8217;absence, une part maudite qui hante la communauté. Et que veut dire &laquo;&nbsp;n&#8217;a d&#8217;intérêt&nbsp;&raquo;, pour l&#8217;auteur? ou pour la communauté elle-même? Comment pourrions-nous aujourd&#8217;hui élaborer quelques principes que ce soit de ce genre? A-t-il lu Blanchot et Nancy?</p>
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		<title>IBM et l&#8217;Holocauste 2</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Mar 2001 19:46:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ce livre continue à me questionner. Modifie ma conception des origines de l&#8217;informatique. Une dimension à prendre en compte absolument. La dimension du contrôle et de l&#8217;être humain quantifié, numérisé, rationnalisé. De là, peut-être quelques distinctions: 1- L&#8217;informatique en tant qu&#8217;elle traite des données externes, c&#8217;est-à-dire représente des informations qui viennent de l&#8217;extérieur (être humain [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce livre continue à me questionner. Modifie ma conception des origines de l&#8217;informatique. Une dimension à prendre en compte absolument. La dimension du contrôle et de l&#8217;être humain quantifié, numérisé, rationnalisé. De là, peut-être quelques distinctions: 1- L&#8217;informatique en tant qu&#8217;elle traite des données externes, c&#8217;est-à-dire représente des informations qui viennent de l&#8217;extérieur (être humain mis en statistiques, ou d&#8217;autres choses encore). Le problème est le cercle vicieux herméneutique et la naïveté qui fait croire que les données introduites le sont objectivement. De la sorte on rationnalise l&#8217;être humain. Un risque donc. Voir les recoupements actuels entre des bases de données qui traçent les individus. 2- L&#8217;informatique en tant qu&#8217;elle traite des données internes, c&#8217;est-à-dire produit des singularités sans vouloir représenter quelque chose de préalable. Par exemple exprimer les données du flux qui n&#8217;a d&#8217;autre référent que lui-même. Exprimer des espaces et des paradoxes qui ne peuvent exister que sur le réseau et qui ne simule rien. On aura comprit le double destin de l&#8217;informatique: d&#8217;un côté la simulation, le traitement de l&#8217;information qui est toujours déjà considérée comme information, de l&#8217;autre côté la production d&#8217;événements même minimes, mais qui gardent leur singularité. D&#8217;un côté la diminution et l&#8217;arraisonnement (ce terme heideggerien dans ce contexte est, je le sais, problématique), de l&#8217;autre la capacité de proposer une nouveauté, quelque chose de singulier qui n&#8217;a aucun autre lieu d&#8217;existence. C&#8217;est cette seconde voie qui m&#8217;intéresse.</p>
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		<title>IBM et l&#8217;Holocauste 1</title>
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		<pubDate>Tue, 13 Mar 2001 19:56:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;IBM et l&#8217;holocauste&#160;&#187;&#8230; Passons sur le titre, c&#8217;est un ouvrage américain. Malgré une certaine virulence de l&#8217;auteur, les documents semblent valables et le propos est argumenté. Si tout cela se révèle vrai, cela aura quelques conséquences sur ma conception et mon usage de l&#8217;informatique. En effet, j&#8217;avais naïvement cru à une distinction historique entre les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&laquo;&nbsp;IBM et l&#8217;holocauste&nbsp;&raquo;&#8230; Passons sur le titre, c&#8217;est un ouvrage américain. Malgré une certaine virulence de l&#8217;auteur, les documents semblent valables et le propos est argumenté. Si tout cela se révèle vrai, cela aura quelques conséquences sur ma conception et mon usage de l&#8217;informatique. En effet, j&#8217;avais naïvement cru à une distinction historique entre les techniques industrielles et les technologies de traitement de l&#8217;information. Je répartissais ainsi les premières du côté de la Shoah et les secondes du côté militaire (cf Enigma). Bien sûr ce raisonnement avait ses limites dans la mesure où l&#8217;organisation concentrationnaire était également fondée sur une structure de type militaire et administrative, mais je pensais malgré tout pourvoir distinguer deux plans historiques, et donc deux horizons différents. Ce livre démontre à renfort de documents d&#8217;archives et de recoupements judicieux, l&#8217;implication d&#8217;IBM et de ses machines calculants à l&#8217;origine des ordinateurs dans l&#8217;organisation, la planification de la Shoah et du système concentrationnaire. Au-delà de la question morale, qui m&#8217;intéresse assez peu, ceci signifierait que la computation est fondée (mais pas seulement) non sur la production d&#8217;informations, mais sur l&#8217;organisation d&#8217;informations pour contrôler des êtres humains. Remettant ainsi en cause le statut productif et imaginaire de l&#8217;informatique, statut qui deviendrait le fantasme de quelques artistes, la fonction primordiale de celle-ci serait le traitement des individus et leur &laquo;&nbsp;rationnalisation&nbsp;&raquo;, leur quantification, leur réification. Sans vouloir tomber dans les simplifications de Virilio, la question du contrôle, de la maîtrise sera au coeur des problématiques du cyberespace. Tout le problème est de problématiser cette idée hors de toute perspective moraliste et dénonciatrice.</p>
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		<title>Copyleft et naïveté politique</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Mar 2001 19:57:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Juridique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Antoine écrit : Le copyleft permet la création collective d&#8217;objets numériques qui peuvent être librement copiés, donnés et modifiés. En quoi la création des logiciels libres peut-être un modèle pour l&#8217;art contemporain? Aujourd&#8217;hui, nous devons surtout nous protéger des marchands extrémistes, nos prédateurs contemporains. Le simple droit d&#8217;auteur est impuissant à cela. Le copyleft, c&#8217;est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Antoine écrit : Le copyleft permet la création collective d&#8217;objets numériques qui peuvent être librement copiés, donnés et modifiés. En quoi la création des logiciels libres peut-être un modèle pour l&#8217;art contemporain? Aujourd&#8217;hui, nous devons surtout nous protéger des marchands extrémistes, nos prédateurs contemporains. Le simple droit d&#8217;auteur est impuissant à cela. Le copyleft, c&#8217;est la liberté contre le libéralisme. L&#8217;économie propre à l&#8217;art est une économie du don, du partage et de la valeur ajoutée à ce qui n&#8217;a pas de prix. Sans le savoir, de nombreuses pratiques artistiques participent à cet esprit de &laquo;&nbsp;copyleft&nbsp;&raquo;. C&#8217;est un autre droit d&#8217;auteur aussi important que celui qui est censé nous protéger, nous et nos oeuvres. All right! La Copyleft Attitude c&#8217;est une autre économie pour l&#8217;art. C&#8217;est l&#8217;attention portée au travail de l&#8217;art sans être troublé par la pression de l&#8217;économie dominante, celle du marketing et de la finance (un autre art sans doute&#8230;)&nbsp;&raquo; Il y aurait beaucoup à dire sur l&#8217;approche politique et économique de ce modèle. Elle retrouve (comme c&#8217;est le cas d&#8217;un point de vue esthétique) des oppositions: nous les pauvres artistes! eux les méchants prédateurs qui veulent nous dévorer! Un peu naïf (voir Armand qui vend et achète de l&#8217;art africain, c&#8217;est un modèle d&#8217;extériorité). Pouvons-nous revenir aux positions gauchistes dénonçant un capital localisé ou devons-nous voir en quoi le capital est partout? Le copyleft est-il une manière d&#8217;exprimer la part maudite de l&#8217;oeuvre, le don, le partage? Est-il possible de légiférer sur cette part maudite, c&#8217;est-à-dire d&#8217;en faire un système comme le fait le copyleft? Remarquez que le don et le partage c&#8217;est merveilleux quand les oeuvres sont à la hauteur et je le répète les oeuvres pour l&#8217;instant appartenant au copyleft sont esthétiquement très faibles. Je trouve tout de même que le discours politique sous-jacent (liberté contre libéralisme) est un peu faible, manque de cruauté, d&#8217;ambiguïté. C&#8217;est un peu les gentils contre les méchants avec la certitude que nous sommes les gentils&#8230; Ce n&#8217;est peut-être pas le cas. Chercher d&#8217;autres modèles politiques, du côté de &laquo;&nbsp;Spectres de Marx&nbsp;&raquo; et surtout d&#8217; &laquo;&nbsp;Economie Libinale&nbsp;&raquo; de J.F. Lyotard par exemple.</p>
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		<title>Réseaux et interfaces politiques</title>
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		<pubDate>Sun, 14 Jan 2001 06:11:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[La multiplication du web politiques dans le champ des arts dits &#171;&#160;interactifs&#160;&#187; interroge le positionnement de ces expériences dans le flux informationnel. Car au-delà de la simple émergence de ces sites, il y a un certain étonnement à voir leurs succès critiques au sein des festivals et des différentes manifestations qui ponctuent le milieu de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La multiplication du web politiques dans le champ des arts dits &laquo;&nbsp;interactifs&nbsp;&raquo; interroge le positionnement de ces expériences dans le flux informationnel. Car au-delà de la simple émergence de ces sites, il y a un certain étonnement à voir leurs succès critiques au sein des festivals et des différentes manifestations qui ponctuent le milieu de l&#8217;art contemporain: vous avez dit contestation? Tout se passe comme si les jurys, critiques et théoriciens en appelaient à une conscience et à une responsabilité dites &laquo;&nbsp;politiques&nbsp;&raquo; de la part des artistes: hors d&#8217;un discours politisé point de discours, tout particulièrement dans le champ technologique. L&#8217;art se ferait politique, et on sait combien leur relation a hanté les totalitarismes du XXème siècle. Par ailleurs, s&#8217;agit-il véritablement d&#8217;une contestation ou simplement de l&#8217;actualisation du rôle qu&#8217;on désire attribuer aux artistes? N&#8217;est-ce pas une manière d&#8217;instrumentaliser, c&#8217;est-à-dire d&#8217;dentifier un discours artistique afin de le contrôler et de savoir à quel champ, à quel genre, à quel cliché il appartient? Demande-t-on aux net.artistes d&#8217;être politisés parce que la société étant dépourvu de repères, ceux-ci seraient à même de réactiver un esprit de lutte et d&#8217;émancipation, ou n&#8217;est-ce là que la médiocre répétition de clichés idéologiques qui ne captent aucunement la dimension politique du réseau et qui, de surcroît, oblitereraient l&#8217;héritage historique dont nous sommes tissés? Bref comment fait-on de la politique en tant qu&#8217;artiste? Pouvons-nous encore croire à un ennemi repérable et à des camps adverses? La question du politique est avant tout une question de langage. Il n&#8217;y a pas de corps social sans référents partagés, sans un langage ou des langages sur lesquels il y a un certain accord. L&#8217;art appartient-il à ces langages ou est-il une frontières de ceux-ci? Doit-il témoigner d&#8217;une communauté ou de son absence indomptable? Quel est le langage du réseau et donc sa politique? Le langage du réseau ne réside aucunement dans les clichés informationnels, les &laquo;&nbsp;messages&nbsp;&raquo; qui circulent un peu n&#8217;importe où, mais dans l&#8217;interactivité et plus précisément l&#8217;interactivité partagée. L&#8217;interactivité est un langage qui, normalisé, se nomme &laquo;&nbsp;ergonomie&nbsp;&raquo;. La contestation consiste-t-elle alors à tenir un discours politique, discours réductible à des clichés déjà connus dont les ennemis serait Bill Gates et autres magnats et les amis le GNU libertaire, ou à briser les habitudes d&#8217;utilisation du réseau? Qu&#8217;est-ce qui pourrait permettre à l&#8217;utilisateur de faire retour sur ses propres pratiques, pratiques qu&#8217;ils partagent avec une communauté? Faire du politique consiste-t-il encore à repérer des ennemis identifiables? Je voudrais parler de &laquo;&nbsp;Domus et la mégapole&nbsp;&raquo; de Jean-François Lyotard, de la communauté des corps chez Jean-Luc Nancy, de la perte éthique du temps, et tenter de montrer que la politique des réseaux ne peut, d&#8217;un point de vue artistique, se développer que dans le domaine des interfaces et de l&#8217;imaginaire, et non d&#8217;un discours dit &laquo;&nbsp;politisé&nbsp;&raquo; qui ne résiste aucunement aux institutions et aux pouvoirs computorisés. J&#8217;aimerais démontrer que le politique est un processus d&#8217;individuation, au sens husserlien, et que le passage que suppose celle-ci est celui-là même d&#8217;une mise en inquiétante étrangeté de l&#8217;interface. Mais pourquoi une telle importance donnée à l&#8217;interface? N&#8217;est-ce pas là un souci quelque peu formel qui rappellerait les sempiternelles réflexions sur le message et le médium dont nous sommes lassés? L&#8217;interface est le support matériel de la communication humain-machine. C&#8217;est elle qui permet de traduire les données analogiques en données numériques et réciproquement. Par exemple la souris ou le clavier permettent à l&#8217;utilisateur d&#8217;entrer des informations, et l&#8217;écran permet à la machine de transcrire son langage numérique en forme perceptible pour l&#8217;agent humain. L&#8217;interface est donc une zone matérielle de médiation et de traduction. Avec Internet, l&#8217;interface se retourne à l&#8217;intérieur même des ordinateurs. En effet l&#8217;ordinateur permet à plusieurs personnes de s&#8217;interfacer et c&#8217;est en cela que l&#8217;interface est le langage du réseau, et donc la question politique par excellence. Placer le politique du côté du discours constitue une grossière erreur: c&#8217;est croire qu&#8217;on peut d&#8217;une façon pertinente séparer le contenu du contenant, bref qu&#8217;Internet n&#8217;est qu&#8217;un tuyau informationnel. Le fait d&#8217;adopter certaines pratiques du réseau tel que le hacking ou la désinformation par surcharge d&#8217;informations, fait qu&#8217;on risque fort de rester dans le domaine de la métaphore, sans compter que le discours de pirates informatiques de nombreux artistes ne restent qu&#8217;une déclaration parce qu&#8217;ils n&#8217;ont pas les compétences techniques de réaliser leurs méfaits cybernétiques. Mais pourquoi, encore, une telle importance donnée à l&#8217;interface? L&#8217;interface affecte le corps de l&#8217;internaute, le paradigme œil-main par exemple, or il n&#8217;y a pas de politique sans corps, sans espacement des corps. Le politique n&#8217;est pas affaire d&#8217;esprit ou de je ne sais quel spirituel, mais de corps espacés, je veux dire de corps du dehors. D&#8217;ailleurs la politique totalitaire passe avant toute chose par une négation des corps, c&#8217;est-à-dire par le meurtre de masse qui nie des communautés. Etre attentif aux corps interfacés c&#8217;est entendre des singularités physiques qui ne peuvent pas être soumises au langage et qui donc résistent à l&#8217;entreprise de domination politique. S&#8217;adresser à tel ou tel internaute, c&#8217;est-à-dire à tel ou tel corps, c&#8217;est porter témoignage d&#8217;un différend que nul méta-discours ne saurait réduire.</p>
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